mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101335 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET MATTEI - AVOCATS A LA COUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2021, M. C A et Mme B A, représenté par Me Mattei, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, de prononcer la décharge des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu, des cotisations supplémentaires de cotisations sociales, de prélèvements sociaux et de prélèvement de solidarité auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2015, 2016 et 2017 ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) à titre subsidiaire, de prononcer la décharge des pénalités mises à leur charge au titre des années 2015, 2016 et 2017 ;
3°) de prononcer la décharge de la majoration de 80% mise à leur charge au titre de l'année 2017 sur le fondement du b de l'article 1729 du code général des impôts ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
- en application du principe d'unicité des procédures d'imposition fixé par l'article 8 du code général des impôts, les différentes irrégularités procédurales entachant les opérations de contrôle fiscal d'une société de personne comme la société civile immobilière Monviel affectent par voie de conséquence la procédure d'imposition personnelle des associés ;
- la procédure est entachée d'un détournement de procédure tenant à la mise en œuvre irrégulière des dispositions des articles L. 13 et R. 13 du livre des procédures fiscales au titre des revenus de capitaux mobiliers et des revenus fonciers ; si la société Monviel pouvait faire l'objet d'une vérification de comptabilité en matière de taxe sur la valeur ajoutée, une telle procédure ne pouvait être mise en œuvre en matière de revenus de capitaux mobiliers et de revenus fonciers ;
- la procédure est entachée d'irrégularités en ce que le service vérificateur a mis en œuvre un contrôle sur place de la société Monviel sans respecter les différentes garanties des droits de la défense qui s'y attachent, en méconnaissance de l'article 172 bis du code général des impôts et des articles 46 B à 46 D de l'annexe III du même code dès lors que ces articles ne concernent que l'impôt sur le revenu ;
- la procédure méconnaît les droits de la défense à défaut d'information et en raison de l'impossibilité pour la société Monviel de se faire représenter et assister par les conseils de son choix lors des différents contrôles fiscaux externes dont elle a fait l'objet ;
- la direction départementale des finances publiques des Landes était incompétente territorialement pour procéder à des constatations le 7 août 2018 dans le département du Lot-et-Garonne dans le cadre de la vérification de comptabilité de la société Monviel ;
- la procédure est irrégulière en ce qu'elle méconnaît les dispositions des articles L. 11, L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales concernant le respect des délais francs et légaux de trente et soixante jours pour présenter des observations et demandes à toutes notifications ;
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
- s'agissant de la charge de la preuve, l'administration fiscale tente de la renverser en affirmant que les actes de procédure rédigés par un agent de la direction des finances publiques assermentés font foi jusqu'à preuve du contraire alors qu'ils n'ont pas de valeur juridique supérieure à leurs écrits ; ils contestent l'ensemble des mentions contenues dans les comptes rendus datés des 26 juin, 19 juillet, et 9 août 2018 ainsi que dans les propositions de rectifications des 3 octobre et 12 octobre 2018 ; ils ont expressément refusé toutes les impositions et rectifications envisagées dans la proposition de rectification du 12 octobre 2018 par des observations du contribuable transmises dans les délais ; dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire, la charge de la preuve du bien-fondé des impositions incombe toujours à l'administration fiscale à chaque fois que le contribuable a expressément refusé dans les délais impartis les rectifications envisagées de telle sorte qu'il n'appartenait pas à la société civile immobilière Mathiou Haou de justifier l'existence d'une contrepartie qu'elle aurait retirée de l'avantage consenti ; il incombe à l'administration fiscale d'apporter cumulativement la preuve de l'existence, du désinvestissement, de l'appréhension réelle, effective, personnelle et du montant exact de l'ensemble des sommes et revenus en litige ;
- s'agissant de la détermination des bases d'imposition, l'administration fiscale entend taxer à l'impôt sur le revenu, aux cotisations sociales, aux prélèvements sociaux et au prélèvement de solidarité, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, des sommes afférentes à la taxe sur la valeur ajoutée au titre de l'année 2017 (12 506 euros en base) en méconnaissance de l'article 108 du code général des impôts ; pour la détermination de la base imposable en matière d'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, il convient d'exclure les sommes afférentes à la taxe sur la valeur ajoutée sur des factures de charges considérées comme non déductibles par l'administration ;
- la procédure de la vérification de comptabilité de la société Monviel étant irrégulière, l'administration fiscale ne peut se prévaloir d'éléments, d'informations ou de bases de calcul issus de cette procédure, lesquels, en application du principe de loyauté et de licéité de la preuve découlant de l'article 16 de la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, sont dépourvus de toute valeur probante ;
- s'agissant des informations recueillies auprès de la société Mathiou Haou, l'administration reconnaît explicitement que la taxation personnelle de sommes au titre de l'impôt sur le revenu, des cotisations sociales, des prélèvements sociaux et du prélèvement de solidarité, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers ne peut se faire que sur des sommes se rattachant et découlant uniquement et exclusivement des bases imposables à l'impôt sur les sociétés d'une société distributrice, à l'exclusion de toutes autres impositions ou taxes dont la taxe sur la valeur ajoutée ; l'administration fiscale a vérifié la société Mathiou Haou au titre des sommes hors taxes (62 530 euros en base) afférentes et se rattachant exclusivement à l'impôt sur les sociétés de l'année 2017, et ce, avant la date limite de dépôt de la déclaration modèle n° 2065 concernée qui était fixée légalement au 3 mai 2018 de telle sorte que ces informations, obtenues de manière irrégulière, ne sont pas opposables au regard du bien-fondé de leurs impositions personnelles ;
- concernant le rejet de la comptabilité de la société Monviel pour défaut de valeur probante, s'agissant du motif mis en avant par l'administration et tenant à un enregistrement globalisé dans un compte 460 " débiteur-créditeur divers ", les éléments et documents remis par la société Monviel lors du contrôle retracent précisément et chronologiquement, les libellés des opérations, les modalités de paiement, la date et les montants des sommes figurant au crédit et au débit de son compte bancaire auprès de la société générale ; s'agissant du motif mis en avant par l'administration fiscale et tenant à un non enregistrement d'apports en numéraire ou en nature, ce mode de détention d'un bien immobilier en nom propre ou par le biais d'une société transparente fiscalement n'a aucune influence sur l'imposition, puisque l'impôt sur le revenu est déterminé de manière identique et à la différence d'une société soumise à l'impôt sur les sociétés, la non comptabilisation des apports en numéraire ou nature, et/ou leur justification, ne modifie en rien les bases imposables de la société civile immobilière dite de personnes et transparente fiscalement et subséquemment, de celles de ses associés taxables à l'impôt sur le revenu de telle sorte que l'absence d'inscription comptable d'apports en nature ou numéraire n'a pas de conséquence sur la détermination du bénéfice fiscal imposable à l'impôt sur le revenu ; s'agissant du motif mis en avant par l'administration et tenant à l'absence d'actif comptabilisé, l'absence d'amortissement comptable d'un immeuble ou d'actif comptabilisé par la société Monviel, non assujettie à l'impôt sur les sociétés, n'a aucun conséquence sur la détermination du bénéfice fiscal imposable à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers ; et enfin, s'agissant du motif mis en avant par l'administration et tenant aux dates de validation des exercices, cette circonstance, à la supposer établie, aurait seulement eu une influence au regard de la procédure d'imposition mise en œuvre et encore, uniquement dans le cas où la société Monviel n'aurait pas déposé dans les délais les déclarations fiscales d'impôt sur le revenu et de taxe sur la valeur ajoutée, ce qui aurait seulement permis à l'administration d'appliquer la procédure de taxation d'office et non la procédure contradictoire ;
- concernant le caractère probant des documents et pièces de recettes et de dépenses présentés par la société Monviel au titre des années 2015, 2016 et 2017, l'administration fiscale ne remet aucunement en cause les recettes déclarées par la société Monviel au titre de la taxe sur la valeur ajoutée et de l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers des années 2015 et 2016 ; l'administration fiscale ne démontre pas que la somme de 6 000 euros toutes taxes comprises (5 000 euros hors taxe + 1 000 euros de taxe sur la valeur ajoutée) doit être considérée comme étant une recette professionnelle taxable découlant de revenus tirés de la propriété d'un immeuble ; s'agissant des dépenses au titre des années 2015, 2016 et 2017, l'administration fiscale ne remet aucunement en cause l'absence de taxe sur la valeur ajoutée déductible déclarée par la société Monviel au titre des années 2015, 2016 et 2017 ; s'agissant de l'impôt sur le revenu des années 2015 et 2016, l'administration fiscale ne remet aucunement en cause les dépenses déclarées par la société Monviel ; au titre de la seule année 2017, quand bien même l'administration reconnaîtrait le caractère non taxable de la somme de 6 000 euros toutes taxes comprises, la société Monviel est en droit, au regard de leur nature, de déduire les dépenses et frais d'un montant de 519 euros portés sur sa déclaration modèle n° 2072 S au titre des revenus fonciers 2017, quand bien même le bien immobilier en litige n'aurait pas été productif de revenus au titre de l'année concernée ; l'administration fiscale ne peut pas tout à la fois soutenir sans gravement se contredire, que la société Monviel n'a pas enregistré en comptabilité de facture relative à des travaux en 2017, alors même que l'administration estime que, sur le fondement de l'article 15.II du code général des impôts, toutes les charges au titre de cette même et seule année 2017 ne seraient pas déductibles, étant donné que le bien reste à la disposition des associés de la société car en suivant le raisonnement de l'administration fiscale, la société Monviel aurait dû comptabiliser et déclarer ces charges, pour qu'au final l'administration fiscale puisse les rejeter et en refuser la déduction ; il en va de même de la circonstance tenant au fait que si l'administration considère qu'aucun mouvement bancaire pouvant correspondre à de tels travaux n'a été recensé, cette même administration ne peut reprocher à la société Monviel une absence de rapprochement entre une écriture et une pièce justificative ;
- concernant la période allant du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2017, s'agissant des sociétés Lalanne Charpente et JMAC, quant à la communication par le tiers concerné de l'ensemble des factures en litige, il n'est pas indiqué d'autre adresse de prestations que " société Mathiou Haou ZI Laubian 2 - 40510 Seignosse " ; les constatations et éléments découlant des différents contrôles fiscaux de la société Monviel leur sont inopposables au regard du bien-fondé des impositions car obtenus dans des conditions manifestement irrégulières ; il en va spécifiquement ainsi des constatations effectuées le 7 août 2018 par la 2ème brigade départementale de vérification de la direction départementale des finances publiques des Landes, dans le département du Lot-et-Garonne c'est-à-dire, hors de son champ de compétence territoriale limité au seul département des Landes ;
- s'agissant de la supposée affirmation orale des co-gérants de la société Vergne frères, même en situation de taxation d'office, l'administration fiscale ne peut pas se fonder et opposer des informations ou des propos tenus oralement par le contribuable ou un tiers ; le document communiqué par ce tiers, à savoir la seule facture en litige (n° FA00000093), fait état, comme destinataire, de la société Mathiou Haou 2 porte de Laubian 40510 Seignosse ; quant aux autres éléments communiqué par ce tiers, comprenant d'une part, la copie du bordereau de remise de chèques communiqué par l'administration fiscale, celle-ci est totalement illisible et d'autre part, le Journal des écritures et le Grand livre auxiliaire par général, ces derniers ne sont que des éditions provisoires comme l'indique clairement la mention correspondantes figurant sur ces deux documents ;
- concernant une supposée recette de 6 000 euros toutes taxes comprises (5 000 euros hors taxe + 1 000 euros de taxe sur la valeur ajoutée) au titre de l'année 2017, s'agissant de la dévolution de la charge de la preuve, il résulte des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales et de la jurisprudence constante en découlant, que dans le cadre de la procédure de rectification contradictoire, la charge de la preuve du bien-fondé des rectifications en matière d'impôt sur le revenu incombe toujours à l'administration fiscale à chaque fois que le contribuable a expressément refusé dans les délais les impositions envisagées ; l'administration fiscale ne saurait apporter la preuve qui lui incombe en tentant de prétexter une absence d'explication et/ou de justifications par le contribuable ou par un tiers ; des versements et sommes ne sont pas imposables à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers et/ou à la taxe sur la valeur ajoutée dès lors, qu'il ne s'agit pas des revenus tirés de la propriété d'un immeuble en application de la théorie de la source ; la somme litigieuse de 5 000 euros taxée par l'administration fiscale à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers, ne peut être considérée comme étant un revenu tiré de la propriété du seul et unique immeuble appartenant à la société Monviel ; l'administration fiscale ayant constaté dans le cadre du contrôle que la maison appartenant à la société Monviel est vacante depuis le départ du locataire en 2016, elle reconnaît elle-même qu'en 2017, la société Monviel n'a donc pas pu louer un bien immobilier à la société AB40 Concept UK Limited de telle sorte que cette somme de 6 000 euros toutes taxes comprises, qui n'a donc pas de source dans la propriété de l'immeuble litigieux constituant l'unique bien immobilier détenu par la société Monviel n'est nullement imposable sur le fondement des articles 14, 28, 29 et suivants du code général des impôts, notamment à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers ;
En ce qui concerne les pénalités :
- en application de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales, si les irrégularités commises par l'administration fiscale n'auraient pas le caractère d'erreur substantielle au regard de la procédure d'imposition, ils demandent alors la décharge de l'ensemble des amendes, pénalités et majorations fiscales appliquées à l'exception des seuls intérêts de retard visés à l'article 1727 du Code Général des Impôts ;
- la majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses prévue par l'article 1729 du code général des impôts ne s'applique pas dans le cas où le contribuable n'a pas souscrit dans les délais et avant tout contrôle fiscal, les différentes déclarations fiscales concernées et ce, alors même que les circonstances de cette abstention révéleraient d'une absence de bonne foi ou de manœuvres frauduleuses, cette règle s'appliquant au titre de chaque déclaration catégorielle même si le contribuable a par ailleurs déposé sa déclaration de revenu global ; ils ont souscrits en 2017, une seule déclaration de revenu global (modèle n° 2042) pour leurs revenus dans la catégorie des traitements et salaires et n'ont déposé aucune des déclarations catégorielles spécifiques et relatives aux revenus de capitaux mobiliers concernant cette même année 2017 ; en conséquence et à titre subsidiaire, ils n'ont donc pas pu procéder à des manœuvres frauduleuses relatives à des inexactitudes relevées qui ne peuvent légalement viser que ces mêmes déclarations catégorielles non déposées en matière de revenus de capitaux mobiliers ; ils sont donc fondés à demander la décharge totale de toutes majorations appliquées et visées à l'article 1729 du code général des impôts, notamment celle de 80 % pour manœuvres frauduleuses visée au b. de cet article 1729 de ce code, au titre de l'année 2017.
Par un mémoire, enregistré le 30 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au non-lieu à statuer partiel à concurrence du dégrèvement accordé et au rejet de la requête pour le surplus.
Il soutient que le rehaussement en base de 5 000 euros au titre de l'année 2017 provenant de la société Monviel a fait l'objet d'un dégrèvement et qu'en conséquence, les moyens soulevés par les requérants concernant ce rehaussement sont inopérants.
Il soutient également que sont inopérants les moyens soulevés par M et Mme A concernant les moyens relatifs à la société Mathiou Haou et la procédure personnelle de M. et Mme A s'agissant de la vérification de comptabilité en matière d'impôt sur les sociétés de la société Mathiou Haou avant la date limite de dépôt de sa déclaration de résultats de l'exercice 2017.
Il soutient enfin que les autres moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier ;
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A est d'une part, co-gérant et associé de la société Mathiou Haou, laquelle a pour objet la location d'un immeuble à usage de bureaux, showroom et hangar de stockage qu'elle a construit, située à Seignosse dans le département des Landes et relevant sur option de l'impôt sur les sociétés, et d'autre part, gérant de la société Monviel, ayant pour objet la location de terrains et d'autres biens immobiliers à usage d'habitation, située à Josse dans le même département, et relevant de l'impôt sur le revenu au nom de ses deux associés M. C A et Mme B A, son épouse. En 2018, la société Mathiou Haou a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016, et jusqu'au 31 décembre 2017 pour la taxe sur la valeur ajoutée. En 2018, la société Monviel a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 10 avril 2015, date de sa création, jusqu'au 31 décembre 2017. Enfin, en 2018 également, M. et Mme C A ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces. Par une proposition de rectification n° 2120 du 12 octobre 2018, le service vérificateur a procédé à des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017 dans la catégorie des revenus distribués, assortis d'une majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses sur le fondement du c de l'article 1729 du code général des impôts pour les revenus de capitaux mobiliers et d'une majoration de 10 % sur le fondement de l'article 1758 A I du même code pour les revenus fonciers. M et Mme A ont présenté des observations le 23 novembre 2018, rejetées par l'administration fiscale le 7 décembre 2018. Les impositions supplémentaires d'impôts sur le revenu et les prélèvements sociaux au titre de l'année 2017 ont été mis en recouvrement le 30 avril 2019. Par courriers du 12 décembre 2019, du 5 juin 2019, et du 5 octobre 2020, M. et Mme A ont présenté une réclamation contentieuse, rejetée respectivement par décision du 9 juillet 2020, du 10 octobre 2019 et du 22 mars 2021. Par la présente requête, M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la décharge des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu, des cotisations supplémentaires de cotisations sociales, de prélèvements sociaux et de prélèvement de solidarité auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2015, 2016 et 2017 ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur l'étendue du litige :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction qu'en 2018, la société Monviel, relevant de l'impôt sur le revenu au nom de ses deux associés M. C A et Mme B A, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 10 avril 2015, date de sa création, jusqu'au 31 décembre 2017. Lors des opérations de contrôle, le service vérificateur a constaté que la société Monviel n'avait pas déclaré parmi ses recettes imposables une somme de 5 000 euros hors taxe versée en 2017 par la société AB 40 Concept UK Limited pour laquelle la société n'apportait aucune justification. Par une proposition de rectification n° 2120 du 12 octobre 2018, le service vérificateur a procédé au redressement de l'impôt sur le revenu de M. et Mme A sur ce motif dans la catégorie des revenus fonciers. Cependant, par une décision du 30 novembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, à concurrence d'une somme de 3 013 euros de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2017 à laquelle M. et Mme A ont été assujettis dès lors que la somme de 5 000 euros hors taxe non justifiée n'a fait que transiter dans les comptes de la société Monviel et qu'elle ne peut être retenue comme constituant un revenu foncier imposable en l'absence de lien établi avec l'activité de location de la société. Dès lors, les conclusions de la requête de M. et Mme A relatives à cette imposition sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. En second lieu, il résulte de l'instruction que les vérifications de comptabilité de la société Monviel, et de la société Mathiou Haou ainsi que le contrôle sur pièces de M. et Mme A en 2018 ont donné lieu à une rectification de 75 036 euros dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers de l'impôt sur le revenu de M. et Mme A au titre de l'année 2017, à la rectification des revenus fonciers de la société Monviel soumis à l'impôt sur le revenu dans les mains de ses associés à hauteur de leur participation dans le capital d'un montant de 4 282 euros au titre de l'année 2017, à l'imposition de ces revenus de capitaux mobiliers et revenus fonciers rectifiés aux prélèvements sociaux, à la majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses des revenus de capitaux mobiliers rectifiés sur le fondement du c de l'article 1729 du code général des impôts et enfin à la majoration de 10 % des revenus foncier rectifiés sur le fondement du 1 du A de l'article 1758 du même code. Il n'est pas contesté et il ne résulte pas de l'instruction que l'impôt sur le revenu auquel M. et Mme A sont assujettis aurait fait l'objet de rehaussements portant sur les années 2015 et 2016. Dans ces conditions, si les périodes contrôlées portent sur les années 2015 à 2017, les droits et pénalités en litige dont M. et Mme A demandent la décharge ne concernent que l'année 2017. Par suite, les conclusions tendant à la décharge des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu, des cotisations supplémentaires de cotisations sociales, de prélèvements sociaux et de prélèvement de solidarité auxquels M. et Mme A ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016 ainsi que des pénalités correspondantes ne peuvent être que rejetées.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
4. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices. () ". Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () c. Les rémunérations et avantages occultes ".
5. En cas de refus des propositions de rectifications par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé.
6. Lorsqu'une société a pris en charge des dépenses incombant normalement à un tiers sans que la comptabilisation de cette opération ne révèle, par elle-même, l'octroi d'un avantage, il appartient à l'administration, si elle entend faire application des dispositions précitées du c de l'article 111 du code général des impôts pour imposer, dans les mains du tiers, cette somme, d'établir, d'une part, que la prise en charge de cette dépense ne comportait pas de contrepartie pour la société, et d'autre part, qu'il existait une intention, pour celle-ci, d'octroyer, et pour le tiers, de recevoir, une libéralité.
7. D'une part, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a établi des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2017 à la charge de M. et Mme A selon la procédure de rectification contradictoire et que les rectifications envisagées ont été refusées par ces derniers. Dès lors, il incombe à l'administration fiscale de justifier du bien-fondé de l'imposition et d'apporter la preuve de l'appréhension par M. et Mme A des revenus imposés à leur nom.
8. D'autre part, il est constant que M. A est associé égalitaire de la société Mathiou Haou dont il est co-gérant et qu'il détient avec son épouse la totalité des parts de la société Monviel dont il est le gérant. L'administration fiscale fait valoir que lors des opérations de contrôle de la société Mathiou Haou, elle a constaté la prise en charge de travaux par cette société au profit de la maison appartenant à la société Monviel. Dans ces conditions, il incombe donc à l'administration d'apporter la preuve de l'absence de contrepartie pour la société Mathiou Haou des travaux pris en charge et de son intention d'octroyer à M. A une libéralité et celle de ce dernier de la recevoir.
9. Or, il résulte de l'instruction que dans le cadre de la vérification de comptabilité de la société Mathiou Haou et de la mise en œuvre de son droit de communication, l'administration fiscale a constaté que des travaux payés en 2017 par cette société ont été réalisés non pas sur le bien immobilier qui lui appartient situé à Seignosse mais sur un autre immeuble qui appartient à la société Monviel, situé à Monviel. Ainsi, d'une part, en réponse à l'exercice du droit de communication sur place du 6 avril 2018 de l'administration fiscale, la société Vergne frères a reconnu que les travaux de terrassement facturés à la société Mathiou Haou ont été réalisés sur un bien immobilier situé sur la commune de Monviel. En outre, il n'est pas contesté que la facture de la société Vergne frères mentionne comme prestations des travaux de terrassement à Seignosse alors que l'immeuble de la société Mathiou Haou construit en 2012 sur un terrain plat ne nécessitait aucun terrassement. D'autre part, en réponse à l'exercice par l'administration de son droit de communication par écrit auprès de la société Lalanne Charpente en joignant la facture du 26 décembre 2017 d'un montant de 72 000 euros toutes taxes comprises ayant pour objet " réalisation de rack bois. Montage de mobilier. Pose clôture. Consolidation charpente et bardage " communiquées par la société Mathiou Haou, celle-ci a précisé que cette facture ne provenait pas de sa société et a transmis la véritable facture émise par cette société le 14 décembre 2017 d'un montant de 30 000 euros toutes taxes comprises ayant pour objet " réfection charpente couverture d'une maison d'habitation ". Il n'est pas contesté non plus que la véritable facture de la société Lalanne charpente établie en 2017 indique comme objet la réfection de la toiture d'une maison d'habitation alors que l'immeuble appartenant à la société Mathiou Haou est un local professionnel neuf dont la toiture n'avait pas besoin d'être remise en état. Il s'ensuit que le financement de ces travaux par la société Mathiou Haou, sans rapport avec son activité de location ou avec l'immeuble qu'elle loue, ne comprend aucune contrepartie pour cette société qui doit être dès lors être regardée comme ayant consenti une libéralité, à la société Monviel, et plus particulièrement à ses associés M. et Mme A, lesquels, dans les circonstances de l'espèce, peuvent être regardés comme ayant l'intention de bénéficier de cette libéralité. Par suite, l'administration fiscale rapporte la preuve qui lui incombe du caractère occulte des avantages consentis par la société Mathiou Haou au bénéfice de M. et Mme A, sans que la valeur juridique des écrits des agents assermentés du service vérificateur et des observations des requérants n'aient une incidence sur cette preuve.
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 11 du livre des procédures fiscales : " A moins qu'un délai ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre aux demandes de renseignements, de justifications ou d'éclaircissements et, d'une manière générale, à toute notification émanant d'un agent de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification. ". Aux termes de l'article L. 57 du même livre : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition, prorogé, le cas échéant, dans les conditions prévues au deuxième alinéa de cet article. ".
11. Si l'administration fiscale ne peut, sans vicier la procédure d'imposition, mettre en recouvrement des impositions supplémentaires avant l'expiration du délai imparti au contribuable par l'article R. 57-1 du livre des procédures fiscales pour faire valoir ses observations, il lui est loisible de répondre, sans attendre l'expiration de ce délai, aux observations que le contribuable lui a adressées.
12. Il résulte de l'instruction que M. et Mme A ont réceptionné le 13 octobre 2018 une proposition de rectification n° 2120 du 12 octobre 2018. Par courrier du 24 octobre 2018, ils ont demandé la prorogation du délai de réponse de trente jours pour présenter des observations. M. et Mme A ont fait part de leurs observations par courrier du 23 novembre 2018, réceptionné le 26 novembre suivant. La réponse aux observations du contribuable du 7 décembre 2018 a été reçue le 10 décembre 2018 par M. et Mme A. Par courrier du 14 décembre 2018, l'administration fiscale leur a notifié les conséquences financières du contrôle, dont une version incomplète avait été jointe à la proposition de rectification du 12 octobre 2018, en précisant que cette notification leur ouvrait les mêmes droits et garanties que la proposition de rectification du 12 octobre 2018. Par courrier du 4 janvier 2019, M. et Mme A ont présenté des observations, auxquelles l'administration fiscale a répondu par courrier du 8 janvier 2019. Les impositions et cotisations supplémentaires en litige ont été mises en recouvrement le 30 avril 2019. Dans ces conditions, dès lors que mise en recouvrement n'est intervenue que postérieurement à l'expiration du délai de trente jours prévu par l'article R. 57-1 du livre des procédures fiscales, la circonstance que l'administration fiscale ait pu répondre à ces observations avant l'expiration de ce délai est sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition. Par suite, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que la procédure serait irrégulière en ce qu'elle méconnaîtrait les dispositions des articles L. 11, L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales concernant le respect des délais francs et légaux de trente et soixante jours pour présenter des observations et demandes à toutes notifications.
13. En deuxième lieu, d'une part, il résulte des dispositions des articles 109 et 111 du code général des impôts que toute somme qu'une société, entrant dans le champ d'application de l'impôt sur les sociétés, met à la disposition de l'un de ses associés et qui n'est la rémunération ni d'une prestation que celui-ci lui a faite, ni d'un service qu'il lui a rendu, ni d'un prêt qu'il lui a consenti a le caractère d'un revenu distribué, sans qu'il y ait lieu de rechercher si la société a été, ou non, effectivement soumise à l'impôt à raison de la somme dont s'agit. D'autre part, il est constant qu'en 2018, la société Mathiou Haou a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2016, et jusqu'au 31 décembre 2017 pour la taxe sur la valeur ajoutée Il ne résulte pas de l'instruction qu'une imposition supplémentaire d'impôt sur les sociétés aurait été notifiée à la société Mathiou Haou au titre de l'exercice clos en 2017 à la suite de ce contrôle. En tout état de cause, de tels moyens qui sont relatifs à la procédure d'imposition suivie à l'encontre de la société Mathiou Haou sont inopérants au regard des impositions personnelles établies au nom du contribuable. Dès lors, M. et Mme A ne peuvent utilement se prévaloir de l'absence de taxation à l'impôt sur les sociétés des sommes correspondant aux factures acquittées par la société Mathiou Haou ou de la mise en œuvre d'une vérification de comptabilité de la société Mathiou Haou avant la date limite de dépôt de la déclaration fixée au 3 mai 2018.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " I. - Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables. () ". Aux termes de l'article R. 13-1 du même livre : " Les vérifications de comptabilité mentionnées à l'article L. 13 comportent notamment : a) La comparaison des déclarations souscrites par les contribuables avec les écritures comptables et avec les registres et documents de toute nature, notamment ceux dont la tenue est prévue par le code général des impôts et par le code de commerce ; b) L'examen de la régularité, de la sincérité et du caractère probant de la comptabilité à l'aide particulièrement des renseignements recueillis à l'occasion de l'exercice du droit de communication, et de contrôles matériels. ".
15. M. et Mme A soutiennent que l'imposition contestée résulte d'un détournement de procédure en raison de la mise en œuvre irrégulière des dispositions des articles L. 13 et R. 13-1 du livre des procédures fiscales au titre des revenus de capitaux mobiliers. Dès lors que si la société Monviel pouvait faire l'objet d'une vérification de comptabilité en matière de taxe sur la valeur ajoutée, une telle procédure ne pouvait être mise en œuvre en matière de revenus de capitaux mobiliers. Cependant, il résulte de l'instruction que l'imposition entre les mains de M. et Mme A de revenus distribués résulte du contrôle de la société Mathiou Haou, soumise à l'impôt sur les sociétés, qui a fait l'objet d'une vérification de comptabilité. Or, il résulte des articles L. 13 et R. 13-1 du livre des procédures fiscales que la vérification de comptabilité est un ensemble d'opérations ayant pour objet d'examiner sur place la comptabilité d'une entreprise et de la confronter à certaines données de faits ou matérielles afin de contrôler les déclarations souscrites et d'assurer éventuellement les redressements nécessaires, qu'il s'agisse de revenus catégoriels soumis à l'impôt sur le revenu, d'impôt sur les sociétés, de taxes sur le chiffre d'affaires ou de droits d'enregistrement. Si l'administration, lors de la vérification de la comptabilité de la société Mathiou Haou, a corroboré les informations recueillies avec les éléments issus du contrôle de la société Monviel, elle n'a pas pour autant procédé à un contrôle de la comptabilité de la société Monviel en matière de revenus de capitaux mobiliers. Ce moyen sera donc écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
16. Il résulte des dispositions des articles 109 et 111 du code général des impôts que les recettes dissimulées sont présumées avoir été facturées toutes taxes comprises.
17. Il résulte de l'instruction que la société Mathiou Haou a acquitté au cours de l'année 2017, cinq factures de travaux émises à son nom par la société Vergne Frères et par la société Lalanne Charpente d'un montant de 75 036 euros toutes taxes comprises dont 12 506 euros de taxe sur la valeur ajoutée que la société Mathoui Haou a comptabilisée et déduite. Ainsi qu'il a été dit précédemment, les investigations menées par le service vérificateur ont révélé que ces factures correspondent à des travaux effectués non pas sur les biens immobiliers de la société Mathiou Haou mais sur une maison appartenant à la société Monviel et que les montants ainsi acquittés par la société Mathiou Haou au bénéfice d'une autre société constituaient, pour M. et Mme A, associés de cette société tierce, des revenus distribués imposables en leur nom pour un montant de 75 036 euros toutes taxes comprises au titre de l'année 2017. Il s'ensuit que l'administration a inclus à bon droit dans la base d'imposition de M. et Mme A au titre des revenus de capitaux mobiliers la somme correspondant au montant 12 506 euros de la taxe sur la valeur ajoutée sur les factures acquittées par la société Mathiou Haou en 2017 pour les travaux effectués sur la maison appartenant à la société Monviel.
En ce qui concerne les pénalités :
18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales : " La juridiction saisie peut, lorsqu'une erreur non substantielle a été commise dans la procédure d'imposition, prononcer, sur ce seul motif, la décharge des majorations et amendes, à l'exclusion des droits dus en principal et des intérêts de retard. / Elle prononce la décharge de l'ensemble lorsque l'erreur a eu pour effet de porter atteinte aux droits de la défense ou lorsqu'elle est de celles pour lesquelles la nullité est expressément prévue par la loi ou par les engagements internationaux conclus par la France. ".
19. Il résulte de ce qui précède qu'aucune erreur non substantielle au sens des dispositions de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales précitées ne peut être reprochée à l'administration dans le cadre de la procédure d'imposition personnelle de M. et Mme A. Par suite, M. et Mme A ne sont pas fondés à solliciter la décharge de l'ensemble des amendes, pénalités et majorations fiscales appliquées à l'exception des seuls intérêts de retard visés à l'article 1727 du code général des impôts sur le fondement de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales.
20. En second lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : () c. 80 % en cas de manœuvres frauduleuses () ".
21. Il résulte de l'instruction que les impositions supplémentaires en litige ont été assorties d'une majoration de 80 % pour manœuvres frauduleuses sur le fondement du c de l'article 1729 du code général des impôts pour les revenus de capitaux mobiliers. Il résulte des dispositions précitées de cet article que l'application des majorations qu'elles prévoient n'est pas subordonnée au dépôt effectif par M. et Mme A de la déclaration de revenus de capitaux mobiliers pour l'année 2017 mais à la soumission des revenus en litige à une obligation déclarative, comme en l'espèce, la déclaration d'ensemble des revenus ou la déclaration complémentaire des revenus, pour que les majorations soient susceptibles d'être appliquées. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, la société Mathiou Haou a transmis à l'administration fiscale deux factures falsifiées, à savoir une facture de travaux qui ne correspondait pas à celle établie par la société ayant réalisé les travaux et une facture mentionnant un autre lieu de chantier que celui où les travaux ont été réalisés. En outre, M. A est gérant aussi bien de la SCI Mathiou Haou que de la SCI Monviel, dont il détient, pour cette dernière, la quasi-totalité du capital, tandis que son épouse détient une part. Il résulte ainsi des faits qui viennent d'être rappelés que M. et Mme A ont mis en œuvre un procédé ayant pour but d'égarer l'administration dans l'exercice de son pouvoir de contrôle. M. A est directement bénéficiaire de cette manœuvre, qu'il ne pouvait bien entendu ignorer, en tant qu'associé de la SCI Monviel puisqu'il en est l'auteur. Dès lors, l'administration établit l'existence de manœuvres frauduleuses de nature à justifier, par application de l'article 1729 du code général des impôts, la majoration de 80 % dont ont été assorties les impositions supplémentaires en litige. Par suite, M. et Mme A ne sont pas fondés à demander la décharge totale de toutes majorations appliquées et visées à l'article 1729 du code général des impôts au titre de l'année 2017.
Sur les frais liés à l'instance :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A, à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
Z. CORTHIER
La présidente,
Signé
M. SELLES
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026