jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001517 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 août 2020 et le 31 janvier 2022, M. C, représenté par Me Malo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler le titre de recettes n° 4571173 du 29 novembre 2019 ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet du directeur du centre hospitalier de la Côte Basque de son recours gracieux du 9 janvier 2020 ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer dans l'attente du jugement à intervenir sous l'instance n° 2100231.
Il soutient que :
- sa requête est recevable, en l'absence d'accusé de réception indiquant les voies et délais de recours de son recours gracieux et au regard de la prorogation du délai de recours contentieux pendant la crise sanitaire instaurée par l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- la créance portée par le titre de recettes contesté, lequel vise à réclamer des sommes couvrant les frais d'hospitalisation induits par l'infection nosocomiale contractée par M. C lors de son hospitalisation, n'est pas fondée, conformément aux dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique prévoyant que les établissements hospitaliers sont responsables des conséquences des infections nosocomiales contractées par leurs patients au cours de leur séjour, notamment des frais médicaux exposés résultant d'une infection nosocomiale ; l'infection nosocomiale contractée par M. C sur voie veineuse périphérique à compter du 30 septembre 2019 lors de son hospitalisation au centre hospitalier de la Côte Basque est établie, M. C ne souffrant d'aucune infection lors de son admission aux urgences le 27 septembre 2019 ; c'est bien cette infection qui a justifié la prolongation de son hospitalisation ; à compter du 4 octobre 2019, l'intégralité des soins reçus par M. C a été exclusivement en lien avec cette infection de sorte que son hospitalisation n'était justifiée que par cette dernière ; sur les 28 238,32 euros du titre de recettes émis à l'encontre de M. C, 19 048,88 euros concernent cette période ; c'est M. C qui est créancier du centre hospitalier de la Côte Basque responsable de son infection nosocomiale ;
- le requérant ne s'oppose pas à la demande de sursis à statuer présentée par le centre hospitalier dans la présente instance dans l'attente du jugement à intervenir dans l'instance n° 2100231 pour laquelle il a demandé à titre subsidiaire une expertise judiciaire afin d'établir le caractère nosocomial de son infection ;
- il est fondé à demander le paiement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2021, le centre hospitalier de la Côte Basque, représenté par Me Cariou, demande au tribunal :
1°) de surseoir à statuer dans l'attente du jugement à intervenir concernant la requête de M. C enregistrée sous le n° 2100231 demandant le prononcé d'une expertise ;
2°) de rejeter les conclusions de M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de réserver les dépens.
Il fait valoir que :
- l'origine de l'infection du requérant n'est pas arrêtée, la qualification d'infection nosocomiale relevant des seuls dires du requérant ; il n'est pas établi qu'elle aurait été acquise lors de son hospitalisation au centre hospitalier de la Côte Basque ; le syndrome infectieux était très relatif, le patient ayant été noté sans fièvre par exemple le 8 octobre 2019 ;
- la prise en charge de M. C met surtout en évidence un suivi neurologique, lié à un engourdissement de l'hémicorps gauche et à une suspicion d'accident vasculaire cérébral (AVC) ; M. C a bénéficié de soins en lien avec ces troubles neurologiques après le 30 septembre et aurait bénéficié d'un tel suivi neurologique en tout état de cause, indépendamment de la survenance de son infection ;
- la demande d'annulation du titre de recettes n'est pas fondée car reposant uniquement sur l'existence d'une infection nosocomiale non avérée, en l'absence d'avis médical à ce sujet ;
- seul un sursis à statuer pourrait être ordonné dans l'attente du jugement qui sera rendu dans le cadre de la requête n° 2100231 par laquelle le requérant demande qu'une expertise soit ordonnée ;
- les conclusions de M. C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre des dépens seront rejetées en l'absence de tout élément en faveur d'une responsabilité - sans faute ou pour faute - de l'établissement, et subséquemment de tout élément en faveur de l'annulation du titre sollicitée.
Par ordonnance du 7 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public ;
- et les observations de Me Malo, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 2 août 1958, travaille à Dakar. Le 27 septembre 2019, M. C a été admis au service des urgences du centre hospitalier de la Côte Basque sur prescription de son médecin traitant pour suspicion d'AVC. Un risque de cancer ayant été mis en évidence à la suite d'un examen d'imagerie par résonance magnétique (IRM), le personnel soignant a décidé de l'hospitaliser. Il a été informé le 30 septembre 2019 qu'il souffrait d'une sclérose en plaque. Cependant, le même jour, il a développé une forte fièvre. Un examen bactériologique a révélé le 6 octobre 2019 la présence de " staphylococcus aureus " (staphylocoque doré). Il a été admis à sortir de l'hôpital le 21 octobre 2019. Le 29 novembre 2019, M. C a été destinataire d'un titre de recettes d'un montant de 28 238,32 euros correspondant notamment aux frais de séjour, suivi d'une lettre de lance et d'une mise en demeure de payer. Par courrier du 6 janvier 2020, réceptionné le 9 janvier 2020, M. C a présenté un recours gracieux contre ce titre de recettes devant le directeur du centre hospitalier. Une décision implicite de rejet est née. Par courrier du 14 août 2020, M. C a contesté la saisie administrative à tiers détenteur opérée sur son compte bancaire, laquelle a été suspendue par courrier du comptable public du 27 août 2020. Par une requête enregistrée le 13 août 2020, M. C demande au tribunal d'annuler le titre de recettes n° 4571173 du 29 novembre 2019, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article 57 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 susvisé : " La qualité des comptes des personnes morales mentionnées à l'article 1er est assurée par le respect des principes comptables, tels que définis par les règles arrêtées par le ministre chargé du budget, dans les conditions fixées à l'article 54./Elle doit répondre aux exigences énoncées aux 1° et 2° de l'article 53 au regard notamment des objectifs suivants () : 5° Ils doivent être exhaustifs et reposer sur une évaluation séparée et une comptabilisation distincte des éléments d'actif et de passif ainsi que des postes de charges et de produits, sans possibilité de compensation ; ".
3. La condamnation d'un établissement public hospitalier à verser une somme à un patient en réparation des conséquences dommageables d'une intervention est, en application du principe de non-compensation des créances publiques, sans incidence sur le droit de cet établissement de recouvrer les frais non réglés se rapportant à l'hospitalisation de ce patient.
4. Il résulte de l'instruction que M. C a été hospitalisé du 27 septembre 2019 au 21 octobre 2019 au sein du centre hospitalier de la Côte Basque pour un suivi neurologique. Il a développé des fièvres le 30 septembre 2019. Une culture bactériologique sur voie veineuse périphérique a révélé le 6 octobre 2019 la présence d'un staphylocoque doré contre lequel il a suivi un traitement antibiotique. Cependant, en application du principe de non compensation des créances publiques, la circonstance que la responsabilité de l'hôpital pourrait être engagée en raison de l'infection nosocomiale, dont le requérant prétend avoir été victime lors de son hospitalisation ce qui l'aurait contraint à prolonger son séjour, n'a aucune incidence sur l'appréciation du bien-fondé de la créance litigieuse. Il appartient à M. C, s'il s'y croit fondé, de saisir l'administration, et le cas échéant le juge administratif, d'une demande tendant à la réparation des conséquences dommageables de l'infection nosocomiale dont il aurait été affecté, ce que le requérant a réalisé par une requête enregistrée le 1er février 2021 sous le n° 2100231. Par ailleurs, M. C ne conteste ni la régularité de la procédure de recouvrement mise en œuvre à son encontre, ni la réalité et le bien-fondé des soins qui lui ont été apportés. Il se borne à soulever le moyen tiré de la responsabilité fautive du centre hospitalier de la Côte Basque dans la contamination du patient par une infection nosocomiale, qui aurait indûment prolongé son séjour dans cette structure payante. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander l'annulation du titre de recettes n° 4571173 du 29 novembre 2019, ensemble la décision implicite de rejet du directeur du centre hospitalier de la Côte Basque de son recours gracieux du 9 janvier 2020.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur du centre hospitalier de la Côte Basque.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
Z. D La présidente,
signé
M. BLa greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026