jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102737 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SEMERIVA |
Vu la procédure suivante :
A une requête, enregistrée le 12 octobre 2021, M. C B, représenté A Me Semeriva, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer et le titre de perception émis le 18 mai 2021 A le centre hospitalier de Bigorre, d'un montant de 2 093,03 euros, et de le décharger de l'obligation de payer la somme ainsi mise à sa charge ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Bigorre une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'avis des sommes à payer est entaché d'un vice de forme en l'absence de signature de l'ordonnateur et de mention de sa qualité ; l'ampliation du titre de perception ne lui ayant pas été adressée, le centre hospitalier de Bigorre doit justifier de la signature du bordereau de titre de recettes ;
- l'avis des sommes à payer est insuffisamment motivé faute d'indiquer précisément les bases de liquidation de la créance ;
- l'avis des sommes à payer est entaché d'un vice de procédure dès lors que le centre hospitalier de Bigorre ne l'a pas invité à produire ses observations avant d'émettre le titre de recette ;
- la créance est infondée dès lors que l'ordonnateur n'a pas respecté la quotité saisissable et a méconnu le principe de proportionnalité prévu A l'article L. 111-7 du code des procédures civiles d'exécution ; la créance mise à sa charge excède ses capacités financières.
La requête a été communiquée au centre hospitalier de Bigorre qui, malgré une mise en demeure qui lui a été adressée le 31 août 2022, s'est abstenu de produire des observations.
A ordonnance du 3 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 3 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- et les conclusions de M. Clen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, inscrit sur la liste d'aptitude à la fonction de praticien hospitalier des établissements publics de santé, au titre de l'année 2012, dans la spécialité de médecine nucléaire, a été nommé praticien hospitalier en période probatoire, à compter du 8 avril 2017, au centre hospitalier de Bigorre (Hautes-Pyrénées), puis à titre permanent et à temps partiel à compter du 8 avril 2018. A un arrêté du 23 février 2021, la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction a prononcé à son encontre la sanction de révocation. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de le décharger de l'obligation de payer la somme de 2 093,03 euros mise à sa charge A un avis des sommes à payer et A un titre de perception émis le 18 mai 2021 A le centre hospitalier de Bigorre.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge :
2. En ce qu'elle tend à contester l'exigibilité ou le montant d'une dette, toute demande dirigée contre un titre exécutoire, un ordre de reversement ou une décision imposant un remboursement A voie de retenue sur traitement relève, A nature, du plein contentieux. Il suit de là que la demande d'annulation présentée A M. B devant le tribunal contre l'avis des sommes à payer et le titre de perception émis le 18 mai 2021 pour un montant de 2 093,03 euros ne peut être regardée que comme tendant à ce que le juge en prononce l'annulation en raison de leur irrégularité ou bien décharge M. B de l'obligation de payer tout ou partie des sommes à recouvrer pour défaut d'exigibilité de la créance en litige.
3. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation A l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions aux fins de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge. Dans le cas où il ne juge fondé aucun des moyens qui seraient de nature à justifier le prononcé de la décharge mais retient un moyen mettant en cause la régularité formelle du titre exécutoire, le juge n'est tenu de se prononcer explicitement que sur le moyen qu'il retient pour annuler le titre : statuant ainsi, son jugement écarte nécessairement les moyens qui assortissaient la demande de décharge de la somme litigieuse.
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise A une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".
5. Tout titre de recette comprend quatre volets dont le premier, formant bulletin de perception permettant de suivre le recouvrement de la créance, est adressé au comptable public, le deuxième est annexé au compte de gestion de la collectivité locale, le troisième, formant avis des sommes à payer, est adressé au débiteur, et le quatrième, formant bulletin de liquidation, est conservé A l'ordonnateur. En application des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration, selon lesquelles le destinataire d'une décision administrative doit pouvoir avoir connaissance du nom, du prénom et de la qualité de son auteur et doit pouvoir également constater que ce dernier l'a signée, il appartient à la personne publique concernée, dans le cas où l'avis des sommes à payer reçu A son destinataire n'est pas signé et n'indique pas le nom, le prénom et la qualité de son auteur, de démontrer que l'un des trois autres volets du titre de recette exécutoire en cause comporte lesdites mentions ainsi que la signature de l'ordonnateur ou de son délégué.
6. Pour l'application des dispositions citées au point 4 aux titres exécutoires visant au recouvrement des créances des établissements publics administratifs, d'une part, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de la décision, et d'autre part, il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non A l'ordonnateur lui-même mais A une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
7. Il résulte de l'instruction que l'avis des sommes à payer litigieux reçu A M. B mentionne que son émetteur est M. G E, directeur du centre hospitalier de Bigorre. Ce titre ne comporte pas sa signature. En l'absence de toute production A la partie défenderesse d'une pièce comportant la signature de son auteur malgré la mise en demeure adressée au centre hospitalier de Bigorre, le titre de perception émis le 18 mai 2021 doit être regardé comme ne satisfaisant pas aux dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration précité. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le titre exécutoire litigieux est entaché d'un vice de forme doit être accueilli.
8. En second lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Cet article est applicable aux centres hospitaliers en application de l'article 1er de ce même décret : " Les dispositions du titre Ier du présent décret sont applicables aux administrations publiques au sens du règlement (CE) du 25 juin 1996 visé ci-dessus, mentionnées aux 1° à 5° suivants ainsi qu'aux personnes morales mentionnées au 6° : () 3° Les établissements publics de santé ainsi que, lorsqu'ils sont érigés en établissement public de santé en application de l'article L. 6133-7 du code de la santé publique, les groupements de coopération sanitaire ; () ".
9. Un état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la dette. En application de ce principe, l'administration ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit A référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels elle se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
10. En l'espèce, l'avis des sommes à payer en litige porte uniquement la mention " remboursement traitement personnel médical ". Il ne fait référence à aucun autre document et aucune pièce versée à l'instance ne permet de constater qu'il aurait été accompagné d'un document indiquant plus particulièrement la nature du trop-perçu dont l'administration entendait obtenir le remboursement et la période durant laquelle les sommes ont été indument versées à l'intéressé. Ces mentions sont insuffisantes pour permettre à M. B de connaître les bases de liquidation de la créance. Dans ces conditions, le titre exécutoire émis le 18 mai 2021 est insuffisamment motivé et ne satisfait pas aux dispositions de l'article 24 du décret précité. A suite, le moyen tiré de ce que ce titre est entaché d'un vice de forme doit être accueilli.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées à fin d'annulation du titre de perception émis le 18 mai 2021 A le centre hospitalier de Bigorre, d'un montant de 2 093,03 euros doivent être accueillies. Eu égard aux motifs d'annulation retenus tirés de vices de forme, et alors qu'aucun des moyens soulevés à l'encontre du bien-fondé du titre de perception contesté n'est susceptible d'être accueilli et qu'il est loisible, dans les limites de la prescription, à l'ordonnateur compétent d'émettre un nouveau titre de perception, les conclusions à fin de décharge présentées implicitement A le requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de perception d'un montant de 2 093,03 euros émis le 18 mai 2021 à l'encontre de M. B A le directeur du centre hospitalier de Bigorre est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au centre hospitalier de Bigorre.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Beneteau, première conseillère,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
A. F
La présidente,
Signé
M. D La greffière,
Signé
P. SANTERRE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026