mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100634 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LATOURNERIE - MILON - CZAMANSKI - MAZILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2021, la commune de Bourdalat, représentée par Me Lamouret, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum la société SLK Architectes, sur le fondement de la garantie décennale, la société Bâtifrance Services Atlantic et Mme C, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, à lui verser la somme de 4 795,35 euros toutes taxes comprises au titre des désordres liés au lot n° 10 " CVC/plomberie/VMC " ;
2°) de condamner in solidum la société Evi Pro et la société SLK Architectes, sur le fondement de la garantie décennale, à lui verser la somme de 8 711,38 euros toutes taxes comprises au titre des désordres liés au lot n° 12 correspondant aux équipements de cuisine ;
3°) de condamner la société SLK Architectes, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, à lui verser la somme de 4 802,16 euros toutes taxes comprises au titre des désordres liés au lot n° 6 " plâtrerie/faux plafonds/isolation " ;
4°) de mettre in solidum à la charge de la société SLK Architectes, de Mme C, de la société Evi Pro et de la société Bâtifrance Services Atlantic les entiers dépens, en ce compris les frais d'expertise liquidés à la somme de 14 425,31 euros ;
5°) de mettre in solidum à la charge de la société SLK Architectes, de Mme C, de la société Evi Pro et de la société Bâtifrance Services Atlantic la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la société SLK Architectes, mandataire du groupement conjoint de maîtrise d'œuvre, devait accomplir les missions d'étude d'esquisse (ESQ), d'études d'avant-projet sommaire (APS), d'études d'avant-projet définitif (APD), d'études de projet (PRO), d'assistance pour la passation des contrats de travaux (ACT), de direction de l'exécution des contrats de travaux (DET), d'assistance au maître d'ouvrage pour les opérations de réception (AOR), ainsi que la gestion des bureaux d'études ;
- les désordres liés à la ventilation du local " stock-légumerie " et à l'armoire négative rendent ces ouvrages impropres à leur destination ; l'armoire négative constitue un ouvrage ;
- l'absence totale d'isolation en plafond rend l'ensemble du bâtiment impropre à sa destination ;
- les désordres constatés engagent la responsabilité des constructeurs sur le fondement de la garantie décennale ; concernant les sous-traitants, leur responsabilité quasi-délictuelle est engagée ;
- s'agissant des désordres liés à la centrale de traitement d'air (CTA) double flux dans le réfectoire et à la ventilation mécanique contrôlée (VMC), dont l'installation et la mise en service étaient incluses dans le lot n° 10 " CVC/plomberie/VMC " attribué à la société Labeyrie, le cahier des clauses techniques particulières (CCTP) a été rédigé par le bureau d'études techniques (BET) Nadine C en sa qualité de sous-traitant de la société Labeyrie ; la société Bâtifrance Services Atlantic, intervenue en qualité de sous-traitante, avait en charge l'installation et la mise en service de la centrale de traitement de l'air (CTA) double flux, sous le contrôle du maître d'œuvre, la société SLK Architectes ; l'expert a constaté que la CTA double flux était mal installée et que la VMC des sanitaires, des vestiaires et du local " stock-légumerie " était raccordée à la CTA double flux du réfectoire, en méconnaissance des règles de l'art et des règles d'hygiène, les deux zones devant faire l'objet d'un traitement différent ; ces désordres résultent d'une erreur de conception de Mme C ; la société Bâtifrance Services Atlantic, sous-traitante de la société Labeyrie, laquelle est en liquidation judiciaire, a réalisé l'installation de la CTA double flux ; elle n'a pas communiqué le document de mise en service ; le plan d'EXE et l'installation ne sont pas conformes au CCTP ; la responsabilité de la société SLK Architectes, maître d'œuvre, est engagée sur le fondement de la garantie décennale, et celle du BET Nadine C et de la société Bâtifrance Services Atlantic, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle ;
- s'agissant du lot n° 12 " équipements de cuisine ", le BET SARL Setah, sous-traitant de la société Evi Pro, avait en charge la rédaction du CCTP et a réalisé l'étude technique de la cuisine et de ses équipements ; les équipements ont été installés par la société Evi Pro, sous le contrôle de la société SLK Architectes, maître d'œuvre ; s'agissant du problème de chaleur excessive dans le local " stock-légumerie ", qui fait partie de la zone cuisine, l'expert a relevé un problème de conception dû à un sous-dimensionnement du condensateur-évaporateur (échange thermique) et peut-être du compresseur ; il a mis en évidence que le BET Setah n'a pas pris en compte la chaleur produite par les armoires négative et positive, pas plus que le traitement de l'air, et aucun dispositif n'a été mis en place pour extraire cette chaleur ; la société Evi Pro, en tant que spécialiste en équipement de cuisine, aurait dû s'apercevoir de ce manquement et porte la même part de responsabilité que son sous-traitant ; la responsabilité de la société Evi Pro, pour elle-même ainsi qu'à raison des manquements de son sous-traitant, la SARL Setah, et celle du maître d'œuvre, la société SLK Architectes, sont engagées sur le fondement de la garantie décennale ;
- s'agissant du lot n° 6 " plâtrerie/faux plafonds/isolation " attribué à la société Darrambide, en liquidation judiciaire, l'expert a souligné l'absence totale d'isolation au plafond, pourtant prévue au CCTP, qui empêche d'atteindre la performance énergétique du bâtiment et de maintenir des températures de confort ; la responsabilité du maître d'œuvre mandataire, la société SLK Architectes, qui a réalisé et signé le PV de réception des travaux, est engagée au titre d'un manquement à son devoir de conseil lors des opérations de réception ;
- il convient de remettre en état la CTA double flux et de séparer le réseau VMC sanitaire de la CTA double flux, relevant du lot n° 10 pour traiter le problème de température excessive dans le local " stock-légumerie " ; les travaux nécessaires ont été évalués par l'expert à la somme totale de 4 795,35 euros toutes taxes comprises (TTC), incluant 10 % soit 435,93 euros TTC d'honoraires de maîtrise d'œuvre ;
- s'agissant du lot n° 12, l'expert a chiffré l'installation d'une climatisation pour la somme de 2 829,13 euros TTC, les travaux relatifs à l'extraction d'air pour la somme de 2 462,30 euros TTC, et il a retenu un devis de 2 628 euros TTC pour le remplacement à l'identique de l'armoire négative, coûts auxquels s'ajoutent 10 % soit 791,94 euros TTC d'honoraires de maîtrise d'œuvre ;
- s'agissant du lot n° 6 et des travaux d'isolation du faux plafond sur l'ensemble du bâtiment, l'expert a retenu le montant prévu à la décomposition des prix globale et forfaitaire (DPGF), soit 4 366,33 euros TTC, auxquels il convient d'ajouter 10 % de coût de maîtrise d'œuvre soit la somme de 436,56 euros TTC.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) SLK Architectes, représentée par Me Milon, conclut :
1°) à titre principal, à la prescription de l'action de la commune de Bourdalat s'agissant de l'armoire frigorifique et au rejet des conclusions de la commune s'agissant des problèmes de CTA double flux et de chaleur dans le local " stock-légumerie " ;
2°) à titre subsidiaire :
- à la condamnation de la société Evi Pro à la garantir et relever intégralement indemne des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre au titre des désordres liés à l'armoire frigorifique et à la chaleur excessive dans le local " stock légumerie ", et à défaut, pour ces derniers désordres, dans une proportion qui ne saurait être inférieure à 80 % ;
- à la condamnation de la société Bâtifrance Services Atlantic à la garantir et relever intégralement indemne des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre au titre des désordres liés à la CTA double flux et, à défaut, dans une proportion qui ne saurait être inférieure à 80 % ;
3°) en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la partie succombante la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- s'agissant des dysfonctionnements de l'armoire frigorifique, l'action de la commune de Bourdalat est prescrite dès lors qu'elle ne peut être fondée que sur la garantie de bon fonctionnement ; à titre subsidiaire, ces désordres relèvent exclusivement de la conception technique de l'ouvrage, laquelle ne relève en aucun cas de la mission de conception de l'architecte ; la société Evi Pro doit la garantir et relever intégralement indemne des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre au titre de l'armoire frigorifique ;
- s'agissant du problème de chaleur excessive dans le local " stock-légumerie ", ce dernier n'est pas impropre à sa destination ; à titre subsidiaire, ces désordres, liés à l'absence de système d'évacuation de la chaleur produite par les armoires négative et positive, et à l'absence d'isolation au-dessus du faux plafond, sont imputables à un défaut de conception technique de la société BET Setah, sous-traitant de la société Evi Pro, et à un manquement de la part de la société Darrambide dans l'exécution de son lot, non décelable par l'architecte en cours de chantier ; la société Evi Pro doit la garantir et relever intégralement indemne des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre au titre de ces désordres, et à défaut, dans une proportion qui ne saurait être inférieure à 80 % ;
- s'agissant des désordres affectant la CTA double flux, la commune de Bourdalat ne démontre pas en quoi ils rendraient les locaux impropres à leur destination ; à titre subsidiaire, ces désordres sont principalement imputables à des défauts d'exécution de la part de la société Bâtifrance Services Atlantic, qui n'étaient pas décelables par la maîtrise d'œuvre en cours de chantier, ainsi qu'à un défaut de conception de Mme C ; le BET C et la société Bâtifrance Services Atlantic doivent être condamnées à la garantir et relever intégralement indemne des condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre au titre de ces désordres, et à défaut, dans une proportion qui ne saurait être inférieure à 80 %.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2021, Mme A C, représentée par Me Casadebaig, conclut, à titre principal, au rejet des conclusions tendant à l'engagement de sa responsabilité quasi-délictuelle, à titre subsidiaire, à la limitation de toute condamnation à son encontre à la stricte proportion des manquements qui lui sont reprochés, et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la commune de Bourdalat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la commune de Bourdalat n'est pas fondée à rechercher sa responsabilité sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle au titre des désordres affectant la CTA double flux, l'action délictuelle n'étant ouverte que si le maître de l'ouvrage public parvient à démontrer qu'il ne peut utilement rechercher la responsabilité de son cocontractant ; en l'espèce, la commune peut rechercher la responsabilité de la société SLK Architectes, en sa qualité de maître d'œuvre, ainsi que celle de la société Bâtifrance Services Atlantic, en sa qualité de sous-traitant de la société Labeyrie, titulaire du lot n° 10 et placée en liquidation judiciaire, l'une et l'autre ayant commis des manquements dans la conception, l'exécution et le suivi du chantier d'installation de la CTA double flux ;
- en outre et en tout état de cause, les désordres liés au lot n° 10 sont intervenus après la réception de l'ouvrage et ne sont de nature ni à compromettre sa solidité, ni à le rendre impropre à sa destination ; les questions relatives à la dissociation de la ventilation double flux de la salle restaurant par rapport aux autres locaux, ainsi qu'à l'accès à la CTA double flux, sont sans lien avec les désordres dénoncés par le maître d'ouvrage, relatifs à une chaleur excessive dans la partie cuisine et à la défaillance d'une armoire négative située dans cette zone ; le défaut allégué de conception et d'installation de la CTA double flux n'empêche pas le fonctionnement normal de l'ouvrage et n'est pas de nature à le rendre impropre à sa destination ;
- à titre subsidiaire, les conditions d'engagement de sa responsabilité quasi-délictuelle ne sont pas réunies ; sa faute n'est pas démontrée et sa responsabilité n'est pas mise en cause par l'expert ; l'installation qu'elle a prévue respecte les règles de sécurité des installations de VMC ainsi que la mise en place de dispositifs d'obturation prévues aux articles CH 41 et 42 du règlement RT 2012 ; aux termes du rapport concernant le traitement d'air du local de stockage, établi le 13 juin 2019 dans le cadre de la mission d'assistance technique auprès de l'expert judiciaire, le sapiteur a simplement observé qu'il serait " souhaitable " de dissocier la ventilation double flux de la salle de restauration avec celle des autres locaux ; les faits qui lui sont reprochés sont sans lien de causalité avec les désordres allégués ;
- à titre infiniment subsidiaire, sa condamnation à indemniser la commune de Bourdalat doit être limitée à 40 % du coût de fourniture d'un caisson d'extraction et des honoraires de maîtrise d'œuvre, soit la somme maximum de 569,36 euros TTC.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2023, la SARL Bâtifrance Services Atlantic, représentée par Me Sornique, conclut :
1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ainsi qu'au rejet des conclusions de la commune de Bourdalat et des appels en garantie dirigés contre elle ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que sa part de responsabilité, s'agissant des désordres liés à la CTA double flux, soit limitée à hauteur de 10 % des frais de remise en état retenus par l'expert et à la condamnation solidaire de Mme C et de la société SLK Architectes à la garantir et relever indemne de toutes les condamnations excédant ce montant ;
3°) au rejet des conclusions présentées par la commune de Bourdalat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, en tout état de cause, à limiter le montant mis à sa charge à ce titre à 5 % du total alloué à la commune ;
4°) à ce que soit mise solidairement à la charge de la commune de Bourdalat, de Mme C et de la société SLK Architectes la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la commune de Bourdalat est irrecevable à rechercher sa responsabilité dès lors qu'en l'absence de lien contractuel les unissant, l'administration ne dispose pas d'une action directe contre le sous-traitant, y compris au titre des malfaçons que celui-ci aurait pu commettre à l'occasion de l'exécution des travaux ; il en est de même des appels en garantie à son encontre par les constructeurs mis en cause ;
- à titre subsidiaire, le défaut de la CTA double flux mis en évidence par l'expertise est sans lien avec le désordre initial et prépondérant de la chaleur excessive du local " stock-légumerie " ; sa propre responsabilité est résiduelle en tant que sous-traitante de la société Labeyrie pour la pose sans fourniture de la VMC double flux, laquelle n'a jamais été utilisée ni même mise en service ; aucun désordre ni préjudice n'est constaté de ce fait ; elle a été payée de l'intégralité de sa facturation, ce qui confirme l'achèvement de sa mission et la validation de celle-ci par l'ensemble des intervenants ; le BET C, l'entreprise Labeyrie et le maître d'œuvre SLK Architectes ont été défaillants s'agissant du défaut de production du rapport de mise en service ; à défaut, sa responsabilité doit être limitée à hauteur de 10 % du montant des réparations pour lesquelles l'expert a retenu la somme totale de 2 554,50 euros hors taxes (HT) ; s'agissant du raccordement de l'installation, le BET C et le maître d'œuvre sont responsables de ce désordre et doivent, sur le fondement de la responsabilité délictuelle, la relever et garantir indemne de toute condamnation, à ce titre, excédant le montant de 255,45 euros HT ;
- en tout état de cause, l'expertise n'a porté, dès son introduction, que sur des désordres étrangers aux travaux qu'elle a menés ; la demande tendant à la mise à sa charge, solidairement avec les autres défendeurs, de la somme de 5 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et des entiers dépens s'élevant à la somme de 14 425,31 euros, doit être rejetée, ou, à défaut, limitée à 5 % de l'indemnité qui pourrait être allouée à la commune de Bourdalat.
Par lettre du 5 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 9 janvier 2023.
Par ordonnance du 6 février 2023, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 28 avril 2020, par laquelle la présidente du tribunal a taxé les frais de l'expertise judiciaire à la somme totale de 14 425,31 euros toutes taxes comprises.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Clen, rapporteur public,
- et les observations de Me Rota, représentant la commune de Bourdalat, et de Me Gourgues, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 27 août 2013, le conseil municipal de la commune de Bourdalat a décidé de construire un restaurant scolaire. Par un acte d'engagement du 30 avril 2013, la maîtrise d'œuvre de l'opération a été confiée à un groupement conjoint constitué de la société SLK Architectes, mandataire, et à Mme A C intervenant au titre de la mission complémentaire relative à l'étude de la réglementation thermique RT 2012. Le lot n° 6 " plâtrerie/faux plafonds/isolation " a été confié à la société Darrambide. Le lot n° 10 " installation CVC/plomberie/VMC " a été confié à la société Labeyrie, qui a sous-traité la rédaction du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) à Mme C, l'installation et la mise en service des centrales de traitement d'air (CTA) double flux à la société Bâtifrance Services Atlantic. Par un acte d'engagement en date des 6 février et 14 mars 2014, le lot n° 12 " cuisine/ventilation cuisine " a été attribué à la société Evi Pro, laquelle a sollicité le concours d'un bureau d'études techniques, la SARL Setah. Le procès-verbal de réception des travaux a été établi le 24 octobre 2014 avec réserves, lesquelles ont été levées le 14 novembre 2014.
2. En raison d'un problème de chaleur excessive et de dysfonctionnements d'un congélateur vertical, ou armoire négative, dans le local " stock-légumerie " de la partie cuisine, constatés au printemps 2015, la commune de Bourdalat a saisi le juge des référés, le 10 novembre 2017, à fin de désignation d'un expert. Par une ordonnance du 21 décembre 2017, le juge des référés a confié à un expert la mission, étendue par de nouvelles ordonnances du 10 avril 2018, du 3 octobre 2018, du 19 avril 2019 et du 11 mars 2020, de décrire les désordres affectant le local réfectoire et son équipement, d'en rechercher l'origine et les causes, de décrire les travaux propres à y remédier et d'en chiffrer le coût. L'expert a remis son rapport le 28 avril 2020.
3. Par une requête enregistrée le 15 mars 2021, la commune de Bourdalat demande au tribunal de condamner in solidum la société SLK Architectes, sur le fondement de la garantie décennale, et la société Bâtifrance Services Atlantic et Mme C, sur le fondement de la responsabilité quasi-délictuelle, à lui verser la somme de 4 795,35 euros toutes taxes comprises au titre des désordres liés au lot n° 10 " CVC/plomberie/VMC ", de condamner in solidum la société Evi Pro et la société SLK Architectes, sur le fondement de la garantie décennale, à lui verser la somme de 8 711,38 euros toutes taxes comprises au titre des désordres liés au lot n° 12 correspondant aux équipements de cuisine, de condamner la société SLK Architectes, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, à lui verser la somme de 4 802,16 euros toutes taxes comprises au titre des désordres liés au lot n° 6 " plâtrerie/faux plafonds/isolation ", et de mettre solidairement à la charge de la société SLK Architectes, de Mme C, de la société Evi Pro et de la société Bâtifrance Services Atlantic les entiers dépens, en ce compris les frais d'expertise liquidés à la somme de 14 425,31 euros.
Sur l'exception de prescription opposée par la société SLK Architectes en défense :
4. Aux termes de l'article 1792 du code civil : " Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. () ". Aux termes de l'article 1792-2 du même code : " La présomption de responsabilité établie par l'article 1792 s'étend également aux dommages qui affectent la solidité des éléments d'équipement d'un ouvrage, mais seulement lorsque ceux-ci font indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert. Un élément d'équipement est considéré comme formant indissociablement corps avec l'un des ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert lorsque sa dépose, son démontage ou son remplacement ne peut s'effectuer sans détérioration ou enlèvement de matière de cet ouvrage. ". Selon l'article 1792-3 de ce code : " Les autres éléments d'équipement de l'ouvrage font l'objet d'une garantie de bon fonctionnement d'une durée minimale de deux ans à compter de sa réception. ".
5. Il résulte de ces dispositions que les constructeurs sont tenus de garantir dans un délai de deux ans à compter de la date de réception des travaux, les éléments d'équipement de l'ouvrage ne faisant pas indissociablement corps avec ce dernier. Un élément d'équipement ne fait pas indissociablement corps avec les ouvrages susmentionnés lorsque sa dépose, son démontage ou son remplacement peut s'effectuer sans détérioration ou enlèvement de matière de ces ouvrages.
6. La société SLK Architectes fait valoir que l'action de la commune de Bourdalat est prescrite, s'agissant de l'armoire négative, en se prévalant du délai de deux ans de la garantie de bon fonctionnement. Toutefois, la commune de Bourdalat ayant fondé exclusivement sa demande indemnitaire sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs, s'agissant du lot n° 12, la partie défenderesse ne peut utilement se prévaloir du délai de prescription applicable en matière de garantie de bon fonctionnement. Par suite, l'exception de prescription opposée en défense doit être écartée.
Sur la garantie décennale des constructeurs :
7. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans, dès lors que les désordres leur sont imputables, même partiellement et sauf à ce que soit établie la faute du maître d'ouvrage ou l'existence d'un cas de force majeure. Ces constructeurs sont responsables de plein droit sur le fondement de ces principes dès lors que les désordres en cause n'étaient ni apparents ni prévisibles lors de la réception dudit ouvrage. Est notamment réputé constructeur de l'ouvrage tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage.
8. Par ailleurs, la responsabilité décennale des constructeurs ne peut être engagée que si les désordres procèdent de vices qui n'étaient pas connus du maître d'ouvrage lors de la réception. L'impropriété de l'ouvrage à sa destination n'est pas limitée aux cas où l'ouvrage est inutilisable mais couvre aussi les cas où il ne peut être utilisé dans des conditions de sécurité ou de confort normales.
9. En outre, conformément aux principes régissant la responsabilité décennale des constructeurs, la personne publique maître de l'ouvrage peut rechercher devant le juge administratif la responsabilité des constructeurs pendant le délai d'épreuve de dix ans, ainsi que, sur le fondement de l'article 1792-4 du code civil, la responsabilité solidaire du fabricant d'un ouvrage, d'une partie d'ouvrage ou d'un élément d'équipement conçu et produit pour satisfaire, en état de service, à des exigences précises et déterminées à l'avance.
10. La responsabilité décennale du constructeur peut être recherchée pour des dommages survenus sur des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage s'ils rendent celui-ci impropre à sa destination. La circonstance que les désordres affectant un élément d'équipement fassent obstacle au fonctionnement normal de cet élément est de nature à engager la responsabilité décennale du constructeur si ces désordres rendent l'ouvrage lui-même impropre à sa destination.
11. Le juge administratif ne peut rechercher, sans y être invité par les parties, si les désordres présentent un caractère décennal. Il incombe au juge administratif, lorsqu'est recherchée devant lui la garantie décennale des constructeurs, d'apprécier, au vu de l'argumentation que lui soumettent les parties sur ce point, si les conditions d'engagement de cette responsabilité sont ou non réunies et d'en tirer les conséquences, le cas échéant d'office, pour l'ensemble des constructeurs.
En ce qui concerne la nature décennale des désordres et leur imputabilité :
S'agissant de la chaleur excessive dans le local " stock-légumerie " et des dysfonctionnements de l'armoire négative :
12. D'une part, la réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage et met fin aux rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage. Si elle interdit, par conséquent, au maître de l'ouvrage d'invoquer, après qu'elle a été prononcée, et sous réserve de la garantie de parfait achèvement prévue au contrat, des désordres apparents causés à l'ouvrage ou des désordres causés aux tiers, dont il est alors réputé avoir renoncé à demander la réparation, elle ne met fin aux obligations contractuelles des constructeurs que dans cette seule mesure. Ainsi, la réception demeure, par elle-même, sans effet sur les droits et obligations financiers nés de l'exécution du marché, à raison notamment de retards ou de travaux supplémentaires, dont la détermination intervient définitivement lors de l'établissement du solde du décompte définitif. En outre, en l'absence de stipulations particulières prévues par les documents contractuels, lorsque la réception est prononcée avec réserves, les rapports contractuels entre le maître de l'ouvrage et les constructeurs se poursuivent au titre des travaux ou des parties de l'ouvrage ayant fait l'objet des réserves.
13. D'autre part, indépendamment de la décision du maître d'ouvrage de réceptionner les prestations de maîtrise d'œuvre prévue par les stipulations précitées de l'article 32 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés de prestations intellectuelles, la réception de l'ouvrage met fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre en ce qui concerne les prestations indissociables de la réalisation de l'ouvrage, au nombre desquelles figurent, notamment, les missions de conception de cet ouvrage. La responsabilité des maîtres d'œuvre pour manquement à leur devoir de conseil peut encore être engagée, dès lors qu'ils se sont abstenus d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres affectant l'ouvrage et dont ils pouvaient avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves.
14. Il résulte de l'instruction que, par un procès-verbal du 24 octobre 2014, la réception du marché de travaux a été prononcée avec des réserves portant sur le lot n° 12, qui ont été levées le 14 novembre 2014. Il en résulte que les travaux portant sur les ouvrages objet du présent litige ont été réceptionnés de manière définitive.
Quant à la nature décennale des désordres :
15. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que le local attenant à la cuisine servant de " stock-légumerie " est affecté de températures excessives en partie haute. La commune de Bourdalat a fait part de ce constat au maître d'œuvre au mois de septembre 2015, après la réception définitive des travaux. Les mesures de température faites par l'expert sur la période du 16 avril au 11 juin 2018, à l'aide d'un capteur situé à quelques dizaines de centimètres du plafond, révèlent une amplitude variant de 23,8 degrés Celsius le 30 avril, à 52,7 degrés le 20 mai, tandis que celles faites à 1,50 mètre du sol varient de 19,5 degrés le 17 avril à 38,3 degrés le 20 mai. Les mesures effectuées dans la cuisine attenante, à côté du piano de cuisson, à une hauteur de 1,50 mètre, révèlent une amplitude variant de 17,5 degrés le 17 avril à 30,8 degrés le 22 avril. Pour remédier à cette situation, la commune de Bourdalat a fait installer une grille de ventilation haute, laquelle n'a eu aucun effet sur la température du local.
16. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la commune de Bourdalat a constaté, en mai 2015, que l'armoire négative installée dans le local " stock-légumerie " ne parvenait pas à atteindre la température de consigne de - 18 degrés et restait à seulement - 10 degrés. Pour ce motif, la nourriture stockée a dû être jetée. Les mesures faites par l'expert ont révélé, sur la période d'enregistrement, que la température intérieure de l'armoire négative avait varié de - 14,6 degrés le 16 avril 2018 à - 2,1 degrés le 2 mai 2018, sans jamais descendre à la température de consigne de - 18 degrés. L'entreprise ayant fourni ce matériel, la société Evi Pro, a procédé, le 1er septembre 2015, au refroidissement du groupe froid puis, le 2 décembre 2016, au remplacement du régulateur de l'armoire négative. Cependant, les dysfonctionnements se sont poursuivis si bien que la commune de Bourdalat a mis cet appareil à l'arrêt.
17. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les dysfonctionnements de l'armoire négative sont directement liés à la chaleur excessive accumulée en partie haute du local " stock-légumerie ", température générée, pour partie, par le fonctionnement du bloc moteur-compresseur de cet appareil, installé sous le plafond. Si ce groupe est tropicalisé et peut résister à une température ambiante de 43 degrés, il n'est pas en mesure, au-delà, d'assurer le maintien de la consigne de température intérieure de l'armoire négative fixée à - 18 degrés. Compte tenu de la destination de ce local de stockage, où la chaleur excessive en partie haute empêche le fonctionnement normal de l'armoire négative destinée à la conservation des denrées, et alors qu'en outre, cette chaleur affecte nécessairement les conditions de travail du personnel, les désordres constatés, qui n'avaient pas un caractère apparent à la réception, rendent l'ouvrage impropre à sa destination et ont, par suite, un caractère décennal.
Quant aux causes des désordres :
18. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'accumulation de chaleur en partie haute du local " stock-légumerie " est la conséquence à la fois du fonctionnement des moteurs des armoires frigorifiques qui y sont installées, de l'absence d'un système de ventilation adapté pour évacuer cette chaleur, et du défaut d'isolation du plafond qui aggrave ponctuellement la montée en température. En revanche, le raccordement de la ventilation mécanique contrôlée (VMC) à la centrale de traitement d'air (CTA) d'une part, bien que contraire aux règles de l'art comme aux règles d'hygiène, et les défauts d'installation de la CTA d'autre part, sont sans influence sur la chaleur excessive du local " stock-légumerie " et, par suite, sur les dysfonctionnements de l'armoire négative. Si l'expert a ainsi relevé un défaut de ventilation dans ce local, il souligne que la VMC n'a pas vocation à extraire la chaleur dégagée par les moteurs des armoires frigorifiques.
Quant à l'imputabilité des désordres :
19. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise et de ses annexes, que le BET SARL Setah s'est vu confier, par la société Evi Pro, la rédaction du CCTP du lot n° 12 " équipements de cuisine " et qu'il a réalisé l'étude technique de la cuisine, dont fait partie le local " stock-légumerie ". Le BET Setah a, d'une part, commis une erreur de conception en sous-dimensionnant le condensateur-évaporateur de l'armoire négative, d'autre part il n'a pas pris en compte la chaleur produite par les deux armoires frigorifiques et n'a pas prévu de dispositif pour l'extraire. Par ailleurs, les armoires frigorifiques ont été fournies et installées par la société Evi Pro qui, en tant que professionnel, aurait dû s'apercevoir des erreurs de conception du BET dont elle avait sollicité l'intervention. Enfin, la société SLK Architectes, en tant que maître d'œuvre, avait notamment une mission de direction de l'exécution des contrats de travaux (DET) et était responsable de la gestion des bureaux d'études. Il s'ensuit que la commune de Bourdalat, s'agissant des désordres liés à la chaleur excessive du local " stock-légumerie " et aux dysfonctionnements de l'armoire négative relevant du lot n° 12, est fondée à engager la responsabilité décennale de la société Evi Pro, en son nom propre et à raison des agissements de son sous-traitant, ainsi que celle de la société SLK Architectes en sa qualité de maître d'œuvre.
S'agissant de la CTA double flux et de la VMC relevant du lot n° 10 :
20. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'une VMC et une CTA, pour la zone réfectoire, prévues au lot n° 10 du marché de travaux, ont été installées. Toutefois, selon l'expert, la CTA n'a jamais été mise en service et la VMC n'a jamais fonctionné. L'expert a relevé qu'une gaine de la VMC était écrasée dans le local " WC " et que, s'agissant de la CTA double flux, elle était affectée de diverses anomalies de montage. Ainsi, la batterie électrique est montée sur l'air extrait alors qu'elle devrait être positionnée sur l'entrée d'air du caisson de ventilation, le montage de la bouche de soufflage n° 1 n'a pas été fait, et le raccordement des gaines est affecté de malfaçons. Enfin, l'expert a constaté que la VMC des sanitaires, des vestiaires et du local " stock-légumerie " était raccordée à la CTA double flux du réfectoire, en méconnaissance des règles de l'art et des règles d'hygiène, les deux zones devant faire l'objet d'un traitement différent. Toutefois, si la commune de Bourdalat entend engager la responsabilité des constructeurs à raison des nombreuses erreurs et défaillances mises en évidence par le rapport d'expertise quant à l'installation et à la mise en service de la VMC et de la CTA, elle n'invoque aucune impossibilité d'utiliser les locaux dans des conditions normales, le restaurant scolaire ayant accueilli les usagers sans que la CTA ne soit mise en service et sans que la VMC ne fonctionne. Ces défauts d'installation et ces dysfonctionnements ne sont pas davantage de nature à porter atteinte à la solidité de l'ouvrage. Dans ces conditions, la commune de Bourdalat n'est pas fondée à engager la responsabilité de la société SLK Architectes, au titre des désordres relatifs à la CTA double flux et à la VMC relevant du lot n° 10, sur le fondement de la garantie décennale.
Sur la responsabilité quasi-délictuelle de la société Bâtifrance Services Atlantic et de Mme C en qualité de sous-traitants s'agissant de la CTA double flux et de la VMC relevant du lot n° 10 :
21. S'il appartient, en principe, au maître d'ouvrage qui entend obtenir la réparation des conséquences dommageables d'un vice imputable à la conception ou à l'exécution d'un ouvrage de diriger son action contre le ou les constructeurs avec lesquels il a conclu un contrat de louage d'ouvrage, il lui est toutefois loisible, dans le cas où la responsabilité du ou des cocontractants ne pourrait pas être utilement recherchée, de mettre en cause, sur le terrain quasi-délictuel, la responsabilité des participants à une opération de construction avec lesquels il n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs. Il peut, à ce titre, invoquer, notamment, la violation des règles de l'art ou la méconnaissance de dispositions législatives et réglementaires mais ne saurait se prévaloir de fautes résultant de la seule inexécution, par les personnes intéressées, de leurs propres obligations contractuelles. En outre, alors même qu'il entend se placer sur le terrain quasi-délictuel, le maître d'ouvrage ne saurait rechercher la responsabilité de participants à l'opération de construction pour des désordres apparus après la réception de l'ouvrage et qui ne sont pas de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination.
22. Il résulte de l'instruction que le lot n° 10 " CVC/plomberie/VMC " a été attribué à la société par actions simplifiée (SAS) Etablissements Labeyrie, laquelle a été placée, après la réception des travaux et avant l'introduction de la présente requête, en liquidation judiciaire. Cette entreprise a sous-traité, d'une part au bureau d'études techniques (BET) Nadine C, la rédaction du CCTP du lot n° 10, d'autre part à la société SARL Bâtifrance Services Atlantic, l'installation et la mise en service de la VMC et de la CTA.
23. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la responsabilité technique des désordres affectant la VMC et la CTA peut être imputée à la fois à la SAS Etablissements Labeyrie, à ses deux sous-traitants et à la société SLK Architectes en sa qualité de maître d'œuvre laquelle, ainsi qu'il a été dit au point 19, avait une mission de direction de l'exécution des travaux et de gestion des bureaux d'études. Toutefois, d'une part, ainsi qu'il a été dit au point 20, les conclusions de la commune de Bourdalat dirigées contre la seule société SLK Architectes, sur le fondement de la garantie décennale, ne peuvent être accueillies. D'autre part, la requérante recherche la responsabilité quasi-délictuelle des sous-traitants de la société Etablissements Labeyrie sans mettre en cause cette dernière qui a été placée en redressement judiciaire le 17 septembre 2014, en liquidation judiciaire le 13 février 2015, qui a été liquidée pour insuffisance d'actif par un jugement du tribunal de commerce de Dax du 24 novembre 2021, paru le 4 décembre 2021, puis radiée du RCS le 21 décembre 2021. Or, à la date d'introduction de la requête, la responsabilité de la SAS Etablissements Labeyrie en tant que constructeur de l'ouvrage pouvait être utilement recherchée par la commune de Bourdalat. Dans ces conditions, cette dernière n'est pas fondée à engager la responsabilité quasi-délictuelle de la société Bâtifrance Services Atlantic et de Mme C, au titre des désordres affectant la VMC et la CTA relevant du lot n° 10, en tant que participants à l'opération de construction avec lesquels elle n'a pas conclu de contrat de louage d'ouvrage, mais qui sont intervenus sur le fondement d'un contrat conclu avec l'un des constructeurs.
Sur la responsabilité contractuelle du maître d'œuvre pour manquement à son devoir de conseil s'agissant de l'isolation du faux plafond relevant du lot n° 6 :
24. La responsabilité du maître d'œuvre pour manquement à son devoir de conseil peut être engagée, dès lors qu'il s'est abstenu d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres affectant l'ouvrage et dont il pouvait avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves. Le champ de l'obligation de conseil n'est pas circonscrit aux malfaçons pouvant relever de la garantie décennale mais s'étend à tous les vices apparents ou dont le maître d'œuvre avait connaissance susceptibles de faire obstacle à une réception sans réserve.
25. La responsabilité du maître d'œuvre pour manquement à son devoir de conseil, qui est fondée sur la même cause juridique que la responsabilité contractuelle, peut être engagée, même lorsque la réception a été prononcée, dès lors qu'il s'est abstenu d'appeler l'attention du maître d'ouvrage sur des désordres affectant l'ouvrage et dont il pouvait avoir connaissance, en sorte que la personne publique soit mise à même de ne pas réceptionner l'ouvrage ou d'assortir la réception de réserves. Il importe peu, à cet égard, que les vices en cause aient ou non présenté un caractère apparent lors de la réception des travaux, dès lors que le maître d'œuvre en avait eu connaissance en cours de chantier.
26. En l'espèce, la commune de Bourdalat recherche la responsabilité de la société SLK Architectes sur le fondement du manquement au devoir de conseil, en tant que ce désordre revêt un caractère décennal. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'isolation au-dessus du faux plafond, prévue dans le CCTP du lot n° 6 " plâtrerie/faux plafonds/isolation ", n'a pas été réalisée, et ce, sur la totalité du bâtiment. En effet, le lot n° 6 " plâtrerie/faux plafonds/isolation " prévoyait la pose d'une solution minérale par-dessus le faux plafond, avec une résistance thermique adaptée. Au cours des opérations d'expertise, il a été mis en évidence que seul le pare-vapeur a été posé, sans isolant. Selon l'expert, l'absence d'isolation a pour conséquences que ni la performance énergétique du bâtiment, ni le maintien des températures de confort à l'intérieur de celui-ci ne peuvent être atteints, et qu'elle aggrave, par ailleurs, la chaleur excessive du local " stock-légumerie ". Ce désordre a pour effet de réduire globalement la performance énergétique de l'ensemble du bâtiment. Toutefois, comme l'a relevé, au cours des opérations d'expertise, l'assureur de l'entreprise Darrambide, attributaire du lot n° 6, la commune de Bourdalat ne se plaint d'aucun inconfort thermique dans la cantine, hormis dans le local de stockage, et elle ne fait aucunement état d'une quelconque dégradation des conditions d'utilisation du restaurant municipal à raison de ce désordre, dont elle n'a appris l'existence, au demeurant, qu'au cours des opérations d'expertise. Néanmoins, dès lors qu'il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que ce désordre aggrave le phénomène de chaleur excessive constatée dans le local " stock-légumerie ", il relève, dans cette seule mesure, du champ d'application de la garantie décennale des constructeurs.
27. Ainsi qu'il a été dit au point 19, la société SLK Architectes, en sa qualité de maître d'œuvre, avait notamment pour missions la direction de l'exécution des contrats de travaux (DET) et l'assistance au maître d'ouvrage pour les opérations de réception (AOR). Elle aurait dû, à ce titre, s'apercevoir de l'inexécution d'une partie des prestations prévues contractuellement et alerter le maître d'ouvrage sur les manquements du prestataire à ses obligations contractuelles. Ainsi qu'il résulte des dires à expert, il aurait suffi au maître d'œuvre de soulever une dalle du faux plafond, en cours de chantier, pour s'apercevoir de l'inexécution de la prestation d'isolation. Or, la réception du lot n° 6 a été faite le 24 octobre 2014, sans réserves. Par suite, la commune de Bourdalat est fondée à engager la responsabilité du maître d'œuvre pour manquement à son devoir de conseil lors des opérations de réception s'agissant de l'isolation du plafond prévue au lot n° 6 du marché.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne la chaleur excessive dans le local " stock-légumerie " et l'armoire négative :
28. La commune de Bourdalat demande la somme totale de 8 711,38 euros toutes taxes comprises en réparation des désordres résultant de la chaleur excessive, liés au lot n° 12 du marché.
29. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la solution retenue par la commune, conformément aux préconisations de l'expert, consiste en l'installation d'une ventilation permettant l'évacuation de la chaleur dégagée par les armoires frigorifiques, pour la somme de 2 051,92 euros hors taxes (HT), soit 2 462,30 euros toutes taxes comprises (TTC), et d'une solution de rafraîchissement du local, pour la somme de 2 357,61 euros HT, soit 2 829,13 euros TTC. À ces montants s'ajoute une prestation de maîtrise d'œuvre à hauteur de 10 % des coûts. Toutefois, l'installation d'une climatisation, dont le bien-fondé est contesté en défense en raison du double emploi qu'elle constituerait eu égard à une installation d'extraction d'air, et alors même que l'expert judiciaire énonce, sans l'étayer, qu'elle contribuerait à résoudre le problème de chaleur excessive dans le local " stock-légumerie ", ne correspond pas aux prévisions initiales du marché et apporterait une plus-value à l'ouvrage. En effet, le CCTP ne prévoit pas de climatisation qui, si elle était financée, constituerait un enrichissement sans cause de la commune de Bourdalat et qui doit donc être déduite des réparations dues à la requérante par les constructeurs. Il y a lieu, par ailleurs, d'ajouter au coût des travaux la rémunération de la mission de maîtrise d'œuvre au taux de 10 % dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que ce taux serait excessif. Dans ces conditions, le coût des travaux de reprise doit être évalué à la somme totale de 2 708,53 euros TTC. Il appartient, le cas échéant, à la commune de Bourdalat de financer les coûts supplémentaires résultant d'une solution de reprise différente, si elle l'estime utile.
30. En second lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise et du devis produit à l'instance, dont le montant n'est pas sérieusement contesté par les parties, que le coût de remplacement à l'identique de l'armoire négative s'élève à la somme de 2 628 euros TTC. Il n'y a pas lieu, s'agissant du remplacement à l'identique d'un élément d'équipement industriel, de prévoir en sus un pourcentage de rémunération de la mission de maîtrise d'œuvre.
31. Il résulte de ce qui précède, et compte tenu de ce qui a été dit au point 18, qu'il y a lieu de mettre in solidum à la charge d'une part de la société Evi Pro, en son nom propre et à raison des agissements de son sous-traitant, d'autre part du maître d'œuvre, la somme totale de 5 336,53 euros TTC pour la réparation des désordres liés à la chaleur excessive et aux dysfonctionnements de l'armoire négative, relevant du lot n° 12.
En ce qui concerne l'isolation du plafond :
32. La commune de Bourdalat demande une somme totale de 4 802,16 euros TTC en réparation du désordre lié au défaut d'isolation du plafond. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, qu'il convient de retenir le chiffrage initialement prévu à la DPGF du lot n° 6, soit la somme de 4 366,33 euros TTC, auquel il convient d'ajouter 10 % d'honoraires de maîtrise d'œuvre, soit la somme de 436,63 euros TTC. Compte tenu de ce qui a été dit au point 27, il y a lieu de mettre la somme de 4 802,96 euros TTC à la charge de la société SLK Architectes en sa qualité de maître d'œuvre.
Sur les dépens :
33. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires (). Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. / Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance () ". En vertu de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. (). ".
34. Les frais d'expertise, taxés et liquidés par une ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Pau du 28 avril 2020, s'élèvent à la somme de 14 425,31 euros TTC.
35. Il y a lieu, en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative et compte tenu de ce qui précède, de mettre les frais d'expertise à la charge in solidum de la société SLK Architectes et de la société Evi Pro.
Sur les appels en garantie :
En ce qui concerne les appels en garantie formés par la société SLK Architectes :
36. En premier lieu, aucune somme n'est mise à la charge de la société SLK Architectes au titre des travaux réalisés par la société Bâtifrance Services Atlantic. Il s'ensuit que l'appel en garantie qu'elle forme à l'encontre de ce constructeur n'a, en tout état de cause, pas d'objet.
37. En second lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le désordre lié à la chaleur excessive du local " stock-légumerie " et au dysfonctionnement de l'armoire négative résulte d'une part d'erreurs de conception du bureau d'études Setah, sous-traitant de la société Evi Pro, et de ce que la société Evi Pro, en tant que professionnel, n'a pas relevé ces erreurs de conception. D'autre part, la société SLK Architectes, en tant que maître d'œuvre, avait notamment une mission de direction de l'exécution des contrats de travaux (DET) et était responsable de la gestion des bureaux d'études. Il résulte de l'instruction, et notamment des termes mêmes du rapport d'expertise, que " ce chantier a manqué de suivi et de vérification " et qu'une meilleure assiduité de la société SLK Architectes, en sa qualité de maître d'œuvre, aurait permis d'éviter une partie des désordres. Dans ces conditions, la société SLK Architecte est seulement fondée à demander à être garantie par la société Evi Pro de la moitié de la somme de 5 336,53 euros toutes taxes comprises mise à sa charge in solidum au titre des préjudices matériels résultant des désordres liés à la chaleur excessive et aux dysfonctionnements de l'armoire négative, relevant du lot n° 12.
En ce qui concerne les appels en garantie formés par la société Bâtifrance Services Atlantic :
38. Eu égard à ce qui a été dit au point 20, les appels en garantie de la société Bâtifrance Services Aquitaine à l'encontre de la société SLK Architectes et de Mme C sont sans objet et ne peuvent qu'être rejetés.
Sur les frais du litige :
39. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
40. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre in solidum à la charge de la société SLK Architectes et de la société Evi Pro une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Bourdalat au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
41. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre respectivement à la charge de la commune de Bourdalat et de la société SLK Architectes une somme de 750 euros chacune à verser à la société Bâtifrance Services Atlantic au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
42. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bourdalat une somme de 1 500 euros à verser à Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
43. En revanche, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune de Bourdalat à l'encontre de Mme C et de la société Bâtifrance Services Atlantic, celles présentées par la société SLK Architectes à l'encontre de toute partie succombante, et celles présentées par la société Bâtifrance Services Atlantic à l'encontre de Mme C sont rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La société SLK Architectes et la société Evi Pro sont condamnées in solidum à verser à la commune de Bourdalat la somme de 5 336,53 euros (cinq mille trois cent trente-six euros et cinquante-trois centimes) toutes taxes comprises au titre de l'indemnisation des désordres liés à la chaleur excessive dans le local " stock-légumerie " et aux dysfonctionnements de l'armoire négative, relevant du lot n° 12.
Article 2 : La société SLK Architectes est condamnée à verser à la commune de Bourdalat la somme de 4 802,96 euros (quatre mille huit cent deux euros et quatre-vingt-seize centimes) toutes taxes comprises au titre de l'indemnisation du désordre lié au défaut d'isolation du plafond.
Article 3 : Les frais d'expertise, liquidés à la somme de 14 425,31 euros (quatorze mille quatre cent vingt-cinq euros et trente et un centimes) toutes taxes comprises, sont mis à la charge in solidum de la société SLK Architectes et de la société Evi Pro.
Article 4 : La société SLK Architectes sera garantie par la société Evi Pro de la moitié de la somme de 5 336,53 euros (cinq mille trois cent trente-six euros et cinquante-trois centimes) toutes taxes comprises mise à sa charge in solidum au titre des préjudices matériels résultant des désordres liés à la chaleur excessive dans le local " stock-légumerie " et aux dysfonctionnements de l'armoire négative.
Article 5 : La société SLK Architectes et la société Evi Pro verseront in solidum à la commune de Bourdalat la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : La commune de Bourdalat et la société SLK Architectes et la société Evi Pro verseront chacune la somme de 750 (sept cent cinquante) euros à la société Bâtifrance Services Atlantic au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : La commune de Bourdalat versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Bourdalat, à la société SLK Architectes, à Mme A C, à la société Bâtifrance Services Atlantic et à la société Evi Pro.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La rapporteure,
Signé
A. D
La présidente,
Signé
M. B La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026