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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2101575

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2101575

mercredi 27 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2101575
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE 1
Avocat requérantMOYAERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 16 juin 2021 et le 29 décembre 2021, la société anonyme Finamur, représentée par Me Moyaert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la taxe foncière doit être calculée selon la méthode comptable visée à l'article 1498 du code général des impôts, l'activité exercée par la société Sajous Pierre n'étant pas de nature industrielle mais artisanale ;

- le montant de la taxe foncière au titre des années 2019 et 2020 est disproportionné par rapport à celui de l'année 2018 qui s'élevait à 3 201 euros ;

- elle n'a pas été en mesure de prendre connaissance des bases d'imposition retenues et des modalités de calcul de la taxe foncière.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 20 décembre 2021 et 21 février 2023, la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclue au non-lieu à statuer à concurrence des dégrèvements accordés et au rejet du surplus des conclusions.

Elle fait valoir que le moyen selon lequel le local dont la société est requérante est propriétaire ne peut être qualifié d'établissement industriel est admis. Elle soutient cependant que la société requérante demeure imposable à la taxe foncière au titre des années 2019 et 2020 pour des montants respectifs de 6 161 euros et 6 177 euros, à raison du local qui doit être évalué selon la méthode par comparaison prévue à l'article 1498 du code général des impôts.

Par un courrier du 14 mars 2023, la société anonyme Finamur a été invitée à confirmer le maintien de sa requête dans le délai d'un mois en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.

Par un courrier, enregistré le 30 mars 2023, elle a confirmé le maintien de sa requête.

Par une ordonnance du 9 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme A, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience :

- le rapport de Mme A.

- les conclusions de Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. La société anonyme Finamur donne en crédit-bail un immeuble situé à Beaucens à la société par action simplifiée Sjaous Pierre qui y exerce une activité de production de charcuteries, salaisons et plats cuisinés. La société anonyme Finamur a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2019 et 2020. Elle a contesté cette imposition par une réclamation en date du 17 novembre 2020, laquelle a été rejetée par l'administration fiscale le 25 mai 2021. La société anonyme Finamur demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures, de prononcer le dégrèvement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020.

Sur l'étendue du litige :

2. Par deux décisions en date du 20 décembre 2021 et du 20 février 2023, postérieures à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2019 et 2020, pour des montants de 44 885 euros et 6 499 euros, pour les locaux dont la société anonyme Finamur est propriétaire à Beaucens. Les conclusions de la requête tendant au dégrèvement de la cotisation de taxe foncière au titre des années 2019 et 2020 sont, à concurrence de ces dégrèvements, devenues sans objet.

Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :

2. En premier lieu, la requérante soutient que la taxe foncière doit être calculée selon la méthode comptable visée à l'article 1498 du code général des impôts, l'activité exercée par la société Sajous Pierre n'étant pas de nature industrielle mais artisanale. Il résulte de l'instruction, et notamment des écritures en défense, que l'administration a admis ce moyen et prononcé un dégrèvement en cours d'instance après application de la méthode comptable visée à l'article 1498 du code général des impôts. Après dégrèvement, les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties s'élèvent à 2 870 euros au titre de l'année 2019, 2 969 euros au titre de l'année 2020. Elle s'élevait à 3 201 euros pour 2018, année au titre de laquelle la base d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties avait été calculée sur le fondement de l'article 1498 du code général des impôts. Dès lors, le moyen soulevé est inopérant.

3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier qu'à l'issue des deux dégrèvements auxquels a procédé l'administration fiscale, la société Finamur doit s'acquitter de la somme de 2 870 euros au titre de l'année 2019 et de la somme de 2 969 euros au titre de l'année 2020. Aucune disposition législative ou règlementaire ne prévoit une notification personnelle et préalable à chaque redevable des éléments d'appréciation ayant conduit à la fixation par l'administration des bases d'imposition. En tout état de cause, la société requérante a pu prendre connaissance, dans le cadre de la présente instance, au travers des pièces produites par l'administration, des divers éléments relatifs à l'établissement de l'imposition contestée. Il en résulte que le moyen tiré du défaut de communication des bases d'imposition retenues et des modalités de calcul des cotisations de taxe foncière au titre des années 2019 et 2020, lesquelles n'apparaissent pas disproportionnées par rapport à celle de l'année 2018 à la suite des dégrèvements accordés en cours d'instance, ne peut qu'être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par la société anonyme Finamur doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société anonyme Finamur, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de la requête de la société anonyme Finamur à concurrence des dégrèvements de 44 885 euros (quarante-quatre mille huit cent quatre-vingt-cinq euros) et 6 499 euros (six mille quatre cent quatre-vingt-dix-neuf euros) prononcés par le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conformément au point 2 du présent jugement.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société anonyme Finamur est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Finamur et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2023

La magistrate désignée,

Signé : M. ALa greffière,

Signé : M. B

La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances, et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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