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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2000972

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2000972

mercredi 19 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2000972
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL DE GINESTET DE PUIVERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 mai 2020 et le 28 juin 2021, la SCEA du Magescq, représentée par Me de Ginestet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner solidairement l'Etat et le groupement d'intérêt économique (GIE) A 63 à lui verser, à titre principal, une somme de 60 604 euros, et à titre subsidiaire, une somme de 41 932 euros, en réparation des préjudices subis par la pisciculture qu'elle exploite, à la suite des travaux publics réalisés sur cette autoroute, assortie des intérêts au taux légal à compter du 31 mai 2012 ;

2°) de condamner solidairement l'Etat et le GIE A 63 aux entiers dépens ;

3°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat et du GIE A 63, une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- selon l'expert judiciaire, les désordres sont constitués par une hausse de mortalité et un défaut de croissance des poissons au cours de l'année 2012, lesquels sont imputables à une dégradation répétée du milieu ;

- le préjudice ainsi subi revêt un caractère anormal et spécial ;

- les conditions d'engagement de la responsabilité sans faute de l'Etat, du fait des dommages subis en raison de travaux publics qu'il a fait réaliser, sont réunies ;

- l'Etat a également commis une faute de nature à engager sa responsabilité en fixant, dans l'arrêté interpréfectoral du 23 septembre 2011, le seuil de rejet maximal à 50 mg/l de matières en suspension (MES) au lieu des 25mg/l prévus dans le code de l'environnement, dès lors que ces matières sont responsables du défaut de croissance de ces poissons ;

- le GIE A 63 a commis une faute en déversant des matières polluantes à des taux supérieurs à ceux autorisés dans les eaux de sa pisciculture ;

- elle a subi un préjudice matériel à hauteur de 60 604 euros au titre de la perte d'exploitation d'environ 30 tonnes de poissons et des frais engagés dans la procédure.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mai 2021, le GIE A 63, représenté par Me Lonné, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge de la SCEA du Magescq une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'aucun lien de causalité n'est établi entre les travaux et les dommages allégués.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2021, la préfète des Landes et la préfète de la Gironde concluent, à titre principal, au rejet de la requête en ce qu'elle tend à la condamnation de l'Etat, et à titre subsidiaire, à ce que l'indemnisation soit ramenée à une plus juste estimation.

Elles soutiennent que :

- l'Etat n'a commis aucune faute en fixant, dans l'arrêté intepréfectoral du 23 septembre 2011, la concentration en matières en suspension à 50mg/l, dès lors que le taux de 25 mg/l énoncé dans le code de l'environnement, ne constitue qu'une valeur souhaitable, pour respecter un très bon état de l'eau ;

- seule la responsabilité du GIE A 63 peut être recherchée en l'espèce, en application du décret n° 2011-85 du 21 janvier 2011 approuvant la convention de concession entre l'Etat et la société Atlandes, qui a réalisé les travaux ;

- le lien de causalité n'est pas établi entre les dommages et les travaux réalisés sur l'autoroute ;

- la victime n'a rien fait pour prévenir, éviter ou atténuer le dommage ;

Par une ordonnance du 30 juin 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 juillet 2021.

Un mémoire, présenté par la préfète des Landes et la préfète de la Gironde, a été enregistré le 27 juillet 2021, postérieurement à la clôture de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2011-85 du 21 janvier 2011 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Lonné, représentant le GIE A 63.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile d'exploitation agricole (SCEA) du Magescq exploite une pisciculture alimentée par une dérivation du ruisseau du Magescq. Lors de travaux d'élargissement de l'autoroute A63 passant à proximité d'un affluent de ce cours d'eau, réalisés par le groupement d'intérêt économique (GIE) A 63, et comprenant en particulier la réalisation d'un ouvrage de franchissement hydraulique, pour le compte de la société Atlandes, concessionnaire de l'ouvrage, la SCEA du Magescq soutient avoir constaté des épisodes " d'eaux troubles " dans les bassins de sa pisciculture, entre les mois de mai à décembre 2012, et a observé une hausse de la mortalité ainsi qu'une baisse de production (croissance - GMQ) des truites arc-en-ciel qu'elle élève, entraînant des pertes d'exploitation. La société a saisi le tribunal de grande instance de Dax d'une demande d'expertise et, par une ordonnance du 3 décembre 2013, une expertise afin de déterminer les causes et les origines de ces désordres a été ordonnée. L'expert désigné a rendu son rapport le 5 août 2016. Par la présente requête, la SCEA du Magescq demande au tribunal de condamner solidairement le GIE A 63 et l'Etat à lui verser une somme de 60 604 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité sans faute :

2. Même en l'absence de faute, le maître d'ouvrage ainsi que, le cas échéant, les constructeurs chargés des travaux sont responsables solidairement à l'égard des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public. Ces personnes ne peuvent dégager leur responsabilité que si elles établissent que ces dommages sont imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime, sans que puisse être utilement invoqué le fait d'un tiers. Il appartient au tiers, victime d'un dommage de travaux publics de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre, d'une part, les travaux publics et, d'autre part, le dommage dont il se plaint. Ce tiers n'est pas tenu de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'il subit lorsque le dommage présente, comme c'est le cas en l'espèce, un caractère accidentel.

3. En cas de concession d'un ouvrage public, peut être recherchée par des tiers la seule responsabilité du concessionnaire, sauf insolvabilité de ce dernier, en cas de dommages imputables à l'existence ou au fonctionnement de cet ouvrage.

4. Il résulte de l'instruction que par un décret du 21 janvier 2011, l'Etat a approuvé un contrat de concession conclu avec la société anonyme Atlantes pour le " financement, la conception, l'aménagement, l'élargissement, l'entretien, l'exploitation et la maintenance de la section de l'autoroute A63 entre Salles et Saint-Geours-de-Maremne ". Il résulte en outre des stipulations de l'article 6 du contrat de concession selon lesquelles : " 6.9. Sans préjudice des stipulations de l'article 5.3 ci-dessus, sont à la charge du concessionnaire toutes indemnités ou compensations qui pourraient être dues à des tiers du fait de la réalisation des travaux, de l'existence, de l'exploitation ou de l'entretien de l'autoroute. () ". Des travaux d'élargissement de l'autoroute A63 au niveau de la commune de Magescq ont été réalisés du 22 février 2012 au 29 avril 2013 par le groupement d'intérêt économique (GIE) A 63 pour le compte de la société Atlandes, concessionnaire. Il résulte de ce qui précède que seule la responsabilité du GIE A 63, en sa qualité de constructeur chargé des travaux, peut être recherchée.

5. En premier lieu, il résulte également de l'instruction que des travaux litigieux ont notamment été réalisés à proximité de l'affluent du ruisseau de Saunus, lequel se jette dans le ruisseau de Magescq alimentant la pisciculture exploitée par la SCEA du Magescq. Entre le 10 mai et le 7 décembre 2012, le gérant de la SCEA du Magescq a constaté visuellement 26 épisodes d'eaux troubles, recensés dans un tableau qu'il produit. L'Etat avait effectué un rappel réglementaire le 15 février 2012, alertant la société concessionnaire du départ de matériaux dans les cours d'eau, et lui rappelant la nécessité d'être vigilant sur l'ensemble du chantier. Toutefois, il résulte de l'instruction, que le contrôle effectué le 27 juin 2012 par les agents de l'Etat, a permis de relever des manquements aux prescriptions de l'arrêté d'autorisation " Loi sur l'eau ", imposant notamment de traiter toutes les eaux ruisselantes avant leur rejet au milieu naturel. Cet état des lieux est par ailleurs corroboré par le courrier électronique adressé, le 27 août 2012, par le responsable du chantier à Magescq, au gérant de la pisciculture, confirmant que le système de filtration s'étant bouché, l'eau du bassin de rétention a débordé dans le milieu naturel avant traitement. Le 6 novembre 2012, l'Etat a alors mis en demeure la société concessionnaire de se conformer aux prescriptions de l'autorisation " Loi sur l'eau " délivrée le 23 septembre 2011, et de traiter toutes les eaux ruisselantes du chantier avant rejet dans le milieu. Il résulte encore de l'instruction, qu'en présence d'un huissier de justice qui a visuellement constaté, le 5 novembre 2012, que si les eaux étaient claires dans le ruisseau de Saunus, celles de son affluent étaient, en revanche, très " chargées " et que les eaux du bassin de la pisciculture n'étaient pas claires, le gérant de la SCEA du Magescq a effectué des prélèvements d'eau, en amont, en aval et à 50 mètres du chantier. Les résultats des analyses de ces prélèvements montrent respectivement, à ces trois endroits, une valeur de matière en suspension (MES) de 16 mg/l, 2 600 mg/l et 520 mg/l. Les prélèvements en amont et en aval du chantier, effectués en présence également d'un huissier, le 11 février 2013, alors que le chantier n'était pas encore terminé, montrent une valeur de matière en suspension de 11mg/l en amont et de 430 mg/l en aval, largement supérieure au seuil de 25mg/l fixé au tableau II annexé à l'article D. 211-10 du code de l'environnement, et à celui de 50mg/l fixé par l'arrêté du 23 septembre 2011.

6. Si la dégradation de la qualité de l'eau des bassins piscicoles relevée entre le 10 mai et le 7 décembre 2012, à savoir pendant la période des travaux litigieux, n'est pas contestée par l'expert judiciaire, celui-ci considère que la durée de pollution est plutôt faible en la ramenant au nombre total d'heures de présence d'eau trouble seulement observée et non corroborée par des analyses de prélèvements dans les bassins de la requérante, soit 78 heures sur un période de 251 journées. Il relève, en outre, l'existence d'une pathologie de type hépato-nephrite survenue en 2012 sur le lot T05 établie par le vétérinaire de la pisciculture, laquelle est aggravée par la présence d'une eau trouble. Il retient au surplus, le facteur de la pluviométrie annuelle sans toutefois la détailler, ainsi que la présence d'une station d'épuration et de trois confluences entre les rejets provenant du chantier et la prise d'eau de la pisciculture. Enfin, cette dernière est éloignée d'environ 3 km du chantier, distance au cours de laquelle doit être pris en considération la dilution des matières en suspension, en tenant compte du débit du ruisseau du Magescq et de l'accueil des trois affluents. Il en conclut que l'ensemble de ces éléments ne permet pas d'établir un lien de causalité direct et certain entre les rejets issus des travaux autoroutiers et la surmortalité. En revanche, il conclut que la baisse de production des poissons constatées par la requérante peut provenir de la présence de matières en suspension en excès, et de façon réitérée, dans les eaux de rejets issues de ces travaux.

7. Il résulte encore de l'instruction qu'il n'est pas établi ni même allégué, tant par l'expert que par les parties en défense, qu'une autre cause pourrait être à l'origine des eaux troubles durant la période d'observation des épisodes de pollution du ruisseau, alors qu'il résulte de ce qui a été dit précédemment que le traitement des eaux de ruissellement du chantier, avant rejet en milieu naturel, n'avait pas été respecté et avait dû faire l'objet d'un rappel à la règlementation et d'une mise en demeure par les services de l'Etat et que, plus précisément, le système de filtration du bassin de rétention des eaux rejetées dans l'affluent du ruisseau de Saunus a été défaillant pendant la durée des travaux.

8. De plus, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert judiciaire, que seuls deux épisodes de pollution des bassins piscicoles sont établis, ce dernier tenant compte toutefois des constats d'eaux troubles relevés par le gérant de la SCEA du Magescq à 26 reprises, sur une période s'échelonnant entre le 10 mai et le 7 décembre 2012. Il résulte, par ailleurs, du rapport du vétérinaire M. E et de celui du docteur M. B, chercheur en aquaculture que, s'agissant des salmonidés telle la truite arc-en-ciel, la turbidité de l'eau gêne le poisson dans ses déplacements, sa recherche de nourriture et provoque une hypersécrétion de mucus cutané et branchial de moindre qualité, réduisant sa fonction de barrière de protection aux agents pathogènes. La présence d'un excès de matières en suspension dans l'eau dégrade aussi les fonctions respiratoires des branchies entraînant la mort par suffocation en cas d'excès majeur. Les excès moindres sont source de stress, lequel entraîne à court terme un comportement anormal caractérisé par une nage en surface et une recherche de fuite, et en cas d'épisodes à répétition, les poissons mangent moins, leur croissance réduit, et subissent un " stress chronique " qui diminue leur immunité pouvant entraîner leur mort (delayed mortality syndrome).

9. Dans ces conditions, si certes, en l'espèce, la mortalité a augmenté de 79 % d'avril à août 2012 et la production a baissé de près de 40 %, en l'absence notamment d'autopsie réalisée sur les poissons et de mesures réalisées dans les bassins de la valeur des matières en suspension à chaque épisode de pollution, et alors que le vétérinaire M. E précise que le lot T05 était atteint d'hépato-néphrite en 2012, même si la turbidité de l'eau a pu être source d'aggravation de cette pathologie, il ne résulte pas de l'instruction que la mortalité des truites puisse résulter de façon directe et certaine des travaux publics litigieux. En revanche, il résulte du faisceau d'indices concordants, décrit ci-dessus, éclairés par la littérature scientifique produite, que la baisse de production enregistrée dans l'élevage piscicole de la société requérante, peut être considérée comme imputable aux travaux d'élargissement de l'autoroute A63 située en amont de l'exploitation de la requérante, réalisés par le GIE A 63. Dans ces conditions, la SCEA du Magescq est, par suite, fondée à rechercher la responsabilité du GIE A 63, dont il ne résulte aucunement de l'instruction qu'il serait insolvable, à raison des dommages causés par les travaux publics en cause qu'il a réalisés.

10. En second lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, seule la responsabilité du GIE A 63, chargée de la réalisation des travaux publics en cause peut être engagée à raison des travaux réalisés sur l'autoroute A63 pour le compte de la société concessionnaire de cet ouvrage. La SCEA du Magescq n'est ainsi pas fondée à rechercher la responsabilité sans faute de l'Etat en sa qualité de concédant dudit ouvrage public.

Sur la responsabilité pour faute de l'Etat :

11. S'il résulte de l'instruction que l'arrêté interpréfectoral du 23 septembre 2011 autorisant la société concessionnaire de l'ouvrage autoroutier, au titre de la " Loi sur l'eau " à réaliser les travaux litigieux, a fixé la valeur maximale de matières en suspension à 50 mg/l en méconnaissance de la valeur limite fixée à 25 mg/l au tableau II annexé à l'article D. 211-10 du code de l'environnement, toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment que lorsque la valeur de matières en suspension a été mesurée en aval du chantier, elle était nettement supérieure tant à la limite de 25 mg/l qu'à celle de 50 mg/l et que l'observation d'eaux troubles s'est présentée à plusieurs reprises, de sorte que cette illégalité fautive ne peut être regardée comme la conséquence directe du dommage subi par la requérante. Par suite, la SCEA du Magescq n'est pas fondée à rechercher la responsabilité pour faute de l'Etat.

Sur les préjudices :

12. Il résulte de l'instruction que, pour évaluer son préjudice, la SCEA du Magescq produit un tableau élaboré par ses soins, chiffrant ses pertes de mai à septembre 2012, dont les éléments sont corroborés par ceux retenus dans le rapport du cabinet Polyexpert, désigné par son assureur, dans le cadre d'une expertise amiable, à partir des éléments comptables de la société et non contestés. En revanche, l'expert judiciaire a proposé une évaluation du préjudice subi, en retenant dans leur totalité les surcoûts liés à la surconsommation d'aliments correspondant à 7 486 euros et les montants réclamés en réparation du préjudice lié uniquement à la baisse de production du cheptel dû au retard de croissance, correspondant à 22 tonnes et évalué à 30 580 euros, ainsi que des frais tels que l'analyse des prélèvements et honoraires de constats d'huissier, évalués à 1 625 euros. Si la SCEA du Magescq demande l'actualisation du montant des frais engendrés à 3 866 euros, elle ne produit aucune justification à l'appui de sa demande et n'en justifie ainsi nullement le bien-fondé.

13. Dans ces conditions, il résulte de ce qui précède que la demande formulée au titre de ce chef de préjudice doit être rejetée, ainsi que celle formulée au titre de la perte résultant de la mortalité des truites, compte tenu de ce qui a été exposé aux points 5 à 8 du présent jugement. En revanche, il sera fait une exacte appréciation de l'ensemble des préjudices subis par la SCEA du Magescq en condamnant le GIE A 63 à lui verser une somme totale de 39 691 euros (30 580 + 7 486 + 1 625).

Sur les intérêts :

14. La requérante a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité de 39 691 euros qui lui est accordée, à compter seulement du 14 mai 2020, date de l'enregistrement de la requête, dès lors que la demande préalable adressée au GIE A 63 ne comprend pas de demande d'intérêts.

Sur les dépens :

15. La requérante demande au tribunal de condamner solidairement l'Etat et le GIE A 63 aux entiers dépens, comprenant, en l'espèce, le coût de l'expertise judiciaire, confiée par le juge des référés du Tribunal de grande instance de Dax à M. A. Toutefois, la présente instance n'a pas entraîné de frais susceptibles d'être inclus dans les dépens. Dès lors, il n'y a pas lieu de faire droit à cette demande.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le GIE A 63 demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du GIE A 63 la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société requérante et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le groupement d'intérêt économique A63 est condamné à verser à la SCEA du Magescq la somme de 39 691 euros (trente-neuf mille six cent quatre-vingt-onze euros) assortie des intérêts au taux légal à compter du 14 mai 2020.

Article 2 : Le groupement d'intérêt économique A 63 versera à la SCEA du Magescq une somme de mille cinq cents euros (1 500 euros) en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par le groupement d'intérêt économique A 63 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administratives sont rejetées

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCEA du Magescq, au groupement d'intérêt économique A 63 et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie pour information en sera adressée à la préfète des Landes et à la préfète de la Gironde.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Perdu, présidente,

Mme Duchesne, conseillère,

M. Diard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2022.

La rapporteure,

Signé : M. DLa présidente,

Signé : S. PERDU La greffière,

Signé : M. C

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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