mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102132 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | APPAULE |
Vu la procédure suivante :
I. A une requête, enregistrée sous le n°2102132 le 23 août 2021, et un mémoire, enregistré le 12 janvier 2023, Mme G E épouse B, représentée A Me Gourgues, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le département des Pyrénées-Atlantiques à lui verser la somme de 99 999,99 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de la carence à lui proposer un accompagnement social et professionnel adapté à sa situation ;
2°) et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que, entre le 17 janvier 2020, date de son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, et le 20 juillet 2021, le département des Pyrénées-Atlantiques ne lui a pas proposé un accompagnement social et professionnel adapté à sa situation, en méconnaissance des dispositions des articles L. 262-27, L. 262-29 et L. 262-30 du code de l'action sociale et des familles.
A un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, le département des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il précise que :
- Mme B n'est pas fondée à se prévaloir d'une carence du département, qui lui a proposé un accompagnement social et professionnel adapté ;
- en outre, le préjudice allégué n'est pas certain ;
- enfin, l'évaluation de ce préjudice A la requérante est excessive.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 25 janvier 2022.
II. A une requête, enregistrée sous le n°2102155 le 26 août 2021, et un mémoire, enregistré le 12 janvier 2023, M. D B, représenté A Me Gourgues, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le département des Pyrénées-Atlantiques à lui verser la somme de 99 999,98 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence à lui proposer un accompagnement social et professionnel adapté à sa situation ;
2°) et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que, entre le 11 février 2020 et le 1er avril 2021, le département des Pyrénées-Atlantiques ne lui a pas proposé un accompagnement social et professionnel adapté à sa situation, en méconnaissance des dispositions des articles L. 262-27, L. 262-29 et L. 262-30 du code de l'action sociale et des familles.
A un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, le département des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il précise que :
- M. B n'est pas fondé à se prévaloir d'une carence du département, qui lui a proposé un accompagnement social et professionnel adapté ;
- en outre, le préjudice allégué n'est pas certain ;
- enfin, l'évaluation de ce préjudice A le requérant est excessive.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 25 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code du travail ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de Mme Michaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gourgues, représentant Mme et M. B, présents.
Considérant ce qui suit :
1. Mme et M. B, bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), ont été inscrits sur la liste des demandeurs d'emploi, le 17 janvier 2020, et des projets personnalisés d'accès à l'emploi (PPAE) ont été élaborés A les intéressés et Pôle emploi. Mme et M. B ont ensuite bénéficié, respectivement le 1er juillet 2021 et le 1er avril 2021, de contrats d'engagements réciproques avec le département des Pyrénées-Atlantiques, en vue de les accompagner vers l'accès à un logement. A des décisions implicites, le président du conseil départemental a rejeté les demandes indemnitaires préalables, formées A Mme et M. B, respectivement le 8 février 2021 et le 20 janvier 2021, en vue d'être indemnisés des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison de la carence du département à leur proposer un accompagnement social et professionnel adapté à leur situation, jusqu'à la signature de contrats d'engagements réciproques. A les requêtes nos 2102132 et 2102155, Mme et M. B demandent au tribunal de condamner le département des Pyrénées-Atlantiques à leur verser respectivement les sommes de 99 999,99 euros et de 99 999,98 euros en réparation de ces préjudices.
2. Les requêtes nos 2102132 et 2102155 présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer A un seul jugement.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Aux termes de l'article L. 262-27 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active a droit à un accompagnement social et professionnel adapté à ses besoins et organisé A un référent unique. / () ". Aux termes de l'article L. 262-28 du même code : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi (), de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle. / () ". Aux termes de l'article L. 262-29 dudit code, dans sa version applicable au litige : " Le président du conseil départemental oriente le bénéficiaire du revenu de solidarité active tenu aux obligations définies à l'article L. 262-28 : / 1° De façon prioritaire, lorsqu'il est disponible pour occuper un emploi au sens des articles L. 5411-6 et L. 5411-7 du code du travail ou pour créer sa propre activité, soit vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du même code, soit, si le département décide d'y recourir, vers l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-4 du code du travail ou encore vers un des réseaux d'appui à la création et au développement des entreprises mentionnés à l'article 200 octies du code général des impôts, en vue d'un accompagnement professionnel et, le cas échéant, social ; / 2° Lorsqu'il apparaît que des difficultés tenant notamment aux conditions de logement, à l'absence de logement ou à son état de santé font temporairement obstacle à son engagement dans une démarche de recherche d'emploi, vers les autorités ou organismes compétents en matière d'insertion sociale ; / () ". Aux termes de l'article L. 262-30 de ce code : " L'organisme vers lequel le bénéficiaire du revenu de solidarité active est orienté désigne le référent prévu à l'article L. 262-27. / Lorsque le bénéficiaire est orienté vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail, le référent est désigné soit en son sein, soit au sein d'un organisme participant au service public de l'emploi. / Si l'examen de la situation du bénéficiaire fait apparaître que, compte tenu de ses difficultés, un autre organisme serait mieux à même de conduire les actions d'accompagnement nécessaires, ou si le bénéficiaire a été radié de la liste mentionnée à l'article L. 5411-1 du code du travail pour une durée supérieure à un seuil fixé A décret, le référent propose au président du conseil départemental de procéder à une nouvelle orientation. / () ".
4. Il résulte de l'instruction que Mme et M. B, bénéficiaires du revenu de solidarité active, ont fait l'objet, le 28 février 2020, d'une évaluation A le département des Pyrénées-Atlantiques, en vue de les orienter vers une structure adaptée à leurs besoins. Il résulte également des comptes rendus des entretiens réalisés à l'occasion de cette évaluation, signés A les requérants, et des questionnaires qui leur ont été annexés, que Mme et M. B ont déclaré, d'une part, être hébergés à titre provisoire et précaire, depuis le mois de janvier 2020, et être à la recherche d'un logement pérenne, et d'autre part, avoir pour projet professionnel l'ouverture d'un gîte, dans un local appartenant à la commune d'Uhart-Mixe.
5. Si certes il résulte de l'instruction, notamment du courrier du 25 août 2020, adressé A M. B au président du conseil départemental en recommandé avec accusé de réception, et du courrier du même jour qu'il a adressé au directeur de l'agence Pôle emploi de Biarritz et dont il a adressé une copie au président du conseil départemental, que le requérant a informé le département de son absence d'hébergement et de logement depuis le 4 juillet 2020, ces circonstances faisant temporairement obstacle à son engagement dans une démarche de recherche d'emploi, il résulte également de l'instruction que des contrats d'engagements réciproques ont été signés, dans le cadre de l'allocation de RSA, en vue de les accompagner vers l'accès à un logement, d'une part, le 1er avril 2021 entre M. B et le département, à la suite de la radiation de l'intéressé de la liste des demandeurs d'emploi, et d'autre part, le 1er juillet 2021 entre Mme B et le département. Cependant, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas davantage allégué que les requérants auraient demandé en vain un entretien avec les services sociaux du département durant cette période. En outre, au vu des mesures particulières mises en place durant cette période dans le contexte de crise sanitaire, et au vu des difficultés rencontrées dans la prise en charge de Mme et M. B A les services du département, notamment en raison de l'attitude des requérants, aucune carence illégale de ces services ne peut être retenue pour fonder leurs demandes indemnitaires.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées A Mme et M. B dans les requêtes nos 2102132 et 2102155 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge du département, qui n'est pas la partie perdante dans les instances nos 2102132 et 2102155, les sommes que Mme et M. B demandent de verser à leur conseil, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2102132 et 2102155 présentées A Mme et M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E épouse B, à M. D B, à Me Gourgues et au département des Pyrénées-Atlantiques.
Copie pour information en sera adressée à Pôle emploi.
Délibéré après l'audience du 8 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
Mme Duchesne, conseillère,
M. Diard, conseiller.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 1er mars 2023.
Le rapporteur,
Signé : F. CLa présidente,
Signé : S. PERDULa greffière,
Signé : M. F
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Signé : M. F
Nos 210213
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026