lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102087 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SELARL BIROT - RAVAUT ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 août 2021 et 25 mars 2024, la société Axa France Iard et la société Yvelin, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 22 juin 2021 par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), en vue du recouvrement d'une somme 326 796,27 euros, versée par substitution de l'assureur à Mme B, en exécution d'un protocole d'indemnisation transactionnelle du 29 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la société Yvelin n'étant pas l'assureur du centre hospitalier d'Auch, il ne saurait être mis à sa charge une somme quelconque au titre de la responsabilité de cet établissement ;
- le titre exécutoire est irrégulier en ce qu'il a été adressé à la société Yvelin, courtier en assurances et qui, comme tel, ne peut être débiteur de la créance réclamée par l'ONIAM ; la société Axa n'est pas domiciliée dans ses locaux ;
- les causes de la péritonite subie par Mme B dans les suites de l'intervention du 11 avril 2004 ne sont pas déterminées ; les éléments médicaux versés au dossier ne permettent pas de conclure à un fonctionnement défectueux du bistouri électrique ; pas suite, les conditions d'engagement de la responsabilité du centre hospitalier du fait du fonctionnement défectueux des produits et appareils de santé ne sont pas réunies ;
- à titre subsidiaire, le montant de l'indemnisation accordée par l'ONIAM à Mme B doit être réduit à de plus justes proportions ;
- s'agissant de la perte de gains professionnels futurs, il résulte des pièces versées au dossier que Mme B n'est pas inapte à l'exercice de toute activité professionnelle ; le lien entre l'interruption de ses activités professionnelles et l'intervention du 11 avril 2004 n'est pas établi, dès lors notamment qu'elle présentait un état antérieur abdominal chronique ;
- le montant alloué au titre de l'assistance par tierce-personne après consolidation n'est pas justifié au regard des montants horaires habituellement retenus à ce titre ;
- la responsabilité du centre hospitalier d'Auch a été écartée par un arrêt n° 21BX02280 de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 12 octobre 2023, lequel n'a pas fait l'objet d'un pourvoi en cassation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2021, l'ONIAM, représenté par Me Ravaut, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) à titre principal de surseoir à statuer dans l'attente de l'arrêt qui sera rendu par la Cour administrative d'appel de Bordeaux sur l'appel interjeté par l'ONIAM sur le jugement nos 1801948-2001930 du présent tribunal ;
2°) à titre subsidiaire, de rejeter la requête des sociétés AXA France Iard et Yvelin ;
3°) à titre reconventionnel, de condamner les requérantes à lui verser une somme de 49 019,44 euros en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge des requérantes une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de l'existence de possibilités de régularisation, l'extinction de la créance litigieuse ; il appartiendra dès lors au tribunal d'examiner prioritairement les moyens soulevés par la société Axa France Iard mettant en cause le bien-fondé de la créance et qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge ;
- la péritonite subie par Mme B dans les suites de l'intervention du 11 avril 2004 est la conséquence d'un dysfonctionnement du bistouri électrique employé à cette occasion, ainsi qu'il résulte des dires tenus par le chirurgien ayant réalisé l'intervention, qui a constaté l'apparition d'un arc électrique pendant l'intervention ; le fait que les vérifications du bistouri n'aient révélé aucune déficience technique ne permet pas d'exclure que ce matériel aurait été défaillant au cours de l'intervention ;
- le titre exécutoire en litige ne saurait être considéré comme irrégulier dès lors qu'il a été adressé à la société Axa France Iard par la société Yvelin, et que la première dénommée a dès lors pu le contester dans les délais impartis ;
- le montant des indemnisations dont le remboursement est sollicité est fondé ; le détail de sa créance a été établi sur la base des avis rendus par la commission de conciliation et d'indemnisation des 17 mai 2018 et 14 février 2019 ;
- dans l'hypothèse où le tribunal annulerait le titre contesté en raison d'une irrégularité formelle, il sollicite la condamnation de la société Axa France Iard au paiement de la somme de 326 796,27 euros, qui a été versée à Mme B ; cette condamnation portera intérêts au taux légal à compter du 22 juin 2021 ;
- la société Axa ayant formé opposition au titre exécutoire, l'ONIAM est fondé à solliciter l'application de la pénalité de 15 %, prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique.
Par une ordonnance du 28 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier,
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, alors âgée de 37 ans, a été admise, le 10 avril 2004, à la demande de son médecin traitant, au service de chirurgie gynécologique du centre hospitalier d'Auch, en raison d'un syndrome douloureux abdomino-pelvien subaigu sur fond chronique. A l'occasion de la cœlioscopie exploratrice pratiquée le 11 avril 2004, qui a permis d'écarter la suspicion d'endométriose, le chirurgien a procédé à la délivrance d'adhérences épiplo-pariétales. Au cours de l'intervention, celui-ci a changé de bistouri électrique après avoir constaté un petit arc électrique spontané entre les mors de la pince d'électrocoagulation bipolaire. Mme B a pu regagner son domicile le lendemain, avant d'être à nouveau hospitalisée, le 13 avril 2004, dans le service de chirurgie digestive pour d'importantes douleurs abdominales. Une cœlioscopie exploratrice a révélé l'existence d'une péritonite stercorale généralisée, due à une perforation de la face antérieure du côlon droit. L'intervention diagnostique s'est donc poursuivie en laparotomie médiane pour traiter la perforation colique, par une extériorisation de la perforation et la réalisation d'une colostomie iliaque droite. Mme B a ensuite été transférée au service de réanimation du centre hospitalier d'Auch, où elle a séjourné jusqu'au 4 mai 2004, puis à l'hôpital Rangueil à Toulouse dans le service de réanimation, puis dans celui de chirurgie générale et digestive jusqu'au 7 juin 2004. Elle a connu une nouvelle hospitalisation au centre hospitalier d'Auch du 5 au 19 septembre 2004, afin de fermer la stomie, intervention réalisée le 8 septembre 2004. L'intéressée a ensuite repris son travail de comptable le 25 octobre 2004.
2. Mme B a saisi, le 14 décembre 2006, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CCI) de la région Midi-Pyrénées, d'une demande d'indemnisation. Au vu des conclusions du rapport d'expertise d'un chirurgien général et digestif, déposé le 19 février 2007, la CCI a retenu, dans son avis du 13 juin 2007, la responsabilité sans faute du centre hospitalier d'Auch, pour défaillance de l'appareil chirurgical utilisé et, en l'absence de consolidation de l'état de Mme B, a invité l'assureur du centre hospitalier à faire une offre provisionnelle d'indemnisation à l'intéressée. La société Yvelin, courtier auprès de la Compagnie Axa Entreprises, assureur du centre hospitalier, a adressé une offre à Mme B le 23 janvier 2008, à laquelle l'intéressée n'a pas donné suite. Son médecin traitant ayant considéré son état de santé consolidé le 25 janvier 2016, cette dernière a à nouveau saisi le 23 mars 2016 la CCI. Au vu des conclusions du rapport rédigé par un expert en chirurgie digestive et urologie et un expert psychiatre, déposé le 13 février 2018, la commission, dans son avis du 17 mai 2018, complété par un avis du 14 février 2019, a invité l'assureur du centre hospitalier à faire une offre d'indemnisation définitive. Par un courrier du 27 juin 2018, le centre hospitalier d'Auch a refusé de répondre à cette invitation, en se fondant sur les conclusions d'une expertise judiciaire du 27 juillet 2010, ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Pau, retenant l'absence de faute du centre hospitalier et l'existence d'un aléa thérapeutique à l'origine du dommage.
3. Saisi par Mme B, l'ONIAM s'est substitué à l'assureur du centre hospitalier, en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, et un protocole d'indemnisation transactionnelle portant sur une partie des préjudices a été conclu, le 15 avril 2020, pour un montant de 51 440 euros.
4. Mme B a saisi le tribunal administratif de Pau, le 27 août 2018, d'une demande de condamnation du centre hospitalier d'Auch à lui verser une indemnité de 160 406,25 euros, en réparation des préjudices subis à la suite de sa prise en charge au mois d'avril 2004. Dans la même instance, la caisse primaire d'assurance maladie du Gers a demandé la condamnation de l'établissement à lui rembourser ses débours pour un montant de 233 618,85 euros. Les assureurs du centre hospitalier, la société Axa France Iard et la société Yvelin, ont, quant à eux, demandé au tribunal l'annulation du titre exécutoire émis par l'ONIAM, le 23 juin 2020, en vue du recouvrement de la somme versée à Mme B en exécution du protocole transactionnel. Par un jugement du 18 mars 2021, le tribunal administratif de Pau, après avoir joint les deux affaires, a donné acte à Mme B du désistement de sa demande, jugé que la responsabilité du centre hospitalier d'Auch n'était pas engagée, rejeté les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Gers et annulé le titre exécutoire émis par l'ONIAM le 23 juin 2020. Il a également mis les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 250 euros, à la charge définitive de l'ONIAM. Par un arrêt n° 21BX02280 du 12 octobre 2023, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel interjeté par l'ONIAM contre ce jugement.
5. Un second protocole d'indemnisation transactionnelle a été conclu entre l'ONIAM et Mme B le 29 mars 2021, pour un montant total de 326 796,27 euros. En vu de recouvrer cette somme, l'ONIAM a émis le 22 juin 2021 un titre exécutoire au nom de la société Axa France Iard et libellé à l'adresse de la société Yvelin. Par leur requête, ces deux sociétés demandent au tribunal d'annuler ce titre exécutoire.
En ce qui concerne le bien-fondé du titre exécutoire émis par l'ONIAM :
6. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, () l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. / () / L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. / L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. / En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre (), le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue. / Lorsque l'office transige avec la victime, ou ses ayants droit, en application du présent article, cette transaction est opposable à l'assureur ou, le cas échéant, au fonds institué au même article L. 426-1 du code des assurances ou au responsable des dommages sauf le droit pour ceux-ci de contester devant le juge le principe de la responsabilité ou le montant des sommes réclamées. Quelle que soit la décision du juge, le montant des indemnités allouées à la victime lui reste acquis ". Aux termes de l'article R. 1142-53 de ce code : " L'établissement public est soumis aux dispositions des titres Ier et III du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ".
7. Il résulte de l'article R. 1142-53 du code de la santé publique que l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) peut émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement de toute créance dont le fondement se trouve dans les dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une décision de justice, ou dans les obligations contractuelles ou quasi-délictuelles du débiteur. Les dispositions de l'article L. 1142-15 de ce code ne font pas obstacle à ce que l'ONIAM émette un tel titre à l'encontre de la personne responsable du dommage, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances afin de recouvrer les sommes versées à la victime, aux droits de laquelle il est subrogé.
8. Lorsque l'ONIAM a émis un titre exécutoire en vue du recouvrement de la somme versée à la victime en application de l'article L. 1142-15, le recours du débiteur tendant à la décharge de la somme ainsi mise à sa charge invite le juge administratif à se prononcer sur la responsabilité du débiteur à l'égard de la victime aux droits de laquelle l'office est subrogé, ainsi que sur le montant de son préjudice.
9. Sans préjudice des actions susceptibles d'être exercées à l'encontre du producteur, le service public hospitalier est responsable, même en l'absence de faute de sa part, des conséquences dommageables pour les usagers de la défaillance des produits et appareils de santé qu'il utilise.
10. Il résulte de l'instruction, et notamment des rapports d'expertise, que, lors de la cœlioscopie exploratrice réalisée le 11 avril 2004, le gynécologue-obstétricien a constaté une adhérence épiplo-pariétale droite et décidé de pratiquer une adhésiolyse pelvienne complète, après électrocoagulation bipolaire. Cet acte a été mené, selon les experts, dans le respect des règles de bonne pratique. Toutefois, le praticien a signalé, après avoir été averti de la péritonite aiguë généralisée dont a été victime la patiente par la suite, résultant d'une perforation de la face antérieure du côlon droit, que, lors de l'intervention, un incident technique était survenu, le bistouri électrique s'étant mis à fonctionner spontanément, créant un arc électrique entre les deux mors de la pince bipolaire. Après avoir vérifié l'absence de lésion du pelvis, il a poursuivi l'intervention avec un autre bistouri. Cet évènement a fait l'objet d'une fiche de signalement d'incident quelques jours plus tard, le 15 avril suivant. Il résulte également de l'instruction que l'analyse du matériel, réalisée par le laboratoire Erbé le 22 avril 2004, n'a révélé aucun dysfonctionnement. Si le praticien a déclaré, lors de la deuxième expertise du 27 juillet 2010, que le bistouri qui a été rendu après vérification n'était pas celui qu'il avait utilisé lors de la cœlioscopie, cette affirmation non étayée n'est corroborée par aucune pièce du dossier. Il résulte au contraire des pièces produites que le bistouri qui a été envoyé en vérification était identifié par le numéro 13 et que le mode automatique de ces bistouris a été supprimé par le laboratoire pour le bistouri n° 13 et par le service biomédical de l'hôpital pour les bistouris n° 3, 14 et 15, ce qui démontre que chaque équipement était précisément identifié. Dans ces conditions, il n'est pas établi que la brûlure colique, ayant occasionné la perforation du côlon de la patiente, résulterait d'une défaillance du matériel électrique utilisé au cours de l'intervention.
11. Il s'ensuit que la responsabilité du centre hospitalier d'Auch ne pouvant être engagée, le titre exécutoire émis par l'ONIAM à l'encontre de l'assureur de l'établissement est mal fondé. Par suite, ce titre doit être annulé.
En ce qui concerne les demandes reconventionnelles présentées par l'ONIAM :
12. Ainsi qu'il a été dit au point 10, la responsabilité sans faute de l'établissement hospitalier ne pouvant être engagée pour défaillance d'un appareil de santé, l'ONIAM n'est pas fondé à demander, à titre subsidiaire, la condamnation du centre hospitalier à lui rembourser l'indemnité versée à Mme B en exécution du protocole transactionnel du 23 mars 2021.
13. L'ONIAM n'est pas davantage fondé, pour les mêmes motifs, à solliciter l'application de la pénalité prévue par les dispositions du cinquième alinéa de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions reconventionnelles présentées par l'ONIAM doivent être rejetées.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les sociétés Axa France Iard et Yvelin sont fondées à solliciter l'annulation du titre exécutoire émis le 22 juin 2021 par l'ONIAM en exécution du protocole d'indemnisation transactionnelle du 29 mars 2021.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de la société Axa France Iard les sommes que l'ONIAM demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'ONIAM la somme que la société Axa France Iard et la société Yvelin demandent au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : Le titre exécutoire émis le 22 juin 2021 par l'ONIAM à l'encontre des sociétés Axa France Iard et Yvelin est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à la société Axa France Iard, à la société Yvelin, et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
L. NEUMAIER
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la ministre du travail, des solidarités et de la santé en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026