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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2100629

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2100629

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2100629
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 2
Avocat requérantMARCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 9 mars 2021 et le 26 mars 2023, Mme B E, représentée par Me Marcel, demande au tribunal :

1°) de condamner la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques à lui verser une somme de 6 544,27 euros en réparation de divers préjudices ;

2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques une somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la demande indemnitaire dont elle a saisi la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques relevait bien du champ de compétence de la commission de recours amiable ; c'est donc à tort que cette commission a rejeté sa réclamation préalable comme irrecevable ;

- elle est fondée à demander réparation du préjudice résultant de l'erreur de droit commise par la caisse d'allocations familiales dans l'application des dispositions du code de la sécurité sociale lorsque les parents ont la garde partagée de leurs enfants ; l'indu qui lui a été réclamé résulte directement de cette faute ; le préjudice résultant de cette faute, peut être évalué à la somme de 5 544,27 euros, augmentée d'une somme de 1 000 euros en réparation du préjudice moral.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requérante a formé tierce opposition au jugement du tribunal administratif de Pau qui a censuré l'erreur de droit commise pour ne pas avoir alloué à chacun des parents la part de l'aide personnalisée au logement leur revenant au titre de la garde partagée de leurs enfants ; ce jugement est définitif, de sorte que l'autorité de chose jugée qui s'attache à son dispositif rend la présente requête irrecevable ;

- la commission de recours amiable n'est pas compétente pour rendre un avis sur une réclamation indemnitaire ;

- aucune faute ne peut lui être reprochée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue le 30 mars 2023 à 14 heures en présence de Mme Dangeng, greffière d'audience :

- le rapport de Mme C ;

- et les observations de Me Marcel, représentant Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E est mère de deux enfants nés de son union avec M. D. Les époux ont divorcé et la garde alternée des enfants a été instaurée en exécution d'un arrêt de la cour d'appel de Pau du 28 janvier 2014. Mme E bénéficiait de l'aide personnalisée au logement pour un montant tenant compte de la présence permanente de ses enfants au sein de son foyer. Par un jugement du 13 septembre 2016, n° 1502320, devenu définitif, le présent tribunal a reconnu à son ex-époux un droit à l'aide personnalisée au logement incluant le bénéfice partagé de la présence des enfants. La tierce opposition formée par Mme E contre ce jugement a été rejetée par un jugement du 30 octobre 2018, n° 1700459, également devenu définitif. En conséquence de ces décisions, le montant de l'aide personnalisée au logement alloué à Mme E a été rectifié et, par une décision du 14 novembre 2016, la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a mis à sa charge le remboursement d'un indu d'un montant de 5 544,27 euros. Par la présente requête, elle demande au tribunal de condamner la caisse d'allocations familiales à lui verser, en réparation du préjudice subi, une somme équivalant à l'indu, augmentée de mille euros au titre du préjudice moral.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. D'une part, toute faute engage la responsabilité de son auteur en réparation des seuls préjudices qui présentent un lien direct et certain avec les vices dont est entaché la décision. D'autre part, l'article 1302-1 du code civil dispose que : " Celui qui reçoit par erreur ou sciemment ce qui ne lui est pas dû doit le restituer à celui de qui il l'a indûment perçu ".

3. Contrairement à ce que soutient la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques, l'autorité de la chose jugée par le tribunal administratif de Pau par son jugement du 30 octobre 2018, qui portait sur les droits de Mme E à l'aide personnalisée au logement, ne fait pas obstacle à l'examen de la présente action en responsabilité, fondée sur une cause distincte.

4. Il résulte des décisions juridictionnelles mentionnées au point 1, que la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques a commis une faute en allouant à Mme E, au titre de l'aide personnalisée au logement, des droits calculés sans tenir compte de la présence alternée de ses deux enfants au foyer. Il n'est en outre pas contesté que cette faute est à l'origine d'un trop-perçu de droits au bénéfice de la requérante. Il en résulte que la répétition de cet indu par la caisse d'allocations familiales, résulte de l'erreur qu'elle a commise. Toutefois, dès lors qu'il est constant que compte tenu de sa situation, Mme E n'avait pas droit au versement de cette somme, l'obligation dans laquelle elle s'est trouvée de devoir la rembourser ne saurait être regardée comme caractérisant par elle-même l'existence d'un préjudice financier équivalent au montant des prestations perçues à tort. Dans ces conditions, faute pour Mme E de justifier d'un préjudice financier distinct du montant de l'indu, susceptible d'avoir résulté pour elle de la perception d'une somme à laquelle elle n'avait pas droit et dont le remboursement lui a été réclamé, et de l'existence du préjudice moral qu'elle invoque, les conclusions indemnitaires qu'elle présente ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité.

Sur les frais liés au litige :

5. Mme E ayant la qualité de partie perdante, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions qu'elle présente à ce titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et à la caisse d'allocations familiales des Pyrénées-Atlantiques.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

La présidente,

Signé

V. QUEMENERLa greffière,

Signé

M. A

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

Signé : M. A

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