jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2001929 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BRUNNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 octobre 2020 et le 8 octobre 2021, Mme D A, représentée par Me Brunner, demande au tribunal :
1°) de prononcer le dégrèvement de la somme de 81 101 euros ;
2°) de mettre à la charge de la direction départementale des finances publiques des Hautes-Pyrénées la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-Mme A justifie pleinement des éléments qui lui ont permis de souscrire les deux contrats Kepha des 2 novembre et 12 décembre 2006 à l'origine des fonds qui ont été transférés sur les contrats des 15 septembre 2011 et 1er février 2012, lesquels ont été partiellement remboursés le 9 décembre 2014 à hauteur de 98 000 euros et le 10 décembre 2014 à hauteur de 14 544 euros ;
-l'origine de la somme de 152 450 euros correspond au solde disponible du prix de vente du fonds de commerce tabacs - journaux exploité à Ossun et de l'immeuble vendus le 31 mai 2000 ;
-le contrat du 15 septembre 2021 remis en cause par l'administration fiscale, existe bien, est valide et concerne l'affectation de l'apport au projet immobilier 51 St Terrace à Miami Beach aux Etats-Unis ; le montant du contrat souscrit auprès de la société International Charity Real Estate (ICRE) a été acquitté par transfert du contrat qui était arrivé à échéance par la société Kepha ; l'avenant du 15 mai 2013 constitue une preuve de l'existence de ce contrat ;
-le contrat du 1er février 2012 remis en cause par l'administration fiscale, existe bien, est valide et concerne l'affectation de l'apport au projet immobilier Le Grazie à La Spezia en Italie ; le montant du contrat souscrit auprès de la société ICRE a été acquitté par transfert du contrat qui était arrivé à échéance par la société Kepha ; le courrier du 19 septembre 2012 signé par l'administrateur de la société ICRE ainsi que les actes de cautionnement pris auprès de la société Finurora attestent de l'existence de ce contrat ;
-concernant la réalité des versements de revenus par la société ICRE, Mme A a déposé des déclarations n° 2047 " revenus encaissés hors de France " sur lesquelles elle a déclaré et a été imposée au titre de l'année 2012 le montant de 9 591 euros de revenus de valeurs mobilières et un crédit d'impôt sur valeurs étrangères de 1 439 euros, au titre de l'année 2013, le montant de 17 263 euros de revenus de valeurs mobilières et un crédit d'impôt sur valeurs étrangères de 2 589 euros et au titre de l'année 2014, le montant de 7 672 euros de revenus de valeurs mobilières et un crédit d'impôt sur valeurs étrangères de 1 151 euros ;
-la position de l'administration, selon laquelle si Mme A a effectivement perçu des sommes de la société ICRE qualifiées de versements de dividendes, elle n'apporte pas la preuve qu'elle a effectué le versement des sommes investies dans la société ICRE, est illogique et erronée en fait ;
-Mme A avait confié l'entière gestion de ses placements à M. B, son concubin, associé unique et gérant de la société Eurl Amplitude Investissements ; cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité en 2016 qui a souligné les insuffisances de M. B dans la tenue des documents relatifs aux divers contrats ; elle a été mise en redressement judiciaire le 6 juin 2016, puis en liquidation judiciaire le 5 septembre 2016 ; les liens entre les sociétés ICRE et Kepha ont fait l'objet du jugement du tribunal d'arrondissement de Luxembourg du 7 juin 2016, lequel reconnaît que le vrai gérant de toutes ces affaires est M. F et révèle que ces sociétés font partie d'un ensemble de sociétés impliquées dans un scandale d'escroquerie internationale ; Mme A n'est pas la seule personne dont les contrats Kepha ont été transférés comme contrats d'association dans la société ICRE ; tous les documents comptables des diverses sociétés ont été saisis par les polices belges et italiennes ; Mme A n'était donc pas en mesure de répondre à la demande d'éclaircissements adressée le 6 juin 2016 par le service vérificateur ;
-Mme A établit bien avoir procédé au virement de la somme de 70 000 euros dans le cadre du contrat du 12 décembre 2006.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 18 mars 2021 et le 27 juin 2022, la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques, représentée par sa directrice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 29 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014. Par courrier du 2 juin 2016, réceptionné le 6 juin 2016, l'administration fiscale a présenté une demande de justifications concernant deux crédits bancaires apparaissant sur son compte bancaire. En l'absence de réponse de Mme A dans les délais, l'administration fiscale a décidé, par une proposition de rectification du 8 août 2016, de taxer d'office au titre de l'impôt sur le revenu pour l'année 2014, ces deux virements effectués par la société ICRE respectivement le 9 décembre 2014 d'un montant de 98 000 euros et le 10 décembre 2014 d'un montant de 14 544 euros en les qualifiant de revenus d'origine indéterminée. La commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a confirmé les rectifications opérées par l'administration dans son avis du 28 août 2017. Par une décision du 28 juillet 2020, réceptionnée le 10 août 2020, l'administration a rejeté la réclamation contentieuse de Mme A. Par une requête enregistrée le 6 octobre 2022, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2014 ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux à laquelle Mme A a été assujettie au titre de l'année 2014 :
2. Aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. Elle peut, en outre, lui demander des justifications au sujet de sa situation et de ses charges de famille, des charges retranchées du revenu net global ou ouvrant droit à une réduction d'impôt sur le revenu en application des articles 156 et 199 septies du code général des impôts, ainsi que des avoirs ou revenus d'avoirs à l'étranger. () / Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, notamment lorsque le total des montants crédités sur ses relevés de compte représente au moins le double de ses revenus déclarés ou excède ces derniers d'au moins 150 000 €. () Les demandes visées aux alinéas précédents doivent indiquer explicitement les points sur lesquels elles portent et mentionner à l'intéressé le délai de réponse dont il dispose en fonction des textes en vigueur. ". Aux termes de l'article L. 69 du même livre : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. ". Aux termes de l'article L. 192 du même livre : " Lorsque l'une des commissions ou le comité mentionnés à l'article L. 59 est saisi d'un litige ou d'une rectification, l'administration supporte la charge de la preuve en cas de réclamation, quel que soit l'avis rendu par la commission ou le comité. / Toutefois, la charge de la preuve incombe au contribuable lorsque la comptabilité comporte de graves irrégularités et que l'imposition a été établie conformément à l'avis de la commission ou du comité. La charge de la preuve des graves irrégularités invoquées par l'administration incombe, en tout état de cause, à cette dernière lorsque le litige ou la rectification est soumis au juge. / Elle incombe également au contribuable à défaut de comptabilité ou de pièces en tenant lieu, comme en cas de taxation d'office à l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle en application des dispositions des articles L. 16 et L. 69. ".
En ce qui concerne la procédure d'imposition de taxation d'office :
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que lors de l'examen de situation fiscale personnelle de Mme A portant sur les années 2013 et 2014, le service vérificateur a constaté, en ce qui concerne l'année 2014, que le montant des revenus déclarés par Mme A au titre de cette année, de 14 231 euros de traitements et salaires et 7 717 euros de revenus de capitaux mobiliers était en discordance avec le montant des crédits inscrits sur ses comptes bancaires, plus particulièrement avec le montant de deux virements effectués en sa faveur d'un montant de 98 000 euros le 9 décembre 2014 et de 14 544 euros le 10 décembre 1994. La différence entre ces montants déclarés et ceux crédités sur ses comptes bancaires, eu égard à leur importance, permettait à l'administration d'adresser au contribuable une demande de justifications sur le fondement de l'article L. 16 précité.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction que le service vérificateur a adressé à Mme A une demande de justification par lettre du 2 juin 2016 réceptionnée par la requérante le 6 juin 2016 et à laquelle elle n'a pas répondu dans les délais impartis. Mme A soutient qu'elle n'a pas été en mesure de répondre à cette demande car la société qui était en charge de la gestion de ses investissements, l'Eurl Amplitude Investissements, a été placée en redressement judiciaire le 6 juin 2016. En outre, elle rappelle que cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité en 2016 qui a souligné les insuffisances de M. B, son unique associé et gérant, dans la tenue des documents relatifs aux divers contrats. Enfin, tous les documents comptables des sociétés ICRE et Kepha, impliquées dans une procédure pénale d'escroquerie internationale, ont été saisis par les polices belges et italiennes. Toutefois, l'ensemble de ces éléments sont sans incidence sur le respect de l'obligation pesant sur un contribuable faisant l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle de répondre dans les délais impartis à une demande de justifications présentée par le service vérificateur en application des dispositions de l'article L. 16 du précité. Par suite, Mme A ne peut utilement se prévaloir de ces éléments afin de justifier son absence de réponse à la demande de justification du service vérificateur dans les délais.
5. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'administration ne pouvait pas, pour l'année 2014, du fait d'un défaut de réponse à la demande de justifications dans les délais, procéder par voie de taxation d'office. La charge de la preuve incombe donc à Mme A.
En ce qui concerne la qualification de revenus d'origine indéterminée :
6. Si l'administration ne peut régulièrement taxer d'office, en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, les sommes dont elle n'ignore pas qu'elles relèvent d'une catégorie précise de revenus, elle peut en revanche procéder à cette taxation d'office si, au vu des renseignements dont elle disposait avant l'envoi de la demande de justifications fondée sur l'article L. 16 du livre des procédures fiscales et des réponses apportées par le contribuable à cette demande, la nature des sommes en cause, et donc la catégorie de revenus à laquelle elles seraient susceptibles de se rattacher, demeure inconnue ; qu'il est toutefois loisible au contribuable régulièrement taxé d'office sur le fondement de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales d'apporter devant le juge de l'impôt la preuve que ces sommes, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie précise de revenus ; que, dans cette dernière situation, le contribuable peut obtenir, le cas échéant, une réduction de l'imposition d'office régulièrement établie au titre du revenu global, à raison de la différence entre les bases imposées d'office et les bases résultant de l'application des règles d'assiette propres à la catégorie de revenus à laquelle se rattachent, en définitive, les sommes en cause.
7. Mme A soutient que les deux crédits bancaires en litige, d'un montant de 98 000 euros et de 14 544 euros, qualifiés à tort par l'administration de revenus d'origine indéterminée, représentent des remboursements partiels de deux contrats d'investissements immobiliers souscrits avec la société ICRE, le premier en date du 15 septembre 2011 d'un montant de 137 008,67 euros et le second en date du 1er février 2012 d'un montant de 109 606,94 euros, et issus de deux contrats d'investissements, respectivement en date du 2 novembre 2006 d'un montant de 100 000 euros et du 12 décembre 2006 d'un montant de 70 000 euros, transférés par la fondation Kepha auprès de laquelle elle avait investi la somme issue de l'exploitation et de la cession du fonds de commerce de tabacs-journaux d'Ossun le 31 mai 2000. Toutefois, il résulte de l'instruction que, en premier lieu, concernant l'origine des fonds détenus par Mme A, lesquels proviendraient de l'exploitation et de la cession de son fonds de commerce, la requérante ne fournit aucun justificatif pour confirmer cette origine et ce chiffrage. En deuxième lieu, si Mme A justifie de l'existence d'un contrat d'investissement avec la fondation Kepha du 12 décembre 2006 signé des deux co-contractants, ce contrat ne précise pas le montant de l'investissement réalisé par Mme A. En outre, afin de justifier de l'existence d'un paiement de 70 000 euros à cette fondation, Mme A produit deux relevés de compte bancaire. Le premier relevé de son compte bancaire de la société HSBC, lequel ne comporte pas le nom du titulaire du compte, ni les références du compte, fait état d'un paiement par chèque à la fondation Kepha d'un montant de 70 020 euros le 2 octobre 2006. Le second extrait en date du 3 octobre 2006 de son compte bancaire HSBC, au demeurant inconnu de l'administration, retrace un versement par chèque à la fondation Kepha le 3 octobre 2006 d'un montant de 70 000 euros. Ces deux relevés de compte bancaire ne permettent pas de confirmer que les deux paiements effectués en faveur de la fondation Kepha sont bien en lien avec le contrat, postérieur, du 12 décembre 2006, ni de s'assurer de l'origine des fonds ainsi transférés. En troisième lieu, Mme A n'établit pas l'existence du contrat du 2 novembre 2006. Les documents présentés comme des actes de cautionnement présentent des dates et des montants sans cohérence avec ceux des contrats initiaux avec la fondation Kepha de 100 000 et 70 000 euros. En quatrième lieu, Mme A ne justifie pas de l'existence de contrats avec la société ICRE en date du 15 septembre 2011 et du 1er février 2012, les documents produits ne comportant pas de signature de son co-contractant. En cinquième lieu, ne peuvent se voir reconnaître une force probante les documents fournis par Mme A tels qu'un courrier de la société ICRE du 9 novembre 2011 accusant réception de la somme de 137 008,67 euros relative au contrat d'association qui aurait été signé le 15 septembre 2011 et précisant que la participation sera employée au projet immobilier la Collina del Sole, un avenant au contrat du 15 septembre 2011 en date du 15 mai 2013 prévoyant une modification de l'affectation de l'apport réalisé affecté pour le projet 51 St Terrace, une copie écran d'un espace personnel issu du site internet de la société ICRE mentionnant les investissements de Mme A pour 109 607 euros dans le projet Le Grazie et 137 009 euros dans le projet 51 St Terrace, enfin un document du 14 janvier 2014 dressant la synthèse des investissements réalisés par Mme A dans les projets immobiliers de la société ICRE. En dernier lieu, les déclarations de revenus encaissés à l'étranger par un contribuable domicilié en France déposées au titre des années 2012 à 2014 par la requérante ne permettent pas de prouver l'existence des contrats litigieux, ni l'origine des fonds, la perception de dividendes ne démontrant pas que Mme A a bien versé les investissements dont elle fait état à la fondation Kepha. Par suite, Mme A ne peut soutenir que les deux crédits bancaires en litige, d'un montant de 98 000 euros et de 14 544 euros, ont été qualifiés à tort par l'administration de revenus d'origine indéterminée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'administration ne pouvait pas, pour l'année 2014, procéder par voie de taxation d'office à raison de revenus regardés comme étant d'origine indéterminée les crédits bancaires respectivement d'un montant de 98 000 euros versé le 9 décembre 2014 et de 14 544 euros versé le 10 décembre 1994 sur le compte bancaire de la requérante.
Sur les pénalités :
9. Mme A ne soulève aucun moyen à l'appui de ses conclusions aux fins de décharge des pénalités mises à sa charge au titre de l'imposition supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2014.
10. Par suite, il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A tendant à la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2014 ainsi que des pénalités correspondantes doit être rejetée.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par Mme A doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la directrice départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
Z. E La présidente,
signé
M. CLa greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026