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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2102592

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2102592

vendredi 29 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2102592
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 septembre 2021, le 19 octobre 2021, et le 16 septembre 2022, M. F A C, agissant en son nom propre et ès qualité d'ayant-droit de Mme G H, M. B K, Mme L K épouse J et M. E K, représentés par la SELARL Laforêt, demandent au tribunal :

1°) de condamner solidairement le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la société hospitalière d'assurances mutuelles, assureur de l'établissement, à leur verser une somme totale de 586 415,87 euros en réparation des préjudices que leur a causés la prise en charge de Mme G H au sein de cet établissement entre le 29 juin 2016 et le 14 août 2016, date de son décès ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent les entiers dépens, ainsi qu'une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- un mauvais choix thérapeutique dans la prise en charge chirurgicale, de même qu'un manque de vigilance dans le suivi post-opératoire de Mme H constituent des manquements fautifs de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent ;

- Mme H n'a pas été informée des conséquences possibles de la conversion de sa sleeve-gastrectomie en " by-pass " ;

- ces fautes sont entièrement imputables à l'établissement ;

- ils sont fondés à solliciter la réparation de leurs préjudices, lesquels doivent être indemnisés à hauteur de :

En ce qui concerne les préjudices de Mme G H :

- 60 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total, à raison de 30 euros par jour sur une période de deux jours ;

- 20 000 euros au titre des souffrances endurées ;

- 20 000 euros au titre du préjudice d'impréparation, dès lors qu'elle n'a pas été informée des bénéfices et risques éventuels de la reprise chirurgicale effectuée le 19 juillet 2016 ;

- 20 000 euros au titre de la perte de chance de se soustraire à cette dernière intervention et d'échapper à ses conséquences dommageables ;

- 20 000 euros au titre de sa perte de chance de survivre jusqu'à l'âge de 84 ans, qui correspond à l'espérance de vie fixée par l'Institut national des statistiques et des études économiques ;

- 150 000 euros au titre du préjudice exceptionnel que lui a causé la conscience de sa mort imminente ;

En ce qui concerne les préjudices de M. F A C :

- 1 975,87 euros au titre des frais d'obsèques ;

- 20 000 euros au titre de l'incidence professionnelle, dès lors qu'il n'a pu terminer sa formation professionnelle suite au décès de sa mère ;

- 94 380 euros au titre de son préjudice économique ;

- 20 000 euros au titre du préjudice d'accompagnement, dès lors qu'il s'est trouvé à ses côtés de sa sortie d'hôpital jusqu'à son décès ;

- 20 000 euros au titre de son préjudice d'affection, lié au fait de voir souffrir sa mère avant son décès ;

- 50 000 euros au titre de son préjudice d'affection, consécutif à la perte de sa mère ;

En ce qui concerne les préjudices de Mme L K :

- 20 000 euros au titre de son préjudice d'accompagnement ;

- 20 000 euros au titre de son préjudice d'affection, lié au fait d'avoir vu souffrir sa sœur ;

- 30 000 euros au titre de son préjudice d'affection, consécutif au décès de sa sœur ;

En ce qui concerne les préjudices de M. E K :

- 30 000 euros au titre de son préjudice d'affection ;

En ce qui concerne les préjudices de M. B K :

- 30 000 euros au titre de son préjudice d'affection.

Par des mémoires, enregistrés le 18 octobre 2021, le 2 mai 2022, et le 10 mai 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Pau-Pyrénées, agissant pour le compte de la CPAM des Landes, demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent, sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, à lui rembourser une somme de 2 469,44 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal au jour de la date d'enregistrement de sa demande, à lui verser la somme de 823,15 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, et de mettre à sa charge une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) conclut à sa mise hors de cause.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 18 mars et le 18 mai 2022, le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), représentés par Me Rodrigues, concluent au rejet des conclusions présentées par la CPAM de Pau-Pyrénées et à ce que les demandes présentées par M. A C et les consorts K soient réduites à de plus justes proportions.

Ils soutiennent que :

- il y a lieu de faire application d'un taux de perte de chance de 99 % ;

- aucun défaut d'information ne saurait être retenu ; les requérants ne sont dès lors pas fondés à solliciter l'indemnisation des préjudices d'impréparation et de perte de chance de se soustraire à l'intervention ;

- les demandes des requérants liées à la perte de chance de survie de Mme H ne sauraient être accueillies dès lors qu'il ne s'agit pas d'un poste de préjudice indemnisé par les juridictions administratives ;

- les demandes de M. A C et de Mme K liées au préjudice d'accompagnement ne sauraient être accueillies dès lors que la complication postopératoire dont a fait l'objet Mme H constitue un aléa thérapeutique ;

- la demande liée aux frais d'obsèques ne saurait être accueillie dès lors que les requérants ne justifient pas du montant des prestations sociales qu'ils auraient perçues et ayant pour objet de prendre en charge une partie de ces frais ;

- M. A C ne justifie pas de l'existence du préjudice d'incidence professionnelle qu'il invoque ;

- la CPAM de Pau-Pyrénées n'a pas qualité pour se substituer à la CPAM des Landes ; elle ne produit par ailleurs aucune attestation d'imputabilité, de sorte que son préjudice n'est pas établi ;

- les demandes de la CPAM ne sont pas justifiées dès lors que l'expert a exclu du déficit fonctionnel temporaire la période du 11 au 26 juillet 2016 ; les frais de transport du 22 juillet 2012 ne sauraient être imputés au manquement fautif reproché à l'établissement ;

- les autres prétentions des requérants doivent être ramenées à de plus justes proportions.

Vu :

- l'ordonnance de la présidente du tribunal du 14 octobre 2020 taxant et liquidant les frais d'expertise à la somme de 1 500 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Neumaier,

- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Rodrigues, représentant le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM).

Considérant ce qui suit :

1. Mme G H a été prise en charge par le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent pour un état d'obésité morbide. Elle a fait l'objet le 29 juin 2016 d'une opération chirurgicale consistant en la réalisation d'une sleeve-gastrectomie, dont les suites se sont compliquées par un état infectieux et une péritonite. Elle a fait l'objet d'une première reprise chirurgicale au 12ème jour post-opératoire, puis d'une seconde au 20ème jour, aux fins de convertir la sleeve-gastrectomie dont elle a bénéficié en " by-pass " gastrique. Alors qu'elle avait regagné son domicile le 26 juillet 2016, Mme H a été réadmise en urgence au centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent en raison d'un choc septique sur récidive de péritonite. Malgré la réalisation d'une troisième intervention chirurgicale en urgence et une prise en charge en service de réanimation, Mme H est décédée le 14 août 2016 des suites d'une défaillance multi-viscérale. M. F A C, agissant en son nom personnel et en qualité d'ayant-droit de Mme G H, Mme L K, M. B K et M. E K demandent au tribunal de condamner le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent à leur réparer les préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait des manquements commis par le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent lors de la prise en charge de leur mère et sœur, Mme G H.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

En ce qui concerne la responsabilité :

S'agissant de la responsabilité de l'ONIAM :

2. Les requérants ne présentent pas de conclusions à l'encontre de l'ONIAM, lequel doit ainsi être mis hors de cause.

S'agissant de la responsabilité du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent :

Quant à la faute relative à de la réalisation des actes de soins :

3. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute (). ".

4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise déposé le 10 octobre 2018 par le docteur D, qu'à la suite de l'opération chirurgicale réalisée le 29 juin 2016 décrite au point 1, Mme H été réadmise en urgence au centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent le 9 juillet suivant en raison d'une intolérance digestive quasi-totale aux liquides et aux solides. Les examens pratiqués ont mis en évidence la présence de marqueurs d'inflammation et l'existence d'une fistule gastrique. Une fibroscopie oeso-gastroduodénale et un scanner abdominopelvien réalisés le 11 juillet 2016 ont également confirmé la présence d'une fistule postérieure ainsi que la présence de quelques agrafes désunies et d'un pneumopéritoine antérieur important. Mme H a fait l'objet le même jour d'une intervention chirurgicale visant à nettoyer la cavité péritonéale, au cours de laquelle il a été constaté la présence d'une péritonite limitée à l'étage sus-mésologique. Le 19 juillet 2016, Mme H a fait l'objet d'une troisième opération chirurgicale, consistant en la transformation de sa sleeve-gastrectomie en " by-pass " gastrique. Le 13 août 2016, alors qu'elle se trouvait à son domicile, Mme H a été admise en urgence au centre hospitalier de Mont-de-Marsan, en raison d'un choc septique consécutif à une péritonite sur fistule anastomotique haute. Un syndrome inflammatoire sévère ainsi que des signes de défaillance d'organes ont été détectés et Mme H a fait l'objet d'une nouvelle opération chirurgicale consistant en un lavage et un drainage de la cavité abdominale. Cette intervention a révélé l'existence d'une péritonite généralisée de type alimentaire purulente sur fistule digestive. Les suites de cette opération ont été marquées par une défaillance multi-viscérale réfractaire avec état de choc hémodynamique. Mme H est décédée le 14 août 2016 au matin.

5. Il ressort des termes de ce même rapport d'expertise que l'indication opératoire de gastroplastie, ainsi que les modalités de réalisation de l'acte chirurgical étaient conformes aux données acquises de la science et aux recommandations scientifiques au regard de la pathologie présentée par Mme H. Si l'intervention chirurgicale du 29 juin 2016 a eu des conséquences anormales au regard de l'état de santé initial de l'intéressée, la survenue de la fistule gastrique relevait d'une complication difficilement maîtrisable et constituait un accident médical non fautif. En outre, la prise en charge thérapeutique de cette complication a été conforme aux règles de l'art, et la reprise chirurgicale en urgence du 9 juillet 2016 était adaptée à la situation.

6. Il résulte toutefois de l'instruction que la troisième intervention chirurgicale subie par Mme H le 19 juillet 2016, à savoir la conversion de sa sleeve-gastorectomie en " by-pass " gastrique, a été prématurée, notamment en raison de l'existence de moyens alternatifs à la chirurgie, à l'instar de traitements d'endoscopie interventionnelle. Les difficultés opératoires survenues au cours de cette intervention, liées à l'importance du syndrome infectieux et de l'inflammation cicatricielle, étaient attendues dans le contexte d'une nouvelle reprise chirurgicale, et aucune jéjunostomie d'alimentation n'avait été réalisée, alors qu'elle est recommandée dans la gestion chirurgicale des fistules gastriques post-gastrectomie. Ainsi, les chances de cicatrisation de la patiente apparaissaient particulièrement difficiles, et le risque de mortalité dans cette hypothèse, largement décrit dans la littérature médicale, était très fortement augmenté. La prise en charge chirurgicale dont a fait l'objet Mme H le 19 juillet 2019 n'a dès lors pas été conforme aux règles de l'art, ni aux données acquises de la science.

7. Il résulte enfin de ce même rapport que si Mme H a été autorisée à regagner son domicile le 26 juillet 2019, aucun bilan biologique de contrôle n'a été réalisé lorsqu'elle a été revue en consultation post-opératoire le 1er août 2019 alors qu'elle présentait un état septique persistant depuis sa sortie d'hospitalisation, avec des épisodes de fièvre intermittente. A cet égard, alors qu'un bilan biologique et un scanner abdominal auraient dû être réalisés immédiatement, seule une échographie a été effectuée, dont le compte-rendu n'a au demeurant pas été retrouvé. Cette situation révèle ainsi un manque de vigilance et un défaut de surveillance dans le suivi post-opératoire de Mme H après sa dernière intervention chirurgicale.

8. Il résulte de ce qui précède que les manquements dans la prise en charge de Mme H le 19 juillet 2016 ainsi que dans son suivi post-opératoire, décrits aux points 6 et 7, sont constitutifs de fautes de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent.

Quant à la faute relative à un manquement à l'obligation d'information de la patiente :

9. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () / En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. ". L'information doit porter sur les risques connus qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. La circonstance qu'un risque de décès ou d'invalidité répertorié dans la littérature médicale ne se réalise qu'exceptionnellement ne dispense pas les médecins de le porter à la connaissance du patient.

10. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique qu'un manquement des médecins à leur obligation d'information engage la responsabilité de l'hôpital dans la mesure où il a privé le patient d'une chance de se soustraire au risque lié à l'intervention en refusant qu'elle soit pratiquée. Ce n'est que dans le cas où l'intervention était impérieusement requise, en sorte que le patient ne disposait d'aucune possibilité raisonnable de refus, que l'existence d'une perte de chance peut être écartée.

11. Les requérants soutiennent que Mme H n'a pas été informée des risques afférents à la troisième intervention chirurgicale qu'elle a subie, à savoir la transformation de la sleeve-gastrectomie en " by-pass " effectuée le 19 juillet 2019. Si le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent indique qu'aucun manquement à l'obligation d'information ne saurait être caractérisé dès lors que les bénéfices et risques de la mise en place d'un " by-pass " avaient été exposés à la patiente lors du suivi dont elle a fait l'objet dans le cadre du traitement de son obésité, et qu'elle avait signé le 26 novembre 2015 un formulaire de consentement éclairé indiquant la possibilité d'apparition de complications graves, ainsi que le risque d'échec de la réalisation de la sleeve-gastrotectomie qui pouvait nécessiter une reprise chirurgicale, il ne produit aucun document permettant d'établir que Mme H aurait reçu l'ensemble des informations prévues par les dispositions de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique, lui permettant de donner un consentement éclairé sur l'intervention, et notamment celles relatives aux risques fréquents ou graves normalement prévisibles que l'acte de conversion de sa sleeve-gastrectomie en " bypass " comportait, alors que, au regard des conclusions de l'expert qui la qualifie de " prématurée " et qui estime qu'il existait des alternatives thérapeutiques à cette opération, cette dernière intervention chirurgicale ne saurait être regardée comme ayant été réalisée en urgence, ni qu'elle était impérieusement requise. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent doit être engagée à raison du manquement à son obligation d'information.

En ce qui concerne le lien de causalité :

12. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.

13. Lorsqu'une pathologie prise en charge dans des conditions fautives a entraîné une détérioration de l'état du patient ou son décès, c'est seulement lorsqu'il peut être affirmé de manière certaine qu'une prise en charge adéquate n'aurait pas permis d'éviter ces conséquences que l'existence d'une perte de chance ouvrant droit à réparation peut être écartée.

14. En cas de cumul d'un défaut d'information et de fautes médicales ayant entraîné des pertes de chance d'éviter la réalisation du dommage, il incombe au juge d'additionner, d'une part, le taux de sa perte de chance de se soustraire à l'opération, c'est- à-dire la probabilité qu'il ait refusé l'opération s'il avait été informé du risque qu'elle comportait, d'autre part, le taux de sa perte de chance résultant de la faute médicale commise lors de l'opération, ce taux étant multiplié par la probabilité qu'il ait accepté l'opération s'il avait été informé du risque qu'elle comportait.

15. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 10 octobre 2018, que les manquements commis par le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent décrits aux points 6 et 7 et le manquement à l'obligation d'information décrit au point 15 sont à l'origine d'une perte de chance globale de 99 % d'avoir évité le décès de Mme H. La responsabilité du centre hospitalier doit, dès lors, être engagée à hauteur de cette fraction du dommage.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices de Mme H :

16. Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède sans que ses droits aient été définitivement fixés, c'est-à-dire, en cas de litige, avant qu'une décision juridictionnelle définitive ait fixé le montant de l'indemnisation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Le droit à réparation du préjudice résultant pour elle de la douleur morale qu'elle a éprouvée du fait de la conscience d'une espérance de vie réduite en raison d'une faute du service public hospitalier dans la mise en œuvre ou l'administration des soins qui lui ont été donnés, constitue un droit entré dans son patrimoine avant son décès qui peut être transmis à ses héritiers. Il en va de même des souffrances endurées préalablement à son décès, et du déficit fonctionnel temporaire.

S'agissant des préjudices liés au défaut d'information :

Quant à la perte de chance de se soustraire à l'opération :

17. Les requérants soutiennent que le manquement à l'obligation d'information qui pesait sur le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent a été à l'origine, pour leur mère et sœur, d'une perte de chance de se soustraire à l'intervention du 19 juillet 2016. Toutefois, si la perte de chance de se soustraire à une intervention engage la responsabilité du centre hospitalier, elle ne constitue pas en elle-même un préjudice indemnisable. Par suite, ce chef de préjudice doit être écarté.

Quant au préjudice d'impréparation :

18. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.

19. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral d'impréparation de Mme H, qui n'a pu anticiper la survenue des complications constituées par la survenance d'une péritonite et d'un état de choc septique, en allouant à son héritier, M. A C, compte tenu du taux de perte de chance retenu en l'espèce, une somme de 3 500 euros.

S'agissant des préjudices liés à la réalisation des actes de soins :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

20. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise déposé le 12 octobre 2020 par le docteur D, que Mme H a subi, en lien direct avec l'accident médical dont elle a été victime, un déficit fonctionnel temporaire total du 13 au 14 août 2016. Il sera ainsi fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant, sur la base de 400 euros par mois à taux plein et compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 15, à une somme de 30 euros.

Quant à la perte de chance de survie :

21. Si M. A C et les consorts K sollicitent la réparation du préjudice tiré de la " perte de chance de survie " de Mme A C, en soutenant que, son état s'améliorant, celle-ci pouvait espérer vivre encore de nombreuses années, un tel préjudice n'est pas distinct de celui résultant du décès, lequel ne saurait ouvrir droit à réparation. Il s'ensuit que la demande présentée par les requérants à ce titre doit être écartée.

Quant aux souffrances endurées :

22. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme H ont été évaluées à 3,5 sur une échelle de 7. Il sera ainsi fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant, compte tenu de la fraction du préjudice indemnisable, à la somme de 5 100 euros.

Quant au préjudice résultant de la douleur morale éprouvée par la victime du fait de la conscience d'une espérance de vie réduite ou d'une mort imminente :

23. Il résulte de l'instruction, notamment du même rapport d'expertise, que Mme H a également subi un préjudice né de la douleur morale causée par la conscience de sa mort imminente, distincte des souffrances endurées, à la suite de la dégradation rapide de son état de santé à compter du 26 juillet 2016, alors qu'en dépit de la gravité de son état et l'installation progressive de signes cliniques de défaillance vitale, elle est restée consciente jusqu'à son induction anesthésique au bloc opératoire le 13 août 2016. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 15, à la somme de 5 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices de M. A C, fils et ayant-droit de Mme H :

S'agissant des frais d'obsèques :

24. M. A C justifie avoir exposé une somme de 1 975,87 euros au titre des frais d'obsèques de Mme H. Par suite, il y a lieu, compte tenu de la fraction du préjudice indemnisable, de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de la SHAM une somme de 1 956,11 euros.

S'agissant du préjudice économique :

25. Le préjudice économique subi, du fait du décès d'un patient, par les ayants droit appartenant au foyer de celui-ci, est constitué par la perte des revenus de la victime qui étaient consacrés à l'entretien de chacun d'eux, en tenant compte, d'une part, et si la demande en est faite, de l'évolution générale des salaires et de leurs augmentations liées à l'ancienneté et aux chances de promotion de la victime jusqu'à l'âge auquel elle aurait été admise à la retraite puis, le cas échéant, du montant attendu des revenus issus de la pension de retraite, d'autre part, du montant de leurs propres revenus éventuels, à moins que l'exercice de l'activité professionnelle dont ils proviennent ne soit la conséquence de cet événement, et, enfin, des prestations à caractère indemnitaire susceptibles d'avoir été perçues par les membres survivants du foyer en compensation du préjudice économique qu'ils subissent. En outre, l'indemnité allouée aux enfants de la victime décédée est déterminée en tenant compte de la perte de la fraction des revenus de leur parent décédé qui aurait été consacrée à leur entretien jusqu'à ce qu'ils aient atteint au plus l'âge de vingt-cinq ans.

26. Le foyer de Mme H, âgée de 57 ans à la date de son décès, comprenait également son fils F, alors âgé de 30 ans. Les requérants soutiennent que ce dernier a subi un préjudice économique du fait du décès de sa mère, dès lors qu'il s'est retrouvé seul dans la maison familiale sans les ressources de sa mère dont il aurait pu bénéficier durant encore cinq années, temps nécessaire à l'achèvement de sa formation de paysagiste et à l'achèvement du deuil de sa sœur aînée, décédée en 2005. Il ne résulte toutefois pas de l'instruction, contrairement à ce que prétendent les requérants, que M. A C serait de façon certaine resté encore cinq années au domicile de sa mère si le décès de cette dernière n'était pas intervenu. En outre, les requérants ne produisent aucun élément de nature à justifier des revenus perçus par M. A C avant le décès de Mme H, hormis une attestation de la caisse d'allocations familiales indiquant qu'il a été bénéficiaire du revenu de solidarité active au titre du mois d'août 2020. Il s'ensuit que ce chef de préjudice doit être écarté.

S'agissant de l'incidence professionnelle :

27. Si M. A C se prévaut de l'incidence du décès de Mme H sur sa vie professionnelle dès lors qu'il a été contraint, suite au suivi psychiatrique dont il a fait l'objet, d'abandonner la formation de paysagiste qu'il avait commencée, il ne produit aucun élément de nature à étayer une telle incidence. Par suite, il y a lieu d'écarter également ce chef de préjudice.

S'agissant du préjudice d'accompagnement :

28. Il ressort du rapport d'expertise du 12 octobre 2020 que M. A C a été présent aux côtés de sa mère dès le début de sa prise en charge et jusqu'à son décès. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'accompagnement subi par l'intéressé en l'évaluant, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 15, à la somme de 1 000 euros.

S'agissant du préjudice d'affection :

29. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par M. A C en l'évaluant, compte tenu de la fraction du préjudice indemnisable, à la somme de 20 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices de Mme L K, sœur de Mme H :

S'agissant du préjudice d'accompagnement :

30. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 12 octobre 2020, que Mme K, sœur de Mme H, a été présente à ses côtés à compter du 7 juillet 2016, jusqu'à son décès, en particulier lorsque son état de santé se dégradait. Par suite, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'accompagnement qui en a résulté pour elle en l'évaluant, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 15, à la somme de 500 euros.

S'agissant du préjudice d'affection :

31. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par Mme K en l'évaluant, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 15, à la somme de 5 000 euros.

En ce qui concerne les préjudices de MM. B et E K, frères de Mme H :

32. Il sera fait une juste appréciation des préjudices subis par MM. B et E K, frères de Mme H, en leur allouant, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 15, la somme de 5 000 euros chacun.

33. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la SHAM, son assureur, doivent être solidairement condamnés à verser à M. A C la somme de 36 586,11 euros, à Mme L K, la somme de 5 500 euros, et à MM. B et E K la somme de 5 000 euros chacun.

Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Landes :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la SHAM :

34. Il résulte de l'instruction que, par une convention du 20 janvier 2017, le directeur général de la caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés, le directeur de la caisse primaire d'assurance maladie de Pau et le directeur de la caisse primaire d'assurance maladie de Mont-de-Marsan ont convenu de transférer l'activité relative aux recours contre les tiers concernant les bénéficiaires de la caisse primaire d'assurance maladie de Mont-de-Marsan, notamment les recours subrogatoires exercés sur le fondement des articles L. 376-1 et suivants du code de la sécurité sociale, à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées. Il s'ensuit que cette dernière justifie de sa qualité pour agir au nom de la caisse primaire d'assurance maladie des Landes. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la SHAM doit être écartée.

En ce qui concerne les débours :

35. Les caisses de sécurité sociale, qui exercent leurs droits propres en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, sont admises à poursuivre le remboursement de l'ensemble des prestations versées à la victime d'un accident résultant d'un acte médical, dans la limite des sommes allouées à ce patient en réparation de la perte de chance d'éviter un préjudice corporel, la part d'indemnité à caractère personnel étant exclue du recours.

36. A l'appui de sa demande de remboursement, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Pau-Pyrénées produit le décompte de ses débours définitifs arrêté au 18 octobre 2021 ainsi qu'une attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 30 mars 2022, par lesquels elle justifie avoir exposé, des suites de l'intervention chirurgicale subie par Mme H le 19 juillet 2016 des dépenses d'un montant total de 2 469,44 euros, dont 1 753 euros de frais hospitaliers au titre de la période du 13 au 14 août 2016, 523,32 euros de frais médicaux et 52,69 euros de frais pharmaceutiques au titre de la période du 19 juillet au 12 août 2016 et 131,53 euros correspondant à des frais de transport au titre de la période du 26 juillet au 13 août 2016.

37. Toutefois, seuls les frais résultant de l'aggravation de l'état de santé de Mme H, consécutif à la conversion de sa sleeve-gastrectomie en " by-pass ", peuvent être regardés comme étant en lien direct avec les manquements commis par le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent. Il résulte en effet de l'instruction, notamment des termes du rapport d'expertise du 10 octobre 2018, que la fistule gastrique dont a été victime Mme H, qualifiée par l'expert d'aléa thérapeutique, devait nécessairement entraîner son hospitalisation pour une durée ne pouvant être inférieure à quinze jours. Dès lors, en l'absence de tout élément permettant de chiffrer le surcoût lié au traitement des conséquences de l'intervention chirurgicale du 19 juillet 2016, les sommes de 523,32 euros, de 52,69 euros et de 131,53 euros exposés au titre des frais médicaux, des frais pharmaceutiques et des frais de transport de la patiente entre le 19 juillet et le 13 août 2016 ne peuvent être regardées comme imputables aux manquements commis par le centre hospitalier. Il en va toutefois différemment des frais exposés par la CPAM de Pau-Pyrénées pour l'hospitalisation de Mme H les 13 et 14 août 2016, soit la somme de 1 753 euros. Par suite, il y a lieu de condamner solidairement le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la SHAM à verser à la CPAM de Pau-Pyrénées, agissant pour le compte de la CPAM des Landes, compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 15, une somme globale de de 1 735,47 euros.

En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :

38. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. () ".

39. Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 15 décembre 2022 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022. ". Lorsque, par application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale précité, le montant de l'indemnité forfaitaire est relevé par arrêté interministériel, la caisse n'est pas obligée d'actualiser devant le juge le montant de ses conclusions.

40. Eu égard au montant de 1 735,47 euros dont le remboursement est obtenu par la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, il y a lieu de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de la SHAM le paiement d'une indemnité forfaitaire de gestion de 572,70 euros au profit de cette caisse.

Sur les intérêts :

41. La CPAM de Pau-Pyrénées, a demandé les intérêts au taux légal dans son mémoire enregistré le 18 octobre 2021. Dès lors, cette caisse a droit, à compter de cette date, aux intérêts au taux légal sur la somme de 1 735,47 euros.

Sur les dépens :

42. Les dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative posent le principe que les dépens, tels que les frais d'expertise, sont mis à la charge de la partie perdante. Il y a dès lors lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal, taxés et liquidés à la somme de 1 500 euros.

Sur les frais liés à l'instance :

43. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

44. Il y a lieu, sur le fondement de ces dispositions, de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de la SHAM une somme de 1 500 euros à verser aux requérants au titre des frais exposés par eux dans le cadre de la présente instance et non compris dans les dépens, ainsi qu'une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la CPAM de Pau-Pyrénées.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la société hospitalière d'assurances mutuelles sont condamnés solidairement à verser à M. A C la somme de 36 586,11 euros (trente-six mille cinq cents quatre-vingt-six euros et onze centimes), à Mme L K la somme de 5 500 (cinq-mille cinq cents) euros, à M. B K la somme de 5 000 (cinq-mille) euros et à M. E K la somme de 5 000 (cinq-mille) euros.

Article 2 : Le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la société hospitalière d'assurances mutuelles sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Landes, la somme de 1 735,47 euros (mille sept-cent trente-cinq euros et quarante-sept centimes), cette somme portant intérêts au taux légal à compter du 18 octobre 2021.

Article 3 : Le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la société hospitalière d'assurances mutuelles sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées une somme de 572,70 euros (cinq-cent-soixante-douze euros et soixante-dix centimes) au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 4 : les frais d'expertise, d'un montant de 1 500 (mille cinq cents) euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent.

Article 5 : Le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et la société hospitalière d'assurances mutuelles verseront à M. A C et aux consorts K une somme globale de 1 500 (mille cinq cents) euros, et à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées une somme de 1 000 (mille) euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Les conclusions des parties sont rejetées pour le surplus.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. F A C, à Mme L K, à M. B K, à M. E K, à la caisse primaire d'assurance maladie des Landes, au centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent, à la société hospitalière d'assurances mutuelles et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Copie sera adressée au docteur M D, expert.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Crassus, conseillère,

Mme Neumaier, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.

La rapporteure,

Signé

L. NEUMAIER

Le président,

Signé

F. DE SAINT-EXUPERY DE CASTILLON

La greffière,

Signé

M. I

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition :

La greffière,

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