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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2000841

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2000841

jeudi 17 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2000841
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDANTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 avril et 3 septembre 2020, M. A E, M. F E, Mme B G épouse E, M. C E et M. I E, représentés par Me Joseph-Oudin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales du 18 février 2020 en ce qu'elle rejette leur demande d'indemnisation des préjudices subis par Hugo E en lien avec la vaccination contre la grippe A (H1N1) ;

2°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux à verser la somme de 389 811,20 euros à M. A E, en réparation du préjudice que lui a causé la vaccination contre la grippe A (H1N1) par le vaccin Pandemrix, la somme de 35 000 euros chacun à Mme B G épouse E et à M. F E, victimes indirectes, la somme de 25 000 euros chacun à M. C E et M. I E, victimes indirectes, en réparation du préjudice que leur a causé la vaccination par le vaccin Pandemrix de leur fils et frère Hugo E ;

3°) à titre subsidiaire, et avant dire droit, de désigner un expert neurologue spécialisé dans les problématiques liées au H1N1 ;

4°) de mettre à la charge de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales la somme de 5 000 euros à verser à M. A E en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) du 18 février 2020 est illégale :

- il existe des indices graves, précis et concordants caractéristiques permettant d'établir un lien de causalité direct et certain entre la vaccination par Pandemrix et le développement d'une narcolepsie de type II ;

- les premiers symptômes de la maladie sont apparus entre deux et trois mois après la vaccination, dans un délai qui correspond à ceux habituellement retenus par les spécialistes afin de retenir un lien de causalité entre la narcolepsie de type II et la vaccination H1N1 ; l'ONIAM, sans son Orientation 2017/01 relative aux critères d'indemnisation des narcolepsies suite à la vaccination H1N1, ne mentionne plus le critère d'un bref délai ;

- Hugo E ne présentait aucun antécédent d'hypersomnie, ni personnel, ni familial ; la littérature médicale ne considère nullement les troubles asthmatiques, allergiques et ORL dont il souffrait comme des facteurs déclenchants de narcolepsie ;

- l'hypersomnie idiopathique est proche de la narcolepsie avec cataplexie, les deux pathologies relèvent du même groupe des hypersomnies du système nerveux central, maladies invalidantes du sommeil, et provoquent des conséquences similaires ; la narcolepsie de type II évolue fréquemment vers une narcolepsie de type I ; les textes ne réservent pas le bénéfice de l'indemnisation des dommages résultant de la vaccination au seul développement d'une narcolepsie-cataplexie de type I ;

- les experts ont reconnu le lien de causalité vraisemblable entre la vaccination de Hugo E le 25 novembre 2009 par le vaccin Pandemrix et la pathologie qu'il a développée et qu'ils ont qualifiée de narcolepsie de type II, dont la sévérité est à noter ;

- l'ONIAM doit les indemniser de l'intégralité des préjudices subis à la suite de cette vaccination ;

- le référentiel et le barème d'indemnisation de l'ONIAM, qui est moins favorable aux victimes que la pratique suivie par les juridictions administratives et judiciaires, porte atteinte au principe de l'égalité de traitement et de dignité des personnes ; l'indemnisation doit être calculée sur la base du référentiel d'indemnisation des cours d'appel ;

- selon les experts, l'état de santé de Hugo ne peut être considéré comme consolidé si bien que seuls ses préjudices temporaires peuvent être détaillés ;

- les préjudices de Hugo E peuvent être évalués comme suit :

* 144 340 euros au titre des frais temporaires d'assistance par tierce personne, sur la base de 2,67 heures par jour et d'un taux horaire de 17 euros, à compter du 1er février 2010 et jusqu'à la date du rapport d'expertise définitif, ainsi que de 186 200 euros au titre des frais d'assistance par tierce personne spécialisée scolaire, sur la base de 2 heures par jour et d'un taux horaire de 25 euros entre le 1er février 2010 et le 30 juin 2019, et de 2 heures supplémentaires par jour pendant les petites vacances ;

* 59 271 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire évalué à 55 % par les experts, outre 87 jours de déficit fonctionnel temporaire total, sur la base de 30 euros par jour ;

* 15 000 euros au titre des souffrances endurées que les experts ont évaluées à 4 sur une échelle de 7 ;

* 20 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire évalué à 5 sur une échelle de 7 par les experts ;

- ses parents et ses frères sont fondés à solliciter une indemnisation du fait des préjudices d'affection qui peuvent être évalués à hauteur de 20 000 euros pour chacun de ses parents et de 15 000 euros pour chacun de ses frères, ainsi que des bouleversements exceptionnels dans leurs conditions d'existence qui peuvent être évalués à hauteur de 15 000 euros pour chacun de ses parents et de 10 000 euros pour chacun de ses frères ;

- à titre subsidiaire, la nomination d'un nouvel expert neurologue permettrait d'apporter la confirmation du lien de causalité établi par le rapport d'expertise, dont les conclusions ne sont pas prises en compte par l'ONIAM ; cette nomination d'un nouvel expert est utile et légitime au regard des données acquises de la science, de leur dossier et de la jurisprudence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2020, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Birot, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et fait valoir, à titre subsidiaire, qu'il ne s'oppose pas à la réalisation d'une nouvelle expertise judiciaire.

Il fait valoir que :

- il ne s'oppose pas à la réalisation de la nouvelle expertise judiciaire sollicitée à titre subsidiaire par les requérants, à la condition que l'intégralité du dossier médical de Hugo E soit transmise à l'expert, et notamment les résultats du premier et du dernier examen du taux d'hypocrétine ;

- les moyens soulevés par M. A E, M. F E, Mme B G épouse E, M. C E et M. I E ne sont pas fondés.

La procédure a été communiquée à la Mutuelle générale de l'Éducation nationale (MGEN), qui n'a pas présenté d'observations.

Par ordonnance du 2 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 octobre 2022.

Un mémoire présenté pour l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales a été enregistré le 13 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 4 novembre 2009 relatif à la campagne de vaccination contre le virus de la grippe A (H1N1) 2009 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme J,

- les conclusions de M. Clen, rapporteur public,

- et les observations de Me De Noray, représentant M. A E, M. F E, Mme B G épouse E, M. C E et M. I E, et de Me Birot, représentant l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E, né le 17 décembre 2001, a reçu, le 25 novembre 2009, dans le cadre d'une campagne de vaccination contre le virus H1N1 organisée par un arrêté du 4 novembre 2009 du ministre de la santé et des sports pris sur le fondement de l'article L. 3131-1 du code de la santé publique, une injection du vaccin " Pandemrix ". À la suite du diagnostic d'hypersomnie à temps de sommeil allongé, établi par un praticien du centre maladies rares du sommeil du centre hospitalier universitaire de Bordeaux en juillet 2011, confirmé en janvier 2012, les consorts E, imputant l'affection dont souffre Hugo E à la vaccination contre la grippe A (H1N1), ont saisi l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), sur le fondement de l'article R. 3131-1 du code de la santé publique, d'une demande d'indemnisation des préjudices subis. Le professeur K et le docteur H, désignés par l'ONIAM à des fins d'expertise, ont rendu leur rapport le 6 octobre 2019. Sur la base de ce rapport, l'ONIAM a rejeté la demande d'indemnisation par une décision du 18 février 2020. Les consorts E demandent au tribunal d'annuler cette décision, de condamner l'ONIAM à les indemniser des préjudices résultant de la vaccination de Hugo E le 25 novembre 2009 contre la grippe A (H1N1) par le vaccin Pandemrix, ou, à titre subsidiaire, d'ordonner avant dire droit une nouvelle expertise judiciaire à fin de déterminer le lien de causalité entre la vaccination et la survenance de la pathologie dont souffre Hugo.

Sur les conclusions dirigées contre la décision de l'ONIAM du 18 février 2020 :

2. La décision de l'ONIAM du 18 février 2020 a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande des consorts E qui, en formulant les conclusions analysées ci-dessus, ont donné à l'ensemble de la requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit des intéressés à percevoir l'indemnisation qu'ils réclament, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Il s'ensuit que les moyens dirigés contre cette décision ne peuvent qu'être écartés, ainsi, par suite, que les conclusions tendant à son annulation.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

3. Aux termes de l'article L. 3131-1 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable au litige : " En cas de menace sanitaire grave appelant des mesures d'urgence, notamment en cas de menace d'épidémie, le ministre chargé de la santé peut, par arrêté motivé, prescrire dans l'intérêt de la santé publique toute mesure proportionnée aux risques courus et appropriée aux circonstances de temps et de lieu afin de prévenir et de limiter les conséquences des menaces possibles sur la santé de la population ". Aux termes de l'article L. 3131-4 du même code : " Sans préjudice des actions qui pourraient être exercées conformément au droit commun, la réparation intégrale des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales imputables à des activités de prévention, de diagnostic ou de soins réalisées en application de mesures prises conformément aux articles L. 3131-1 ou L. 3134-1 est assurée par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales mentionné à l'article L. 1142-22. () ".

4. Par un arrêté du 4 novembre 2009, pris sur le fondement de l'article L. 3131-1 du code de la santé publique, le ministre de la santé et des sports a organisé, au titre des mesures d'urgence, une campagne de vaccination contre le virus de la grippe A (H1N1) entre le 20 octobre 2009 et le 1er octobre 2010. Les dispositions précitées de l'article L. 3131-4 du code de la santé publique prévoient la réparation intégrale par l'ONIAM, en lieu et place de l'État, des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales imputables à des activités de prévention ou de soins réalisées en application de mesures prises conformément aux articles L. 3131-1 ou L. 3134-1 du même code, sans qu'il soit besoin d'établir l'existence d'une faute ni la gravité particulière des préjudices subis, à condition qu'un lien de causalité soit établi par le demandeur entre ces préjudices et la vaccination intervenue dans le cadre de cette campagne compte tenu notamment, d'une part, du bref délai ayant séparé l'injection de l'apparition du premier symptôme cliniquement constaté d'une pathologie ultérieurement diagnostiquée et, d'autre part, de la bonne santé de la personne concernée et de l'absence, chez elle, de tout antécédent relatif à cette pathologie antérieurement à la date de sa vaccination. Il résulte en outre de ces dispositions que la réparation incombant à l'ONIAM bénéficie à toute victime, c'est-à-dire tant à la personne qui a subi un dommage corporel du fait de l'une de ces mesures qu'à ceux de ses proches qui en subissent directement les conséquences.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment de la littérature médicale versée aux débats par les parties, que plusieurs études observationnelles menées en Europe, notamment en Suède, en Finlande, en Norvège et en France, ont montré un risque accru de narcolepsie chez les patients vaccinés contre le virus H1N1 en 2009 et 2010. La communauté scientifique a caractérisé plusieurs critères en considération desquels le lien entre le vaccin contre le virus H1N1 et la narcolepsie doit être examiné, consistant dans l'existence d'une vaccination par le vaccin Pandemrix, le diagnostic de narcolepsie avec cataplexie, l'absence d'antécédent et le délai entre la vaccination et le début des symptômes. Ainsi, si ces études ont admis un lien de causalité entre la vaccination contre la grippe A et la survenance éventuelle d'une narcolepsie-cataplexie, ce lien n'a été mis en évidence qu'avec cette maladie. Par ailleurs, elles établissent que le délai séparant la vaccination de l'apparition de la narcolepsie-cataplexie est généralement inférieur à 6 mois, que le nombre de patients développant cette pathologie un an après la vaccination est comparable au taux de narcolepsie chez les personnes n'ayant pas bénéficié de la vaccination et qu'il n'existe pas de surincidence d'apparition des symptômes au-delà de 8 mois après la vaccination. Une seule étude suédoise a isolé un sous-groupe de cas survenus entre 12 et 24 mois après la vaccination, sans caractériser de sur-risque lié à la vaccination par rapport à l'incidence habituelle. Si les requérants se prévalent d'une étude finlandaise ainsi que d'une méta-analyse publiée en 2018 dans la revue " Sleep Medicine Reviews " qui font état d'un risque accru de narcolepsie au cours de la seconde année suivant la vaccination, cette méta-analyse précise que des études finlandaises et suédoises semblent démontrer un tel risque mais que leurs conclusions doivent être interprétées avec précaution en raison de possibles biais. Enfin, l'étude NarcoFlu-VF de 2012 invoquée par les requérants relève un délai entre l'apparition de la somnolence diurne excessive et la date de prise de contact pour un premier test itératif de la latence d'endormissement compris entre 3,9 et 12,6 mois.

6. En l'espèce, le critère de la vaccination par le vaccin Pandemrix est caractérisé dans le cas de Hugo E. Par ailleurs, en dépit des réserves soulevées par l'ONIAM quant aux antécédents d'affections ORL et asthmatiques dont il souffrait, le lien entre ces pathologies et la survenue de la narcolepsie n'est pas établi dans la littérature médicale produite à l'instance, si bien que le critère d'absence d'antécédent doit être regardé comme caractérisé.

7. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du professeur K et du docteur H ainsi que des certificats médicaux versés au débat, ainsi que des écritures des requérants, qu'Hugo E est atteint d'hypersomnie à temps de sommeil allongé. Le praticien du centre des maladies rares du sommeil du centre hospitalier universitaire de Bordeaux ayant établi ce diagnostic souligne, dans le compte-rendu de consultation daté du 12 janvier 2012, que Hugo E " a été vacciné par Pandemrix pour H1NI, néanmoins, on ne retrouve pas de signe évocateur de narcolepsie typique si ce n'est quelques agitations de l'endormissement, sans cataplexie, sans paralysie du sommeil ". Le même praticien, le 23 février 2012 indique que " le dernier test itératif de latence d'endormissement est en faveur d'une hypersomnie de type narcolepsie " mais précise qu'il convient " d'attendre le dosage des hypocrétines dans le LCR pour affirmer la pathologie ". Les courriers et certificats médicaux ultérieurs de ce praticien comme ceux d'autres praticiens hospitaliers, un pédopsychiatre et un pédiatre du centre hospitalier de Mont-de-Marsan mentionnent uniquement le diagnostic d'hypersomnie. Par ailleurs, ainsi que le soulignent les experts, la narcolepsie associée à la vaccination H1N1 est presque toujours de type I, et survient quasi exclusivement chez des individus porteurs de l'alléle HLA DQB1*06-02. Or, Hugo E n'est pas porteur de cet allèle. Dans ces conditions, quand bien même ces experts estiment qu'Hugo est atteint de narcolepsie de type II, alors que seul le diagnostic d'hypersomnie à temps de sommeil allongé ou d'hypersomnie idiopathique a été posé par le praticien somnologue du centre hospitalier universitaire qui suit l'intéressé, en aucune façon sa pathologie ne peut être considérée comme une narcolepsie de type I. Ainsi, le critère du diagnostic de narcolepsie avec cataplexie n'est pas caractérisé dans le cas de Hugo E.

8. D'autre part, si le professeur K et le docteur H retiennent dans leur rapport d'expertise un lien d'imputabilité qu'ils qualifient de vraisemblable entre la vaccination de Hugo E le 25 novembre 2009 et sa pathologie, avec une apparition des symptômes qui se situerait en février 2010, il résulte de l'instruction que la première consultation médicale effectuée par Hugo E relativement à ces symptômes date de juillet 2011, précédée d'une consultation en mars 2011 où la fatigue n'était qu'un motif secondaire de consultation. Les seuls éléments visant à établir la date d'apparition de ces symptômes consistent en une attestation sur l'honneur d'employées de l'école élémentaire où il était scolarisé, non datée et qui, au moins deux ans après, évoquent sa fatigue et ses endormissements à partir de février 2010. Ces affirmations ne sont corroborées par aucun document médical contemporain aux symptômes déclarés. Par ailleurs, si les parents de Hugo E témoignent que l'enseignante de leur fils les avait alertés, au cours du deuxième trimestre de CE2, sur sa fatigue, le bulletin scolaire correspondant fait apparaître qu'après " un début de trimestre difficile, Hugo a su se remobiliser " tandis qu'au trimestre suivant, sont soulignés ses très bons résultats avec l'encouragement à " conserver cette dynamique ". Enfin si, en mai 2010, lors d'un bilan psychomoteur, l'enfant est qualifié de fatigable, aucune alerte n'est notée à ce sujet tandis qu'en juillet 2010, un compte-rendu de consultation de pédiatrie au centre hospitalier de Mont-de-Marsan, motivé par des problèmes de bronchites récidivantes, relate les propos de la mère du patient au sujet de " quelques troubles de concentration dans le cadre scolaire " mais ce long compte-rendu ne rapporte aucune mention de fatigabilité de l'enfant. Ce n'est qu'au troisième trimestre de l'année de CM1, soit au printemps 2011, que l'enseignant indique qu'en " cette fin d'année, Hugo a été fatigué ". Ainsi, la première pièce médicale à faire état d'hypersomnie à temps de sommeil allongé date de juillet 2011, soit 20 mois après la vaccination, dans un délai qui excède ceux mis en évidence dans les études mentionnées au point 5.

9. Dans ces conditions, dès lors que deux des quatre critères à prendre en considération, selon la communauté scientifique, ne sont pas caractérisés, et sans qu'il apparaisse utile d'ordonner une nouvelle expertise, le lien de causalité entre la vaccination par Pandemrix et la pathologie dont souffre Hugo E ne peut être regardé comme suffisamment établi pour justifier une réparation par l'ONIAM, en application des dispositions de l'article L. 3131-4 du code de la santé publique, des préjudices subis du fait de cette pathologie.

10. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander réparation à l'ONIAM par application des dispositions citées du code de la santé publique.

Sur les frais d'instance :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ONIAM, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A E, M. F E, Mme B G épouse E, M. C E et M. I E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, M. F E, Mme B G épouse E, M. C E, M. I E, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la Mutuelle générale de l'Éducation nationale des Landes.

Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Beneteau, première conseillère,

Mme Neumaier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.

La rapporteure,

Signé

A. J

La présidente,

Signé

M. D La greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au ministre de la prévention et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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