mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2101890 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL MALTERRE - CHAUVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 juillet 2021 et le 22 août 2022, M. A C, représenté par Me Malterre, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 11 916 euros en réparation de son préjudice ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été destinataire d'un courrier du 11 septembre 2020 de l'agence de services et de paiement lui demandant le remboursement d'un trop-perçu d'un montant de 11 916 euros pour avoir cumulé la prime mesures agroenvironnementales et climatiques dite prime MAEC et la prime en faveur de l'agriculture biologique dite BIO alors que les services de la direction départementale des territoires du Gers ont validé deux années de suite ses demandes de primes dans le cadre de la politique agricole commune au titre des années 2017 et 2018 ; les services de la direction départementale des territoires du Gers ont commis une faute ayant généré un préjudice financier à son encontre et qui est, dès lors, de nature à engager la responsabilité de l'Etat pour défaut de contrôle de ses demandes de primes révélateur d'un dysfonctionnement des services de l'Etat ; les primes BIO et MAEC ne peuvent être perçues qu'après validation du dossier de demande par les services de la direction départementale des territoires ;
- son préjudice financier est certain dès lors que tout son projet d'acquisition de sa seconde exploitation en 2017 a été bâti en intégrant un financement qui n'existe plus et qu'il doit de surcroît rembourser ; le prévisionnel présenté à la banque pour obtenir un prêt destiné à financer l'achat incluait le bénéfice des deux primes ;
- il a, en toute transparence et en toute bonne foi, sur le fondement des renseignements donnés par les services de la direction départementale des territoires du Gers, sollicité l'octroi des deux primes et ne peut dès lors être tenu pour responsable de la validation de ses dossiers par ces services ; il ne peut lui être reproché de ne pas savoir que les règles d'instruction des dossiers évoluent non pas parce que la réglementation évolue mais parce que le logiciel de traitement des dossiers évolue.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le préfet du Gers conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la faute de l'Etat n'est pas contestée dès lors que l'État a versé la somme de 5 958 euros par erreur pour chacune des campagnes 2017 et 2018 alors qu'en application des règles de non-cumul des aides de conversion à l'agriculture biologique et des mesures agroenvironnementales et climatiques, ces sommes n'auraient pas dû être versées au requérant ;
- si la faute de l'Etat est reconnue, les deux autres conditions d'engagement de la responsabilité de l'Etat, à savoir le préjudice et le lien direct de causalité, ne sont pas remplies ;
- l'Etat ayant versé des sommes indues, il ne peut y avoir préjudice ; au contraire le demandeur a bénéficié d'un avantage indu, sous la forme de cette somme qui a augmenté temporairement sa trésorerie, qu'il lui a été demandé de restituer ; le demandeur a ainsi bénéficié de l'équivalent d'un prêt à taux zéro, aucun intérêt ne lui ayant été réclamé pour la période où les sommes ont été à sa disposition ;
- un professionnel averti aurait dû savoir que le cumul des deux aides n'était pas possible, ce que précise l'instruction technique encadrant les aides mesures agroenvironnementales et climatiques et de conversion à l'agriculture biologique parue le 10 décembre 2015 qui est un document public accessible au demandeur ; en demandant le bénéfice des deux aides dont il ne pouvait ignorer qu'elles n'étaient pas cumulables, c'est le demandeur lui-même qui a causé la situation présente et non pas l'État dont le rôle est limité à l'instruction des demandes ; cette faute du demandeur est de nature à exonérer totalement l'Etat de sa responsabilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Corthier ;
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, exploitant agricole dans le département du Gers, possède une exploitation comprenant une zone humide. Dans le cadre de la mesure agroenvironnementale et climatique de la campagne d'aides de la politique agricole commune de 2015, il s'est engagé à maintenir des systèmes herbagers et pastoraux jusqu'en 2019. En 2017, il a acquis une seconde exploitation faisant l'objet d'un engagement en conversion pour l'agriculture biologique depuis 2013 pour une durée de cinq ans. Il a demandé en 2017, 2018 et 2019, le bénéfice des aides de mesure agroenvironnementale et climatique et des aides en faveur de l'agriculture biologique au titre de ses deux exploitations agricoles. Ses demandes au titre des années 2017 et 2018 ont reçu une suite favorable. Pour la campagne 2017, il a perçu la somme de 5 960,79 euros au titre de l'aide de la mesure agroenvironnementale et climatique le 6 décembre 2018 et la somme de 5 958 euros au titre de l'aide en faveur de l'agriculture biologique le 21 mars 2019. Pour la campagne 2018, une aide en faveur de l'agriculture biologique d'un montant de 5 958 euros et une aide de la mesure agroenvironnementale et climatique d'un montant de 2 009,54 euros lui ont été versées respectivement les 18 juillet 2019 et 26 mars 2020. Sa demande au titre de la campagne 2019 a été rejetée par décision de la présidente de la région Occitanie et du préfet du Gers du 11 mai 2020. Par courrier du 11 septembre 2020, l'agence de services et de paiement a demandé à M. C le remboursement d'un trop-perçu d'un montant de 9 332,13 euros et lui a notifié deux ordres de recouvrer d'un montant de 5 958 euros respectivement au titre de l'année 2017 et de l'année 2018. Par courrier du 19 mai 2021, réceptionné le 20 mai 2021, M. C a demandé le remboursement de la somme de 9 332,13 euros. Cette demande étant restée sans réponse, il demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 11 916 euros en réparation de son préjudice.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. Il n'est pas contesté qu'en accordant le bénéfice de l'aide en faveur de l'agriculture biologique d'un montant de 5 958 euros au titre des campagnes 2017 et 2018 alors que le requérant ne pouvait prétendre au bénéfice de cette aide en cumul avec l'aide de la mesure agroenvironnementale et climatique, le préfet du Gers a entaché ses décisions d'une illégalité fautive susceptible d'engager la responsabilité de l'Etat.
En ce qui concerne la réparation :
3. D'une part, il résulte de l'instruction que, pour la campagne 2017, M. C a bénéficié de la somme de 63 702,33 euros au titre des aides de la politique agricole commune mais en raison du trop-perçu de 5 958 euros correspondant à l'aide en faveur de l'agriculture biologique, cette somme a été ramenée à la somme de 57 744,33 euros et que, pour la campagne 2018, il a bénéficié d'aides d'un montant global de 58 117,57 euros mais en raison du trop-perçu de 5 958 euros de l'aide en faveur de l'agriculture biologique ainsi que de la modification du montant d'autres aides, il n'a perçu effectivement que 54 743,44 euros soit 3 374,13 euros de différence. En remboursement de son trop-perçu, la somme de 461,08 euros et celle de 8 871,05 euros ont été soustraites du montant d'aides versé respectivement le 9 septembre 2020 et le 16 octobre 2020. Par ailleurs, il est constant que la seconde exploitation acquise par le requérant faisait l'objet d'un engagement en conversion pour l'agriculture biologique depuis 2013 pour une durée de cinq ans, soit jusqu'en 2018. D'autre part, si M. C soutient que l'illégalité fautive des décisions en litige des services préfectoraux serait à l'origine d'un préjudice financier dès lors qu'il aurait acquis une seconde exploitation agricole grâce à un financement bancaire intégrant le bénéfice de l'aide en faveur de l'agriculture biologique, il ne produit aucun élément justifiant de la réalité et de l'étendue du préjudice dont il demande réparation, ni des modalités de financement bancaire de l'acquisition de cette seconde exploitation et des conséquences du retrait des aides en faveur de l'agriculture biologique sur ces modalités. Par suite, le préjudice financier allégué par le requérant n'est pas établi.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'indemnisation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
6. Par ailleurs, à défaut de dépens engagés en l'espèce, les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne pourront également qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A C et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Copie en sera adressée au préfet du Gers.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Crassus, conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
Z. CORTHIER
La présidente,
Signé
M. SELLES
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026