jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001356 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LAPEYRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2020, M. D B, représenté par Me Lapeyre, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017, d'un montant total de 57 426 euros, ainsi que les pénalités correspondantes, d'un montant total de 6 952 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- si le 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts établit une présomption de distribution de tous les bénéfices qui ne sont pas investis dans l'entreprise, l'administration doit à la fois justifier du bien-fondé des rehaussements apportés aux résultats sociaux et établir que les sommes en cause ont été mises à la disposition effective du contribuable ; or, il n'a jamais pu disposer effectivement des sommes rectifiées, qui correspondent à des dépassements d'honoraires non réglés par les patients et à des réductions sur les honoraires opérées a posteriori ; ces sommes ont été rectifiées dans les résultats de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) orthopédique et traumatologique Olivier B en ce qu'elles résultaient d'une confusion de méthode comptable continuant de fonctionner, à tort, en comptabilité de caisse, ces sommes étant comptabilisées lors de leur encaissement ; aucune facture non comptabilisée n'a fait l'objet d'un encaissement, si bien que les sommes n'étaient pas disponibles et ne pouvaient être distribuées ;
- la réponse ministérielle du 7 janvier 1954 faite à M. A, député, reprise au paragraphe n° 160 du bulletin officiel des impôts référencé BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50 a précisé que les bénéfices correspondant aux rehaussements opérés par l'administration ne constituent des revenus mobiliers imposables que s'ils ont été distribués, ce que confirme la jurisprudence du Conseil d'État.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2021, la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, domicilié à Billère (Pyrénées-Atlantiques), exerce une activité de chirurgien au sein d'une clinique à Pau. Il est l'associé unique et le seul dirigeant de la société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) orthopédique et traumatologique B Olivier, laquelle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er juillet 2013 au 30 juin 2017. À la suite de ce contrôle, l'administration fiscale a réintégré dans les résultats imposables de la société des recettes omises à hauteur de 31 262 euros au titre de l'exercice clos au 30 juin 2015, de 23 861 euros au titre de l'exercice clos au 30 juin 2016, et de 25 685 euros au titre de l'exercice clos au 30 juin 2017. M. B, en sa qualité d'associé unique et gérant de la société, a été désigné comme bénéficiaire de revenus distribués résultant du rehaussement du résultat imposable. Parallèlement, par deux propositions de rectification datées du 7 mai 2018, s'agissant des revenus des années 2015 et 2016, et du 12 octobre 2018, s'agissant des revenus de l'année 2017, et selon la procédure contradictoire, l'administration fiscale a fait connaître à M. B qu'elle entendait imposer entre ses mains, sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, après l'avoir considéré comme le seul maître de l'affaire, les revenus qu'il devait être réputé avoir reçus, au cours des années 2015, 2016 et 2017, de la SELARL orthopédique et traumatologique B Olivier. Les observations qu'il a formulées le 20 juin 2018 et le 14 novembre 2018 ont été rejetées le 18 octobre 2018 et le 20 novembre 2018. Les impositions correspondantes ont été mises en recouvrement le 31 janvier 2019. La réclamation préalable qu'il a formée le 5 mars 2019 a été rejetée par une décision du 15 juin 2020. Il demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017, d'un montant total de 57 426 euros, ainsi que les pénalités correspondantes, d'un montant total de 6 952 euros.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 de ce code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ".
3. En cas de refus des propositions de rectifications par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle. La qualité de seul maître de l'affaire suffit en outre à regarder le contribuable comme bénéficiaire des revenus réputés distribués, en application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, par la société en cause, la circonstance qu'il n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes étant sans incidence à cet égard.
4. Il est constant que M. B, en tant qu'associé unique et seul dirigeant de la SELARL orthopédique et traumatologique B Olivier, doit être regardé comme seul maître de l'affaire. Il résulte de l'instruction que lors de la vérification de comptabilité de la société, l'administration fiscale, après avoir exercé son droit de communication auprès de la clinique où exerce l'intéressé, a effectué un rapprochement entre la facturation des honoraires de ce praticien effectuée par la SELARL auprès de la clinique et la comptabilisation des factures émises par cette dernière, et qu'elle a établi une discordance entre l'une et l'autre d'où il ressort un défaut de comptabilisation, par la SELARL, d'une partie des produits facturés. Elle a, en conséquence, procédé à la rectification des résultats imposables à l'impôt sur les sociétés de la SELARL. Celle-ci n'a pas contesté ces rectifications et si M. B soutient que les écarts de comptabilisation résultent d'une simple confusion de méthode comptable, il ne les conteste pas davantage.
5. Pour contester l'imposition de ces sommes entre ses mains, M. B soutient qu'il n'a pas pu en disposer dès lors qu'elles correspondent soit à des dépassements d'honoraires non réglés par les patients, soit à des réductions sur les honoraires opérées a posteriori, et qu'aucune de ces factures n'a donné lieu à un encaissement. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 3, la qualité de seul maître de l'affaire suffit à faire regarder M. B comme bénéficiaire des revenus réputés distribués par la SELARL, en application du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, et la circonstance qu'il n'aurait pas effectivement appréhendé les sommes correspondantes est sans incidence à cet égard. Au surplus et en tout état de cause, il résulte de l'instruction que les rapprochements établis par le service entre la facturation effectuée par la SELARL et la comptabilisation des honoraires facturés par la clinique a mis en évidence non un simple report de comptabilisation d'un exercice sur l'autre d'honoraires facturés et non encaissés à la date de clôture, mais une omission des honoraires ainsi facturés, et qu'en outre, aucune créance douteuse n'a fait l'objet d'une provision. Si M. B se prévaut de ce qu'il a tenu un cahier manuscrit dans lequel apparaissent les honoraires qu'il a pratiqués tels que facturés par la clinique, ce qui démontrerait qu'aucune dissimulation de chiffre d'affaires n'a pu avoir lieu, ce document, dénué de tout formalisme comptable, ne permet pas d'établir la réalité de l'indisponibilité des sommes omises dans la comptabilité de la SELARL. Par suite, dès lors qu'il est constant que M. B doit être regardé comme le seul maître de l'affaire, l'administration était fondée à se prévaloir de la présomption de distribution instaurée par le 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, et à imposer entre les mains de M. B les sommes ainsi rectifiées.
6. En second lieu, la documentation administrative référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50 n°150 du 12 septembre 2012, et la réponse ministérielle à M. A, parlementaire, en date du 7 janvier 1954, ne font pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle qui a été mentionnée précédemment et ne peuvent, par suite, être invoquées sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B à fin de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes, doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. E
La présidente,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026