jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000314 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | STORME FABIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 février 2020 et le 31 mai 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Pluriel Gestion, représentée par Me Storme, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de contribution économique territoriale à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 à hauteur de 62 043 euros correspondant au dégrèvement au titre du plafonnement de la valeur ajoutée qu'elle a sollicité ;
2°) de condamner l'État au paiement des intérêts moratoires sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens ainsi que la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la contribution économique territoriale étant composée d'une part de la contribution foncière des entreprises, d'autre part de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la réclamation relative au plafonnement de la contribution économique territoriale s'applique sur le montant de cette contribution dans son ensemble ; or, la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises étant exigée et liquidée le 30 mai de l'année suivant celle de l'année d'imposition, il ressort de la combinaison du e) de l'article R 196-2 du code général des impôts et de l'article 1647 B sexies du même code, que confirment les paragraphes 1, 10 et 20 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts le 1er juillet 2015 sous la référence BOI-IF-CFE-40-30-20-30, que les réclamations relatives au plafonnement de la contribution économique territoriale doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de la deuxième année qui suit l'année d'imposition, si bien que la réclamation qu'elle a présentée le 23 mars 2019 pour la contribution économique territoriale due au titre de l'année 2017 n'était pas tardive ;
- la demande de plafonnement de la contribution économique territoriale ne saurait être confondue avec une demande de dégrèvement en matière de contribution foncière des entreprises, ainsi qu'il ressort de la jurisprudence du Conseil d'État.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2021, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SAS Pluriel Gestion ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, par un courrier du 1er septembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant au versement des intérêts moratoires, en l'absence de litige né et actuel opposant la SAS Pluriel Gestion au comptable du Trésor.
Par ordonnance du 4 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Pluriel Gestion exerce une activité d'hôtellerie et hébergement similaire dont le siège social est sis à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Elle dispose d'un établissement secondaire à Luz-Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées). Elle a sollicité pour cet établissement, le 27 mars 2019, le plafonnement de la cotisation foncière des entreprises en fonction de la valeur ajoutée au titre de la contribution économique territoriale à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018. Sa demande a été rejetée le 2 avril 2019, pour les années 2016 et 2017, en raison de l'expiration du délai de réclamation. Le 27 novembre 2019, la société a contesté ce rejet pour l'année 2017 et sollicité une remise gracieuse pour l'année 2016 ainsi qu'un sursis de paiement. Sa réclamation préalable au titre de l'année 2017 et sa demande de remise gracieuse au titre de l'année 2016 ont été rejetées par une décision du 16 janvier 2020. Par la présente requête, elle demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de la contribution économique territoriale à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017, à hauteur de 62 043 euros, correspondant au dégrèvement au titre du plafonnement de la valeur ajoutée qu'elle a sollicité.
Sur la recevabilité de la réclamation préalable de la SAS Pluriel Gestion :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1447-0 du code général des impôts : " Il est institué une contribution économique territoriale composée d'une cotisation foncière des entreprises et d'une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. ". Aux termes du I de l'article 1647 B sexies du même code : " Sur demande du redevable effectuée dans le délai légal de réclamation prévu pour la cotisation foncière des entreprises, la contribution économique territoriale de chaque entreprise est plafonnée en fonction de sa valeur ajoutée. / () ".
3. Aux termes de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / () ".
4. Une demande tendant à obtenir le plafonnement de la contribution économique territoriale en fonction de la valeur ajoutée, institué par l'article 1647 B sexies du code général des impôts, constitue une réclamation dont la recevabilité doit être appréciée au regard des seules règles du plein contentieux fiscal qui sont définies par le livre des procédures fiscales.
5. La contribution économique territoriale a été instaurée à compter du 1er janvier 2010, en remplacement de la taxe professionnelle, par l'article 2 de la loi de finances pour 2010 dont les dispositions sont insérées au chapitre I " Impôts directs et taxes assimilées " du titre I " Impositions communales " de la deuxième partie du code général des impôts consacrée aux " Impositions perçues au profit des collectivités locales et de divers organismes ". Ainsi, cette cotisation doit être regardée comme faisant partie des impôts directs locaux et taxes annexes et, soumise, ainsi que la cotisation foncière des entreprises, aux délais de réclamation prévus par les dispositions précitées de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales.
6. D'une part, qu'alors même qu'en vertu du II de l'article 1647 B sexies du code général des impôts, le plafonnement en fonction de la valeur ajoutée s'applique sur la cotisation foncière des entreprises et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, il résulte des termes mêmes du I de cet article que la demande de plafonnement doit être introduite dans le délai légal de réclamation prévu pour la cotisation foncière des entreprises. Ainsi, la SAS Pluriel Gestion n'est pas fondée à soutenir que, pour former une telle demande, elle disposait, en vertu du e) de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, d'un délai commençant à courir au cours de l'année 2017.
7. D'autre part, il est constant que la cotisation foncière des entreprises à laquelle la société requérante a été assujettie au titre de l'année 2017 a été mise en recouvrement au cours de l'année 2017. Ainsi, la demande de plafonnement du 27 mars 2019 était tardive au regard du délai fixé au a) de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, qui expirait le 31 décembre 2018.
8. En second lieu, l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales dispose : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente () ".
9. La SAS Pluriel Gestion invoque le bénéfice des paragraphes 1, 10 et 20 de l'instruction fiscale référencée BOI-IF-CFE-40-30-20-30, qu'elle reproduit dans ses écritures. Toutefois, cette instruction ne comporte aucune interprétation différente de la loi fiscale de celle dont il vient d'être fait application qui serait opposable à l'administration sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Le moyen est dès lors inopérant. Il doit, par suite, être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la SAS Pluriel Gestion tendant à la réduction des cotisations de contribution économique territoriale à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2017 doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant au versement des intérêts moratoires :
11. Aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal () les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt légal. ". Et aux termes de l'article R. 208-1 du même livre : " Les intérêts moratoires prévus à l'article L. 208 () sont payés d'office en même temps que les sommes remboursées au contribuable par le comptable chargé du recouvrement des impôts ".
12. En l'absence de tout litige né et actuel avec le comptable chargé du recouvrement sur le paiement des intérêts moratoires prévus par l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, les conclusions de la SAS Pluriel Gestion tendant au paiement desdits intérêts sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement à la SAS Pluriel Gestion, de la somme qu'elle sollicite au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
14. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par la SAS Pluriel Gestion au titre dudit article ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Pluriel Gestion est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Pluriel Gestion et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques des Hautes-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, président,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Corthier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
signé
A. BLa présidente,
signé
M. A
La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026