mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100255 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LE CORNO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 février 2021 et le 5 décembre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Coelho et la société civile immobilière (SCI) Fres, représentées par Me Berges, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 4 décembre 2020 par laquelle la communauté de communes de Lacq-Orthez a opposé un refus à leur demande de réaliser des travaux ;
2°) d'annuler les décisions implicites de rejet nées dans le silence gardé respectivement par le département des Pyrénées-Atlantiques, la commune de Lacq et la commune de Mont sur leurs demandes datées du 10 octobre 2020 de réaliser des travaux ;
3°) d'enjoindre conjointement et solidairement à la communauté de communes de Lacq-Orthez, à la commune de Lacq, à la commune de Mont et au département des Pyrénées-Atlantiques, de procéder aux travaux, sous astreinte de 1 000 euros par défendeur et par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de condamner solidairement la communauté de communes de Lacq-Orthez, la commune de Lacq, la commune de Mont et le département des Pyrénées-Atlantiques à verser à la société Coelho la somme de 30 000 euros en réparation de son préjudice économique ;
5°) de condamner solidairement la communauté de communes de Lacq-Orthez, la commune de Lacq, la commune de Mont et le département des Pyrénées-Atlantiques à verser à la SCI Fres la somme de 49 000 euros en réparation de son préjudice économique ;
6°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise avant dire droit à fin notamment de déterminer les causes, l'origine et l'importance des désordres ainsi que les préjudices qu'elles estiment avoir subis ;
7°) en tout état de cause, de mettre à la charge solidaire de la communauté de communes de Lacq-Orthez, de la commune de Lacq, de la commune de Mont et du département des Pyrénées-Atlantiques les entiers dépens, en ce compris les frais d'expertise judiciaire, ainsi que la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les compétences en matière de défense contre les inondations ainsi qu'en matière de travaux liés à la gestion des cours d'eau et de leurs milieux associés reviennent à la communauté de communes de Lacq-Orthez et aux communes de Lacq et de Mont qui sont, dès lors, susceptibles de voir leur responsabilité engagée ; les décisions par lesquelles la communauté de communes de Lacq-Orthez et les communes de Lacq et de Mont ont refusé de procéder aux travaux nécessaires sont irrégulières dès lors qu'en ne respectant pas leur obligation d'entretien du domaine public, notamment fluvial, ces collectivités ont laissé un phénomène naturel causer des dommages à la propriété de la société Coelho, en méconnaissance de l'article L. 2124-11 du code général de la propriété des personnes publiques ;
- les collectivités en cause ont l'obligation d'assurer le bon écoulement des cours d'eau de l'Henx et de l'Augas et d'éviter les débordements dommageables à l'entreprise Coelho, sur le fondement de l'article 215-7 du code de l'environnement ;
- les fossés longeant les voies départementales et communales sont obstrués et disposent de buses ou de canalisations de diamètre trop étroit, ce qui révèle un défaut d'entretien, également à l'origine des inondations régulières du bâtiment de l'entreprise Coelho ; le refus opposé à la demande de travaux de prévention des inondations par le département des Pyrénées-Atlantiques doit être annulé ;
- ce défaut d'entretien normal du domaine public est de nature à engager la responsabilité du département des Pyrénées-Atlantiques d'une part, de la communauté de communes de Lacq-Orthez et des communes de Lacq et de Mont d'autre part, en ce que les mesures qu'elles ont prises sont insuffisantes ;
- la communauté de communes de Lacq-Orthez a exercé la compétence de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations à compter du 1er janvier 2018 et jusqu'au 31 décembre 2018 si bien que sa responsabilité dans la non-réalisation des travaux peut être engagée à ce titre ;
- les travaux annoncés par les communes de Lacq et de Mont n'ont pas été engagés et ne correspondent pas aux travaux sollicités ; les parcelles de l'entreprise Coelho ne figurent pas dans l'annexe 2 du schéma d'entretien ; les défendeurs ne rapportent aucune preuve de l'exécution des travaux sollicités ;
- le rapport d'expertise a été réalisé au contradictoire de l'ensemble des parties ;
- il doit être enjoint conjointement et solidairement aux collectivités mises en cause de procéder à leurs frais aux travaux de confortement qui consistent en la création d'un bassin écrêteur pour l'Henx en amont de la RD 31, la suppression du busage longeant le chemin des Augas, la création d'un fossé/bras de décharge depuis ce chemin jusqu'à l'Henx dans la parcelle privée n° AB 393 de la commune de Lacq, la suppression de tous les passages busés inutiles ou, à défaut, le remplacement des canalisations actuelles par une canalisation d'un diamètre de 800 mm au minimum, et le nettoyage du lit de l'Henx au droit et en aval de l'entreprise Coelho ;
- leur créance n'est pas prescrite dès lors que le rapport d'expertise amiable ne mentionne aucune inondation en 1985, que les inondations ont commencé à se produire dans les années 2000 et que la dernière inondation dont elles se plaignent date du 11 février 2019, telle qu'en fait mention le rapport d'expertise rédigé par Saretec ; eu égard à l'espacement et à la différence d'intensité des inondations au fil du temps, la réalité et l'étendue des préjudices ne peuvent avoir été entièrement révélées de telle sorte que leur action n'est pas prescrite ;
- leur recours indemnitaire est recevable dès lors que le courrier de leur assureur proposant une solution amiable au litige ne peut être regardé comme une demande indemnitaire préalable et que la demande préalable du 10 octobre 2020 a bien été faite également au nom de la SCI Fres ;
- la société Coelho n'a commis aucune faute ; elle exerce une activité de chaudronnerie et utilise du matériel lourd ; elle a engagé des dépenses pour surélever ses outils de travail ;
- le préjudice de l'entreprise Coelho lié au non-entretien fautif et à l'absence de travaux par les collectivités en cause, en ce que la société ne peut plus exercer son activité lors de chaque inondation, doit être indemnisé à hauteur de 30 000 euros ;
- la SCI Fres doit être indemnisée à hauteur de 49 000 euros correspondant aux travaux de remise en état ;
- à titre subsidiaire, si le tribunal estimait que les pièces versées au débat étaient insuffisantes pour statuer sur leurs demandes, il conviendrait qu'il ordonne une expertise avant dire droit avec notamment pour mission de décrire les désordres rencontrés par l'entreprise Coelho affectant le bâtiment d'exploitation et le matériel stocké, d'en déterminer les causes, l'origine et l'importance, de décrire la nature des travaux effectués à ce jour, de déterminer s'ils ont été suffisants et de décrire ceux nécessaires pour remédier aux désordres provoqués par des inondations régulières ainsi que d'en évaluer le coût, d'établir les limites de propriété des différentes collectivités afin de préciser leurs responsabilités respectives et leur mise en cause, et de déterminer les personnes devant prendre en charge le coût des travaux ; cette expertise est justifiée dès lors que les travaux invoqués par les défendeurs ne correspondent pas à ceux qui sont sollicités.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 mai 2021, la commune de Mont et la commune de Lacq, représentées par Me Clamens, concluent à titre principal au rejet de la requête en tant qu'elle est irrecevable, à titre subsidiaire à son rejet en tant qu'elle est mal fondée, et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de chacune des requérantes la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Elles font valoir que :
- la requête est irrecevable faute de préciser à quel titre elles devraient être condamnées à réaliser des travaux sur la base d'un rapport d'expertise établi pour le compte de l'assureur couvrant la protection juridique de la société Coelho ;
- la requête est irrecevable dès lors que le 11 mai 2020, la communauté de communes de Lacq-Orthez a annoncé des travaux de dévoiement des busages et de raccordement du réseau de la propriété de la société Coelho en aval ; ces travaux d'entretien des cours d'eau, dont l'Henx, ont été déclarés d'intérêt général par un arrêté préfectoral du 22 septembre 2020 ; le syndicat mixte du bassin du Gave de Pau et ses partenaires ont mis en place un programme pluriannuel de gestion des cours d'eau affluents de la rive droite du gave de Pau ;
- à titre surabondant, les communes de Lacq et de Mont n'ont commis aucune faute dans la gestion de l'entretien des chemins ruraux et n'ont aucune compétence en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI), cette compétence ayant été transférée à la communauté de communes de Lacq-Orthez puis au syndicat mixte du bassin du Gave de Pau à compter du 1er janvier 2019 ; le phénomène d'inondation est apparu pour la première fois en 1985 et s'est reproduit de façon régulière ; la communauté de communes de Lacq-Orthez a confié à la société HEA, en janvier 2014, la réalisation d'une étude hydraulique de l'Henx ; en conséquence, il a été procédé au recalibrage du fossé latéral de la route départementale 817 en 2015 et en 2016, à l'initiative du département des Pyrénées-Atlantiques, et au curage des fossés latéraux en 2015, par la commune de Lacq ; à trois reprises en novembre et décembre 2019, la commune de Mont a alerté le syndicat afin que soit réalisée une étude approfondie pour remédier aux inondations ;
- à titre subsidiaire, aucune pièce ne permet d'étayer le préjudice direct et certain invoqué par la société Coelho, non plus que son quantum ; dès le 17 juin 2019, l'assureur de la société Coelho a mis en demeure la commune de Mont, la commune de Lacq et la communauté de communes de Lacq-Orthez de prendre en charge chacune un tiers de la somme totale de 49 000 euros correspondant aux dépenses à engager pour remédier aux inondations ; le 1er juillet 2019, l'assureur des deux communes a sollicité de l'assureur de la société Coelho qu'il explicite la somme réclamée, sans obtenir de réponse ; la demande indemnitaire de la SCI Fres ne peut correspondre à un préjudice économique alors que la somme réclamée correspond au montant des travaux publics à engager selon le rapport établi à la demande de l'assureur des requérantes ; la société Coelho ne précise pas quels travaux elle devra réaliser, alors que son ouvrage ne tient aucun compte de son environnement hydraulique complexe ni du niveau des ouvrages voisins ;
- l'expertise sollicitée à titre subsidiaire n'a aucune utilité dès lors que les travaux dont l'exécution est demandée sont en cours d'étude et de réalisation.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2021, la communauté de communes de Lacq-Orthez, représentée par Me Le Corno, conclut à titre principal, à l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires de la société Coelho et de la SCI Fres, à titre subsidiaire, au rejet de leurs conclusions à fin d'injonction et d'indemnisation, en tout état de cause, au rejet de la demande d'expertise comme étant dépourvue d'utilité, à titre infiniment subsidiaire, à la limitation de l'indemnisation des requérantes aux seuls chefs de préjudice justifiés et dont le lien de causalité avec la défaillance de la défenderesse est établi ainsi qu'à ce que soient laissés à la charge des requérantes les deux tiers des conséquences dommageables, enfin à ce que soit mise à la charge de la société Coelho et de la SCI Fres la somme de 3 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- les travaux dont les requérantes sollicitent la réalisation relèvent de la compétence GEMAPI qui a été transférée au syndicat mixte du bassin du Gave de Pau à compter du 1er janvier 2019 ; la communauté de communes de Lacq-Orthez n'est pas compétente pour exécuter ces travaux si bien qu'elle ne peut y être enjointe ;
- l'assureur protection juridique de la société Coelho a adressé à la communauté de communes de Lacq-Orthez, les 17 juin et 18 septembre 2018, des demandes indemnitaires dans l'intérêt de son assuré ; une décision implicite de rejet est née, dans le silence gardé sur la première demande, le 17 août 2018 ; faute d'introduction d'un recours indemnitaire devant le tribunal dans le délai de deux mois suivant la naissance de cette décision, les conclusions à fin d'indemnisation de la société Coelho sont irrecevables ;
- la demande d'indemnisation du 10 octobre 2020 a été présentée pour la seule société Coelho ; à défaut de demande préalable, les conclusions indemnitaires de la SCI Fres sont irrecevables ;
- les demandes d'indemnisation des requérantes sont indéterminées et ne permettent pas de connaître les préjudices dont elles demandent la réparation ni de savoir à quoi correspondent les sommes demandées ;
- les créances des requérantes sont prescrites dès lors que la dernière inondation dont elles se plaignent, dans leurs écritures, date du 27 janvier 2014 ;
- la communauté de communes de Lacq-Orthez n'a pas commis de faute en s'abstenant de mettre en œuvre les préconisations du bureau d'études HEA dès lors que la compétence GEMAPI a été transférée au syndicat intercommunal du Gave de Pau puis, à compter du 1er janvier 2019, au syndicat mixte du bassin du Gave de Pau ; en outre, elle a réalisé les premières interventions de nettoyage en 2014 et 2015, elle a organisé les interventions sur le fossé de la route départementale 817 avec le département, elle effectue le reprofilage, le recalibrage et l'enlèvement des traversées busées inutiles, elle a suivi les actions d'entretien des fossés du chemin rural par les communes de Lacq et de Mont ainsi que les actions du syndicat mixte du bassin du Gave de Pau, notamment la déclaration d'intérêt général simplifiée concernant l'Henx en 2020 et la réalisation du programme pluriannuel de gestion qui ont permis la réalisation de travaux ;
- les requérantes ne justifient pas avoir réalisé les moindres travaux ni même pris de précautions pour prévenir la survenance des dommages pouvant résulter des inondations ; en toute hypothèse, doivent être laissés à leur charge les deux tiers des préjudices indemnisables ;
- la preuve d'un quelconque préjudice en lien avec une défaillance de la communauté de communes de Lacq-Orthez dans la prévention du risque d'inondation n'est pas rapportée ;
- la demande d'expertise formulée à titre subsidiaire vise à pallier la défaillance des requérantes dans la description des désordres dont elles se plaignent, dans l'établissement de la matérialité des préjudices allégués et dans l'identification des responsabilités ; cette demande ne présente aucune utilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2021, le département des Pyrénées-Atlantiques, représenté par Me Jambon, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet, et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la société Coelho et de la SCI Fres la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le préjudice des requérantes était entièrement connu dans son existence et son étendue dès la première inondation, survenue en 1985 ; par suite, la créance étant prescrite, la requête est irrecevable ;
- les conclusions indemnitaires de la SCI Fres sont irrecevables faute pour l'intéressée d'avoir sollicité au préalable l'indemnisation de son préjudice économique ;
- à titre subsidiaire, selon les préconisations de l'étude hydraulique de l'Henx réalisée par la société HEA en 2014, il a procédé au recalibrage du fossé de la route départementale 817 en 2015 et 2016, et il effectue, depuis lors, un suivi pour désencombrer le fossé ; dès lors qu'il a réalisé tous les travaux préconisés par l'étude HEA, il n'a commis aucune faute ; en outre, le rapport privé établi par le cabinet Saretec, mandaté par l'assureur des requérantes, n'est pas suffisamment précis pour permettre la condamnation de personnes publiques à réaliser des travaux ;
- l'origine des prétendus désordres n'est pas clairement identifiée, les dommages ne sont pas déterminés, la nature et l'étendue des inondations ne sont pas précisées si bien qu'il n'est pas démontré que le dommage, au demeurant non justifié, trouve sa cause directe et certaine dans le fonctionnement des ouvrages publics ; les requérantes ne produisent aucune pièce permettant de vérifier l'existence d'un préjudice direct et certain ;
- la demande d'expertise doit être rejetée puisque les travaux sollicités ont été réalisés ou sont en cours d'exécution.
Par ordonnance du 20 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 janvier 2023.
Un mémoire présenté pour la communauté de communes de Lacq-Orthez a été enregistré le 19 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'État, les départements, les communes et les établissements publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public,
- et les observations de Me Bernal, représentant la SAS Coelho et la SCI Fres, de Me Missonnier, représentant la communauté de communes de Lacq-Orthez, et de Me Leduc, représentant le département des Pyrénées-Atlantiques.
Considérant ce qui suit :
1. La société Coelho est propriétaire, depuis 1985, de deux parcelles immobilières contigües, la parcelle 303 sur la commune de Mont, et la parcelle 392 sur la commune de Lacq, dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Sur ces deux parcelles est édifié un bâtiment industriel donné à bail par la SCI Fres et exploité par la société Coelho, pour une activité de chaudronnerie. Ces parcelles sont bordées, au sud-ouest, par la route départementale 817 bordée d'un fossé et par une chaussée en contre-allée qui permet l'accès à la zone d'activité dont fait partie l'entreprise Coelho. Trois cours d'eau entourent par ailleurs les parcelles, à savoir, outre le fossé de la route départementale au sud-ouest, le ruisseau non domanial de l'Henx, exutoire de l'ensemble du site, au nord, et à l'est, le ruisseau des Augas, fossé partiellement busé qui rejoint l'Henx. Ces parcelles subissent des inondations environ une fois par an.
2. La SARL Coelho et la SCI Fres ont demandé au département des Pyrénées-Atlantiques, à la communauté de communes de Lacq-Orthez, à la commune de Lacq et à la commune de Mont, par courriers du 10 octobre 2020, de procéder aux travaux qu'elles estiment nécessaires pour remédier aux désordres, sur le fondement d'une expertise amiable réalisée à la demande de leur assureur le 16 mai 2019, et de les indemniser des préjudices subis. Elles demandent au tribunal, à titre principal, d'annuler la décision du 4 décembre 2020 par laquelle la communauté de communes de Lacq-Orthez a opposé un refus à leur demande, d'annuler les décisions implicites de rejet nées les 13 et 14 décembre 2020 dans le silence gardé respectivement par le département des Pyrénées-Atlantiques, la commune de Lacq et la commune de Mont sur leurs demandes, d'enjoindre conjointement et solidairement à ces collectivités territoriales, sous astreinte, de procéder aux travaux de confortement, et de condamner solidairement les mêmes à verser la somme de 30 000 euros à la société Coelho ainsi que la somme de 49 000 euros à la SCI Fres en réparation de leur préjudice économique. À titre subsidiaire, elles demandent au tribunal d'ordonner une expertise avant dire droit à fin notamment de déterminer les causes, l'origine et l'importance des désordres ainsi que les préjudices qu'elles estiment avoir subis.
Sur les conclusions principales tendant à la mise en jeu de la responsabilité de la puissance publique et au prononcé de mesures d'injonction :
3. D'une part, il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu du fait d'un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
4. D'autre part, la personne qui subit un préjudice direct et certain du fait du comportement fautif d'une personne publique peut former devant le juge administratif une action en responsabilité tendant à ce que cette personne publique soit condamnée à l'indemniser des conséquences dommageables de ce comportement. Elle peut également, lorsqu'elle établit la persistance du comportement fautif de la personne publique responsable du préjudice qu'elle lui cause, assortir ses conclusions indemnitaires de conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets. De telles conclusions à fin d'injonction ne peuvent être présentées qu'en complément de conclusions indemnitaires. De la même façon, le juge administratif ne peut être saisi, dans le cadre d'une action en responsabilité sans faute pour dommages de travaux publics, de conclusions tendant à ce qu'il enjoigne à la personne publique de prendre les mesures de nature à mettre fin au dommage ou à en pallier les effets, qu'en complément de conclusions indemnitaires.
5. Pour la mise en œuvre des pouvoirs décrits ci-dessus, il appartient au juge, saisi de conclusions tendant à ce que la responsabilité de la personne publique soit engagée, de se prononcer sur les modalités de la réparation du dommage, au nombre desquelles figure le prononcé d'injonctions, dans les conditions définies au point précédent, alors même que le requérant demanderait seulement l'annulation du refus de la personne publique de mettre fin au dommage, assortie de conclusions aux fins d'injonction à prendre de telles mesures. Dans ce cas, il doit regarder ce refus de la personne publique comme ayant pour seul effet de lier le contentieux.
6. Pour apprécier si la personne publique commet, par son abstention, une faute, il lui incombe, en prenant en compte l'ensemble des circonstances de fait à la date de sa décision, de vérifier d'abord si la persistance du dommage trouve son origine non dans la seule réalisation de travaux ou la seule existence d'un ouvrage, mais dans l'exécution défectueuse des travaux ou dans un défaut ou un fonctionnement anormal de l'ouvrage et, si tel est le cas, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général, qui peut tenir au coût manifestement disproportionné des mesures à prendre par rapport au préjudice subi, ou aucun droit de tiers ne justifie l'abstention de la personne publique. Aussi, en l'absence de toute abstention fautive de la personne publique, le juge ne peut faire droit à une demande d'injonction, mais il peut décider que l'administration aura le choix entre le versement d'une indemnité dont il fixe le montant et la réalisation de mesures dont il définit la nature et les délais d'exécution.
7. En premier lieu, en l'espèce, la demande de la société Coelho et de la SCI Fres tend à obtenir la réparation des dommages résultant d'inondations régulières des parcelles sur lesquelles est implantée l'entreprise Coelho, dont elles imputent la cause au refus des collectivités territoriales en cause d'exécuter les travaux susceptibles d'endiguer ces désordres. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que les décisions explicite et implicites de rejet opposées aux demandes formulées par les requérantes de réaliser les travaux préconisés par une expertise amiable pour mettre fin à ce désordre ont eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de leur demande qui, en formulant les conclusions analysées au point 2, a donné à l'ensemble de leur requête le caractère d'un recours de plein contentieux.
8. En second lieu, les requérantes sollicitent le versement d'une somme de 30 000 euros en réparation du préjudice économique subi par la société Coelho et d'une somme de 49 000 euros en réparation du préjudice économique subi par la SCI Fres, correspondant au montant estimé des travaux de remise en état.
9. Toutefois, s'agissant de la société Coelho, si elle soutient qu'elle a dû procéder à des aménagements intérieurs afin de limiter les dommages en cas d'inondation, notamment la création de dallages de béton pour surélever le matériel, et qu'elle ne peut plus exercer son activité lors de la survenue des inondations, elle ne produit, à l'appui de ses allégations, aucun élément permettant d'établir la réalité du préjudice subi. Alors même que les collectivités défenderesses font valoir, en défense, d'une part que les requérantes ne produisent aucune pièce permettant de vérifier l'existence d'un préjudice direct et certain invoqué par la société Coelho, pas plus que son quantum, d'autre part que les demandes d'indemnisation sont indéterminées et ne permettent pas de connaître ce à quoi correspondent les sommes sollicitées, et enfin que la société Coelho ne précise pas quels travaux elle devrait réaliser, cette dernière, en se bornant à soutenir qu'elle doit être indemnisée à hauteur de 30 000 euros, n'établit pas la réalité du préjudice économique qu'elle estime subir.
10. S'agissant de la SCI Fres, elle sollicite l'indemnisation de son préjudice économique qu'elle évalue à la somme totale de 49 000 euros correspondant à des travaux de remise en état. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise amiable réalisé au contradictoire des collectivités défenderesses en mars 2019, que ce montant correspond en réalité, d'une part, pour la somme de 18 000 euros hors taxes, aux travaux de reprise du réseau privatif d'eaux pluviales de l'entreprise Coelho. Si ces travaux paraissent nécessaires dès lors que l'évacuation des eaux pluviales est réalisée par une canalisation raccordée vers le ruisseau des Augas en amont, et non vers l'Henx en aval, ce qui conduit, en cas d'inondation, à l'aggravation des débordements, la SCI Fres, en se bornant à solliciter la réparation d'un dysfonctionnement du réseau privatif d'évacuation des eaux pluviales de l'entreprise Coelho, n'établit pas la réalité du préjudice économique qu'elle estime subir. D'autre part, le montant de l'indemnisation demandée correspond, pour la somme de 31 000 euros hors taxes, aux travaux de recalibrage des fossés dont la responsabilité incombe aux seuls maîtres d'ouvrage publics et qu'il n'appartient pas à la SCI Fres de réaliser ou de prendre en charge. Dans ces conditions et en tout état de cause, elle n'établit pas davantage, par cette demande, la réalité du préjudice économique qu'elle estime subir.
11. Il résulte de ce qui précède que faute d'établir l'existence d'un préjudice pas plus, en tout état de cause, que l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et les carences fautives alléguées, les conclusions indemnitaires présentées par les requérantes à titre principal doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense par la commune de Mont, la commune de Lacq, la communauté de communes de Lacq-Orthez et le département des Pyrénées-Atlantiques.
12. Par ailleurs, alors qu'au demeurant, les collectivités territoriales défenderesses font valoir qu'elles ont déjà réalisé certains travaux demandés et que le syndicat mixte du bassin du Gave de Pau, compétent en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations, a, dans le cadre d'une déclaration d'intérêt général simplifiée concernant l'Henx, en 2020, permis la réalisation d'un programme pluriannuel de gestion incluant les travaux requis pour prévenir les inondations, il résulte de ce qui précède que la SAS Coelho et la SCI Fres ne sont pas fondées à demander au tribunal de prononcer des mesures d'injonction à destination de l'administration afin que celle-ci effectue des travaux de confortement sur les ouvrages publics de façon à faire cesser les désordres. Les conclusions de la requête présentées à ce titre doivent, par suite, être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les conclusions subsidiaires à fin d'expertise :
13. Aux termes des dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision ". Il appartient au demandeur qui engage une action en responsabilité à l'encontre de l'administration d'apporter tous éléments de nature à établir devant le juge l'existence d'une faute, la réalité du préjudice subi et l'existence d'un lien direct de causalité entre la faute et ce préjudice. Il incombe alors, en principe, au juge de statuer au vu des pièces du dossier, le cas échéant après avoir demandé aux parties les éléments complémentaires qu'il juge nécessaires à son appréciation. Il ne lui revient d'ordonner une expertise que lorsqu'il n'est pas en mesure de se prononcer au vu des pièces et éléments qu'il a recueillis et que l'expertise présente ainsi un caractère utile.
14. La SAS Coelho et la SCI Fres demandent au tribunal, à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise avant dire droit à fin notamment de déterminer les causes, l'origine et l'importance des désordres ainsi que les préjudices qu'elles estiment avoir subis.
15. Il résulte de l'instruction qu'une expertise amiable a été réalisée en mars 2019 par la société Saretec, au contradictoire des quatre collectivités mises en cause par les requérantes. Cette expertise amiable reprend les conclusions d'une étude commandée par la communauté de communes de Lacq-Orthez en 2014 et réalisée par le bureau d'études HEA, aux termes de laquelle les inondations qui s'étendent sur les parcelles de l'entreprise Coelho sont provoquées par les crues du cours d'eau de l'Henx, en rive gauche duquel est implantée l'entreprise, et du ruisseau des Augas, à l'est. L'étude hydraulique de l'Henx réalisée en 2014, et dont les constats ne sont pas contestés par les parties, met en évidence que les terrains de l'entreprise Coelho comme ceux de l'entreprise voisine sont des zones inondables d'épandage des crues de l'Henx et du ruisseau des Augas. L'entreprise Coelho est implantée sur l'ancien tracé du ruisseau des Augas, au niveau de sa confluence avec l'Henx, la confluence ayant été déplacée d'environ 100 mètres vers l'amont. L'absence d'entretien du lit mineur de l'Henx réduit ses capacités et provoque des débordements, souvent concomitants de ceux du ruisseau des Augas. Le ruisseau et les fossés du secteur comportent de nombreux busages, sous-dimensionnés par rapport au débit des crues. Sur le ruisseau des Augas, ces busages augmentent les débordements sur le chemin rural des Augas, qui longe l'entreprise Coelho au sud-est. Par ailleurs, en cas de débordement, le fossé latéral à la route départementale 817, qui longe le terrain de l'entreprise Coelho au sud-ouest, malgré sa largeur d'environ 1,50 mètre, ne permet pas totalement l'évacuation vers l'Henx en raison de nombreux busages, d'une section insuffisante par rapport à la capacité des tronçons à ciel ouvert. La montée en charge des eaux de l'Henx, du ruisseau des Augas et du fossé longeant la route départementale 817 provoque des inondations du terrain de l'entreprise Coelho. Enfin, l'évacuation des eaux pluviales de l'entreprise Coelho s'effectue par une canalisation privative raccordée au ruisseau des Augas, en amont, au lieu d'être raccordée vers l'Henx, en aval, ce qui aggrave les inondations en cas de crue et alimente les débordements du ruisseau des Augas. Dans ces conditions, et alors même que les collectivités défenderesses ne remettent pas en cause la survenue de crues récurrentes, les causes et l'origine de ces inondations doivent être regardées comme suffisamment établies par les pièces versées au dossier.
16. S'agissant des désordres et des préjudices que les requérantes estiment avoir subis, les écritures en défense, qui leur ont été communiquées, soulignent, ainsi qu'il a été dit au point 9, que la réalité des désordres et des préjudices allégués n'est étayée par aucune pièce. Or, les requérantes persistent à réclamer leur indemnisation en s'abstenant de décrire tant leur importance que leur étendue et même leur nature, et ne justifient, ainsi qu'il a été dit précédemment, ni de la réalité du préjudice subi, ni, en tout état de cause, de l'existence d'un lien direct de causalité entre les carences fautives invoquées et ce préjudice. Dans ces conditions, l'expertise sollicitée par les requérantes ne présente pas le caractère d'utilité requis. Dès lors, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées en ce sens à titre subsidiaire par la société Coelho et par la SCI Fres.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Lacq, de la commune de Mont, de la communauté de communes de Lacq-Orthez et du département des Pyrénées-Atlantiques, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Coelho et la SCI Fres demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Coelho et de la SCI Fres une somme de 500 euros à verser à la commune de Lacq, une somme de 500 euros à verser à la commune de Mont, une somme de 1 000 euros à verser à la communauté de communes de Lacq-Orthez et une somme de 1 000 euros à verser au département des Pyrénées-Atlantiques, au titre des frais non compris dans les dépens que ces collectivités ont exposés.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Coelho et la SCI FRES est rejetée.
Article 2 : La SAS Coelho et la SCI Fres verseront chacune à la commune de Lacq la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La SAS Coelho et la SCI Fres verseront chacune à la commune de Mont la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La SAS Coelho et la SCI Fres verseront chacune à la communauté de communes de Lacq-Orthez la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La SAS Coelho et la SCI Fres verseront chacune au département des Pyrénées-Atlantiques la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Coelho, à la SCI Fres, à la commune de Lacq, à la commune de Mont, à la communauté de communes de Lacq-Orthez et au département des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
La rapporteure,
signé
A. B
La présidente,
signé
M. A La greffière,
signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026