lundi 20 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2100865 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL TORTIGUE PETIT SORNIQUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 avril 2021, M. A C, représenté par Me Petit, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 janvier 2021 par laquelle le centre hospitalier de la Côte Basque a fixé le taux de l'indemnité forfaitaire technique dont il bénéficie à 26 % de son traitement brut mensuel à compter du 1er janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de la Côte Basque de prendre sans délai une nouvelle décision fixant le taux de l'indemnité forfaitaire technique dont il bénéficie à 39,2 % ;
3°) de condamner le centre hospitalier de la Côte Basque à lui verser la somme de 34 531 euros en réparation du préjudice subi à raison du taux de l'indemnité forfaitaire technique qui lui a été appliqué depuis 2013 ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- lors de sa promotion, sur examen professionnel, au grade de technicien hospitalier, il aurait dû accéder directement au grade de technicien supérieur hospitalier eu égard à son ancienneté, comme le prévoit le II de l'article 5 du décret n° 2011-744 du 27 juin 2011 ; il a été lésé pendant cinq ans en demeurant au grade de technicien hospitalier ;
- les techniciens supérieurs hospitaliers recrutés par l'établissement, qui ont une ancienneté inférieure à la sienne et bénéficient d'une note de service inférieure à 20/25, perçoivent une prime de technicité supérieure à 30 % de leur traitement brut mensuel ; sur le fondement de l'article 2 du décret n° 2013-102, le montant mensuel de l'indemnité forfaitaire technique est arrêté en fonction de la valeur professionnelle de l'agent ; au sens des dispositions des articles L. 3221-4 et L. 3232-3 du code du travail, il ne peut qu'avoir la même valeur professionnelle que ses collègues, eu égard à la spécificité du métier qu'ils exercent, et sa revalorisation doit être fixée conformément aux notes d'information n° 20/14 du 27 février 2014, n° 29/14 et n° 26/20 du 30 avril 2020 ;
- eu égard aux demandes qu'il a formulées, en vain, depuis 2015, le taux de son indemnité forfaitaire technique doit être porté à 39,2 % ;
- le manque à gagner lié à l'écart entre le taux d'indemnité forfaitaire technique auquel il pouvait prétendre et celui qui lui a été attribué, depuis 2013, s'élève à la somme de 34 531 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2021, le centre hospitalier de la Côte Basque conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées le 14 février 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la condamnation du centre hospitalier de la Côte Basque à réparer les préjudices subis en l'absence de décision préalable requise par l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 26 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2013-102 du 29 janvier 2013 relatif à l'attribution d'une indemnité forfaitaire technique aux agents du corps des techniciens et techniciens supérieurs hospitaliers de 2ème classe ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été recruté par le centre hospitalier de la Côte Basque le 3 juin 1991 au service de la maintenance de la blanchisserie, puis, à compter de janvier 2022, dans le service biomédical. Le 17 janvier 2013, il a été promu au grade de technicien hospitalier. Le 31 décembre 2017, il a obtenu un avancement au grade de technicien supérieur hospitalier de 2e classe, puis, à compter du 1er janvier 2021, de 1ère classe. Le taux de l'indemnité forfaitaire technique qui lui est servie a été porté à 26 % de son traitement brut mensuel à compter du 1er janvier 2021, par une décision du 7 janvier 2021 contre laquelle a formé un recours gracieux le 8 janvier 2021. Il demande au tribunal d'annuler cette décision, d'enjoindre au centre hospitalier de la Côte Basque de prendre sans délai une nouvelle décision fixant le taux de son indemnité forfaitaire technique à 39,2 % et de condamner l'établissement à lui verser la somme de 34 531 euros en réparation du préjudice subi à raison du taux de l'indemnité forfaitaire technique qui lui a été appliqué depuis 2013.
Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
3. Le recours gracieux adressé par M. C au centre hospitalier de la Côte Basque, dont ce dernier a accusé réception le 12 janvier 2021, ne contient aucune demande de versement d'une indemnité. Dans ce courrier, l'intéressé se borne à faire état de ce qu'il a été lésé depuis 2013 et à demander à l'établissement de remédier à cette situation en corrigeant le taux de l'indemnité forfaitaire technique qui lui a été attribué, sans en tirer de conclusions quant à une éventuelle réparation. Ainsi, ce recours gracieux ne peut être regardé comme une demande préalable au sens des dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Par suite, le contentieux n'étant pas lié sur ce point, les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative que si cette dernière a été prise pour son application ou s'il en constitue la base légale. Une exception d'illégalité soulevée à l'encontre d'une décision individuelle n'est recevable que tant que cette décision ne présente pas de caractère définitif. Une décision administrative devient définitive à l'expiration du délai de recours contentieux ou, si elle a fait l'objet d'un recours contentieux dans ce délai, à la date à laquelle la décision rejetant ce recours devient irrévocable.
5. À supposer que le requérant ait entendu invoquer l'illégalité de la décision du 13 mai 2014 par laquelle le centre hospitalier de la Côte Basque l'a reclassé au grade de technicien hospitalier au 9e échelon de ce grade, avec effet au 1er février 2013, au motif qu'il aurait dû, selon les dispositions du II de l'article 5 du décret n° 2011-744 du 27 juin 2011, accéder directement au grade de technicien supérieur hospitalier, la décision du 7 janvier 2021 contestée n'a pas été prise pour l'application de celle du 13 mai 2014, qui n'en constitue pas davantage la base légale et qui, en outre, est devenue définitive. Par suite, le requérant ne peut utilement invoquer l'illégalité de la décision du 13 mai 2014 à l'appui de ses conclusions dirigées contre celle du 7 janvier 2023.
6. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 29 janvier 2013, relatif à l'attribution d'une indemnité forfaitaire technique aux agents du corps des techniciens et techniciens supérieurs hospitaliers : " Les techniciens et techniciens supérieurs titulaires ou stagiaires régis par le décret du 27 juin 2011 susvisé bénéficient d'une indemnité forfaitaire technique payable mensuellement à terme échu. ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Le montant mensuel de l'indemnité forfaitaire technique est arrêté par l'autorité investie du pouvoir de nomination en fonction de la valeur professionnelle de l'agent. / Ce montant est fixé dans la limite de 25,41 % du traitement mensuel brut indiciaire du bénéficiaire pour les membres du corps classés dans le premier grade et dans la limite de 40 % du traitement mensuel brut indiciaire du bénéficiaire pour les membres du corps classés dans les deuxième et troisième grades, sans toutefois que ce montant puisse être inférieur au montant mensuel de l'indemnité de sujétion spéciale arrêté dans les conditions prévues aux articles 2 et 3 du décret du 1er août 1990 susvisé. ".
7. Pour l'application de ces dispositions, la valeur professionnelle d'un agent s'apprécie en tenant compte, notamment, de la nature des fonctions qui lui sont confiées, des sujétions qu'elles comportent et de la technicité qu'elles exigent.
8. D'autre part, le principe d'égalité de traitement des fonctionnaires s'apprécie entre fonctionnaires d'un même corps placés dans une situation identique. Ce principe ne s'oppose par ailleurs pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire traite de manière différente des agents appartenant à un même corps si cette différence de traitement est justifiée soit par les conditions d'exercice des fonctions, soit par les nécessités du service ou l'intérêt général et dès lors qu'elle n'est pas manifestement disproportionnée au regard des objectifs susceptibles de la justifier.
9. M. C soutient que trois techniciens supérieurs hospitaliers recrutés dans son service, disposant d'une ancienneté inférieure à la sienne et bénéficiant d'une note de service inférieure à 20/25, perçoivent une prime de technicité à un taux supérieur à 30 %, alors que leur valeur professionnelle, au sens des dispositions des articles L. 3221-4 et L. 3232-3 du code du travail, est nécessairement la même que la sienne eu égard à la spécificité du métier qu'ils exercent. Toutefois, il ne produit aucune pièce permettant d'étayer ces comparaisons, d'apprécier la réalité des fonctions confiées à ces agents, de leurs sujétions et de la technicité qu'elles exigent et de constater qu'ils seraient placés dans une situation identique justifiant que le même taux d'indemnité technique forfaitaire leur soit alloué. Par suite, le moyen tiré de la rupture d'égalité de traitement entre fonctionnaires d'un même corps ne peut qu'être écarté. En tout état de cause, le centre hospitalier de la Côte Basque n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation. Une telle erreur ne saurait résulter de la seule circonstance qu'un autre agent aurait bénéficié d'un taux supérieur à celui de l'intéressé.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de M. C ne peuvent être accueillies.
Sur les frais du litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de la Côte Basque, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au centre hospitalier de la Côte Basque.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
A. D La présidente,
Signé
M. B
La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026