mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2000755 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LEBRUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 avril 2020 et le 19 février 2021, la société à responsabilité limitée Eguzkilore et Mme B A, représentées par Me Lebrun, demandent au tribunal :
1°) de condamner la commune d'Araujuzon à leur verser la somme de 1 500 000 euros en réparation des préjudices subis du fait des illégalités commises dans la phase administrative de la procédure d'expropriation et des carences fautives de la commune, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Araujuzon une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la délibération du 3 mars 2017 par laquelle le conseil municipal de la commune d'Araujuzon a autorisé le maire à poursuivre la procédure d'état manifeste d'abandon est illégale dès lors qu'elle est entachée d'insuffisance de motivation, de vices dans la procédure à l'issue de laquelle elle a été prise, d'erreur de droit, ou au moins d'erreur de fait quant à l'état d'abandon manifeste des parcelles, de détournement de pouvoir, et de détournement de procédure ;
- la commune a commis des agissements fautifs en ne les informant pas de sa volonté de procéder à l'expropriation ;
- ces illégalités leur ont causé un préjudice moral du fait du caractère vexatoire de la procédure suivie, une atteinte à leurs biens, en méconnaissance de l'article 17 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et un trouble dans leurs conditions d'existence.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 janvier 2021 et le 24 mars 2021, la commune d'Araujuzon, représentée par Me Cambot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société Eguzkilore n'a pas présenté de demande indemnitaire préalable ;
- la commune d'Araujuzon n'a pas commis de faute ;
- le lien de causalité entre les fautes invoquées par les requérantes et les préjudices invoqués n'est pas établi ;
- la réalité des préjudices invoqués n'est pas établie.
Un mémoire, présenté pour la société à responsabilité limitée Eguzkilore et autre, a été enregistré le 14 avril 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Coto, représentant la commune d'Araujuzon.
Considérant ce qui suit :
1. La société Eguzkilore, dont Mme A est la gérante, était propriétaire de deux parcelles cadastrées section AD n°149 et 151 dans la commune d'Araujuzon. Par délibération du 3 mars 2017, le conseil municipal de cette commune a déclaré ces parcelles en état d'abandon manifeste et a autorisé le maire à poursuivre la procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique. Par arrêté du 6 juillet 2017, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a déclaré d'utilité publique le projet d'acquisition des biens litigieux en état d'abandon manifeste en vue de la réalisation d'un parc de stationnement et d'un chemin piétonnier reliant les cimetières communaux. La société Eguzkilore et Mme A demandent la condamnation de la commune d'Araujuzon à leur réparer les préjudices qu'elles estiment avoir subis du fait des illégalités commises dans la phase administrative de la procédure d'expropriation et des carences fautives de la commune.
Sur les conclusions aux fins d'indemnité :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 2243-2 du code général des collectivités territoriales : " Le maire constate, par procès-verbal provisoire, l'abandon manifeste d'une parcelle, après qu'il a été procédé à la détermination de celle-ci ainsi qu'à la recherche dans le fichier immobilier ou au livre foncier des propriétaires, des titulaires de droits réels et des autres intéressés. Ce procès-verbal indique la nature des désordres affectant le bien auxquels il convient de remédier pour faire cesser l'état d'abandon manifeste. / Le procès-verbal provisoire d'abandon manifeste est affiché pendant trois mois à la mairie et sur les lieux concernés ; il fait l'objet d'une insertion dans deux journaux régionaux ou locaux diffusés dans le département. En outre, le procès-verbal provisoire d'abandon manifeste est notifié aux propriétaires, aux titulaires de droits réels et aux autres intéressés ; à peine de nullité, cette notification reproduit intégralement les termes des articles L. 2243-1 à L. 2243-4. Si l'un des propriétaires, titulaires de droits réels ou autres intéressés n'a pu être identifié ou si son domicile n'est pas connu, la notification le concernant est valablement faite à la mairie. ".
3. Tout d'abord, il résulte de l'instruction que le maire d'Araujuzon a dressé le 1er juillet 2016 un procès-verbal provisoire, en application du premier alinéa de l'article L. 2243-2, dans lequel il précise la nature des travaux s'avérant nécessaires et indispensables pour faire cesser l'état d'abandon, à savoir mettre fin à la végétation par débroussaillage de la parcelle. Contrairement à ce que soutiennent les requérantes, ce procès-verbal était suffisamment précis sur les travaux à entreprendre pour faire cesser l'état d'abandon manifeste des parcelles concernées et satisfaisait aux exigences de l'article L. 2243-2 du code général des collectivités territoriales.
4. Ensuite, le courrier du 29 juillet 2016 par lequel les services de la commune d'Araujuzon informaient la société Eguzkilore de la procédure en cours de déclaration en état d'abandon manifeste ne reproduisait pas les dispositions des articles L. 2243-1 à L. 2243-4 du code général des collectivités territoriales, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 2243-2 du même code.
5. Enfin, si le courrier du 29 juillet 2016 évoqué au point précédent n'a pas été distribué à la société destinataire, il a été envoyé au 18, avenue Maréchal Foch à Bayonne, correspondant à l'adresse du siège de cette dernière alors déclaré dans les statuts de celle-ci, d'après l'extrait k-bis de la société, et figurant également dans les fichiers du cadastre. Si les requérantes soutiennent que les services de la commune avaient connaissance d'une autre adresse postale, il ressort de la notice explicative du dossier adressé au préfet le 27 avril 2019, présentant le projet simplifié d'acquisition publique, que cette adresse était celle d'une autre société dont Mme A était également gérante, dont le siège était à Paris, et il ne pouvait donc être reproché à la commune de ne pas avoir notifié ce courrier à cette adresse. Par ailleurs, les courriers électroniques échangés en 2012 entre la gérante de la société et la commune prouvent seulement qu'à cette date, les services communaux connaissaient l'adresse électronique de Mme A, mais non qu'ils disposaient toujours de cette information en 2016. Par suite, la commune d'Araujuzon doit être regardée comme ayant effectué les diligences de notification requises par les dispositions précitées au point 2, sous réserve de ce qui a été dit au point 4 quant au contenu de la notification.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse. ". Aux termes de l'article L. 2121-11 du même code : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion. ".
7. Il résulte de l'instruction que la convocation à la séance du 3 mars 2017, au cours de laquelle la délibération rappelée au point 1 a été adoptée, adressée aux membres du conseil municipal de la commune d'Araujuzon, laquelle compte moins de 3 500 habitants, était datée du 27 février 2017. Par ailleurs, cette délibération porte la mention, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, de ce que les membres du conseil municipal ont été " dûment convoqués. ". Par suite, à défaut de toute précision apportée par les requérantes de nature à étayer leurs allégations quant à l'irrégularité de la convocation des membres du conseil municipal, le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 2121-10 et L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales doit être écarté comme manquant en fait.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2243-3 du code général des collectivités territoriales : " A l'issue d'un délai de trois mois à compter de l'exécution des mesures de publicité et des notifications prévues à l'article L. 2243-2, le maire constate par un procès-verbal définitif l'état d'abandon manifeste de la parcelle ; ce procès-verbal est tenu à la disposition du public. Le maire saisit le conseil municipal qui décide s'il y a lieu de déclarer la parcelle en état d'abandon manifeste et d'en poursuivre l'expropriation au profit de la commune, d'un organisme y ayant vocation ou d'un concessionnaire d'une opération d'aménagement visé à l'article L. 300-4 du code de l'urbanisme, en vue soit de la construction ou de la réhabilitation aux fins d'habitat, soit de tout objet d'intérêt collectif relevant d'une opération de restauration, de rénovation ou d'aménagement. ".
9. La délibération du 3 mars 2017 rappelée au point 1 précise que l'immeuble se trouve en état d'abandon manifeste, après rappel de la procédure suivie, que la recherche des titulaires de droits réels sur l'immeuble a été infructueuse et que l'immeuble, après son acquisition par la commune et l'exécution des travaux d'aménagement nécessaires, " pourra " être affecté à la création d'un parc de stationnement et d'un chemin piétonnier destiné à relier les deux cimetières de la commune. Contrairement à ce que soutiennent les requérantes, la destination des biens immobiliers était renseignée avec suffisamment de précision, l'emploi du verbe " pouvoir " signifiant seulement que la réalisation du projet était conditionnée à l'aboutissement de la procédure d'expropriation. Par suite, cette délibération était suffisamment motivée.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 2243-4 du code général des collectivités territoriales : " L'expropriation des immeubles, parties d'immeubles, voies privées assorties d'une servitude de passage public, installations et terrains ayant fait l'objet d'une déclaration d'état d'abandon manifeste peut être poursuivie dans les conditions prévues au présent article. / Le maire constitue un dossier présentant le projet simplifié d'acquisition publique, ainsi que l'évaluation sommaire de son coût, qui est mis à la disposition du public, pendant une durée minimale d'un mois, appelé à formuler ses observations dans des conditions précisées par la délibération du conseil municipal. ". Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.
11. Si la délibération rappelée au point 1 ne fixe pas elle-même les modalités de mise à disposition du public du dossier de déclaration d'utilité publique, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que le défaut de précision, par la délibération attaquée, de ces modalités de mise à disposition du public du dossier de déclaration d'utilité publique ait été, dans les circonstances de l'espèce, susceptible d'exercer une influence sur le sens de la délibération, ni que les requérantes aient été privées d'une garantie. Au demeurant, la commune d'Araujuzon produit l'avis de mise à disposition du public du dossier de déclaration d'utilité publique simplifié, lequel porte la mention, non contestée, de ce que, faisant suite à la procédure d'état d'abandon manifeste, le conseil municipal a, par délibération du 3 mars 2017, défini les modalités de mise à disposition du public du dossier de déclaration d'utilité publique simplifiée et du registre des observations concernant les parcelles cadastrées section AD n° 149 et 151. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2243-4 du code général des collectivités territoriales quant à la définition des modalités de la mise à disposition du public du dossier de déclaration d'utilité publique simplifié doit être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 2243-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable au litige : " Lorsque, dans une commune, des immeubles, parties d'immeubles, voies privées assorties d'une servitude de passage public, installations et terrains sans occupant à titre habituel ne sont manifestement plus entretenus, le maire engage la procédure de déclaration de la parcelle concernée en état d'abandon manifeste. / La procédure de déclaration en état d'abandon manifeste ne peut être mise en œuvre qu'à l'intérieur du périmètre d'agglomération de la commune. ".
13. D'une part, la parcelle cadastrée section AD n°149 formait une dent creuse le long de la rue du bourg, entre deux constructions implantées en limite séparative. Bien que la parcelle cadastrée section AD n° 151, qui prolongeait la parcelle AD 149, s'ouvrait au nord sur une prairie, elle jouxtait une parcelle à l'est sur laquelle reposait une construction et était voisine, à l'ouest, des jardins des maisons du bourg, dont elle était séparée par des murets en pierre. L'ensemble formé par les parcelles en cause, qui se situait en outre en face de l'église et du cimetière, devait ainsi être regardé comme comprise dans le périmètre d'agglomération de la commune.
14. D'autre part, il résulte de l'instruction que, tandis que le maire indique avoir lui-même constaté le défaut d'entretien et la présence de serpents, la commune d'Araujuzon a été régulièrement destinataire, de 2013 à 2016, de courriers concordants émanant des riverains des parcelles cadastrées section AD n°149 et 151 signalant le caractère envahissant de la végétation, jusqu'à trois mètres de hauteur, de la potentielle présence de rats, de la présence soupçonnée ou avérée de reptiles et du défaut d'entretien du terrain. Les services de la commune avaient d'ailleurs, auparavant, déjà demandé à la société propriétaire, par courriers du maire des mois d'août 2011, mars 2012 et octobre 2012, de procéder au fauchage de ces terrains. La commune défenderesse doit ainsi être regardée comme apportant un commencement de preuve de l'état d'abandon des parcelles, non sérieusement combattu par les requérantes, qui se bornent à produire des photographies datant de 2012, et à invoquer son intention de vendre les parcelles en cause, ce qui est sans lien avec l'état d'abandon de ces dernières. Par suite, c'est à bon droit que la commune d'Araujuzon a regardé les parcelles litigieuses comme n'étant manifestement plus entretenues.
15. En sixième lieu, il résulte des termes de la délibération du 3 mars 2017 rappelée au point 1 que la commune d'Araujuzon envisageait de créer un parc de stationnement à proximité de l'église et un chemin piétonnier destiné à relier les deux cimetières de la commune, ce qui constituait une opération d'aménagement présentant un intérêt collectif. Par suite, la société Eguzkilore et autre ne sont pas fondées à soutenir que le projet de la commune concernant les parcelles litigieuses n'entrait pas dans les prévisions de l'article L. 2243-3 du code général des collectivités territoriales.
16. En dernier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que le conseil municipal de la commune d'Araujuzon a pris la délibération du 3 mars 2017 dans un but étranger à celui pour lequel est institué la procédure prévu par les articles L. 2243-1 et suivants du code général des collectivités territoriales, ni qu'elle se serait intentionnellement méprise sur la procédure à suivre. Par suite, cette délibération n'est entachée ni de détournement de pouvoir, ni de détournement de procédure.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la délibération du conseil municipal d'Araujuzon du 3 mars 2017 est entachée d'un vice de procédure tenant au défaut de reproduction de l'intégralité des dispositions des articles L. 2243-1 à L. 2243-4 du code général des collectivités territoriales dans le courrier de notification du procès-verbal provisoire, ce qui constitue une illégalité fautive de nature à engager la responsabilité de cette commune.
En ce qui concerne le lien de causalité :
18. Ainsi qu'il a été dit au point 5, en dépit des diligences accomplies par la commune, le courrier du 29 juillet 2016 par lequel le maire a notifié à la société Eguzkilore l'existence de la procédure de déclaration pour état d'abandon manifeste n'est pas parvenu à celle-ci et est retourné à la commune. Par suite, la circonstance que n'étaient pas reproduits dans ce courrier l'intégralité des articles L. 2243-1 à L.2243-4 du code général des collectivités territoriales n'est pas à l'origine des préjudices allégués par la société Eguzkilore et autre, qui découlent de l'expropriation consécutive à la déclaration pour état d'abandon manifeste, tenant au caractère vexatoire de la procédure, à l'atteinte à leurs biens et au trouble dans leurs conditions d'existence.
19. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune d'Araujuzon, les conclusions aux fins d'indemnité de la requête de la société Eguzkilore et autre doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.".
21. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société Eguzkilore et autre doivent dès lors être rejetées. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de ces dernières une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune d'Araujuzon et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Eguzkilore et autre est rejetée.
Article 2 : La société Eguzkilore et autre verseront à la commune d'Araujuzon une somme globale de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Eguzkilore et à la commune d'Araujuzon.
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Bénéteau, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
V. C
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLONLa greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026