vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001297 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCPA MENDIBOURE-CAZALET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 juillet 2020 et le 2 septembre 2021,
M. B C, représenté par Me Guillot, demande au tribunal :
1°) de condamner le département des Pyrénées-Atlantiques à lui verser la somme totale de 59 593,76 euros en réparation des préjudices qu'il a subis du fait de ne pas avoir été réintégré dans un délai raisonnable après sa mise en disponibilité pour convenance personnelle ;
2°) de mettre à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques une somme de 2000 euros, ainsi que les entiers dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le département des Pyrénées-Atlantiques a commis une faute pour ne pas l'avoir réintégré dans un délai raisonnable après sa mise en disponibilité pour convenance personnelle ;
- il a subi un préjudice moral en raison de l'incertitude et de l'angoisse générées par la précarité de sa situation durant la période où il n'a pas été réintégré ;
- il a subi un préjudice financier en raison d'un manque à gagner dû à la différence de rémunération qu'il a perçue durant cette période en occupant des emplois privés et celle qu'il aurait perçue s'il avait été réintégré dans la fonction publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2021, le centre départemental de l'enfance et de la famille des Pyrénées-Atlantiques, représenté par Me Lesné, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 février 2022 et le 24 juin 2022, le département des Pyrénées-Atlantiques, représenté par Me Lesné, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. C une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-976 du 13 octobre 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique,
- et les observations de Me Medjebeur, représentant le département des Pyrénées-Atlantiques.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques du 18 juillet 2003, M. B C, agent de la fonction publique hospitalière, a été nommé ouvrier professionnel spécialisé titulaire au sein du centre départemental de l'enfance et de la famille, relevant des établissements publics sociaux et médico-sociaux. Il a ensuite été placé en disponibilité pour convenances personnelles entre le 1er juillet 2004 et le 30 juin 2011. Par un courrier du 28 février 2011, il a demandé à être réintégré à l'issue de cette période de disponibilité. Par deux arrêtés du 24 octobre 2017, le président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques a réintégré l'intéressé à compter du 1er septembre 2017 et l'a placé en position de détachement à compter de cette même date, dans le cadre d'emploi des adjoints techniques territoriaux, auprès de cette collectivité territoriale pour une durée de cinq ans. M. C demande la condamnation du département des Pyrénées-Atlantiques à réparer les préjudices qu'il estime avoir subis résultant de sa réintégration tardive.
Sur les conclusions aux fins d'indemnité :
2. Aux termes de l'article 62 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière: " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son établissement, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. / (). Le fonctionnaire mis en disponibilité qui refuse successivement trois postes qui lui sont proposés en vue de sa réintégration peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire. / Un décret en Conseil d'Etat détermine () les modalités de réintégration des fonctionnaires intéressés à l'expiration de la période de disponibilité. ". Aux termes de l'article 31 du décret du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition : " La mise en disponibilité peut être accordée, sur demande du fonctionnaire et sous réserve des nécessités du service, dans les cas suivants : () 2° Pour convenances personnelles () ". Aux termes de l'article 37 du même décret : " Deux mois au moins avant l'expiration de la période de disponibilité en cours, le fonctionnaire doit solliciter soit le renouvellement de sa disponibilité soit sa réintégration. Faute d'une telle demande, l'intéressé est rayé des cadres, à la date d'expiration de la période de disponibilité. / Sous réserve des dispositions des troisième et quatrième alinéas ci-dessous, la réintégration est de droit à la première vacance lorsque la disponibilité n'a pas excédé trois ans. Le fonctionnaire qui refuse l'emploi proposé est maintenu en disponibilité. / Le fonctionnaire qui ne peut être réintégré faute de poste vacant est maintenu en disponibilité jusqu'à sa réintégration et au plus tard jusqu'à ce que trois postes lui aient été proposés. / () "
3. Si le fonctionnaire hospitalier en disponibilité depuis plus de trois ans ne bénéficie pas du droit à la réintégration dès la première vacance, prévu par les dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 du décret du 13 octobre 1988, il a toutefois droit à ce que des mesures soient prises dans un délai raisonnable, courant du jour à compter duquel il a demandé sa réintégration, pour que trois postes lui soient proposés comme le prévoient les dispositions du troisième alinéa du même article. A l'expiration de ce délai, le fonctionnaire a droit à ce que les emplois vacants correspondant à son grade lui soient proposés.
4. Il résulte de l'instruction, comme il a été dit au point 1, que M. C a été placé en disponibilité pour convenance personnelle du 1er juillet 2004 au 30 juin 2011, soit une période supérieure à trois années, et a demandé sa réintégration à compter du 1er juillet 2011. Dès lors, son employeur était tenu de prendre des mesures pour identifier les emplois relevant de la fonction publique hospitalière appartenant à la catégorie de ceux qui sont normalement confiés aux titulaires du grade d'ouvrier professionnel spécialisé, reclassé dans le corps des ouvriers professionnels qualifiés à la date de demande de réintégration de M. C, et de lui faire au moins trois propositions valables dans un délai raisonnable.
5. Si M. C soutient qu'il est improbable qu'un poste correspondant à son grade n'a pas été déclaré vacant au cours de la période du 1er juillet 2011 au 1er septembre 2017, le département des Pyrénées-Atlantiques produit le tableau des effectifs du centre départemental de l'enfance et de la famille pour la période de 2011 à 2017, duquel il ressort que cet établissement ne disposait au sein de ses services que de deux postes à temps complet correspondant à la fois au grade de l'intéressé et à une spécialité " maintenance ", et pour lesquels le département précise qu'il s'agissait de fonctions de réparation et d'entretien de véhicules, susceptible de correspondre à sa formation ou à sa qualification. Ces deux postes ont été pourvus par deux agents titularisés respectivement le 13 mai 2003 et le 1er août 2010, soit antérieurement à la demande de réintégration du requérant. Par ailleurs, si un troisième poste d'ouvrier professionnel qualifié, faisant également partie de la catégorie " maintenance " pour occuper des fonctions de menuisier, a été créé à compter de 2014, le requérant, titularisé sur emploi à plein temps, ne soutient pas que ce poste à temps non complet aurait pu lui être proposé. Enfin, M. C n'allègue ni n'établit que le département disposait d'autres structures que le centre départemental de l'enfance et de la famille permettant d'employer des personnels de la fonction publique hospitalière. Ainsi, pour significative qu'a été la durée de maintien en disponibilité avant la réintégration de
M. C par voie de détachement le 1er septembre 2017, l'absence de proposition de postes à son profit, qui aurait permis sa réintégration, ne résulte pas d'une inertie fautive ou d'un refus de nomination par son employeur, mais seulement de l'absence de poste vacant susceptible d'être occupé par un agent relevant de la fonction publique hospitalière du grade et de la spécialité de l'intéressé. Par suite, en maintenant M. C en position de disponibilité jusqu'à ce qu'un poste lui soit proposé par la voie d'un détachement au mois de septembre 2017, l'administration n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'indemnité de la requête de M. C doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
7. D'une part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. "
8. M. C ne justifie pas avoir exposé des dépens dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par ce dernier doivent être rejetées.
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent dès lors être rejetées. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de ce dernier une somme de 800 euros au titre des frais exposés par le département des Pyrénées-Atlantiques non compris dans les dépens. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant une somme au titre des frais exposés par le centre départemental de l'enfance et de la famille des Pyrénées-Atlantiques non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera au département des Pyrénées-Atlantiques une somme de 800 (huit cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions du centre départemental de l'enfance et de la famille des Pyrénées-Atlantiques présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B C, au département des Pyrénées-Atlantiques et au centre départemental de l'enfance et de la famille des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,
Mme Genty, première conseillère,
Mme Dumez-Fauchille, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 30 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
F. A
Le président,
Signé
F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON La greffière,
Signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026