lundi 19 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001507 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | KALIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 13 août 2020, le 16 juillet 2021 et le 28 octobre 2022, et des pièces complémentaires, enregistrées le 18 octobre 2022, Mme B C, représentée par Me Malo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande, formée par un courrier en date du 6 mai 2020, reçu le 18 mai 2020, de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet délégué pour la défense et la sécurité auprès de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, préfète de la Gironde, a rejeté sa demande, formée par un courrier en date du 26 février 2021, reçu le 1er mars 2021, de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 100 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi en raison des agissements de son administration, constitutifs de harcèlement moral ;
4°) d'enjoindre à l'Etat de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
5°) et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- les faits qu'elle a subis, de 2012 à 2018, de la part de sa hiérarchie et de ses collègues de travail, sont constitutifs de harcèlement moral ;
- le refus de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle n'est pas justifié, dès lors que ces faits sont constitutifs de harcèlement moral ;
- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée ;
- son préjudice moral doit être indemnisé à hauteur de 100 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2020, le ministre de l'intérieur conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C, à titre subsidiaire, à leur rejet au fond et, en ce qui concerne les conclusions indemnitaires, à sa mise hors de cause.
Il précise que :
- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle il aurait rejeté la demande de Mme C de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, présentée dans un courrier du 6 mai 2020 sont, en l'absence de justification de la réception de ce courrier par l'administration, et en l'absence de production de la demande, irrecevables ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme C contre cette décision sont inopérants dès lors que le ministre de l'intérieur, qui n'est pas compétent pour se prononcer sur la demande de l'intéressée, était tenu de rejeter cette demande ;
- par ailleurs, à supposer que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C soient dirigées contre la décision par laquelle la préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest aurait rejeté la demande de l'intéressée tendant à ce que la protection fonctionnelle lui soit accordée, ces conclusions sont dirigées contre une décision inexistante ;
- enfin, le ministre de l'intérieur doit être mis hors de cause en ce qui concerne les conclusions indemnitaires présentées par Mme C, la préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest étant compétente pour représenter l'Etat devant le tribunal.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2021, le préfet délégué pour la défense et la sécurité auprès de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, préfète de la Gironde, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête au fond.
Il précise que :
- à titre principal, les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur aurait rejeté la demande de Mme C de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, présentée dans un courrier du 6 mai 2020, sont, en l'absence de justification de la réception de ce courrier par l'administration, et en l'absence de production de la demande, irrecevables ;
- en outre, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet délégué a rejeté la demande de Mme C de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle, formée par un courriel du 26 novembre 2019, dont le préfet délégué a accusé réception par un courrier du 9 décembre 2019, sont tardives ;
- à titre subsidiaire, les faits invoqués par Mme C ne sont pas constitutifs de harcèlement moral.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Paiman, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a intégré la police nationale le 1er septembre 2001, en qualité de gardien de la paix. Promue lieutenant de police le 2 janvier 2004, elle a atteint le grade de capitaine le 1er mai 2013. Affectée depuis le 1er septembre 2009 à la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Bordeaux, à l'antenne de Bayonne, elle a exercé ses fonctions au sein du groupe anti-terroriste puis, à compter de mai 2012, au sein de la brigade des stupéfiants. Elle a été placée en congé maladie, du 29 novembre 2018 au 3 janvier 2019, pour syndrome anxio-dépressif réactionnel, puis en congé de longue maladie. Elle a ensuite réintégré ses fonctions, le 3 juin 2021, et a été affectée au sein de la brigade de sûreté urbaine de Bayonne, sur un poste de chef d'unité.
2. Par un courriel du 26 novembre 2019, dont l'administration a accusé réception par un courrier du 9 décembre 2019, Mme C a formé, auprès du préfet délégué pour la défense et la sécurité auprès de la préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, une demande tendant à l'octroi du bénéfice de la protection fonctionnelle du fait d'agissements qu'elle considérait comme constitutifs de harcèlement moral. Par une décision implicite, puis par une décision expresse du 17 août 2020, le préfet délégué a rejeté cette demande. Par un courrier du 6 mai 2020, reçu le 18 mai 2020, Mme C a également demandé au ministre de l'intérieur l'octroi du bénéfice de la protection fonctionnelle. Le silence gardé par le ministre sur cette demande, a fait naître une décision implicite de rejet. En outre, par un courrier du 26 février 2021, reçu le 1er mars 2021, Mme C a de nouveau demandé au préfet délégué l'octroi du bénéfice de la protection fonctionnelle. Cette demande a également fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par ailleurs, par un courrier du 10 juin 2020 adressé au ministre de l'intérieur, reçu le 16 juin 2020, et par un courrier distinct du 26 février 2021 adressé au préfet délégué, reçu le 1er mars 2021, Mme C a demandé l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis. Ces demandes ont fait l'objet de décisions implicites de rejet. Enfin, par un jugement n° 1902876 du 15 décembre 2021, le présent tribunal a rejeté le recours formé par Mme C contre l'arrêté du 25 octobre 2019, par lequel la préfète déléguée pour la défense et la sécurité a refusé de reconnaître comme imputables au service les troubles anxio-dépressifs dont elle souffre. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'une part, d'annuler les décisions implicites par lesquelles le ministre de l'intérieur et le préfet délégué ont rejeté ses demandes tendant à l'octroi du bénéfice de la protection fonctionnelle et, d'autre part, de condamner l'Etat à lui verser une somme de 100 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi.
Sur les conclusions principales :
3. Mme C conteste les décisions par lesquelles l'administration a rejeté les demandes de protection fonctionnelle qu'elle a formées, pour faire face au harcèlement moral dont elle considère avoir été victime, de 2012 à 2018, de la part de sa hiérarchie et de ses collègues, et demande à être indemnisée du préjudice moral qu'elle estime avoir subi en raison de ce harcèlement.
4. Aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique, en vigueur à compter du 1er mars 2022, qui a codifié les dispositions du premier alinéa de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". En outre, aux termes de l'article L. 134-5 du même code, qui a codifié les dispositions du premier alinéa du IV de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 : " La collectivité publique est tenue de protéger l'agent public contre () les agissements constitutifs de harcèlement () dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. / Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ".
5. Ces dispositions mettent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
6. Par ailleurs, il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors qu'elle n'excède pas ces limites, une simple diminution des attributions justifiée par l'intérêt du service, en raison d'une manière de servir inadéquate ou de difficultés relationnelles, n'est pas constitutive de harcèlement moral.
7. Il résulte de l'instruction que, si Mme C soutient qu'elle a subi à compter de son affectation, en 2012, au sein de la brigade des stupéfiants, des dénigrements et des humiliations répétés de la part de sa hiérarchie et de ses collègues de travail, certains refusant notamment de la saluer et qu'elle travaillait dans une ambiance de " machisme général ". Cependant, ces propos qui auraient été tenus en 2012 puis en 2018, par des personnes distinctes et qui, au demeurant, ne sont étayés par aucun témoignage, apparaissent comme isolés et dénués de caractère répétitif. Si elle fait valoir, en outre, avoir été victime, en 2012, " de véritables agressions lors de journées alcoolisées ", ces allégations ne sont pas suffisamment circonstanciées. De plus, si elle fait valoir que, lors d'une mission de surveillance, elle n'a pas été relevée pendant près de dix heures, alors qu'elle se trouvait dans une fourgonnette exposée en plein soleil, il ne résulte pas de l'instruction que cet évènement aurait été motivé par une volonté de lui nuire, de ses collègues ou de sa hiérarchie.
8. En outre, si Mme C soutient que sa manière de servir a été anormalement remise en cause, il ne résulte pas de l'instruction que les remarques de ses supérieurs hiérarchiques, relatifs notamment à un retard d'instruction d'un dossier ou à l'envoi de certains scellés, ont excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Si elle fait valoir également qu'elle a fait l'objet, " après une précédente rétrogradation " qui n'est pas davantage précisée, d'une affectation, en novembre 2016, sur le poste d'adjoint au chef du groupe des mises à disposition douanières, il ne résulte pas de l'instruction que ces fonctions ne correspondaient pas à son grade de capitaine de police, ni que la surcharge de travail, qu'elle attribue d'ailleurs, en partie, aux erreurs commises par ses collègues directs, ainsi que la diminution de ses responsabilités, également dénoncées, ne concernaient que son poste et n'étaient nullement afférents au fonctionnement du service.
9. Par ailleurs, si Mme C a été désarmée et n'a plus été affectée à des missions sur la voie publique, à partir du 30 novembre 2017, et si l'intéressée conteste avoir eu des idées suicidaires, il résulte de l'instruction que ce désarmement a fait suite au constat de la fragilité psychologique de Mme C, par l'adjointe au directeur de la brigade, lorsque la requérante, qui avait les yeux rougis et allait chercher son arme dans l'armoire forte du service, s'est mise à pleurer et s'est confiée sur ses difficultés professionnelles. En outre, il est constant que Mme C avait fait l'objet d'un précédent désarmement, du 21 décembre 2014 au 19 septembre 2016, après que, selon un rapport du 22 décembre 2014, elle a été surprise par une collègue, assise à l'intérieur d'un bureau, " son arme de service à la main et visiblement en train de réfléchir à la possibilité de la retourner contre elle-même ".
10. Il résulte également de l'instruction que le médecin psychiatre ayant procédé, à la demande de l'administration, à plusieurs expertises de l'état de santé de Mme C, à partir du 29 décembre 2017, a relevé que l'intéressée présente une personnalité psychologique considérée comme fragile, " avec une thymie de base qui peut osciller " et a émis, en l'absence d'éléments psychiatriques " aigus " et inquiétants, un avis favorable, le 4 avril 2018, à la reprise normale de ses fonctions et à son réarmement. Toutefois, constatant l'absence de réarmement de Mme C par son administration, cet expert a préconisé, le 7 septembre 2018, la réalisation d'une contre-expertise psychiatrique. Le médecin psychiatre ayant procédé à cette nouvelle expertise, le 2 novembre 2018, a quant à lui diagnostiqué " une dépression sévère d'épuisement s'inscrivant dans une pathologie de troubles bipolaires ", cette dépression pouvant " s'inscrire dans des troubles de l'humeur avec alternance de moments dépressifs et d'excitation ", et a conclu à l'inaptitude de Mme C à la reprise de ses fonctions. Dans ces conditions, le refus de l'administration de procéder au réarmement de Mme C, qui résulte de son état d'épuisement et de sa fragilité psychologique, alors même qu'une première expertise psychiatrique s'est prononcée en faveur d'un réarmement, ne saurait faire présumer l'existence d'un harcèlement moral.
11. Enfin, si Mme C a formé des demandes de protection fonctionnelle, auprès du ministre de l'intérieur et du préfet délégué, les 26 novembre 2019, 6 mai 2020 et 26 février 2021, qui ont été rejetées, soit implicitement soit expressément, ces demandes, fondées sur les mêmes faits que ceux exposés précédemment, postérieurement à son placement en congé maladie, le 29 novembre 2018, et antérieurement à sa réintégration, le 3 juin 2021, ne sauraient davantage faire présumer l'existence d'un harcèlement moral.
12. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que les agissements allégués par la requérante ne sont pas de nature à faire présumer l'existence d'agissements constitutifs d'un harcèlement moral. Dans ces conditions, les décisions rejetant les demandes de protection fonctionnelles de Mme C, fondées sur ces faits ne peuvent être annulées, et la requérante n'est pas davantage fondée à demander l'indemnisation du préjudice moral allégué.
13. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, les conclusions à fin d'annulation et les conclusions indemnitaires présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie pour information en sera adressée au préfet délégué pour la défense et la sécurité auprès de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, préfète de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, préfète de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé : F. ALa présidente,
Signé : S. PERDU
La greffière,
Signé : P. UGARTE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : P. UGARTE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026