jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100123 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FIDAL PAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2021, M. et Mme B E, représentés par Me Saulnier, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, et des pénalités correspondantes, pour un montant total de 33 877 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que l'absence de location de leur appartement à Avignon, à partir de l'année 2014, résulte de circonstances qui leur sont totalement extérieures, les malfaçons de l'immeuble l'ayant rendu impropre à la location ; il s'agit d'un cas de force majeure, lié à la faute d'un tiers, laquelle fait l'objet d'une procédure pendante devant le juge judiciaire ; lorsqu'ils auront été indemnisés du préjudice subi, correspondant au montant des loyers qu'ils n'ont pas pu percevoir pendant quatre ans, ils seront en situation de respecter a posteriori les conditions légales du dispositif Robien recentré ; ils ont subi un préjudice financier en raison de l'indisponibilité de leur bien à la location et il serait inéquitable de remettre en cause, de surcroît, la totalité des avantages fiscaux liés au dispositif Robien recentré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mai 2021, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme B E ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B E, domiciliés à Lée (Pyrénées-Atlantiques), ont acquis, en 2007, un bien immobilier en l'état futur d'achèvement, d'un montant de 129 100 euros, situé à Avignon (Vaucluse) et destiné à la location. Ils ont opté pour le régime d'amortissement dit D recentré, prévu au h) du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts, et déduit à ce titre de leurs revenus fonciers, des frais d'amortissement à hauteur de 6 %, soit la somme de 7 746 euros à compter des revenus de l'année 2009. À la suite d'un contrôle sur pièces, par une proposition de rectification du 12 septembre 2019 et selon la procédure contradictoire, l'administration a remis en cause le bénéfice de ce dispositif, au motif que l'appartement n'était plus loué depuis le 31 janvier 2013. Elle a assujetti M. et Mme B E à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, d'un montant total de 858 euros au titre de l'année 2016 et de 21 633 euros au titre de l'année 2017, ainsi qu'à des prélèvements sociaux d'un montant de 11 386 euros au titre de l'année 2017. Les observations que les intéressés ont formulées le 23 octobre 2019 ont fait l'objet d'une réponse du 4 novembre 2019 aux termes de laquelle la totalité des rectifications en cause a été maintenue. Les impositions supplémentaires correspondantes ont été mises en recouvrement, par voie de rôle, le 30 septembre 2020. La réclamation formée par M. et Mme B E le 10 novembre 2020 a été rejetée par une décision qu'ils ont reçue le 23 novembre 2020. Ils demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes, pour un montant total de 33 877 euros.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. Aux termes du I de l'article 31 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : () 1° Pour les propriétés urbaines : () h) Pour les logements situés en France, acquis neufs ou en l'état futur d'achèvement entre le 3 avril 2003 et le 31 décembre 2009, et à la demande du contribuable, une déduction au titre de l'amortissement égale à 6 % du prix d'acquisition du logement pour les sept premières années et à 4 % de ce prix pour les deux années suivantes. La période d'amortissement a pour point de départ le premier jour du mois de l'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. () Le bénéfice de la déduction est subordonné à une option qui doit être exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cette option est irrévocable pour le logement considéré et comporte l'engagement du propriétaire de louer le logement nu pendant au moins neuf ans à usage d'habitation principale à une personne autre qu'un membre de son foyer fiscal. Cette location doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cet engagement prévoit, en outre, que le loyer ne doit pas excéder un plafond fixé par décret. () Le revenu net foncier de l'année au cours de laquelle l'un des engagements définis au présent h n'est pas respecté est majoré du montant des amortissements déduits. () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'en cas de vacance du logement, du fait du départ du locataire au cours de la période d'engagement de location de neuf ans qu'elles prévoient, le maintien de l'avantage fiscal est subordonné à la condition que le contribuable justifie avoir accompli sans délai toutes les diligences nécessaires pour que son bien puisse être reloué.
4. La circonstance qu'un logement soit resté vacant pendant une longue période n'est pas, à elle seule, de nature à faire regarder un contribuable comme n'ayant pas respecté l'engagement de location qu'il avait souscrit afin de bénéficier de l'amortissement institué par les dispositions du h du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts, dès lors qu'il établit, par les pièces qu'il produit, avoir accompli les diligences nécessaires pour que son logement soit rapidement reloué après le départ de son locataire.
5. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a remis en cause la déduction du revenu foncier pratiquée au titre de l'amortissement " Robien recentré " prévu par les dispositions précitées au point 2, concernant l'appartement acquis en 2007 à Avignon, pour lequel M. et Mme B E n'avaient perçu aucun revenu locatif au titre des années 2014 à 2017. Les requérants soutiennent qu'ils ont respecté leur engagement en louant ce bien à usage d'habitation principale à un tiers mais que des vices de conception de l'immeuble ont provoqué des infiltrations et des dégâts divers, rendant l'appartement impropre à la location après le congé accordé à leur dernier locataire, le 31 janvier 2013. Cette carence de location résulterait, ainsi, de circonstances qui leur sont totalement extérieures et qui relèvent d'un cas de force majeure, lié à la faute d'un tiers. Ils indiquent avoir engagé devant le juge judiciaire une action en responsabilité contre le maître d'œuvre de l'immeuble, toujours pendante. Toutefois, les requérants, qui sont seuls en mesure de produire les pièces justificatives à l'appui de leurs allégations, n'en produisent aucune. En particulier, ils n'établissent pas que les dégâts résultant des malfaçons alléguées auraient rendu leur bien impropre à la location et ils se bornent à affirmer qu'ils ont exercé un recours en responsabilité contre la société de maîtrise d'œuvre sans en justifier. Dans ces conditions, les requérants n'établissent pas que la carence locative constatée par l'administration fiscale ne serait pas de leur fait mais résulterait de circonstances extérieures à leur volonté. Par suite, l'administration fiscale a pu, à bon droit, procéder au rappel des déductions opérées par M. et Mme B E sur leurs revenus fonciers au titre des années 2016 et 2017 sur le fondement du h) du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme B E à fin de décharge des impositions supplémentaires auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B E et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.
La rapporteure,
Signé
A. C
La présidente,
Signé
M. A
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026