jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001546 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL BAYONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 août 2020, M. A E et Mme D E, représentés par Me Guillot de Suduiraut et Me Gonzalez Bléaut, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont réalisé des travaux de réparation et d'entretien au sens de l'article 31. I. 1°. a du code général des impôts dans la mesure où ces travaux avaient pour seul objet de remettre en état l'immeuble pour qu'il soit utilisé conformément à sa destination initiale ; tous les travaux réalisés par M. et Mme E ainsi que la société civile immobilière (SCI) SCLA Landes sont déductibles sauf, à titre subsidiaire, ceux du déplacement de poteau évalué à 890 euros par la société Lux Charpentes ;
- le fait que l'immeuble soit utilisé à des fins d'activités industrielles au regard des impôts locaux ou soit désormais utilisé à des fins d'entreposage de matériel agricole n'a pas pour effet de changer sa destination, l'immeuble restant un établissement industriel au sens de l'article 1500 I A du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 février 2021, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public ;
- et les observations de Me Gonzalez Bléaut, représentant M. et Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. La société par action simplifiée (SAS) E, dont le président et principal associé était M. A E, a cessé son activité de fabrication de charpente traditionnelle le 7 octobre 2014 à la suite d'une procédure de liquidation judiciaire. M. et Mme E ainsi que la SCI SCLA Landes, dont M. et Mme E sont les deux associés et M. E le gérant, ont procédé à des travaux de remise en état de 2015 à 2017 du site immobilier sur lequel la SAS E, locataire, exerçait son activité. M. et Mme E ont déduit de leurs revenus fonciers le coût des travaux qu'ils avaient effectués au nom de leur société SCI SCLA Landes et à titre personnel. En 2019, la SCI SCLA Landes a fait l'objet d'une vérification de comptabilité sur la période allant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018. L'administration a reçu en entretien M. E le 26 juillet 2019 dans les locaux de l'administration. Par proposition de rectification du 2 août 2019, l'administration a proposé la rectification des revenus fonciers de la SCI SCLA Landes au titre des années 2016 et 2017. Par proposition de rectification du 5 août 2019, l'administration a proposé la rectification des revenus fonciers déclarés par M. et Mme E au titre de l'impôt sur le revenu des années 2016 et 2017. Le 31 janvier 2020, les impositions supplémentaires mises à la charge de M. et Mme E ont été mises en recouvrement. Par une réclamation contentieuse du 9 mars 2020, M. et Mme E ont contesté la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mise à leur charge Par une décision du 19 juin 2020, l'administration a rejeté la réclamation contentieuse de M. et Mme E. Par une requête enregistrée le 18 août 2020, M. et Mme E demandent la décharge de cette cotisation supplémentaire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 28 du code général des impôts : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. ". Aux termes de l'article 31 du même code : " I. - Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; () / b bis) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux professionnels et commerciaux destinées à protéger ces locaux des effets de l'amiante ou à faciliter l'accueil des handicapés, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ; () ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions que pour les locaux autres que ceux qui sont à usage d'habitation, seules sont déductibles des revenus fonciers les dépenses correspondant à des travaux d'entretien et de réparation. Ces travaux sont ceux qui ont pour objet de maintenir ou de remettre un immeuble en bon état et d'en permettre un usage normal sans en modifier la consistance, l'agencement ou l'équipement initial.
4. D'autre part, il résulte des mêmes dispositions que les dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration doivent notamment, pour être admises en déduction, avoir été effectuées par le propriétaire, réellement payées au cours de l'année d'imposition, et qu'il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges en produisant des pièces justificatives, qui sont constituées de factures, de plans, de photographies et de tous autres éléments permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité de la charge supportée.
5. En premier lieu, M. et Mme E soutiennent que les travaux de plomberie, des fosses septiques, de cloisonnement, d'isolation, de peinture, de menuiseries, de carrelage, d'électricité, de comblement des fosses techniques, de réfection de la charpente réalisés au sein de l'ensemble immobilier dont la SCI SCLA Landes est propriétaire et dont les dépenses ont été supportées par la SCI SCLA Landes ou eux-mêmes, constituent des travaux d'entretien et de réparation au sens de l'article 31 du code général des impôts précité. Ces travaux ont eu pour objet de remettre en état les locaux endommagés par l'activité industrielle et le départ précipité de l'ancien locataire mis en liquidation judiciaire, à savoir la société E SAS, tels que l'installation électrique, ou de remplacer certains équipements hors d'usage à savoir le réseau de plomberie, les équipements sanitaires ou les fosses septiques. Le fait que les locaux soient désormais loués pour des activités commerciales par quatre locataires est sans incidence sur cette qualification, les locaux pouvant retrouver une activité d'atelier sans difficulté. Il résulte de l'instruction que les travaux réalisés par la SCI SCLA Landes ainsi que M. et Mme E entre 2015 et 2017 pour un montant global de 359 248 euros ont consisté à ajouter deux branchements avec deux compteurs individuels d'eau pour que chaque bâtiment soit indépendant, à l'installation de deux nouveaux sanitaires avec lave-main, au remplacement de la fosse septique par deux fosses septiques dont l'une constitue une fosse de décantation, à l'installation de plusieurs cloisons séparatives ou isolantes permettant une redistribution de l'espace intérieur, à la démolition des anciens bureaux, au changement des menuiseries, au comblement de la fosse technique de récupération des copeaux de bois, à la réalisation d'une chape de 180 mètres carrés, à la pose de carrelage et faïences, à l'installation de quatre tableaux électriques avec leurs disjoncteurs alimentant chacun un lot de la propriété en électricité, à la création d'un réseau électrique en basse tension pour alimenter trois bâtiments et au déplacement d'un poteau pour permettre de sortir les machines-outils des locaux. Au regard de leur consistance, des travaux de cette nature ne peuvent être regardés comme des travaux de réparation et d'entretien au sens de l'article 31 précité. Les travaux de peinture, de réfection du réseau d'électricité, de réfection du réseau de plomberie et des sanitaires, de réparation de la charpente, et de correction de l'inclinaison de la fosse septique n'en sont pas dissociables.
6. En second lieu, aux termes de l'article 1500 du code général des impôts : " I.-A. - Revêtent un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à l'exercice d'une activité de fabrication ou de transformation de biens corporels mobiliers qui nécessite d'importants moyens techniques. / Revêtent également un caractère industriel les bâtiments et terrains servant à l'exercice d'activités autres que celles mentionnées au premier alinéa du présent A qui nécessitent d'importants moyens techniques lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre est prépondérant. ".
7. Il résulte de l'instruction que l'administration ne s'est pas fondée sur cet article pour procéder au rehaussement de l'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 de M. et Mme E. Cet article définit les établissements industriels dans le cadre des règles d'évaluation de la valeur locative des biens imposables relevant des impôts directs communaux. Par suite, les requérants ne peuvent utilement s'en prévaloir pour soutenir que les travaux réalisés entre 2015 et 2017 n'ont pas entraîné un changement de destination des locaux, lesquels sont dorénavant loués pour des activités commerciales par quatre locataires.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme E tendant à la décharge de leur cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. et Mme E doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Mme D E et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
Z. C La présidente,
signé
M. B
La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026