LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2001126

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2001126

lundi 5 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2001126
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABROL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 juin 2020 et le 30 août 2021, Mme C... A..., représentée par Me Cabrol, doit être regardée comment demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Gimont à lui verser une somme de 117 500 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable et de la capitalisation de ces intérêts à compter du 28 février 2020 ;

2°) d’enjoindre au centre hospitalier Gimont de requalifier les arrêts de travail du 10 septembre 2018 au 30 septembre 2018, du 26 mars 2019 au 28 mai 2019 et celui courant depuis le 29 octobre 2019 en maladie professionnelle, et de reconstituer sa carrière en conséquence ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Gimont les entiers dépens, ainsi qu’une somme de 6 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les agissements de la direction du centre hospitalier de Gimont à son encontre sont constitutifs d’une situation de harcèlement moral de nature à engager la responsabilité de l’établissement ;
- elle n’a jamais été informée de la tenue éventuelle d’un conseil de discipline, et a été informée, quatorze mois après l’édiction de la première mesure de suspension, de ce que la procédure disciplinaire était abandonnée ;
- sa réintégration a entraîné une modification de ses attributions et de ses responsabilités ; les missions qu’elle devait exercer sont restées indéterminées ; elle ne s’est vue confier aucune responsabilité au sein du projet « qualité », mais a été contrainte d’exercer les missions d’une personne qui lui était auparavant subordonnée ; elle a été mise à l’écart du projet « ARS Gestion des troubles du comportement en EHPAD ;
- elle a été ostracisée au sein de l’institution, dès lors notamment qu’elle a été écartée de la quasi-totalité des chaînes d’information ;
- elle a été privée de son autorité hiérarchique dès lors qu’elle n’était plus destinataire d’informations relatives à la gestion du service ; ses supérieurs ne tenaient pas compte de ses propositions ; elle n’a plus été intégrée dans l’élaboration des fiches de poste ; elle n’a plus été en charge de la gestion des plannings, qui sont en principe gérés par les cadres ; les missions qui lui étaient auparavant dévolues ont été attribuées à une personne d’un grade inférieur, alors que sa fiche de poste indiquait qu’elle était en charge du contrôle des cadres et des ressources humaines des services de soins ; elle ne contrôle désormais ni les congés ni la présence des cadres ; les évaluations des cadres sont désormais effectuées par le directeur du centre hospitalier ;
- elle a été exclue des astreintes, cette privation de responsabilités ayant contribué à son ostracisation au sein du service ;
- elle est fondée à demander la réparation de ses préjudices, lesquels doivent être indemnisés comme suit :

- 1 000 euros au titre du préjudice financier liés aux frais médicaux engagés ;

- 35 000 euros au titre du préjudice économique causé par la privation de ses astreintes et aux absences de rémunération liées à ses absences ;

- 25 000 euros au titre de son préjudice de carrière, et de la perte de chance subie en matière d’avancement et d’évolution de carrière ;

- 1 500 euros au titre de sa perte de chance d’obtenir le Master 2 de gérontologie qu’elle avait entrepris ;
- 25 000 euros au titre de son préjudice moral ;
- 5 000 euros au titre de l’atteinte à sa réputation ;

- 25 000 euros au titre de l’atteinte à sa santé et des troubles dans les conditions d’existence qui en ont résulté ;
- à titre subsidiaire, si le tribunal ne reconnaissait pas l’existence d’une situation de harcèlement moral, le centre hospitalier de Gimont a commis une faute de nature à engager sa responsabilité, en l’absence de faute de la requérante et de nécessité de service, du fait de l’illégalité des décisions de suspension prises à son encontre ;
- la décision du 20 octobre 2017 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Gimont l’a suspendue de ses fonctions est illégale dès lors qu’aucune sanction ne lui a été infligée à l’issue d’un délai de quatre mois et que les faits qui lui sont imputés ne présentaient pas un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité ; alors qu’une mesure de suspension doit être justifiée, en fonction des faits, par l’intérêt du service, la lecture du rapport disciplinaire ne permet pas de déterminer l’existence de faits datés, précis et circonstanciés ;
- la décision du 21 février 2018 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Gimont a renouvelé la mesure de suspension dont elle a fait l’objet est illégale, dès lors qu’elle ne pouvait être renouvelée à l’expiration d’un délai de quatre mois après l’édiction de la première décision de suspension.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2021, le centre hospitalier de Gimont, représenté par Me Kaczmarczyk, conclut à titre principal au rejet de la requête en raison de son irrecevabilité, à titre subsidiaire à son rejet au fond, et en tout état de cause à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la recevabilité de la requête :

- la requête de Mme A... doit être rejetée comme irrecevable dès lors que le contentieux ne saurait être regardé comme étant lié ; aucun fait dommageable n’a été invoqué dans la demande indemnitaire préalable et la requérante ne pouvait augmenter ses prétentions indemnitaires dans sa requête ;
- les conclusions aux fins d’injonction sont irrecevables, dès lors qu’elles ne sont pas l’accessoire de conclusions aux fins d’annulation ; en tout état de cause, les refus d’imputabilité au service des accidents déclarés par l’intéressée sont devenus définitifs ;

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Gimont :

- le centre hospitalier n’a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité, aucun des prétendus agissements invoqués par la requérante n’étant de nature à caractériser un harcèlement moral, ni même un comportement fautif de l’administration ;
- l’existence d’une situation de harcèlement moral ne saurait être admise lorsque les décisions adoptées s’inscrivent dans l’exercice normal du pouvoir hiérarchique ;
- la suspension à titre conservatoire de la requérante, qui ne constituait pas une sanction disciplinaire déguisée, n’est pas au nombre des décisions devant être motivées ;
- cette mesure était justifiée par la présomption d’une faute grave ; elle est intervenue dans le cadre d’un conflit social de grande ampleur, dans le cadre duquel il a été fait part de « dérives managériales » de la part de l’intéressée ; il a été mentionné un comportement professionnel inadapté de la part de Mme A... dans l’exercice de ses missions, caractérisé par la tenue de propos blessants, des pratiques contestables et des pressions morales exercées sur certains agents, générant des tensions au sein de l’établissement ; ces faits sont de nature à caractériser une présomption de faute grave, justifiant la suspension à titre conservatoire de l’intéressée ; elle en a été informée par le biais d’entretiens téléphoniques qui se sont tenus les 20 et 24 octobre 2017 ;
- une enquête administrative a par ailleurs révélé que Mme A... exerçait une emprise sur certains personnels de l’établissement, dépassait régulièrement le cadre de ses missions, et avait utilisé son téléphone portable pour enregistrer des vidéos à l’insu de membres du personnel afin de les confronter à leurs éventuels manquements professionnels ; la circonstance qu’elle n’ait eu connaissance des faits qui lui étaient reprochés qu’au moment de l’engagement de la procédure disciplinaire est sans incidence sur la légalité de cette mesure ;
- la prolongation de sa suspension à titre conservatoire était justifiée par l’intérêt du service et celui de la requérante, dans un contexte de tensions entre elle et les agents du centre hospitalier ;
- en tout état de cause, les décisions par lesquelles elle a été suspendue et portant prolongation de cette suspension sont devenues définitives, de sorte qu’elle ne saurait s’en prévaloir pour tenter de caractériser une illégalité fautive de nature à lui ouvrir droit à réparation ;
- la procédure disciplinaire, suspendue pendant l’arrêt maladie de la requérante, a finalement était abandonnée dans un souci d’apaisement et Mme A... a été réintégrée dans ses fonctions le 23 juillet 2018 ; la circonstance que l’administration renonce au prononcé d’une sanction ne saurait caractériser une illégalité et n’est pas constitutive d’une faute susceptible d’engager la responsabilité de l’établissement ;
- la reprise de fonctions de Mme A... a été correctement appréhendée, le centre hospitalier ayant attendu que cette reprise à l’issue de ses arrêts de travail soit confirmée le 13 juillet 2018 ; elle était attendue le 6 août 2018 par le futur directeur de l’établissement ; à cet égard, les attestations produites par la requérante ne sauraient être considérées comme probantes dès lors qu’elle ont été rédigées par des agents se trouvant à la retraite ou en congé maladie depuis la reprise de fonctions de l’intéressée ;
- la réintégration de la requérante s’est opérée sur la base de missions recentrées autour de la gestion qualité et des risques et de la coordination des soins ; la circonstance que la mission de qualité ait pu être auparavant exercée par un agent qui lui aurait été subordonné ne faisait pas obstacle à ce qu’elle lui soit confiée dans l’intérêt du service ; alors qu’elle avait été chargée de l’élaboration du « compte qualité » devant être transmis à la Haute autorité de santé en mars 2019, elle a été placée en congés maladie, le directeur du centre hospitalier ayant alors dû se charger lui-même de la finalisation de ce document ;
- le projet « Gestion des troubles du comportement en EHPAD » n’ayant pas été mis en œuvre par le centre hospitalier de Gimont, Mme A... ne saurait reprocher à l’établissement de l’avoir tenue à l’écart ;
- elle n’a pas été privée de son autorité hiérarchique ; elle est demeurée cadre de santé au sein de l’établissement et a conservé ses missions de coordinations des soins ; cette circonstance ne faisait pas obstacle à ce que, dans le cadre de la mise en place d’une direction commune à plusieurs établissements, la direction ait décidé de conserver une participation directe dans le management des cadres ; elle a toujours été destinataire des informations dont elle demandait la communication ; sa mission de coordination des soins n’impliquait pas qu’elle élabore les plannings ou tableaux de service, qui sont gérés par les services de ressources humaines et les cadres de santé concernés, tout comme les formalités relatives au recrutement ; il en était déjà ainsi en 2017 ; elle a par ailleurs continué de réaliser les entretiens professionnels des cadres ;
- la circonstance que la requérante n’ait pu obtenir son diplôme ne saurait être imputée au centre hospitalier, Mme A... ayant pu poursuivre sa formation niveau master II de gérontologie grâce à l’appui de l’établissement qui a financé cette formation et a organisé son emploi du temps en conséquence ; la direction du centre hospitalier l’a accompagnée dans ses recherches d’emploi ;
- le lien de causalité entre l’état de santé de la requérante et les agissements imputés au centre hospitalier n’est pas établi par les pièces médicales versées au dossier ;
- l’existence des préjudices allégués n’est pas établie.

Un mémoire, présenté pour Mme A..., a été enregistré le 15 novembre 2021.



Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier,
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cabrol, représentant Mme A..., ainsi que celles de Me Perrier, représentant le centre hospitalier de Gimont.

Considérant ce qui suit :

Mme C... A..., qui exerce des fonctions de cadre supérieure de santé au centre hospitalier de Gimont (Gers), a, par un courrier en date du 28 février 2020, demandé au directeur de cet établissement d’être indemnisée à hauteur de 100 000 euros au titre des préjudices qu’elle estime avoir subis du fait d’une situation de harcèlement moral. Par une décision du 26 mars 2020, le directeur du centre hospitalier de Gimont a rejeté sa demande. Par sa requête, Mme A... demande au tribunal de condamner le centre hospitalier à lui verser une somme de 117 500 euros en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis, assortie des intérêts au taux légal, et d’enjoindre au centre hospitalier de requalifier ses arrêts de travail en maladie professionnelle.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

En ce qui concerne la liaison du contentieux :

Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et, ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle ».

La personne qui demande réparation des conséquences dommageables d’un fait qu’elle impute à une administration est recevable à détailler ces conséquences en invoquant, le cas échéant, en cours d’instance des chefs de préjudice dont elle n’avait pas fait état dans sa demande préalable ou dans sa requête introductive d’instance, dès lors que ces chefs de préjudice se rattachent au même fait générateur et reposent sur la même cause juridique.

Il résulte de l’instruction que par sa demande préalable du 28 février 2020, Mme A... a demandé au centre hospitalier de Gimont la réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis en raison des fautes commises par celui-ci, résultant de faits constitutifs de harcèlement moral. Dès lors, Mme A... est recevable à solliciter par la présente requête la réparation des préjudices se rattachant au même fait générateur et reposant sur la même cause juridique que ceux invoqués dans sa réclamation préalable. De telles conclusions, qui consistent à invoquer en cours d’instance, d’une part, de nouveaux chefs de préjudice et, d’autre part, une majoration des montants des chefs de préjudices formulés dans sa demande préalable et dans sa requête introductive d’instance, sont recevables dès lors que ces préjudices se rapportent au même fait générateur que celui invoqué initialement par la requérante, à savoir des faits de harcèlement moral. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier de Gimont ne peut qu’être écartée.

En ce qui concerne la recevabilité des conclusions aux fins d’injonction :

Aux termes de l’article L. 911-1 du code de justice administrative : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu’une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public prenne une mesure d’exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d’un délai d’exécution ». En dehors des cas prévus par les articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, il n’appartient pas au juge administratif d’adresser des injonctions à l’administration.

La requête de Mme A... ne conclut qu’au versement d’une indemnisation, sans comporter de conclusions tendant à l’annulation des décisions par lesquelles le centre hospitalier de Gimont aurait refusé de requalifier ses arrêts maladie en accident de travail. Dès lors, les conclusions de Mme A... tendant à ce que l’établissement requalifie ses arrêts maladie en accident du travail et reconstitue sa carrière en conséquence sont irrecevables et doivent être rejetées. Par suite, il y a lieu d’accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier de Gimont.


Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Gimont :


S’agissant de la légalité des décisions des 20 octobre 2017 prononçant la suspension de l’intéressée à titre conservatoire :


Aux termes de l’article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : « En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. / Si, à l'expiration d'un délai de quatre mois, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions. S'il fait l'objet de poursuites pénales et que les mesures décidées par l'autorité judicaire ou l'intérêt du service n'y font pas obstacle, il est également rétabli dans ses fonctions à l'expiration du même délai. Lorsque, sur décision motivée, il n'est pas rétabli dans ses fonctions, il peut être affecté provisoirement par l'autorité investie du pouvoir de nomination, sous réserve de l'intérêt du service, dans un emploi compatible avec les obligations du contrôle judiciaire auquel il est, le cas échéant, soumis (…) ». La mesure provisoire de suspension ne présente pas par elle-même un caractère disciplinaire. Elle est uniquement destinée à écarter temporairement un agent du service, en attendant qu’il soit statué disciplinairement ou pénalement sur sa situation. Elle peut être légalement prise dès lors que l’administration est en mesure d’articuler à l’encontre de l’intéressé des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant et qui permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave.

En premier lieu, la mesure de suspension est une mesure conservatoire prise dans l’intérêt du service et ne constitue pas une sanction disciplinaire. Par suite, elle n’est pas au nombre des décisions devant être motivées.

En deuxième lieu, les dispositions citées au point 7, qui impartissent à l’administration un délai de quatre mois pour statuer sur le cas d’un fonctionnaire qui a fait l’objet d’une mesure de suspension, ont pour objet de limiter les conséquences de la suspension et non d’enfermer dans un délai déterminé l’exercice de l’action disciplinaire, dans la limite toutefois du délai de prescription de trois ans prévu par l’article 19 de loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, devenu l’article L. 532-2 du code général de la fonction publique, qui précise qu’ « aucune procédure disciplinaire ne peut être engagée au-delà d’un délai de trois ans à compter du jour où l’administration a eu une connaissance effective de la réalité, de la nature et de l’ampleur des faits passibles de sanction (…) ». Dès lors, Mme A... ne peut utilement soutenir la décision en litige auraient étaient prises à l’issue d’une procédure disciplinaire irrégulière au regard de l’article 30 de la loi du 13 juillet 1983 précité, à défaut d’avoir été engagée dans le délai de quatre mois suivant la décision de suspension à titre conservatoire du 20 octobre 2017.

En troisième lieu, la suspension d’un agent public peut être légalement prise dès lors que l’administration est en mesure, à la date de l’arrêté portant suspension de l’intéressé, d’articuler à son encontre des griefs présentant un caractère de vraisemblance suffisant et permettant de présumer que celui-ci a commis une faute grave.

Il résulte de l’instruction qu’une situation de conflit social a touché au mois d’octobre 2017 le centre hospitalier de Gimont, au cours de laquelle Mme A..., ainsi qu’un autre membre du personnel encadrant de l’établissement, ont été mis en cause à titre personnel en raison de dérives managériales et de pressions exercées sur certains agents du centre hospitalier. Il ressort également d’une attestation rédigée par plusieurs membres du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail du centre hospitalier de Gimont que Mme A... aurait, lors du comité qui s’est tenu le 26 septembre 2016, diffusé un enregistrement audiovisuel capturé à l’aide de son téléphone portable, montrant des patients de l’unité de soins longue durée de l’établissement, ainsi que certains des agents de ce même service, filmés à leur insu, afin de confronter ces agents à leurs éventuels manquements professionnels. Il ressort enfin de plusieurs attestations concordantes produites en défense que Mme A... aurait exercé des pressions à l’encontre de plusieurs agents du service, lesquels remettent en cause les pratiques managériales de l’intéressée. Dès lors, et quand bien même la matérialité de ces faits est contestée par Mme A..., le directeur du centre hospitalier de Gimont a pu, en l’état des éléments portés à sa connaissance, estimer que les faits imputés à l’intéressée revêtaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.

Il résulte de ce qui précède que Mme A... n’est pas fondée à soutenir que la décision du 20 octobre 2017 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Gimont a prononcé sa suspension à titre conservatoire serait entachée d’illégalité.


S’agissant de la légalité de la décision du 21 février 2018 prononçant la prolongation de la suspension de l’intéressée à titre conservatoire :

Il résulte de l’instruction que, par sa décision du 21 février 2018, le directeur du centre hospitalier de Gimont a renouvelé la mesure de suspension d’une durée de quatre mois prise le 20 octobre 2017 à l’encontre de Mme A.... Dès lors qu’il ne résulte pas de l’instruction que l’intéressée ait fait l’objet de poursuite pénales, Mme A... est fondée à soutenir que la décision en litige portant renouvellement de sa suspension a été prise en méconnaissance des dispositions de l’article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.

La décision du 21 février 2018 est, par suite, entachée d’illégalité et susceptible d’engager la responsabilité du centre hospitalier de Gimont.

S’agissant de l’existence d’une situation de harcèlement moral :

Aux termes de l’article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié à l’article L. 113-2 du code général de la fonction publique : « Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. (…) ».

Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d’agissements constitutifs de harcèlement de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d’en faire présumer l’existence. Il incombe à l’administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d’apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu’ils sont constitutifs d’un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l’administration auquel il est reproché d’avoir exercé de tels agissements et de l’agent qui estime avoir été victime d’un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l’exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors qu’elle n’excède pas ces limites, une simple diminution des attributions justifiée par l’intérêt du service, en raison d’une manière de servir inadéquate ou de difficultés relationnelles, n’est pas constitutive de harcèlement moral.

En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 11 que la mesure de suspension à titre conservatoire dont a fait l’objet Mme A... le 20 octobre 2017, qui découle du comportement de l’intéressée et a été prise pour préserver le bon fonctionnement du service, constituerait un agissement de harcèlement moral. S’il est vrai que cette mesure a été irrégulièrement renouvelée par une décision du 21 février 2018, il ne résulte pas de l’instruction, dès lors que celle-ci est intervenue dans le contexte de dégradation du fonctionnement du service et de conflit social mentionné au point 11, que cette circonstance saurait justifier à elle seule l’existence d’une situation de harcèlement moral.

En deuxième lieu, si Mme A... soutient que sa réintégration dans ses fonctions n’aurait pas été correctement organisée, les pièces produites au soutien de ces allégations, consistant notamment en des attestations rédigées par certaines de ses anciennes collègues, une décision du 17 décembre 2018 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Gimont a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle qui précise, au contraire, que ce dernier a reçu l’intéressée au jour de sa reprise de fonctions le 6 août et qu’une réunion d’étape s’est tenue le 29 août 2018 avec le directeur par intérim de l’établissement, et un courrier de son avocat adressé au directeur du centre hospitalier, ne sont pas de nature à faire présumer l’existence d’un harcèlement moral à son encontre.

En troisième lieu, si Mme A... soutient que la direction du centre hospitalier de Gimont aurait modifié ses attributions et ses responsabilités professionnelles, notamment en lui confiant la mission « qualité et la gestion des risques » qui était auparavant assurée par un agent qui lui était subordonné, il résulte de l’instruction, et notamment du procès-verbal d’une réunion de service des cadres du 11 octobre 2018, que l’axe « qualité » a été défini comme prioritaire au cours de cette réunion. Il ressort également de la fiche de poste correspondant à l’emploi qu’elle occupe que Mme A... est référente, au sein de l’établissement, en matière de gestion des risques liés aux soins et doit, à ce titre, assurer la planification, la coordination et l’évaluation du programme gestion des risques, et qu’il lui appartient également de définir la démarche qualité de l’établissement. Ainsi, l’attribution de cette mission ne saurait être regardée, ainsi que la requérante le soutient, comme une réduction de ses attributions. En outre, si Mme A... soutient qu’elle aurait été mise à l’écart du projet « Gestion des troubles du comportement en EHPAD » porté par l’agence régionale de santé, elle ne produit aucune pièce de nature à établir que ce projet aurait dû lui être confié, alors que le directeur du centre hospitalier de Gimont fait valoir en défense, sans être contesté, que ce projet ne devait pas être mis en œuvre par l’établissement. Ainsi, à supposer même que les attributions de Mme A... auraient été modifiées, une telle modification ne peut s’apparenter à une mise à l’écart de nature à caractériser un harcèlement moral, eu égard aux missions et responsabilités qui lui ont été confiées.

En quatrième lieu, si Mme A... soutient qu’elle aurait été écartée des chaînes d’information et privée de son autorité hiérarchique, le directeur du centre hospitalier fait valoir en défense, sans être contredit, que l’intéressée a toujours été destinataire des éléments ou informations dont elle sollicitait la communication, que les formalités relatives au recrutement et à l’élaboration des plannings sont gérés par les services administratifs, notamment les services de ressources humaines, ainsi que les cadre de santé concernés, qu’il en était déjà ainsi avant la suspension de Mme A..., et que qu’elle a continué à réaliser les entretiens professionnels des cadres. Ces éléments ne sont, par suite, pas de nature à faire présumer l’existence d’un harcèlement moral à son encontre.

En cinquième lieu, Mme A... soutient que les agissements de la direction du centre hospitalier ont conduit à une altération de sa santé physique et mentale, la conduisant à consulter un médecin psychiatre et à suivre un traitement médicamenteux. Il résulte toutefois de l’instruction, et notamment des certificats médicaux produits par la requérante, que si l’état anxiodépressif présenté par l’intéressée est en lien avec ses conditions de travail, les troubles observés trouvent leur origine dans une accumulation de difficultés rencontrées par Mme A... sur plusieurs mois et ne présentent pas de caractère soudain. Ainsi, ces seuls éléments ne permettent pas par eux-mêmes de tenir pour établi que la dégradation de son état de santé aurait pour cause des faits constitutifs d’un harcèlement moral, plutôt que la dégradation générale du climat de travail dans lequel elle évolue, notamment depuis le mouvement de grève survenu en octobre 2017.

En sixième lieu, Mme A... fait valoir que les agissements de la direction du centre hospitalier ont conduit à une altération de sa situation et de son avenir professionnel, mettant un terme à son évolution professionnelle. Il résulte toutefois de l’instruction qu’après la période de suspension dont la requérante a fait l’objet, la direction du centre hospitalier de Gimont l’a autorisée à poursuivre sa formation niveau master II de gérontologie, finançant cette formation et organisant l’emploi du temps de l’intéressée en conséquence. Il résulte en outre de l’instruction que la direction de l’établissement a soutenu Mme A... dans ses démarches de mobilité sur un poste à dominante gérontologique. Il résulte en effet de l’instruction que le directeur du centre hospitalier de Gimont a contacté à cet effet le centre hospitalier universitaire de Toulouse, le centre hospitalier Gérard Marchand, et a informé les établissements du Gers ainsi que l’agence régionale de santé des démarches entreprises par Mme A..., lui permettant ainsi d’être reçue lors d’un entretien à l’établissement public de santé de Lomagne le 12 août 2019 et d’être orientée sur la vacance d’un poste. Ces éléments ne sont, par suite, pas de nature à faire présumer l’existence d’un harcèlement moral à son encontre.

Compte tenu de ce qui a été précédemment exposé, les éléments de fait, pris isolément ou dans leur ensemble, ne permettent pas de tenir pour établie la situation de harcèlement moral alléguée.

En ce qui concerne les préjudices :

Seuls les préjudices résultant de manière directe et certaine de l’illégalité fautive de la décision du 21 février 2018 renouvelant la mesure de suspension à titre conservatoire dont a fait l’objet Mme A... sont de nature à ouvrir à l’intéressée un droit à indemnisation.


S’agissant du préjudice financier lié aux frais médicaux engagés :

Mme A... ne produit aucun justificatif des frais médicaux qu’elle soutient avoir engagés. Il suit de là que ce poste de préjudice doit être écarté.

S’agissant du préjudice économique :

Mme A... n’établit pas, par les pièces qu’elle produit, avoir subi de perte de rémunération en lien avec son éviction irrégulière du service, d’une durée de quatre mois, à compter du 21 février 2018. Il suit de là que ce poste de préjudice doit être écarté.

S’agissant du préjudice tiré de la perte de chance d’obtenir son diplôme :

Mme A... ne produit aucun élément tendant à établir que la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier de Gimont a renouvelé la mesure de suspension dont elle faisait l’objet lui aurait fait perdre une chance d’obtenir son Master 2 de gérontologie. Il suit de là que ce préjudice doit être écarté.

S’agissant du préjudice d’atteinte à la réputation :

Les pièces produites par Mme A... ne permettent pas d’établir la réalité de l’atteinte à sa réputation. Il suit de là que ce poste de préjudice doit être écarté.

S’agissant du préjudice moral :

En maintenant illégalement Mme A... éloignée du service pendant plusieurs mois, le centre hospitalier de Gimont lui a causé un préjudice moral qu’il y a lieu d’indemniser en condamnant cet établissement à lui verser la somme de 1 500 euros.

S’agissant du le préjudice d’atteinte à sa santé et des troubles dans les conditions d’existence :

Mme A... ne produit aucun élément tendant à établir que la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier de Gimont a renouvelé la mesure de suspension dont elle faisait l’objet serait à l’origine des problèmes de santé dont elle fait état. Il suit de là que ce préjudice doit être écarté.

S’agissant du préjudice de carrière :

Mme A... ne produit aucun élément tendant à établir que la décision par laquelle le directeur du centre hospitalier de Gimont a renouvelé la mesure de suspension dont elle faisait l’objet lui aurait causé un préjudice de carrière. Il suit de là que ce préjudice doit être écarté.

Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Gimont doit être condamné à verser à Mme A... une somme de 1 500 euros en réparation des préjudices qu’elle a subis des suites des manquements commis par cet établissement.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

Aux termes de l’article 1343-2 du code civil : « Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l’a prévu ou si une décision de justice le précise. ».
Mme A... a demandé les intérêts au taux légal dans sa demande indemnitaire préalable du 28 février 2020. Dès lors, elle a droit, à compter de cette date, aux intérêts au taux légal sur la somme de 1 500 euros mise à la charge du centre hospitalier de Gimont.

Mme A... a également sollicité la capitalisation des intérêts, qui peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Par suite, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 28 février 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d’intérêts, ainsi qu’à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les dépens :

La présente instance n’ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la requête tendant à ce qu’ils soient mis à la charge du centre hospitalier de Gimont ne peuvent qu’être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation ».

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Gimont une somme de 1 500 euros à verser à Mme A..., au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

En revanche, les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A..., qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de Gimont demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.


D E C I D E :



Article 1er : Le centre hospitalier de Gimont versera à Mme A... la somme totale de 1 500 (mille cinq cents) euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 28 février 2020. Les intérêts échus à la date du 28 février 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Le centre hospitalier de Gimont versera à Mme A... une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.



Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme C... A... et au centre hospitalier de Gimont.


Délibéré après l’audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Sellès, présidente,
- Mme Corthier, conseillère,
- Mme Neumaier, conseillère.


Rendue publique par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.


La rapporteure,
Signé
L. NEUMAIER
La présidente,
Signé
M. SELLES



La greffière,

Signé

M. B...



La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition :
La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions