LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2101352

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2101352

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2101352
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS CANTIER ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 mai 2021 et le 30 novembre 2022, Mme D E, représentée par Me Ortholan, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Soorts-Hossegor à lui verser la somme de 60 000 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi du fait de sa chute survenue le 16 juin 2020 ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise judiciaire à fin d'évaluer le préjudice subi ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Soorts-Hossegor la somme de 3 000 euros à parfaire en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ; elle a joint à sa demande indemnitaire préalable du 25 janvier 2021 le rapport d'expertise daté du 21 décembre 2020 ;

- la matérialité des faits et le lien de causalité entre l'ouvrage public et les dommages qu'elle a subis sont établis, comme en attestent deux témoins directs de l'accident ;

- la responsabilité de la commune de Soorts-Hossegor est engagée à raison du caractère défectueux de la planche mal scellée qui a entraîné sa chute et du défaut d'entretien normal des planches recouvrant le chemin d'accès à la plage ; les photographies prises sur les lieux datent du 16 juin 2020 ; la commune n'établit pas que ses services techniques auraient réinstallé les planches avant l'accident ;

- elle subit un préjudice du fait de la fracture luxation carpo métacarpienne de la main gauche et de la fracture non déplacée du trochiter avec perforation de la distalité du sus épineux de l'épaule gauche, provoquées par sa chute ;

- elle subit un préjudice lié aux souffrances endurées ;

- elle subit un préjudice du fait de son déficit fonctionnel temporaire ;

- elle subit un préjudice d'agrément ;

- elle subit un préjudice d'anxiété ;

- aux termes du rapport d'expertise du médecin conseil daté du 21 décembre 2020, son état ne devait être consolidé qu'au cours du deuxième trimestre 2021 ; un second rapport d'expertise daté du 27 septembre 2021 a fixé la date de consolidation de son état au 30 juin 2021 ;

- son entier préjudice doit être réparé par l'allocation d'une somme de 60 000 euros, à parfaire ;

- dans le cas où le tribunal estimerait que les préjudices subis doivent être évalués dans le cadre d'une expertise judiciaire, il lui appartient d'ordonner une telle expertise et de mettre à la charge de la commune de Soorts-Hossegor les frais de cette expertise.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2021, la commune de Soorts-Hossegor, représentée par Me Layani-Amar, conclut, à titre principal, au rejet de la requête comme irrecevable, à titre subsidiaire, à son rejet comme infondée, à titre infiniment subsidiaire, au rejet des prétentions indemnitaires de la requérante, et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de Mme E une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est tardive ;

- à titre subsidiaire, aucun défaut d'entretien normal de l'ouvrage ne peut lui être reproché ; la requérante n'établit pas le lien de causalité entre l'ouvrage public, sa chute et les préjudices invoqués ;

- à titre infiniment subsidiaire, l'expertise réalisée à la demande de la requérante, non contradictoire, est incomplète, ne comporte aucune évaluation chiffrée et précise des préjudices, et montre que l'état de la requérante n'est pas consolidé.

Par lettre du 26 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de ce que l'instruction était susceptible d'être close par l'émission d'une ordonnance de clôture à compter du 1er décembre 2022.

Par ordonnance du 25 janvier 2023, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée en application des articles R. 613-1 et R. 611-11-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 juin 2020, alors qu'elle marchait sur le chemin couvert de planches en bois menant à la plage de Soorts-Hossegor, Mme E, alors âgée de 70 ans, a été victime d'une chute ayant entraîné une fracture luxation carpo métacarpienne de la main gauche. Mme E a subi une intervention chirurgicale le lendemain, ayant entraîné une ITT de 30 jours sauf complications, prolongée de 30 jours à compter du 20 juillet 2020. Des examens radiographiques complémentaires ont révélé, le 27 juillet 2020, une fracture non déplacée du trochiter avec perforation de la distalité du sus épineux de l'épaule gauche. Par une lettre du 26 août 2020, réceptionnée le 28 août 2020, Mme E a formé auprès de la commune de Soorts-Hossegor une demande indemnitaire préalable. Le silence gardé sur sa demande a fait naître une décision implicite de rejet dans le délai de deux mois. Le 2 décembre 2020, Mme E s'est soumise à une expertise médicale. Le 25 janvier 2021, elle a adressé à la commune de Soorts-Hossegor une nouvelle demande indemnitaire préalable, accompagnée du rapport d'expertise daté du 21 décembre 2020, notifiée le 29 janvier 2021. Le silence gardé sur sa demande a fait naître une décision implicite de rejet dans le délai de deux mois. Elle demande au tribunal de condamner la commune de Soorts-Hossegor à lui verser la somme de 60 000 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi du fait de sa chute survenue le 16 juin 2020 et, à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise judiciaire à fin d'évaluer le préjudice subi.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". L'article R. 421-2 du même code dispose : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. ". Aux termes de l'article L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. ".

3. La décision par laquelle une personne publique rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. En revanche, si, après l'expiration de ce délai de deux mois, la victime saisit le juge d'une demande indemnitaire portant sur la réparation de dommages causés par le même fait générateur, cette demande est tardive et, par suite, irrecevable. Il en va ainsi alors même que ce recours indemnitaire indiquerait pour la première fois les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages, ou invoquerait d'autres chefs de préjudice, ou aurait été précédé d'une nouvelle décision administrative de rejet à la suite d'une nouvelle réclamation portant sur les conséquences de ce même fait générateur. Il n'est fait exception à ce qui précède que dans le cas où la victime demande réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la décision administrative ayant rejeté sa réclamation. Dans ce cas, qu'il s'agisse de dommages relevant de chefs de préjudice figurant déjà dans cette réclamation ou de dommages relevant de chefs de préjudice nouveaux, la victime peut saisir l'administration d'une nouvelle réclamation portant sur ces nouveaux éléments et, en cas de refus, introduire un recours indemnitaire dans les deux mois suivant la notification de ce refus.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la première demande indemnitaire, présentée par la requérante le 26 août 2020, tendait à l'indemnisation du préjudice subi du fait de la fracture luxation carpo métacarpienne de la main gauche et de la fracture non déplacée du trochiter avec perforation de la distalité du sus épineux de l'épaule gauche, provoquées par la chute dont elle a été victime le 16 juin 2020, à concurrence de la somme globale de 50 000 euros au titre des douleurs endurées, du déficit fonctionnel temporaire, du préjudice d'agrément et du préjudice d'anxiété. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par la commune de Soorts-Hossegor dans le délai de deux mois. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'un accusé de réception comportant les mentions exigées par la réglementation, selon les modalités définies à l'article L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration, ait été remis à la requérante. Par suite, les délais de recours n'ont pas commencé à courir à son encontre et, à la date à laquelle elle a présenté une nouvelle demande indemnitaire, le 25 janvier 2021, la première décision implicite de rejet n'était pas définitive. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense par la commune de Soorts-Hossegor, tirée de la tardiveté de la requête, doit être écartée.

Sur la responsabilité :

5. Il appartient à la victime d'un dommage survenu à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public d'apporter la preuve du lien de causalité entre l'ouvrage public dont elle était usager et le dommage dont elle se prévaut. La collectivité en charge de l'ouvrage public peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.

6. Mme E soutient avoir chuté le 16 juin 2020 vers 10 heures, alors qu'elle marchait, en compagnie d'une cousine, sur un chemin formé de planches de bois disposées sur le sable pour accéder à une plage de la commune de Soorts-Hossegor (Landes). Elle fait état de ce qu'une planche s'est enfoncée sous le poids de sa cousine, provoquant un soulèvement de la planche du côté où elle marchait et contre laquelle elle a buté, entraînant sa chute. Elle produit notamment au dossier deux attestations de témoins. L'attestation de Mme C, cousine et accompagnatrice de Mme E, permet d'établir la matérialité des faits, corroborée par le témoignage de M. F, ami de la victime, qui venait de la croiser sur le chemin lorsque l'accident s'est produit et qui a appelé les secours. Le témoignage circonstancié de Mme C suffit, par ailleurs, à établir que Mme E est tombée alors qu'elle marchait sur le cheminement en planches, de telle sorte que le lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage dont elle se prévaut n'est pas utilement remis en cause par la commune.

7. Il résulte, en outre, de l'instruction, et notamment d'un premier jeu de photographies, prises le jour de l'accident selon les affirmations de Mme E que la commune ne contredit pas utilement, qu'une planche était descellée dans sa partie droite. L'autre jeu de photographies, prises quelques jours plus tard aux dires de la requérante sans être non plus utilement contredite, montre que cette planche a été enlevée. Si, comme le fait valoir la commune en défense, ces photographies ne suffisent pas à établir incontestablement qu'en posant le pied sur l'extrémité gauche de cette planche, Mme C a pu provoquer son soulèvement, entraînant la chute de Mme E, la commune de Soorts-Hossegor se borne à énoncer que ses services techniques avaient très récemment réinstallé ces chemins de planches et qu'il est " impensable " que l'une d'elle ait été posée sans avoir été scellée. Ce faisant, la commune, à qui il incombe de rapporter la preuve de l'entretien normal de l'ouvrage, ne produit aucun élément permettant de dater l'installation de ces planches ni, a fortiori, de confirmer la solidité de l'ouvrage. Enfin, s'il est constant que l'accident s'est déroulé en plein jour et qu'un piéton cheminant sur ce type de dispositif, nécessairement différent d'une chaussée ou d'un trottoir ordinaires quant aux conditions offertes pour la marche des passants, devait nécessairement prêter une attention particulière à ses irrégularités, il ne peut être reproché à la victime d'avoir fait preuve d'imprudence alors que le soulèvement d'une planche doit être regardé comme un danger excédant ceux dont les usagers du chemin doivent normalement se prémunir par une vigilance suffisante. Par suite, et dès lors que la commune de Soorts-Hossegor n'apporte pas la preuve qui lui incombe de l'entretien normal de l'ouvrage public, Mme E est fondée à rechercher sa responsabilité sur ce terrain.

Sur les préjudices :

8. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. ".

9. Il résulte de ce qui vient d'être dit au point 7 du présent jugement que Mme E, est en droit de prétendre à la réparation de l'ensemble des préjudices en lien direct et certain avec sa chute. Il résulte de l'instruction, en particulier des certificats médicaux des 19 juin 2020, du 23 et du 27 juillet 2020 que Mme E a souffert d'une fracture luxation carpo métacarpienne de la main gauche, pour laquelle elle a dû subir une intervention chirurgicale le 17 juin 2020 consistant en une réduction de la luxation, en une ostéosynthèse de la métacarpienne et en une arthrodèse temporaire carpo-métacarpienne. Cette intervention a entraîné une ITT de 30 jours, prolongée de 30 jours à compter du 20 juillet 2020. Des examens radiographiques complémentaires ont révélé, le 27 juillet 2020, une fracture non déplacée du trochiter avec perforation de la distalité du sus épineux de l'épaule gauche. Il résulte également de l'instruction que Mme E s'est soumise à une expertise médicale, de son propre chef, le 2 décembre 2020, aux termes de laquelle son état de santé n'était, alors, pas consolidé, et qu'elle présentait, en outre, un traumatisme psychologique. Enfin, la requérante a produit en cours d'instance un certificat établi, le 27 septembre 2021, par le praticien ayant mené l'expertise initiale, aux termes duquel l'état de Mme E est considéré comme consolidé le 30 juin 2021 mais qui énonce que les séquelles doivent être déterminées par une expertise. L'état du dossier ne permet pas au tribunal d'apprécier le quantum de l'ensemble des préjudices allégués par la requérante, notamment de déterminer les périodes et l'ampleur de l'incapacité temporaire, la date de consolidation des blessures, ainsi que l'ampleur de l'incapacité permanente éventuelle, des souffrances, du préjudice d'agrément et du préjudice d'anxiété.

10. Par suite, il y a lieu, avant qu'il soit statué sur les conclusions indemnitaires de Mme E, d'ordonner une expertise médicale et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 du dispositif du présent jugement. Il appartiendra notamment à l'expert d'évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent de Mme E en raison de son accident, et d'examiner l'importance et l'imputabilité des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux dont elle fait état, en lien avec l'accident. Par ailleurs, il appartiendra à Mme E de justifier des sommes qui lui ont déjà été versées pour l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'accident dont elle a été victime, notamment par la caisse primaire d'assurance maladie et par ses compagnies d'assurance.

Sur la mise en cause de la caisse primaire d'assurance maladie de Lot-et-Garonne :

11. Aux termes du huitième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, relatif au recours subrogatoire des caisses de sécurité sociale contre le responsable d'un accident ayant entraîné un dommage corporel : " L'intéressé ou ses ayants droit doivent indiquer, en tout état de la procédure, la qualité d'assuré social de la victime de l'accident ainsi que les caisses de sécurité sociale auxquelles celle-ci est ou était affiliée pour les divers risques. Ils doivent appeler ces caisses en déclaration de jugement commun ou réciproquement () ". Il appartient au juge administratif, qui dirige l'instruction, d'assurer, en tout état de la procédure, le respect de ces dispositions. Ainsi, le tribunal administratif, saisi par la victime ou par la caisse d'une demande tendant à la réparation du dommage corporel par l'auteur de l'accident, doit appeler en la cause, selon le cas, la caisse ou la victime.

12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'appeler en la cause la caisse primaire d'assurance maladie de Lot-et-Garonne.

Sur les frais liés au litige :

13. Il n'y a pas lieu, en l'état de l'instruction, de faire droit aux conclusions des parties tendant à la prise en charge de leurs frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La caisse primaire d'assurance maladie de Lot-et-Garonne est appelée dans la cause.

Article 2 : Il sera, avant de statuer sur les conclusions indemnitaires de la requête de Mme E, procédé, par un expert désigné par le président du tribunal administratif, à une expertise avec mission pour l'expert de :

1°) se faire communiquer les documents médicaux utiles à sa mission, examiner Mme E et décrire son état actuel ;

2°) préciser dans quelle mesure l'état actuel de Mme E est imputable aux séquelles de la chute dont elle a été victime le 16 juin 2020 ;

3°) indiquer les soins, traitements et interventions dont Mme E a fait l'objet à la suite de cette chute ainsi que les soins, traitements et interventions éventuellement prévisibles ; le cas échéant, décrire les soins futurs et les aides techniques compensatoires au handicap (prothèse ou appareillage spécifique) en précisant la fréquence de leur renouvellement ;

4°) dire si l'état de Mme E a entraîné une incapacité temporaire et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;

5°) indiquer à quelle date l'état de Mme E peut être considéré comme consolidé ; préciser s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer si, dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible et en évaluer l'importance ;

6°) dire si l'état de Mme E est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;

7°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice d'agrément, préjudice d'anxiété) et le cas échéant, en évaluer l'importance ;

8°) dire si l'état de Mme E a justifié la présence d'une tierce personne ; fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal.

Article 3 : L'expertise aura lieu en présence de Mme E, de la caisse primaire d'assurance maladie de Lot-et-Garonne, et de la commune de Soorts-Hossegor.

Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal.

Article 5 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 6 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 7 : L'expert communiquera un pré-rapport aux parties, en vue d'éventuelles observations, avant l'établissement de son rapport définitif. Il déposera son rapport au greffe en deux exemplaires. Des copies de son rapport seront notifiées par l'expert aux parties. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 8 : Il sera statué sur la charge définitive de ces frais d'expertise en fin d'instance.

Article 9 : Mme E communiquera au tribunal tous éléments permettant de déterminer la nature et le montant des sommes qui lui ont été déjà versées pour l'indemnisation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'accident dont elle a été victime, notamment par la caisse primaire d'assurance maladie et par ses assureurs.

Article 10 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 11 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à la commune de Soorts-Hossegor et à la caisse primaire d'assurance maladie de Lot-et-Garonne.

Copie en sera transmise à l'expert désigné par la présidente du tribunal.

Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Beneteau, première conseillère,

Mme Neumaier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

La rapporteure,

Signé

A. B

La présidente,

Signé

M. A La greffière,

Signé

P. SANTERRE

La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions