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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2100545

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2100545

mercredi 5 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2100545
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCABINET FIDAL BAYONNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 mars et 5 juillet 2021, M. B H, représenté par Me Lamoureux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire de l'impôt sur les revenus et des pénalités correspondantes auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 d'un montant de 3 834 euros ;

2°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire de l'impôt sur les revenus et des pénalités correspondantes auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 d'un montant de 14 394 euros ;

3°) à titre subsidiaire, de prononcer une réduction de la cotisation supplémentaire de l'impôt sur les revenus et des pénalités correspondantes auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 en raison de son activité professionnelle au Kenya d'un montant de 1 590 euros ;

4°) de mettre à la charge de l'administration fiscale la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- son employeur, la société Petroleum Drilling Services Limited (PDSL), est établi en France au sein de l'article 81 A du code général des impôts et de la doctrine administrative commentant ce texte ;

- il respecte les critères prévus par l'article 81 A I-2° du code général des impôts en tant qu'il a exercé ses activités pendant plus de cent-quatre-vingt-trois jours à l'étranger et n'a donc pas à remplir les conditions fixées par l'article 81 A I-1° exigeant un paiement à l'étranger d'un impôt sur le revenu au moins égal aux deux tiers de celui qui aurait été exigible en France ;

- ses revenus encaissés en 2016 au titre de son activité professionnelle exercée au Kenya ayant été assujetti à l'impôt kenyan, il bénéficie d'un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant à ces revenus, soit un montant de 3 485 euros, conformément aux stipulations de l'article 22 de la convention franco-kényane du 4 décembre 2007 ;

- la convention franco-kenyane du 4 décembre 2007 n'exige pas un document établi par l'administration fiscale kenyane pour justifier du paiement de l'impôt ; l'attestation dressée par le cabinet Mazars doit être regardée comme sincère et authentique au regard de la notoriété internationale de cette société ;

- il a travaillé au Kenya du 1er janvier 2016 au 21 août 2016 ; le montant des salaires encaissés au titre de cette période s'élève donc à 24 924 euros et le crédit d'impôt correspondant est de 1 590 euros.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 21 juin et 9 juillet 2021, la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques, représentée par son directeur, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- l'administration fiscale ne conteste pas que la société PDSL dispose d'un établissement stable en France mais que cet établissement constitue l'employeur du requérant ; M. H ne démontre pas qu'il existe un lien de subordination entre cet établissement et lui ;

- il n'est pas établi que M. H se serait acquitté de l'impôt kenyan au titre de l'ensemble de ses salaires de l'année 2016 ; il a été affecté au Mozambique à compter du 22 août 2016 ; l'attestation produite d'un cabinet comptable n'a pas de valeur probante suffisante et mentionne au demeurant comme employeur la société SMP.

Par ordonnance du 7 juillet 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;

- l'accord sur l'Espace économique européen ;

- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Kenya en vue d'éviter les doubles impositions et de prévenir l'évasion et la fraude fiscales en matière d'impôts sur le revenu (ensemble un protocole), signée à Nairobi le 4 décembre 2007 et publiée par le décret n°2010-1371 du 11 novembre 2010

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme G,

- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B H réside dans le département des Pyrénées-Atlantiques et travaille pour la société PDSL en tant que mécanicien-foreur. En 2019, il a fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre des années 2016 et 2017. Par une proposition de rectification du 12 juillet 2019, l'administration fiscale a remis en cause le bénéfice des dispositions de l'article 81 A du code général des impôts pour les années 2016 et 2017 ainsi que le bénéfice d'un crédit d'impôt égal à l'impôt français correspondant aux revenus qu'il a encaissés au Kenya au titre de son activité professionnelle en 2016. Les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2016 et 2017 ont été mises en recouvrement le 31 janvier 2020. Par courriers du 16 novembre 2020, M. H a présenté deux réclamations contentieuses portant chacune sur chaque année rehaussée, lesquelles ont été rejetées par l'administration fiscale par décision du 12 janvier 2021. M. H demande la décharge de ces cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des pénalités correspondantes auxquelles il a été assujetti au titre des années 2016 et 2017.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne la charge de la preuve

2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. () ".

3. Il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté que M. H n'a pas présenté d'observations à la suite de la réception de la proposition de rectification du 12 juillet 2019. Par courriers du 16 novembre 2020, M. H a présenté deux réclamations contentieuses portant chacune sur chaque année rehaussée, rejetées par l'administration fiscale par décision du 12 janvier 2021. Par suite, la charge de la preuve pèse sur M. H, lequel peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré en application des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales.

En ce qui concerne la loi fiscale

4. Si une convention bilatérale conclue en vue d'éviter les doubles impositions peut, en vertu de l'article 55 de la Constitution, conduire à écarter, sur tel ou tel point, la loi fiscale nationale, elle ne peut pas, par elle-même, directement servir de base légale à une décision relative à l'imposition. Il incombe au juge de l'impôt, lorsqu'il est saisi d'une contestation relative à une telle convention, de se placer d'abord au regard de la loi fiscale nationale pour rechercher si, à ce titre, l'imposition contestée a été valablement établie et, dans l'affirmative, sur le fondement de quelle qualification. Il lui appartient ensuite, le cas échéant, en rapprochant cette qualification des stipulations de la convention, de déterminer - en fonction des moyens invoqués devant lui ou même, s'agissant de déterminer le champ d'application de la loi, d'office - si cette convention fait ou non obstacle à l'application de la loi fiscale.

5. D'une part, aux termes de l'article 4 A du code général des impôts : " Les personnes qui ont en France leur domicile fiscal sont passibles de l'impôt sur le revenu en raison de l'ensemble de leurs revenus. () ". Aux termes de l'article 4 B du même code : " 1. Sont considérées comme ayant leur domicile fiscal en France au sens de l'article 4 A : a. Les personnes qui ont en France leur foyer ou le lieu de leur séjour principal ; () ". Aux termes de l'article 81 A du même code : " I. - Les personnes domiciliées en France au sens de l'article 4 B qui exercent une activité salariée et sont envoyées par un employeur dans un Etat autre que la France et que celui du lieu d'établissement de cet employeur peuvent bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu à raison des salaires perçus en rémunération de l'activité exercée dans l'Etat où elles sont envoyées./ L'employeur doit être établi en France ou dans un autre Etat membre de l'Union européenne, ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales. / L'exonération d'impôt sur le revenu mentionnée au premier alinéa est accordée si les personnes justifient remplir l'une des conditions suivantes : 1° Avoir été effectivement soumises, sur les rémunérations en cause, à un impôt sur le revenu dans l'Etat où s'exerce leur activité et sous réserve que cet impôt soit au moins égal aux deux tiers de celui qu'elles auraient à supporter en France sur la même base d'imposition ; 2° Avoir exercé l'activité salariée dans les conditions mentionnées aux premier et deuxième alinéas : - soit pendant une durée supérieure à cent quatre-vingt-trois jours au cours d'une période de douze mois consécutifs lorsqu'elle se rapporte aux domaines suivants : () Recherche ou extraction de ressources naturelles ; () Les dispositions du 2° ne s'appliquent ni aux travailleurs frontaliers ni aux agents de la fonction publique. () ".

6. La seule circonstance qu'un salarié détaché à l'étranger ait signé un contrat de travail avec un employeur établi à l'étranger ne suffit pas à établir que les rémunérations perçues par le salarié n'entrent pas dans le champ de l'article 81 A du code général des impôts. Les dispositions du I de l'article 81 A du code général des impôts ont pour seul objet d'éviter, lorsqu'aucune convention bilatérale n'y pourvoit, que les traitements et salaires qu'elles visent ne fassent l'objet, après avoir été imposés à l'étranger, d'une seconde imposition en France, et non d'exclure de tels revenus du champ de l'impôt sur le revenu.

7. D'autre part, aux termes de l'article 355 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne dans sa version consolidée en 2016 : " Outre les dispositions de l'article 52 du traité sur l'Union européenne relatives au champ d'application territoriale des traités, les dispositions suivantes s'appliquent : () 2. Les pays et territoires d'outre-mer dont la liste figure à l'annexe II font l'objet du régime spécial d'association défini dans la quatrième partie. Les traités ne s'appliquent pas aux pays et territoires d'outre-mer entretenant des relations particulières avec le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord qui ne sont pas mentionnés dans la liste précitée ". Aux termes de l'annexe II du même traité dans sa version consolidée en 2016 : " () les îles Vierges britanniques () ".

8. En premier lieu, M. H soutient que l'administration s'est bornée à relever que son contrat de travail avait été conclu avec une société dont le siège social est situé au sein des îles Vierges britanniques, sans prendre la peine d'analyser les documents qu'il avait produits et de rechercher si son employeur n'était pas réellement établi en France. D'une part, il résulte de la réclamation contentieuse présentée par le requérant que M. H n'a transmis à l'administration les documents sur lesquels il se fonde dans le cadre du présent recours que lors de cette réclamation. Dès lors, M. H n'est pas fondé à soutenir que l'administration fiscale n'a pas analysé les documents produits dans le cadre de la procédure de rehaussement.

9. D'autre part, il résulte de l'instruction que par une note de service du 21 octobre 2016, rédigée en français, M. A J, signant en sa qualité de directeur de l'établissement situé en France de la société PDSL a, au nom de M. D I, représentant permanent de la société PDSL en France ainsi désigné par procès-verbal, rédigé en français, du conseil d'administration de cette société le 31 décembre 2013, rappelé au personnel de la société les modalités de l'obligation de dénonciation des conducteurs auteur d'une infraction. Un avenant, rédigé en français, au contrat de travail de M. H du 9 septembre 2015 a été conclu comme étant signé à Château-Renard par M. J, signant en sa qualité de directeur de la société PDSL située cette fois-ci dans les îles Vierges britanniques. En outre, s'il est demandé à M. H de retourner ce document à l'établissement de Château-Renard, cet avenant comprend l'adresse de la société dans les îles Vierges britanniques. Par un courriel du 1er avril 2015, rédigé en français, M. J, en sa qualité de directeur général, informe le personnel d'une régularisation mensuelle et systématique des ajustements de la parité euro/dollar de leur rémunération à compter de mars 2015, information ayant entraîné des échanges entre M. H, depuis son adresse courriel personnelle " hotmail " et M. F E, directeur international des ressources humaines du groupe SMP. Par un autre courriel du 12 octobre 2016, rédigé en français mais ayant pour objet " PDSL Sept Payroll ", pouvant être traduit en français par " feuille de paye de septembre de la société PDSL ", adressé à M. H, à son adresse courriel personnelle " hotmail ", M. F E, directeur international des ressources humaines, l'informe qu'un trop-perçu sur son salaire de septembre sera repris sur sa paye d'octobre. Ainsi, il résulte de ces documents que les questions relatives à la rémunération du personnel peuvent également relever d'une société tierce, la société SMP. Par courriel du 13 novembre 2017, la société Air France a transmis à M. H son billet d'avion pour son voyage du 29 novembre 2017 vers Johannesburg sur son adresse courriel personnelle " wanadoo ". Ce billet d'avion a également été retransmis le 21 novembre 2017 à M. H, sur son adresse courriel personnelle " hotmail " par M. F E, directeur international des ressources humaines du groupe SMP. Une note de service, non datée, rédigée en français, à l'entête des sociétés SMP Drilling et PDSL, ayant pour objet les exonérations fiscales, signée par M. Bernard Raigneau, président du groupe SMP, mentionne que la société SMP est enregistrée en France et que la société PDSL dispose d'un établissement permanent en France assujetti à l'impôt sur les sociétés. Toutefois, ces éléments, dont certains ne concernent pas au demeurant les années 2016 et 2017 en litige ou ne sont pas adressés personnellement à M. H, ne sont pas suffisants par leur nature et leur teneur pour établir un lien de subordination, ni un lien contractuel de travail entre l'établissement de la société PDSL située en France en tant qu'employeur et M. H. M. H ne peut donc pas utilement se prévaloir de l'absence de prise en compte de ces documents par l'administration. Ce moyen sera écarté.

10. En second lieu, M. H soutient que la société PDSL disposant d'un établissement en France, son employeur doit être regardé comme établi en France au sens de l'article 81 A du code général des impôts. Il n'est pas contesté que M. H a établi son domicile fiscal en France au sens de l'article 4 B du code général des impôts précité et qu'en conséquence il est passible de l'impôt sur le revenu en application de l'article 4 A du même code précité. Il résulte de l'instruction que le 19 juin 2014, M. H a conclu un contrat de travail à durée indéterminée avec la société PDSL, établie au sein des îles Vierges britanniques, représentée par son directeur, M. A J, afin d'être recruté comme mécanicien assistant dans le domaine du forage à compter du 1er août 2014. L'activité de la société PDSL est la fourniture de services et de main-d'œuvre aux sociétés pétrolières et para-pétrolières en Afrique et au Moyen-Orient. Il est donc établi que M. H exerce une activité salariée relative au domaine de l'extraction de ressources naturelles Il résulte de l'instruction également que la société PDSL est une société dont le siège social est situé au sein des îles Vierges britanniques et qui dispose depuis le 1er janvier 2014 d'un établissement permanent situé en France. Or, d'une part, il ressort de l'accord sur l'Espace économique européen signé à Porto le 2 mai 1992 et des instruments de ratification ou d'approbation déposés par les Etats contractants que ce marché intérieur est composé des Etats-membres des Communautés européennes, devenues depuis l'Union européenne, ainsi que de la République d'Islande, de la Principauté de Liechtenstein, et du Royaume de Norvège. D'autre part, il ressort de l'article 355 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne et de l'annexe II de ce traité que les îles Vierges britanniques, lesquelles constituent un pays et territoires d'outre-mer du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, font l'objet du régime spécial d'association défini dans la quatrième partie de ce traité. Ainsi, les îles Vierges britanniques ne sont pas membres de l'Espace économique européen, ni de l'Union européenne. En conséquence, la société PDSL ne constitue pas un employeur établi en France ou dans un autre Etat membre de l'Union européenne, ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen au sens de l'article 81 A du code général des impôts. Toutefois, M. H soutient que l'existence d'un établissement de la société PDSL en France et soumis à l'impôt sur les sociétés en France suffit à conférer à la société PDSL le caractère de société établie en France au sens de l'article 81 A du code général des impôts. Cependant, l'article 81 A prévoit également, en complément de la condition d'établissement géographique, la condition que la société établie en France ou dans un autre Etat membre de l'Union européenne, ou dans un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen doit avoir la qualité d'employeur, laquelle est caractérisés par l'exercice du pouvoir de direction, du pouvoir réglementaire et du pouvoir disciplinaire. Cependant, il ne résulte pas de l'instruction que l'établissement de la société PDSL situé en France puisse être regardé comme l'employeur de M. H, aucun lien contractuel, ni de subordination n'étant établi. En revanche, son contrat de travail a fait l'objet de plusieurs avenants portant sur la rémunération ou le lieu d'affectation conclus le 9 septembre 2015, le 5 janvier 2016, le 7 juillet 2016, le 8 août 2016 et le 1er décembre 2016 conclus entre M. H et M. A J, directeur de la société PDSL. Par suite, le requérant ne peut se prévaloir des dispositions précitées de l'article 81 A pour prétendre à l'exonération qu'elles prévoient.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et des pénalités correspondantes auxquelles M. H a été assujetti au titre de l'année 2016 et de l'année 2017 ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins de réduction :

En ce qui concerne le crédit d'impôt au titre de la double imposition des revenus de M. H en 2016

12. Aux termes de l'article 2 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Kenya en vue d'éviter les doubles impositions et de prévenir l'évasion et la fraude fiscales en matière d'impôts sur le revenu (ensemble un protocole), signée à Nairobi le 4 décembre 2007 et publiée par le décret n° 2010-1371 du 11 novembre 2010 : " () 3. Les impôts actuels auxquels s'applique la Convention sont notamment : a) en ce qui concerne la France ; i) l'impôt sur le revenu ; () b) en ce qui concerne le Kenya, les impôts sur le revenu établis par la Loi de Finances, Cap 470 (Income Tax Act, Cap. 470), (ci-après dénommés " impôt kenyan "). () ". Aux termes de l'article 15 de la même convention : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 16, 18, 19 et 20, les salaires, traitements et autres rémunérations similaires qu'un résident d'un Etat contractant reçoit au titre d'un emploi salarié ne sont imposables que dans cet Etat à moins que l'emploi ne soit exercé dans l'autre Etat contractant. Si l'emploi y est exercé, les rémunérations reçues à ce titre sont imposables dans cet autre Etat. 2. Nonobstant les dispositions du paragraphe 1, les rémunérations qu'un résident d'un Etat contractant reçoit au titre d'un emploi salarié exercé dans l'autre Etat contractant ne sont imposables que dans le premier Etat si : a) le bénéficiaire séjourne dans l'autre Etat pendant une période ou des périodes n'excédant pas au total 183 jours au cours d'une période de douze mois consécutifs commençant ou s'achevant pendant l'année fiscale considérée, et b) les rémunérations sont payées par un employeur ou pour le compte d'un employeur qui n'est pas un résident de l'autre Etat, et c) la charge des rémunérations n'est pas supportée par un établissement stable ou une base fixe que l'employeur a dans l'autre Etat. () ". Aux termes de l'article 22 de la même convention : " 1. En ce qui concerne la France, les doubles impositions sont éliminées de la manière suivante : a) Nonobstant toute autre disposition de la présente Convention les revenus qui sont imposables ou ne sont imposables qu'au Kenya conformément aux dispositions de la Convention sont pris en compte pour le calcul de l'impôt français lorsqu'ils ne sont pas exemptés de l'impôt sur les sociétés en application de la législation interne française. Dans ce cas, l'impôt kenyan n'est pas déductible de ces revenus, mais le résident de France a droit, sous réserve des conditions et limites prévues aux i) et ii), à un crédit d'impôt imputable sur l'impôt français. Ce crédit d'impôt est égal : i) pour les revenus non mentionnés au ii), au montant de l'impôt français correspondant à ces revenus à condition que le bénéficiaire résident de France soit soumis à l'impôt kenyan à raison de ces revenus ; ii) pour les revenus soumis à l'impôt sur les sociétés visés à l'article 7, au paragraphe 2 de l'article 13 et à l'article 21, et pour les revenus visés à l'article 10, à l'article 11, à l'article 12, au paragraphe 1 de l'article 13, à l'article 16, aux paragraphes 1 et 2 de l'article 17 et à l'article 21, au montant de l'impôt payé au Kenya conformément aux dispositions de ces articles ; toutefois, ce crédit d'impôt ne peut excéder le montant de l'impôt français correspondant à ces revenus. ".

13. M. H soutient que la double imposition des revenus provenant du Kenya perçus par des personnes résidentes en France est éliminée par l'imputation sur l'impôt français d'un crédit d'impôt dont le montant est égal au montant de l'impôt français correspondant à ces revenus à condition que leur bénéficiaire soit soumis à l'impôt kenyan à raison de ceux-ci. Il soutient également qu'il a établi auprès de l'administration fiscale avoir supporté l'impôt au Kenya en 2016 par la production d'une attestation rédigée par le cabinet Mazars. Il résulte de l'instruction que par une attestation du 28 mai 2019, rédigée en anglais, la société Mazars certifie que M. H était présent au Kenya en 2015 et 2016 pour raisons professionnelles, employé par la branche kenyane du groupe SMP et que la société Mazars au Kenya a perçu les impôts dus sur les revenus de M. H au titre de ces périodes et les a reversés aux autorités fiscales du Kenya. Toutefois, il résulte également de l'instruction que par un avenant à son contrat de travail initial, signé le 8 août 2016 entre M. J et M. H, ce dernier a été affecté à compter du 22 août 2016 au Mozambique en qualité de coach. Un tel document ne s'inscrit pas en cohérence avec le contenu imprécis et non suffisamment circonstancié de l'attestation du cabinet Mazars, dont la valeur probante ne peut par conséquence être reconnue. En outre, si M. H affirme avoir perçu un salaire du 1er janvier 2016 au 21 août 2016 pour son activité professionnelle au Kenya d'un montant de 24 924 euros soumis à l'impôt kenyan, il ne l'établit pas non plus, l'attestation du cabinet Mazars ne comportant, au demeurant, aucun montant relatif à cet impôt ou à sa rémunération imposable. Il n'est donc pas établi que les revenus perçus par le requérant en 2016 ont été soumis à l'impôt kenyan. Enfin, il n'est pas établi non plus que M. H a séjourné plus de cent-quatre-vingt-trois jours au Kenya en 2016 au sens de l'article 2 de la convention entre la France et le Kenya précitée. Par suite, M. H ne peut se prévaloir du bénéfice des stipulations précitées de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Kenya en vue d'éviter les doubles impositions en matière d'impôts sur le revenu pour se voir reconnaître un crédit d'impôt.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de réduction de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle M. H a été assujetti au titre de l'année 2016 ne peuvent qu'être rejetées.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. H doit être rejetée.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. H demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. H est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B H et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.

Délibéré après l'audience du 16 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Neumaier, conseillère,

Mme Corthier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.

La rapporteure,

Signé

Z. G La présidente,

Signé

M. C

La greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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