lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102033 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS SEBAN NOUVELLE-AQUITAINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2021, la commune de Bidart, représentée par Me Simon, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de condamner solidairement la société SNEGSO, devenue Ramery bâtiment et le groupement conjoint composé des sociétés BDM architectes, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, CER3i, Climelec, J2C Ingénierie, RFR éléments et DetH paysages, sur le fondement de la garantie décennale à lui verser la somme de 86 981,73 euros au titre des travaux réparatoires assortis des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;
2°) de condamner les mêmes constructeurs et intervenants à lui verser la somme de 14 962, 06 euros correspondant aux frais d'expertise ;
3°) de mettre à la charge de chaque constructeurs et intervenants mentionnés la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les désordres affectant les centrales de traitement de l'air (CTA) se sont manifestés très rapidement après leur installation et continue de créer des nuisances sonores. Même si l'expert ne conclut pas que les nuisances sonores et la mauvaise installation des trappes ou leur absence rendent impropre à sa destination l'équipement, il constate que les nuisances sonores sont importantes. Ces désordres sont de nature à rendre impropre à son usage eu égard à la destination particulière du bâtiment dont l'objet est d'accueillir du jeune public ;
- le montage de cinq CTA est inversé ce qui rend difficile leur entretien, afin de pouvoir pallier cette erreur technique, des trappes et des modifications du tracé du circuit de gaine a dû être réalisées ;
- les cartes électroniques se sont révélées défectueuses envoyant ainsi de nombreux messages d'erreur en 2019 et indiquant des températures erronées, la commune a dû commander une nouvelle sonde ;
- les désordres sont également constitués par une valeur des débits obtenus et un fonctionnement aléatoire des CTA ;
- les fortes températures ressenties dans les locaux en été alors que contractuellement il était prévu que le bâtiment devait faire l'objet d'une démarche HQE non certifié rend l'ouvrage impropre à sa destination et constitue un défaut de conception et de suivi de l'exécution des travaux ; des désordres affectent le chauffage dans les classe, comme le pointe l'expert dans son rapport le sens des flux est inversé de sorte que le débit d'air qui doit passer dans le ventilo-convecteur pour le chauffage de la salle n'est pas respecté, par conséquent la fonction de chauffage n'est pas assurée ce qui rend la classe impropre à son usage en cas de températures basses ;
- l'erreur de montage lors de l'installation crée un soufflage froid en hiver à la place de chauffage ;
- l'ensemble de ces désordres rendent l'ouvrage impropre à sa destination ;
- dans ces conditions, les désordres résultent tant d'un défaut de conception de l'ouvrage en cause que d'une mauvaise exécution du marché, les travaux ayant été entrepris par la société SNEGSO devenue Ramery bâtiment (qui a sous-traité à Ayphassorho) n'ont pas été réalisées dans les règles de l'art et engagent la responsabilité de la société SNEGSO ;
- la responsabilité du groupement conjoint dont la société BDM architectes est mandataire solidaire est engagée pour défaut de suivi dans les travaux exécutés ;
- la responsabilité du groupement conjoint dont la société BDM architectes est mandataire solidaire est engagée pour défaut de suivi dans les travaux exécutés ;
- le montant des préjudices est constitué du montant des travaux réparatoires et des dépenses supplémentaires engagées pour pallier les dysfonctionnements afin que l'école poursuive son fonctionnement, les montants se décomposent comme suivant :
- 7 076,40 euros correspondant aux travaux de reprise de l'installation des CTA pour réduire les nuisances sonores ;
- le coût de la reconstitution des trappes afin de pouvoir accéder correctement aux CTA et d'assurer leur maintenance s'élève à 13 472,64 euros auquel doit s'ajouter 5 000 euros pour les prestations d'un bureau d'étude ;
- les travaux de reprise des flux d'air inversé nécessitent la dépense de 9 368,11 euros ;
- la somme de 227,52 euros et la pose du monteur pour inverser les grilles ;
- la prestation de configuration des cartes électroniques correspond à un montant de 1 417,06 euros ;
- la somme de 30 000 euros correspondant au préjudice et aux solutions compensatrices comme l'achat de ventilateurs ou de climatisation ;
- 20 000 euros au titre du préjudice immatériel soit un total de 86 981,73 euros. Ainsi la commune est fondée à demander la condamnation des sociétés à ce montant.
Par deux mémoires en intervention, enregistrés le 4 juillet 2022 et le 20 novembre 2023, la SMABTP, représentée par Me Huerta, demande au tribunal :
- à titre principal de rejeter la requête et de mettre à la charge de la commune de Bidart la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, de limiter le montant de travaux réparatoires à la somme de 33 158,21 euros correspondant au chiffrage de l'expert, de limiter l'imputabilité de la société Ayphassorho à 20 % du montant des travaux correspondant à la somme de 6 631,64 euros et de condamner solidairement les sociétés Climetec, Airtech, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, Patriarche venant aux droits de la société BDM architectes et Aia Ingénierie venant aux droits de la société CER3i, à la garantir et à la relever indemne de toutes condamnations qui seraient susceptibles d'être prononcées à son encontre.
Elle soutient que son intervention est recevable dès lors qu'elle était l'assureur de la société Ayphassorho Pays basque, intervenant en tant que sous-traitant de la société SNEGSO aux droits de laquelle est venue la société Ramery bâtiment, dans l'exécution du sous-lot A08 " chauffage-VMC-sanitaires-plomberie ", et qu'elle est fondée à demander à titre principal le rejet de la requête et à titre subsidiaire de limiter la condamnation de la société et d'appeler en garantie les constructeurs.
Par un mémoire, enregistré le 5 juillet 2022, la société France Air, représentée par la Me Beaumont, conclut :
1°) à sa mise hors de cause ;
2°) au rejet de toutes demandes dirigées à son encontre ;
3°) à ce que soit mis à la charge de la commune de Bidart ou toutes parties succombantes à lui verser la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- aucune imputabilité n'a été reconnu à son encontre et l'expert judiciaire a exclu sa mise en cause ;
- dès lors qu'aucune demande n'est sollicitée à son encontre, sa mise en cause est injustifiée ;
- la conclusion reconventionnelle au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est recevable et fondée.
Par un mémoire, enregistré le 4 août 2022, la SAS Ramery bâtiment, venant aux droits de la société SNEGSO, représentée par la SARL de Tassigny-Cachelou, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la commune de Bidart la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la condamnation soit limitée à la somme maximale de 33 158,21 euros toutes taxes comprises et à ce que les sociétés Ayphassorho pays basque et Airtech soient condamnées à la garantir et à la relever indemne de toutes condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre.
Elle soutient que :
- les désordres ne revêtent pas de caractère décennal ;
- la commune soulève des désordres dont l'expert n'a pas pointé leur dysfonctionnement, elle ne justifie pas que les dysfonctionnements seraient de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination ;
- les désordres qui ne présentent qu'un caractère éventuel ne relèvent pas de la garantie décennale (CAA Nantes 6 juin 2001 98NT02455) ; aucun dysfonctionnement n'a entraîné la fermeture du groupe scolaire ou du centre de loisirs, aucune plainte du personnel ou des parents d'élèves n'est versé alors que les dysfonctionnement durent depuis dix ans ; aucun relevé de température n'a été effectué par l'expert ou par la commune de sorte que les températures excessives ou froides dans le bâtiment ne sont pas établies ;
- les désordres liés au dysfonctionnement des CTA et créant des nuisances sonores ne sont pas établis par la commune, par ailleurs l'expert ne retient pas le désordre : les CTA disposés dans les combles ne créent pas de nuisances dans les classes, seul le CTA 01 dépasse un volume sonore au-delà des obligations sonores mais cette mesure a été prise au droit de la sortie de la centrale de l'air rejeté et n'est donc pas cohérent ; le montage inversé des CTA, la défectuosité des cartes électroniques et les débits ou fonctionnement aléatoires des CTA ne rendent pas l'ouvrage impropre à sa destination, au pire les agents techniques de la maintenance doivent enjamber la centrale pour accéder aux filtres ; l'inversion des gaines d'air froid et d'air soufflé chaud ne rend pas plus l'ouvrage impropre à sa destination comme le rapporte l'expert ;
- les désordres constatés existaient déjà à la réception de l'ouvrage de sorte que les dysfonctionnements ne revêtent pas le caractère de décennal puisque la commune ne les a pas signalés alors que c'était connu ; l'absence de réserve à la réception des travaux pourtant les désordres déjà apparents auraient dû être signalés par le bureau d'étude Climelec ;
- les désordres ne lui sont pas imputables ;
- le défaut d'entretien est de nature à exonérer au moins partiellement les constructeurs de leur responsabilité (CE 6 mars 2002 n° 57782), or le contrat de maintenance a été signé qu'à partir du 16 décembre 2016 soit quatre années après la mise en service alors que l'expert a relevé que les dysfonctionnements et les désordres constatés relevaient de l'entretien et ou de la maintenance de l'ouvrage de sorte que ces manquements constituent une faute caractérisée de la part de la commune ; ainsi la faute de la commune exonère la société Ramery bâtiment de toute responsabilité ;
- le montant des préjudices n'est pas justifié par la commune ni en ce qui concerne des dépenses engagées pour les solutions compensatrices, ni en ce qui concerne des travaux réparatoires, ni le préjudice de jouissance, de sorte que le préjudice sollicité à hauteur de 20 000 euros n'est pas justifié ;
- la société a confié à la société Ayphassorho Pays basque l'exécution du sous lot 08 " chauffage-VMC-sanitaires-plomberie ", l'agrément de sous-traitance a été par ailleurs signé le 24 mars 2011, cette dernière a confié à la société Airtech les travaux de ventilation et à la société Lamarthem les prestation informatique : l'expert n'impute aucune responsabilité à la société Ramery bâtiment mais seulement à la société Ayphassorho de sorte que la société est fondée à appeler en garantie la société Ayphassorho.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2023, les sociétés Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, la SAS Patriarche venant aux droits de la SAS BDM architectes, la SAS AIA Ingénierie venant aux droits de la société CER3i, représentées par Me Velle-Limonaire, concluent :
- à titre principal au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire à ce que les sommes allouées à la commune de Bidart soient limitées aux travaux de reprise soit à la somme de 33 158,21 euros toutes taxes comprises ;
- à ce que les sociétés Climelec, Ayphassorho Pays basque et son assureur la SMABTP, Airtech soient condamnées à les garantir et relever de toutes condamnations susceptibles d'être prononcées à leurs encontre ;
- en tout état de cause à ce que soit mis à la charge des parties succombantes le versement de la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- l'expert indique qu'il a pu remettre l'installation en service sans qu'aucune pièce ne soit changée ;
- de nombreux désordres dénoncés par la commune ne sont pas retenus par l'expert pour plusieurs raisons à savoir l'inexistence ou la disparition ou encore leur réparation ou apparition tardive ;
- les seules entreprises dont la responsabilité est imputable sont la société Airtech, la société Ayphassorho et la société Climelec ; les désordres constatés ne sont que des désordres de mises en œuvre leur constat est technique et ne peut être fait que par l'entreprise qui a commis la malfaçon, Airtech, par l'entreprise qui a fait la mise en service et les essais, Ayphassorho et par le Bet Climalec qui a suivi le chantier ;
- le travaux de reprise s'élèvent à 33 158,21 euros toutes taxes comprises alors que la commune sollicite la somme totale de 86 981,73 euros ;
- l'indemnisation pour préjudice de jouissance sollicitée par la commune n'est pas justifiée ;
- elles sont fondées à appeler en garantie les sociétés Climelec, Ayphassorho Pays basque et son assureur la SMABTP et Airtech sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle.
Un mémoire présenté par la commune de Bidart, représentée par Me Simon, a été enregistré le 12 janvier 2024.
Par une décision en date du 13 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 janvier 2024.
Les parties ont été informées, le 30 mai 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés de :
- l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions formées par Ramery bâtiment, venant aux droits de la SNEGSO contre la société Ayphassorho, sous-traitant ;
- l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions formées par le groupement conjoint de maîtrise d'œuvre à l'encontre de la SMABTP ;
- l'irrecevabilité des conclusions d'appels en garantie dirigées à l'encontre de la société Airtech dès lors qu'elle n'avait plus d'existence juridique à la date des demandes présentées par les parties en défense ;
- et de l'irrecevabilité des conclusions en intervention volontaire de l'assureur SMABTP.
Un mémoire en réponse aux moyens d'ordre public, présenté par la SMABTP a été enregistré et communiqué le 3 juin 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance de taxation du tribunal administratif de Pau du 28 avril 2020.
Vu :
- le code civil ;
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus,
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique,
- les observations de Me Jacquier, représentant la commune de Bidart,
- les observations de Me Cachelou, représentant de la SAS Ramery bâtiment,
- et Mme D, directrice de la société Inéo Aquitaine.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement du 29 mars 2010, la commune de Bidart a confié au groupement conjoint, composé de la société Patriarche venue aux droits de la société BDM architectes, mandataire, de la société Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, de la société Aia Ingénierie venue aux droits de CER3i , de la société J2S, de la société RFR éléments, de la société DetH paysages et au bureau d'étude Climelec, la maîtrise d'œuvre des travaux de construction d'un groupe scolaire et périscolaire nommé Jean Jaccachoury comportant une école maternelle et une école primaire. Le marché public des travaux a été confié à la société SNEGSO devenue Ramery bâtiment concernant les prestations chauffage, ventilation mécanique contrôlée, plomberie et sanitaire. Les sociétés Ayphassorho, Eit Sud-Ouest, Airtech et Lamatherm sont intervenues en qualité de sous-traitantes. Les travaux ont été réceptionnés le 19 août 2011 avec réserves sans lien avec le litige. Par ordonnance du 27 mars 2019, une expertise a été diligentée et confiée à M. A C. Ce dernier a déposé son rapport le 29 avril 2020. Par sa requête, la commune de Bidart demande au tribunal de condamner in solidum sur le fondement de la garantie décennale, la société SNEGSO, devenue Ramery bâtiment et le groupement conjoint composé des sociétés BDM architectes, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, CER3i, Climelec, J2C Ingénierie, RFR éléments et DetH paysages à lui verser la somme de 86 981,73 euros euros au titre des travaux réparatoires et des préjudices subis.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
En ce qui concerne les conclusions d'appel en garantie formées par las société SNEGSO devenue Ramery bâtiment :
2. Le litige né de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux relève de la compétence de la juridiction administrative, quel que soit le fondement juridique de l'action engagée, sauf si les parties en cause sont unies par un contrat de droit privé. La société SNEGSO devenue Ramery bâtiment, a formé des conclusions d'appel en garantie à l'encontre de son sous-traitant la société Ayphassarho PB. La société SNEGSO ne peut exercer d'action à l'encontre de son sous-traitant sur un autre fondement que le fondement contractuel. Or,alors même qu'il est relatif à l'exécution de travaux publics, ce contrat, conclu entre deux personnes privées, présente le caractère d'un contrat de droit privé. Par suite, les conclusions d'appel en garantie formées par la société SNEGSO devenue Ramery bâtiment à l'encontre de son sous-traitant sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la SMABTP :
3. Il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par l'assureur d'une personne privée au titre des obligations de droit privée nées d'un contrat d'assurance, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative. Dans ces conditions, les conclusions du groupement de maîtrise d'œuvre tendant à appeler en garantie la compagnie SMABTP, en sa qualité d'assureur de la société Ayphassorho, sont relatives à l'exécution d'obligations de droit privé entre une entreprise et son assureur et échappent dès lors à la compétence de la juridiction administrative. Par suite, les conclusions d'appel en garantie formée par certains membres du groupement de maîtrise d'œuvre à l'encontre de la SMABTP sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la société Airtech :
4. La société Airtech, inscrite au registre du commerce et des sociétés de Bayonne a été placée en liquidation judiciaire et radiée dudit registre le 19 septembre 2018 avec un effet au 17 septembre 2018 selon le jugement du tribunal de commerce de Bayonne du 17 septembre 2018. Dès lors que cette société a complètement disparu le 19 septembre 2018, les conclusions d'appel en garantie de certains membres du groupement de maîtrise d'œuvre dirigées à son encontre sont ainsi irrecevables comme étant dépourvues d'objet.
Sur la recevabilité de l'intervention de la SMABTP :
5. Dans les litiges de plein contentieux, sont seules recevables à former une intervention les personnes qui peuvent se prévaloir d'un droit auquel la décision à rendre est susceptible de préjudicier. L'assureur d'un constructeur dont la responsabilité en matière de travaux est recherchée par le maître de l'ouvrage n'est pas recevable à intervenir en cette qualité devant le juge administratif saisi du litige, dès lors que la décision juridictionnelle à intervenir n'est pas de nature à préjudicier à ses droits. Par suite, la SMABTP est irrecevable en son intervention.
Sur la mise hors de cause de la société France Air :
6. Alors que la commune de Bidart ne sollicite aucune condamnation à l'encontre de la société France Air, cette dernière a été appelée en la cause dès lors qu'elle a été attraite au contradictoire de l'expertise. Si la société France Air a bien participé à la construction de l'ouvrage, aucun désordre ne lui est imputable. Par suite, il convient de faire droit à la demande de la société France Air et de la mettre hors de cause.
Sur la responsabilité décennale des constructeurs :
7. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans, sans qu'il soit nécessaire que ces désordres revêtent un caractère général et permanent. En application de ces principes, est notamment réputé constructeur de l'ouvrage tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
8. Il incombe au juge administratif, lorsqu'est recherchée devant lui la garantie décennale des constructeurs, d'apprécier, au vu de l'argumentation que lui soumettent les parties sur ce point, si les conditions d'engagement de cette responsabilité sont ou non réunies et d'en tirer les conséquences, le cas échéant d'office, pour l'ensemble des constructeurs.
En ce qui concerne le caractère décennal des désordres :
9. Il résulte de l'instruction notamment du rapport d'expertise que les désordres d'une part, sonores issus de la centrale de traitement de l'air n° 1 dépassent de 15 décibels les valeurs limites réglementaires de l'émergence globale. Ces nuisances sonores, alors même que la centrale est placée en dehors de la salle, sont dues à un élément d'équipement indissociable de l'ouvrage et sont subis par les élèves et le personnel. Si elles n'empêchent pas le fonctionnement de l'école, elles bouleversent néanmoins l'usage de la salle de repos qui est ainsi impropre à son usage, de sorte que les nuisances sonores constituent un désordre susceptible d'engager la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.
10. D'autre part, le montage inversé des centrales de traitement de l'air n° 5 et 6, 4 et 7 le montage inversé des flux des centrales de traitements de l'air n° 3 et le soufflage d'air froid, retenus par l'expert, n'ont pas pour conséquence de rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Bien que l'inconfort de ces désordres soit regrettable, ils ne revêtent pas pour autant un caractère décennal. En outre, s'il y a bien eu une erreur au montage de la part de l'entreprise des ailettes des grilles d'air, ce désordre a été réparé et ne rend pas, en tout état de cause, l'ouvrage impropre à sa destination.
En ce qui concerne l'imputabilité des désordres :
11. Compte tenu des principes rappelés précédemment, il appartient au juge administratif, dès lors qu'il constate, d'une part, que les parties à une opération de construction n'ont pas entendu contractuellement renoncer ou aménager le régime de la garantie décennale des constructeurs et, d'autre part, que les conditions de l'engagement de cette responsabilité sont réunies, de tirer les conséquences, le cas échéant d'office, du caractère solidaire de cette responsabilité en condamnant l'ensemble des constructeurs auxquels sont imputables les désordres en litige à en réparer les conséquences dommageables pourvu qu'ils aient été mis en cause par le maître de l'ouvrage et qu'ils aient, au moins pour partie, contribué à la survenance de ces désordres.
12. Les constructeurs, dont la responsabilité est recherchée sur le fondement de la garantie décennale, ne peuvent en être exonérés que lorsque, eu égard aux missions qui leur étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres leur soient en quelque manière imputables ou en cas de faute du maître d'ouvrage ou d'existence d'un cas de force majeure.
13. Dès lors que le dommage est imputable à plusieurs personnes, le juge est tenu de faire droit à une demande tendant à leur condamnation in solidum. L'absence de solidarité dans un groupement d'entreprises ne fait pas obstacle à ce que les cotraitants puissent être condamnés " in solidum " s'ils sont coauteurs d'un même dommage. Les membres d'un groupement conjoint qui n'ont pas contribué à la commission du dommage ne peuvent faire l'objet d'une condamnation solidaire. Enfin, l'action en garantie décennale n'est ouverte au maître de l'ouvrage qu'à l'égard des constructeurs avec lesquels il a été lié par un contrat de louage d'ouvrage. Les constructeurs sont liés au maître d'ouvrage par leur acte d'engagement.
14. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que les nuisances sonores émanant de la centrale de traitement de l'air n° 1 résultent du rejet d'air au droit de la sortie de la centrale, dans une caisse qui entre en vibration sous l'effet des turbulences d'air engendrant ainsi un bruit anormalement fort, de sorte que l'installation du système de traitement de l'air a été mal exécuté et ne respecte pas les proportions précises dans l'ensemble ligne droite/coude.
15. Il résulte également de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que l'entreprise Air Tech, alors sous-traitante de rang deux est entièrement responsable de la malfaçon d'exécution. Toutefois, le sous-traitant Ayphassorho conservait la responsabilité de la réalisation du sous lot et devait valider les travaux de son sous-traitant de sorte qu'il ne pouvait pas ignorer la mise en place d'une caisse façonnée par son sous-traitant Air Tech en lieu et place de la pièce aéraulique du constructeur, ni les vibrations engendrées.
16. En outre, il incombait au bureau d'études, société Climelec, d'exercer une surveillance durant le déroulement des travaux et lors de la réception de ces derniers. Il ne saurait donc être mis hors de cause.
17. La commune de Bidart sollicite la condamnation in solidum, sur le fondement de la garantie décennale, de la SNEGSO, devenue Ramery bâtiment titulaire du marché de travaux et le groupement conjoint composé des sociétés BDM architectes, aux droits de laquelle vient la société Patriarche, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, CER3i, Climelec, J2C Ingénierie, RFR éléments et DetH paysages. Il résulte de l'instruction que la société BDM architectes et les Atelier d'architecture A. Oxandabaratz étaient en charge des mission dites DET (direction de l'exécution du ou des contrats de travaux) et AOR (assistance apportée au maître de l'ouvrage lors des opérations de réception) et le bureau d'études Climelec de la mission d'étude des fluides. De plus, la société SNEGSO, titulaire du lot A, et quand bien même elle a fait exécuter le lot litigieux par des sous-traitants de rang 1 et 2, doit être considérée comme ayant pris part aux travaux.
18. Ainsi, la société BDM architectes aux droits de laquelle vient la société Patriarche, la société Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, le BET Climelec et la société SNEGSO, aux droits de laquelle vient la société Ramery bâtiment ont participé à la survenance des désordres liées au dysfonctionnement de la centrale de traitement de l'air n° 1.
19. En revanche, les sociétés CER3i et le bureau d'études VRD J2C Ingénierie ne peuvent être regardés comme ayant contribué à la survenance des désordres eu égard à la nature des désordres strictement liés aux fluides. De même, le bureau d'études RFR éléments et le paysagiste DetH paysages n'ont pris part ni au suivi des travaux en litige, ni à leur réception, ni à leur conception, il y a donc lieu de les mettre hors de cause.
En ce qui concerne la faute exonératoire du maître d'ouvrage :
20. Les constructeurs ne peuvent s'exonérer de la responsabilité décennale, qui est présumée, qu'en prouvant que les désordres proviennent d'une cause étrangère à leur intervention ou relèvent, en tout ou partie, d'un cas de force majeure ou d'une faute du maître de l'ouvrage.
21. La société Ramery bâtiment fait valoir que le maître d'ouvrage a commis une faute dès lors qu'elle a attendu quatre années après la réception du chantier pour signer une contrat d'entretien de la ventilation et des centrales de traitement de l'air. Il résulte de l'instruction, que si la commune de Bidart n'a signé le contrat d'entretien que le 16 mars 2016, plusieurs interventions de la société INEO ont été réalisées et ce dès 2012. En outre, rien n'établit que les désordres constatés proviennent d'un défaut d'entretien mais d'une mauvaise exécution. Dès lors, la faute du maître d'ouvrage ne peut être retenue.
Sur la réparation des préjudices :
22. Le maître de l'ouvrage a droit à la réparation intégrale des préjudices qu'il a subis lorsque la responsabilité décennale des constructeurs est engagée, sans que l'indemnisation qui lui est allouée à ce titre puisse dépasser le montant des travaux strictement nécessaires à la remise en ordre de l'ouvrage tel qu'il avait été commandé.
En ce qui concerne les travaux réparatoires :
23. La commune de Bidart sollicite l'indemnisation des travaux de reprise selon le chiffrage retenu par l'expert pour un montant de 32 965,73 euros toutes taxes comprises
24. Les travaux réparatoires nécessaires à la reprise de la centrale de traitement de l'air n° 1, à l'origine des nuisances sonores, qui consiste en la dépose et repose des faux-plafonds et dans la reprise d'étanchéité des cloisons, est estimé à 1 460,40 euros toutes taxes comprises selon le devis de l'entreprise Goyty. Les travaux de reprise du plenum de la centrale de traitement de l'air sont estimés selon le devis de l'entreprise Demeyre à 5 616 euros toutes taxes comprises. Ces travaux sont nécessaires et leur montant n'est pas contesté. Par ailleurs, eu égard à la technicité de l'opération, et pour éviter que les mêmes erreurs ne soient répétées, la mission d'assistance technique est nécessaire et estimée à 10 % des travaux soit à la somme de 707,64 euros toutes taxes comprises. Par suite, la somme de 7 784,04 euros toutes taxes comprises est mise à la charge in solidum de la société BDM architectes aux droits de laquelle vient la société Patriarche, la société Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, le BET Climelec et la société SNEGSO, aux droits de laquelle vient la société Ramery bâtiment, constructeurs dont la responsabilité est engagée.
En ce qui concerne les autres préjudices :
25. La commune de Bidart sollicite le versement de la somme de 30 000 euros toutes taxes comprises au titre des solutions compensatoires auxquelles elle a dû recourir et de la somme de 20 000 euros toutes taxes comprises au titre de son préjudice de jouissance.
26. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que ces préjudices allégués apparaissent insuffisamment justifiés ou dépourvus de liens avec les désordres. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y faire droit.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
27. La commune de Bidart a droit aux intérêts au taux contractuel sur la somme de 7 784,04 euros toutes taxes comprises à compter du 5 aout 2021, date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal.
28. La commune de Bidart demande la capitalisation des intérêts. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 5 août 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts et chaque année à la même date.
Sur les dépens :
29. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
30. Les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 14 962,06 euros toutes taxes comprises. Il y a lieu, en application des dispositions précitées de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, de les mettre à la charge définitive in solidum, dela société BDM architectes aux droits de laquelle vient la société Patriarche, la société Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, le BET Climelec et la société SNEGSO, aux droits de laquelle vient la société Ramery bâtiment dont la responsabilité est engagée sur le fondement de la garantie décennale.
Sur les appels en garantie :
31. Le litige né de l'exécution d'un marché de travaux publics opposant des participants à l'exécution de ces travaux relève de la compétence de la juridiction administrative, sauf si les parties en cause sont unies par un contrat de droit privé. Un contrat conclu entre deux personnes privées est en principe un contrat de droit privé.
32. Le recours entre constructeurs, non contractuellement liés, ne peut avoir qu'un fondement quasi-délictuel. Les coauteurs obligés solidairement à la réparation d'un même dommage ne sont tenus entre eux que chacun pour sa part, déterminée à proportion du degré de gravité des fautes qu'ils ont personnellement commises, caractérisées par un manquement dans les règles de leur art. Ils ne peuvent, en outre, être solidairement condamnés à garantir l'un d'eux que si leur faute personnelle a concouru à la survenance d'un dommage commun.
33. Les différents intervenants à une opération de travaux, qui sont liés au maître d'ouvrage par différents contrats puis débiteurs de la garantie décennale, ne sauraient être solidaires de leurs obligations respectives, ni vis-à-vis du maître d'ouvrage, ni vis-à-vis des autres intervenants, sauf dans le cas où leurs fautes contractuelles respectives ayant toutes également concouru au même dommage. Dans ces conditions, les intervenants peuvent être tous reconnus responsables de la totalité du dommage et la victime peut solliciter leur condamnation solidaire.
34. Lorsque le juge administratif est saisi d'un litige né de l'exécution d'un marché de travaux publics opposant le maître d'ouvrage à des constructeurs qui ont constitué un groupement pour exécuter le marché, il est compétent pour connaître des actions en garantie engagées par les constructeurs les uns envers les autres si le marché indique la répartition des prestations entre les constructeurs. Si tel n'est pas le cas, le juge administratif est également compétent pour connaître des actions en garantie entre les constructeurs, quand bien même la répartition des prestations résulterait d'un contrat de droit privé conclu entre eux, hormis le cas où la validité ou l'interprétation de ce contrat soulèverait une difficulté sérieuse.
35. D'une part, les deux sociétés d'architectes, BDM architectes et Atelier d'architecture A. Oxandabaratz demandent à être garanties et relevées indemnes de toutes condamnation par la SARL Climelec, la SARL Ayphassorho et son assureur SMABTP et la SARL Airtech sur le fondement de la responsabilité civile délictuelle. Toutefois, comme dit au point 3 les conclusions dirigées contre la SMABTP ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative, et celles dirigées contre la SARL Airtech sont irrecevables eu égard à la disparition de cette société avant que les intéressées ne forment cet appel en garantie. En revanche, le bureau d'étude Climelec étant responsable de la survenance des nuisances sonores verra sa responsabilité engagée à hauteur de 20 %. Par suite, les sociétés d'architectes sont fondées à l'appeler en garantie et à être relevées par la société Climelec à hauteur de 20 % de l'ensemble des condamnations prononcées à leur encontre.
36. D'autre part, dès lors que les maîtres d'œuvre en cause, la société BDM architectes devenue Patriarche et la société Atelier d'architecture A. Oxandabaratzne sont pas liés avec la société Ayphassorho par un contrat de droit privé, il conviendra eu égard à la part de responsabilité qui revient à cette entreprise, dela condamner à relever et garantir société BDM architectes devenue Patriarche et la société Atelier d'architecture A. Oxandabaratz à hauteur de 30 % de l'ensemble des condamnations prononcées à leur encontre.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
37. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
38. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des sociétés BDM architectes, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, Climelec et SNEGSO devenue Ramery bâtiment, la somme de 800 euros chacun à verser à la commune de Bidart au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
39. Il n'y a pas lieu, en revanche, de mettre à la charge des sociétés Ayphassorho, SMABTP, Airtech, CER3i, DetH paysages et RFR éléments, qui ne sont pas les parties perdantes à l'instance, une somme sur ce fondement.
40. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bidart une somme quelconque au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La juridiction administrative est incompétente pour connaître les conclusions dirigées par la société Ramery bâtiment, venant aux droits de la société SNEGSO contre son sous-traitant, la société Ayphassorho.
Article 2 : La juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre la SMABTP, assureur de la société Ayphassorho.
Article 3 : L'intervention de la SMABTP n'est pas admise.
Article 4 : la société France Air est mise hors de cause.
Article 5 : Les sociétés BDM architectes, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, Climelec membres du groupement conjoint et la société SNEGSO devenue Ramery bâtiment sont condamnées in solidum à verser à la commune de Bidart la somme de 7 784,04 euros (sept mille sept cent quatre-vingt-quatre euros et quatre centimes) toutes taxes comprises au titre des travaux réparatoires assorties des intérêts au taux légal à compter du 5 août 2021 avec capitalisation des intérêts à compter du 5 août 2022.
Article 6 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 14 962,06 euros (quatorze mille neuf cent soixante-deux euros et six centimes) toutes taxes comprises sont mis à la charge définitive n solidum de BDM architectes, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, Climelec membres du groupement conjoint et la société SNEGSO devenue Ramery bâtiment.
Article 7 : La société Climelec est condamnée à garantir à hauteur de 20 % les sociétés BDM architectes et Atelier d'architecture A. Oxandabaratz.
Article 8 : La société Ayphassorho est condamnée à garantir à hauteur de 30 % la société BDM architectes et Atelier d'architecture A. Oxandabaratz.
Article 9 : Les sociétés BDM architectes, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, Climelec membres du groupement conjoint et la société SNEGSO devenue Ramery bâtiment verseront chacune à la commune de Bidart la somme de 800 euros (huit cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 : La présente décision sera notifiée à la commune de Bidart, à la société SNEGSO, devenue Ramery bâtiment et le groupement conjoint composé des sociétés BDM architectes, Atelier d'architecture A. Oxandabaratz, CER3i, Climelec, RFR éléments, DetH paysages, à la SMABTP, à la SELARL Ekip', mandataire judiciaire de la SARL Ayphassorho, la SARL Eit Sud-Ouest, la société Inéo Aquitaine et à la SAS France Air.
Copie en sera adressée à M. A C, expert.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
L. CRASSUS
La présidente,
M. SELLES La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026