mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100162 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP SALESSE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 janvier 2021 et le 11 mars 2022, la commune d'Orincles, représentée par Me Chevallier Fillastre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'homologuer le rapport d'expertise judiciaire déposé le 30 juin 2020 ;
2°) à titre principal, de condamner sur le fondement de la responsabilité contractuelle la société Eiffage construction Midi-Pyrénées à lui verser la somme de 144 255,34 euros toutes taxes comprises au titre des travaux de la reprise du pont litigieux, indexée sur l'indice à la consommation à la date du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées les frais relatifs à l'assistance par le bureau d'études qui réalisera la mission de visa du dossier d'exécution d'Eiffage construction Midi-Pyrénées ainsi que l'assistance aux opérations de travaux correspondant à la somme de 4 500 euros toutes taxes comprises ;
4°) de mettre à la charge de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées les frais d'expertise qu'elle a engagée d'un montant de 9 507,72 euros toutes taxes comprises ;
5°) de rejeter la conclusion reconventionnelle de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées correspondant au règlement de la somme de 997,19 euros ;
6°) à titre subsidiaire de condamner in solidum la société Eiffage construction Midi-Pyrénées sur le fondement de la responsabilité contractuelle et la société des bétons contrôlés tarbais sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, à lui verser la somme de 144 255,34 euros toutes taxes comprises au titre des travaux de reprise du pont, indexée sur l'indice à la consommation au jour du présent jugement ;
7°) de mettre à la charge in solidum de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées sur le fondement de la responsabilité contractuelle et de la société des bétons contrôlés tarbais sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, le paiement de la somme de 4 500 euros toutes taxes comprises correspondant à l'assistance par le bureau d'études qui réalisera la mission de visa du dossier d'exécution d'Eiffage construction Midi-Pyrénées ainsi que l'assistance aux opérations de travaux ;
8°) de mettre à la charge in solidum de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées sur le fondement de la responsabilité contractuelle et de la société des bétons contrôlés tarbais sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, la somme correspondant aux frais d'expertise correspondant à la somme de 9 507,72 euros toutes taxes comprises ;
9°) de mettre à la charge de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées et de la société des bétons contrôlés tarbais, la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées est engagée dès lors qu'elle n'a pas procédé à l'échantillonnage lors de la réception du béton et que la qualité du béton est à l'origine des désordres ; cette dernière doit donc remédier aux désordres en étant condamnée à verser le montant du devis de reprise du tablier du pont litigieux ;
- la responsabilité de la société des bétons contrôlés tarbais est engagée en tant que fournisseur du béton non conforme aux clauses du cahier des charges techniques particulières car il contenait un excès d'eau lui faisant perdre la densité exigée ;
- l'expert judiciaire conclut à la responsabilité des deux sociétés à hauteur de 50 % chacune ;
- la commune a subi un préjudice matériel qui revêt un caractère certain et direct qui trouve son origine dans la faute commise par les deux sociétés ;
- les frais d'expertise doivent être mis à la charge des sociétés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 septembre 2021, le 4 novembre 2022 et le 15 février 2023, la société Eiffage construction Midi-Pyrénées, représentée par Me Salesse conclut à titre principal au rejet de la requête, à sa mise hors de cause et à titre reconventionnel à la condamnation de la commune d'Orincles au versement à la société des bétons contrôlés tarbais de la somme de 997,19 euros toutes taxes comprises, correspondant au solde du marché litigieux au cours duquel les désordres constatés font l'objet du présent contentieux. A titre subsidiaire, elle demande la condamnation de la société des bétons contrôlés tarbais à la relever et à la garantir intégralement indemne de l'ensemble des condamnations prononcées à son encontre, des frais et des intérêts, et à titre infiniment subsidiaire de condamner in solidum la société des bétons contrôlés tarbais et la société Pyrénées études ingénierie à la relever et à la garantir indemne de l'ensemble des condamnations prononcées à son encontre au-delà de sa part de responsabilité de limiter sa responsabilité à 20 %, et de mettre à la charge tout succombant à lui verser la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la responsabilité quasi-délictuelle des participants à une opération de construction sur le fondement d'un contrat avec l'un des constructeurs peut être engagée sous réserve de relever une faute extracontractuelle et la réalité d'un préjudice ;
- le contrôle de la qualité du béton à l'arrivée de celui-ci relève de l'entreprise ou de la maîtrise d'œuvre or le maître d'œuvre n'a pas émis de remarque à l'arrivée du béton par conséquent la responsabilité de la société des bétons contrôlés tarbais sera retenue et la sienne sera limitée à 20 % ;
- la faute relative à l'excès d'eau est exclusivement imputable à la société des bétons contrôlés tarbais ;
- en application des dispositions de l'article R. 631-1 du code de justice administrative, la conclusion reconventionnelle consistant à réclamer le solde du marché à l'origine du préjudice correspondant à la somme de 997,19 euros toutes taxes comprises est recevable.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 février 2021 et le 24 mai 2022, la société des bétons contrôlés tarbais, représentée par Me Moreau, conclut au rejet de la requête, de la mettre hors de cause et au rejet des conclusions de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées, de condamner la société Générali Iard à la relever et à la garantir de toutes les condamnations prononcées à son encontre et de condamner tout succombant à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle n'a pas contracté avec la commune d'Orincles, ainsi, ni cette dernière ni la société Eiffage construction Midi-Pyrénées ne peuvent demander sa condamnation ;
- la société Eiffage construction Midi-Pyrénées aurait dû contrôler la densité de béton et cette dernière est entièrement responsable ;
- la faute commise par la société Eiffage construction Midi-Pyrénées l'exonère de toute responsabilité ;
- si sa responsabilité était retenue, la société Générali Iard doit la relever et la garantir, cette dernière invoque l'incompétence de la juridiction administrative mais n'évoque pas le caractère mobilisable.
Par un mémoire enregistré le 17 janvier 2023, la société Pyrénées études ingénierie, représentée par Me Casadebaig conclut au rejet des conclusions d'appel en garantie formées à son encontre et à la condamnation des parties perdantes au versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'elle ne peut, contrairement à ce que soutient la société Eiffage construction Midi-Pyrénées, être tenue responsable des désordres liés au béton dès lors qu'elle n'était que le maître d'œuvre de l'ouvrage, de plus, la commune ne soulève pas sa responsabilité.
Par un mémoire enregistré le 15 novembre 2021, la société Générali Iard, représentée par Me Chevalier oppose une exception d'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur son sort et conclut à la mise hors de cause de la société des bétons contrôlés tarbais et à la condamnation de cette dernière à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 1er mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2023.
Les parties ont été informées, le 25 septembre 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'homologation de l'expertise judiciaire et sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles présentées par la société Eiffage, tendant à la condamnation de la commune d'Orincles au versement de la somme de 997,19 euros à la société des bétons contrôlés tarbais, en l'absence de réclamation préalable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus,
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique,
- et les observations de Me Waller pour la société Eiffage et de Me Moreau pour la société des bétons contrôlés tarbais.
Considérant ce qui suit :
1. La commune d'Orincles a sollicité le bureau d'études Pyrénées études ingénierie en vue d'établir un descriptif de la reconstruction du pont Saint-Vincent suite à sa destruction partielle. Par un marché signé le 10 avril 2013, la société Eiffage construction Midi-Pyrénées a réalisé les travaux pour un montant de 41 665,70 euros toutes taxes comprises. Lors de la réception des travaux, les contrôles de béton réalisés ont montré une insuffisance de résistance. Le bureau d'études Pyrénées études ingénierie a ainsi refusé de réceptionner l'ouvrage réalisé par la société Eiffage construction Midi-Pyrénées. Par un courrier en date du 29 octobre 2013, la commune d'Orincles a contesté les travaux, a refusé de réceptionner l'ouvrage et a demandé à la société Eiffage construction de reconstruire le tablier du pont. La société n'a pas répondu à la sollicitation de la commune d'Orincles. Par une ordonnance du 24 février 2015, le juge des référés a désigné un expert judiciaire. Le rapport a été déposé le 30 juin 2020. La commune d'Orincles demande la condamnation de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées au versement de la somme correspondant à son devis relatif à la reconstruction du tablier du pont, sur le fondement de la responsabilité contractuelle.
Sur les conclusions aux fins d'homologation du rapport d'expertise :
2. Il n'appartient pas à la juridiction administrative d'homologuer un rapport d'expertise en l'absence de tout texte le prévoyant. Les conclusions présentées à cette fin par la commune d'Orincles sont, dès lors, irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions dirigées contre la société Générali Iard :
3. Il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par l'assureur d'une personne privée au titre des obligations de droit privé nées d'un contrat d'assurance, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative.
4. Dans ces conditions, les conclusions de la société des bétons contrôlés tarbais tendant à appeler en garantie la société Générali Iard, en sa qualité d'assureur de ladite société sont relatives à l'exécution d'obligations de droit privé entre une entreprise de matériaux et son assureur et échappent dès lors à la compétence de la juridiction administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter ces conclusions comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions de la commune dirigées à titre subsidiaire contre la société des bétons contrôlés tarbais, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle et sur les conclusions d'appel en garantie de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées à l'encontre de la même société :
5. S'il appartient, en principe, au maître d'ouvrage qui entend obtenir la réparation des conséquences dommageables d'un vice imputable à la conception ou à l'exécution d'un ouvrage de diriger son action contre le ou les constructeurs avec lesquels il a conclu un contrat de louage d'ouvrage ; il lui est toutefois loisible, dans le cas où la responsabilité du ou des cocontractants ne pourrait pas être utilement recherchée, de mettre en cause, sur le terrain quasi-délictuel, la responsabilité des participants à une opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs.
6. Il résulte de l'instruction que la société Eiffage construction Midi-Pyrénées a acheté le béton prêt à l'emploi qu'elle a utilisé pour la reprise du tablier du pont Saint-Sauveur auprès de la société des bétons contrôlés tarbais. La société des bétons contrôlés tarbais était donc liée à la société Eiffage construction Midi-Pyrénées par un contrat de droit privé de simple fourniture et au surplus la responsabilité de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées, constructeur, peut être utilement recherchée par la commune. Par conséquent, il appartient à la juridiction judiciaire de connaître des conclusions de la commune dirigées contre la société des bétons contrôlés tarbais sur le fondement quasi-délictuel ainsi que des conclusions d'appel en garantie présentées par la société Eiffage construction Midi-Pyrénées à l'encontre de la même société pour manquement de ladite société des bétons contrôlés tarbais aux obligations contractuelles, relevant du droit privé, la liant à la société Eiffage construction Midi-Pyrénées.
Sur les conclusions de la commune présentées, à titre principal, sur le fondement de la responsabilité contractuelle de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées :
7. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expert judiciaire, que les désordres constatés relèvent uniquement de la non-conformité du béton XF4 30/37 sur la résistance à la compression eu égard à l'article 2.2.1 du cahier des clauses techniques particulières. Il ressort des analyses confiées à plusieurs laboratoires que la résistance à la compression est trop faible pour un pont supportant des passages de véhicules. Contrairement à ce que soutient la société des bétons contrôlés tarbais, les valeurs de la résistance à la compression constatée sur les nombreux échantillons et carottages analysés a posteriori relèvent une insuffisance de la résistance non-conforme au cahier des clauses techniques particulières et à la norme européenne. En outre les bons de livraisons de la société de bétons indiquent un rapport d'eau supérieur à la normale et non-conforme aux clauses du cahier des charges techniques. Si l'exécution des travaux par la société Eiffage construction Midi-Pyrénées n'est pas remise en cause, en revanche elle aurait dû s'assurer de la qualité du béton dont les caractéristiques étaient précisées dans le cahier des clauses techniques particulières à l'arrivée sur site de la marchandise. Par suite, les désordres constatés sur l'ouvrage ont pour origine, comme l'indique le rapport d'expertise, un excès d'eau dans la préparation du béton qui n'a pas été contrôlée par la société Eiffage construction Midi-Pyrénées attestant d'un manque de vigilance de sa part. Il résulte ainsi de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que la société Eiffage construction Midi-Pyrénées, constructeur, est seule à l'origine des désordres relatifs à la non-conformité du béton dans sa mise en œuvre. Elle doit être condamnée à réparer l'intégralité du préjudice subi par la commune.
Sur l'évaluation du préjudice subi par la commune d'Orincles :
8. La commune d'Orincles demande à être indemnisée du coût de la réfaction du tablier du pont pour un montant de 144 255,34 euros toutes taxes comprises. Le rapport d'expertise préconise en effet de procéder à une hydrodémolition du tablier en mettant le ferraillage à nu, jusqu'à la base du tablier, sous réserve qu'un bureau d'études définisse et valide les caractéristiques techniques du nouveau tablier notamment sur la conservation des anciennes lauzes, de la définition du minimum de béton conservé comme fond de coffrage pour le coulage du nouveau tablier et de la validation des appuis du tablier, des gardes corps et des pentes pour la gestion des eaux de ruissellement. Le coût du montant des travaux nécessaires pour renforcer le tablier du pont s'élève à la somme non valablement contestée de 144 255,34 euros toutes taxes comprises. Afin de mener à bien ce projet de réfaction, il y a lieu également de prévoir l'intervention d'un bureau d'études dont le coût est estimé à 4 500 euros toutes taxes comprises. Il s'ensuit qu'il y a lieu de condamner la société Eiffage construction Midi-Pyrénées au paiement de la somme correspondant au devis de réfaction du tablier du pont Saint-Vincent à hauteur de 144 255,34 euros ainsi qu'au montant de 4 500 euros TTC en vue de la supervision d'un bureau d'études.
Sur l'actualisation des coûts :
9. Toutefois, la commune d'Orincles n'établit pas qu'à la date du dépôt du rapport d'expertise, alors que la cause des désordres n'avait certes pas pris fin mais que leur étendue était connue, elle ait été dans l'impossibilité d'y remédier. Ainsi sa demande tendant à ce que le montant de la réparation soit indexé sur l'indice du coût de la consommation ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions d'appel en garantie, présentées par la société Eiffage construction Midi-Pyrénées à titre infiniment subsidiaire contre le PEI :
10. Il ne résulte pas de l'instruction que la responsabilité du bureau d'études Pyrénées études ingénierie, chargé par la commune requérante d'une mission de maîtrise d'œuvre, puisse être engagée. Si le bon de commande de béton prêt à l'emploi stipule que la livraison devra être vérifiée par un représentant de l'entreprise ou du représentant du laboratoire dûment mandaté par l'entreprise ou par la maîtrise d'œuvre, ces précisions, apportées sur un document contractuel signé entre la société Eiffage et la société de bétons, ne suffisent pas à mettre en cause la responsabilité du maître d'œuvre, qui en tout état de cause, n'a pas contresigné le bon de commande. Par suite, les conclusions d'appel en garantie formées par la société Eiffage construction Midi-Pyrénées contre la société Pyrénées études ingénierie doivent être rejetées.
Sur la conclusion reconventionnelle de la société Eiffage tendant au paiement du solde du marché initial à l'origine du désordre :
11. La société Eiffage construction Midi-Pyrénées demande à ce que la commune d'Orincles verse le solde du marché initial correspondant à la somme de 997,72 euros toutes taxes comprises. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est d'ailleurs pas allégué par la société Eiffage construction, qu'elle aurait adressé un mémoire en réclamation au maître d'œuvre. Dès lors, la demande de la société Eiffage construction tendant au paiement du solde du marché par la commune d'Orincles est en tout état de cause irrecevable.
Sur les dépens :
12. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires (). Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. / Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance () ". En vertu de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. (). ".
13. Les frais d'expertise ont été taxés à 7 552,72 euros toutes taxes comprises. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, et compte tenu de ce qui précède, de les mettre intégralement à la charge de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées.
Sur les frais d'instance :
14. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées la somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Orincles au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées, la somme de 750 euros à verser à la société Pyrénées études ingénierie au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
17. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter le surplus des conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la société des bétons contrôlés tarbais appelant en garantie la société Générali Iard sont rejetées comme étant présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Orincles dirigées à titre subsidiaire contre la société des bétons contrôlés tarbais, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle sont rejetées comme étant présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 3 : Les conclusions présentées par la société Eiffage construction Midi-Pyrénées d'appel en garantie de la société des bétons contrôlés tarbais sont rejetées comme étant présentées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 4 : La société Eiffage construction Midi-Pyrénées est condamnée à verser à la commune d'Orincles la somme totale de 148 755,34 (cent quarante-huit mille sept cent cinquante-cinq euros et trente-quatre centimes) euros toutes taxes comprises.
Article 5 : Les frais d'expertise, s'élevant à la somme de 7 552,72 euros toutes taxes comprises sont mis à la charge de la société Eiffage construction Midi-Pyrénées.
Article 6 : La société Eiffage construction Midi-Pyrénées versera à la commune d'Orincles la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : La société Eiffage construction Midi-Pyrénées versera la somme de 750 euros à la société Pyrénées études ingénierie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à la commune d'Orincles, à la société Eiffage construction Midi-Pyrénées, à la société des bétons contrôlés tarbais, à la société Pyrénées études ingénierie et à la société Générali Iard.
Copie en sera adressée à M. A C, expert judiciaire.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
L. CRASSUS La présidente,
Signé
M. SELLES
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026