vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102765 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SELARL BIROT MICHAUD RAVAUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 octobre 2021, M. B E et l'Union départementale des associations familiales (UDAF) des Landes, représentés par Me Clément, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent à leur verser une somme de 738 392 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa prise en charge dans cet établissement à compter du 22 novembre 2007 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- à la suite de deux interventions réalisées au centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent les 22 novembre et 26 décembre 2007, M. E a présenté deux complications consistant en un hématome compressif du rachis lombaire et une épidurite infectieuse, qui ont concouru à l'apparition d'un syndrome dit " de la queue de cheval " ;
- par un avis émis le 18 mars 2015, la commission de conciliation et d'indemnisation a estimé que son état de santé résultait d'un accident médical non fautif et d'une infection nosocomiale, et que la réparation de ses préjudices incombait à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales à hauteur de 50 % et au centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent à hauteur de 50 % ;
- le centre hospitalier de Dax a manqué à son devoir d'information quant aux risques inhérents à l'intervention de recalibrage du rachis lombaire qu'il a subie ;
- ses préjudices patrimoniaux temporaires doivent être indemnisés à hauteur de :
- 10 842,40 euros au titre des dépenses de santé restées à sa charge ;
- 71 680 euros au titre de la perte de gains professionnels subie entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2012 ;
- ses préjudices patrimoniaux permanents doivent être indemnisés à hauteur de :
- 4 222, 56 euros au titre de dépenses de santé futures ;
- 245 633 euros au titre de la perte des gains professionnels futurs ;
- 245 551,60 euros au titre de l'assistance par tierce-personne permanente ;
- ses préjudices extrapatrimoniaux temporaires doivent être indemnisés à hauteur de :
- 16 462,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, dont :
- 3 375 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total, à raison de 25 euros par jour durant 135 jours ;
- 4 562,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel, au taux de 50 %, à raison de 25 euros par jour durant 365 jours ;
- 8 525 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel, au taux de 25 %, à raison de 25 euros par jour durant 1 364 jours ;
- 35 000 euros au titre des souffrances endurées, qui doivent être évaluées à 5 sur une échelle de 7 ;
- 2 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, qui doit être évalué à 1,25 sur une échelle de 7 ;
- ses préjudices extrapatrimoniaux permanents doivent être indemnisés à hauteur de :
- 56 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, qu'il convient de fixer au taux de 25 % ;
- 1 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent, qui doit être évalué à 1 sur une échelle de 7 ;
- 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément, compte tenu de l'impossibilité de s'adonner à la chasse ;
- 30 000 euros au titre du préjudice sexuel ;
- 15 000 euros au titre du préjudice d'impréparation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 septembre 2022, le 22 septembre 2023, le 8 janvier 2024 et le 26 mars 2024, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Birot conclut à titre principal à sa mise hors de cause, à titre subsidiaire, à ce que la part de la réparation qui lui incombe au titre de la solidarité nationale soit limitée à 50 % du montant des préjudices subis par le requérant, et à titre encore subsidiaire, à ce qu'une expertise soit ordonnée avant-dire droit.
Il fait valoir que :
- il doit être mis hors de cause dès lors que le requérant n'a formulé aucune demande à son encontre ;
- les seuils de gravité permettant une indemnisation au titre de la solidarité nationale ne sont pas atteints ;
- à titre subsidiaire, la part d'indemnisation mise à sa charge ne saurait excéder 50 % des préjudices subis par le requérant ;
- M. E ne produit aucun justificatif de nature à établir que des frais de santé seraient restés à sa charge.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 avril 2023 et le 9 janvier 2024, le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent, représenté par Me de Lagausie, conclut dans le dernier état de ses écritures, à titre principal à sa mise hors de cause, à titre subsidiaire, à ce que la part de la réparation qui lui incombe soit limitée à 50 % du montant des préjudices subis par le requérant, et au rejet des demandes formulées par la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées.
Il soutient que :
- l'expert n'a pas retenu l'existence d'une faute commise par le centre hospitalier ;
- les dommages subis par M. E trouvent leur origine dans un aléa thérapeutique ainsi qu'une infection nosocomiale, dont les conséquences dommageables ne peuvent être indemnisées que par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale dès lors que l'intéressé présente un taux d'incapacité permanente de 25 % ;
- à titre subsidiaire, l'hôpital ne doit répondre que des conséquences dommageables de l'infection nosocomiale subie par M. E et l'ONIAM doit être condamné à réparer 50 % des préjudices ;
- les prétentions indemnitaires du requérant doivent être ramenées à de plus justes proportions ;
* les dépenses de santé invoquées par M. E ne sont pas justifiées ;
* les pertes de revenus professionnels ne peuvent être évaluées en l'absence de justificatif concernant les sommes qu'il percevait avant l'accident ;
* le requérant n'établit pas que les dépenses relatives à sa perte d'autonomie ne seraient pas prises en charge par la caisse primaire d'assurance maladie et sa mutuelle ;
* les autres préjudices dont la réparation est sollicitée doivent être réduits à de plus justes proportions ;
- les demandes de la CPAM doivent être rejetées dès lors que les préjudices subis par M. E doivent être pris en charge au titre de la solidarité nationale ;
- en tout état de cause, l'attestation d'imputabilité versée aux débats ne permet pas de déterminer quels frais doivent être regardés comme découlant des suites de l'infection nosocomiale présentée par le requérant ;
- les frais futurs dont la CPAM sollicite le remboursement ne sont pas corroborés par le rapport d'expertise.
Par un mémoire, enregistré le 4 décembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent, sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, à lui rembourser une somme de 347 871,03 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal au jour de sa demande, ainsi qu'à lui verser une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Un mémoire, présenté pour la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, a été enregistré le 29 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier ;
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique ;
- et les observations de Me de Lagausie, représentant le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E, qui présentait des lombalgies chroniques, a subi le le 22 novembre 2007, à l'âge de 44 ans, une intervention chirurgicale tendant à la décompression des nerfs et une ligamentoplastie du rachis lombaire. Il a été admis au centre de rééducation de Saint-Paul-lès-Dax à compter du 28 novembre, puis a été hospitalisé une nouvelle fois au centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent à compter du 26 décembre 2007, où il a subi une intervention chirurgicale tendant au recalibrage du canal lombaire. Le 2 janvier 2008, il a subi en urgence une nouvelle opération tendant à l'évacuation d'un hématome compressif du rachis lombaire. A compter du 5 janvier 2008, M. E a présenté une douleur crurale importante et un déficit moteur, ayant justifié son transfert, le 7 janvier suivant, dans l'unité de pathologie rachidienne du service d'orthopédie du centre hospitalier universitaire de Bordeaux. Le 14 janvier 2008, il a subi une quatrième intervention visant au traitement d'une épidurite infectieuse. Les prélèvements bactériologiques réalisés à cette occasion ont révélé la présence d'un staphylocoque epidermis.
2. M. E a saisi, le 17 avril 2014, la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) de Nouvelle-Aquitaine, qui a désigné le professeur A comme expert. Par un avis du 18 mars 2015, la CCI a estimé que la réparation des préjudices subis par M. E incombait pour 50 % à l'ONIAM au titre de la solidarité nationale, et à 50 % au centre hospitalier de Dax. Par sa requête, M. E demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent à lui verser une somme de 738 392 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa prise en charge dans cet établissement à compter du 22 novembre 2007.
Sur la responsabilité :
En ce qui concerne l'indemnisation au titre de la solidarité nationale :
3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Aux termes de l'article D. 1142-1 de ce code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : / 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; / 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence. ".
4. La juridiction du fond saisie de conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité d'une personne mentionnée au I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique est tenue, si elle estime que le dommage invoqué remplit les conditions pour être indemnisé en tout ou partie sur le fondement du II du même article ou de son article L. 1142-1-1, d'appeler l'ONIAM en la cause, au besoin d'office, puis de mettre à sa charge la réparation qui lui incombe même en l'absence de conclusions dirigées contre lui, sans préjudice de l'éventuelle condamnation de la personne initialement poursuivie à réparer la part du dommage dont elle serait responsable.
5. Il résulte des dispositions citées au point 3 que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation des dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la double condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état et que leur gravité excède le seuil défini à l'article D. 1142-1. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement.
6. Doit également être regardée, au sens des dispositions citées au point 3, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenue au cours ou au décours d'une prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
7. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'hématome intrarachidien est la conséquence de l'intervention chirurgicale subie par M. E le 26 décembre 2017. Aucune faute n'ayant été relevée par l'expert dans l'acte de soins et la prise en charge qui s'en est suivie, cette complication doit être regardée comme un aléa thérapeutique. La réparation de ses conséquences dommageables est donc susceptible de relever de la solidarité nationale, sous la double condition énoncée au point 5.
8. Par ailleurs, il n'est pas contesté que l'infection au staphylocoque epidermis contractée par M. E dans les suites de l'intervention chirurgicale subie le 2 janvier 2018 au centre hospitalier de Dax, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait été présente ou en incubation au début de sa prise en charge ni qu'elle aurait une autre origine, doit être regardée comme revêtant un caractère nosocomial.
9. Il résulte ainsi de l'instruction que le dommage subi par M. E est le résultat d'une double complication post-opératoire, à l'origine d'une compression et d'une souffrance des racines nerveuses contenues dans la " queue de cheval ", à savoir un hématome apparu dans le foyer post-opératoire, devant être regardé comme un accident médical non fautif ou aléa thérapeutique, et une infection nosocomiale.
10. Il résulte de l'instruction que le syndrome de la queue de cheval dont est aujourd'hui atteint M. E est à l'origine, pour l'intéressé, d'un déficit fonctionnel permanent évalué à 25 %. Ce taux est ainsi supérieur au seuil de 24 % fixé par l'article D. 1142-1 du code de la santé publique.
11. Cependant, il résulte de l'économie générale du dispositif institué par l'article L. 1142-1 du code de la santé publique et prévoyant la prise en charge, au titre de la solidarité nationale, des conséquences dommageables d'un aléa thérapeutique, que, lorsque cet aléa ne résulte pas d'une cause extérieure au traitement ou à l'intervention mais leur est intrinsèque, le taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique qui lui est imputable ne saurait s'apprécier que par rapport à la situation du patient en l'absence de traitement ou d'intervention et non par rapport à la situation qui aurait été la sienne en cas de succès de ceux-ci.
12. En l'espèce, M. E était, en raison de son état antérieur lombo-sciatalgique, déjà placé en arrêt de travail. Il ressort des termes du rapport d'expertise que son inaptitude au travail doit être considérée comme imputable pour un tiers à l'hématome, pour un tiers à l'infection nosocomiale, et pour un tiers à son état antérieur. Par suite, le taux d'atteinte permanente à son intégrité physique, fixé à 25 %, ne peut résulter au maximum qu'à hauteur de 17 points de l'aléa thérapeutique et de l'infection nosocomiale.
13. Toutefois, il résulte de l'article 1142-1 du code de la santé publique que, dans le cas où le taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique et psychique dont reste atteinte la victime est inférieur au seuil minimal de 24 %, le caractère de gravité doit s'apprécier au regard des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire, lequel doit être supérieur à 50 %.
14. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise susmentionné, que M. E avait subi une gêne temporaire totale pendant plus de quatre mois, ainsi qu'une gêne évaluée à 50 % pendant un an. Cette invalidité résulte de l'hématome intrarachidien dont a été victime le requérant, auquel s'est ajoutée l'infection nosocomiale contractée. Par suite, le critère de gravité énoncé à l'article D. 1142-1 du code de la santé publique doit être considéré comme rempli, de sorte que M. E a droit à une indemnisation au titre de la solidarité nationale, quand bien même il n'aurait pas dirigé de conclusions contre l'ONIAM.
En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier de Dax :
S'agissant de l'infection nosocomiale :
15. Ainsi qu'il a été dit, l'expertise du Pr A évalue le déficit fonctionnel permanent lié à la double complication post-opératoire présentée par M. E à 25 %. Dans ces conditions, la seule aggravation due à l'infection nosocomiale apparaît pouvoir raisonnablement être estimée en-deçà de 25 %, ce qui permet de considérer, comme la CCI l'a admis, qu'il appartient au centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent de prendre en charge les conséquences de cette infection.
S'agissant du manquement au devoir d'information :
16. Aux termes des dispositions de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus ".
17. Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence)
18. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.
19. Il ne résulte pas de l'instruction que le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent ait informé M. E des risques encourus par l'intervention chirurgicale du 2 janvier 2008 tendant à l'évacuation, en urgence, de l'hématome intrarachidien qu'il présentait, et en particulier, du risque de survenance d'un syndrome de la queue de cheval, l'expert mentionnant par ailleurs qu'aucune trace de consentement éclairé n'a pu être retrouvée dans le dossier médical du patient. Dans ces conditions, la responsabilité du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent doit être engagée du fait de ce manquement à l'obligation d'information.
En ce qui concerne la répartition de l'indemnisation :
20. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la prise en charge des conséquences de l'aléa thérapeutique et de l'infection nosocomiale dont a été victime M. E doit être répartie pour moitié entre l'ONIAM et le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent.
21. Par suite, l'indemnité due par l'ONIAM au titre de la solidarité nationale doit être réduite du montant mis à la charge du centre hospitalier au titre de l'indemnisation des dommages résultant de l'infection nosocomiale et de la perte de chance liée au manquement à l'obligation d'information à hauteur de 50 %.
Sur la réparation :
En ce qui concerne les préjudices résultant du manquement au devoir d'information :
22. Indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité. S'il appartient au patient d'établir la réalité et l'ampleur des préjudices qui résultent du fait qu'il n'a pas pu prendre certaines dispositions personnelles dans l'éventualité d'un accident, la souffrance morale qu'il a endurée lorsqu'il a découvert, sans y avoir été préparé, les conséquences de l'intervention doit, quant à elle, être présumée.
23. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'impréparation de M. E, résultant de la souffrance morale endurée lorsqu'il a découvert, sans y être préparé, les conséquences de l'intervention chirurgicale du 2 janvier 2008 en fixant le montant de l'indemnité due à ce titre à la somme de 5 000 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge du seul centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent.
En ce qui concerne les préjudices résultant de l'infection nosocomiale :
24. La date de consolidation de l'état de santé peut être définie comme le moment où les lésions prennent un caractère permanent. Cette date ne marque pas pour autant la fin des soins rendus nécessaires par l'état de santé de l'intéressé.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
Quant aux dépenses de santé actuelles :
25. M. E sollicite le remboursement de dépenses de santé exposées avant consolidation de son état de santé, dont il soutient qu'une partie aurait été laissée à sa charge, pour un montant de 10 842,40 euros. Il justifie, par les pièces qu'il produit, avoir exposé une somme de 2 752,26 euros en frais de transport vers le lieu de ses hospitalisations ainsi que pour se rendre à des consultations médicales, ainsi qu'une somme de 86,80 euros au titre de frais d'hospitalisation restés à sa charge. Toutefois, le requérant n'établit pas, en se bornant à produire des factures de pharmacie pour les années 2008 à 2012, que ces dépenses médicales se rattachent aux suites de l'aléa thérapeutique et de l'infection nosocomiale dont il a été victime. Compte tenu de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement, il y a lieu d'allouer au requérant la somme de 2 839,06 euros, qui devra être prise en charge pour moitié par le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et pour moitié par l'ONIAM.
Quant aux frais divers :
26. M. E établit avoir exposé une somme de 64,15 euros au titre des frais de copie de son dossier médical. Il établit par ailleurs avoir exposé des frais d'un montant de 249,40 euros au titre de la location d'un téléviseur durant les périodes où il a été hospitalisé. Par suite, et compte tenu de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement, il y a lieu d'allouer au requérant la somme de 313,55 euros au titre de ce poste de préjudice, qui devra être prise en charge pour moitié par le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et pour moitié par l'ONIAM.
Quant à la perte de gains professionnels :
27. Le principe de la réparation intégrale du préjudice doit conduire le juge à déterminer, au vu des éléments de justification soumis à son appréciation, le montant de la perte de revenus dont la victime a été effectivement privée du fait du dommage qu'elle a subi
Sur la perte de revenus jusqu'au 31 décembre 2012 :
28. Il résulte de l'instruction que M. E exerçait, avant l'accident médical et l'infection nosocomiale dont il a été victime, la profession de maçon. Il établit, par la production de ses avis d'imposition au titre des années 2005, 2006, et 2007, avoir perçu un revenu annuel moyen de 14 831 euros. Toutefois, le requérant ne produit aucun élément de nature à établir le montant des revenus qu'il aurait perçus entre l'année 2007, et le 31 décembre 2012, date de consolidation de son état de santé, alors qu'il résulte de l'instruction qu'il a perçu, entre le 29 décembre 2007 et le 31 mai 2010 une somme de 21 761,15 euros au titre des indemnités journalières. Par suite, il n'établit pas avoir subi une perte de revenus.
Sur la perte de gains professionnels futurs :
29. Il résulte de l'instruction que le handicap présenté par M. E, lequel était âgé de 44 ans en 2008, lui a fait perdre son emploi de maçon et rend impossible la reprise de cette activité ou d'une activité comparable. Compte tenu de son âge de départ à la retraite et des revenus perçus par l'intéressé en 2007, les revenus qu'il aurait dû percevoir entre le 31 décembre 2012, date de consolidation de son état de santé, et la date de son départ en retraite, doivent être évalués à la somme de 31 496,25 euros. Il résulte toutefois du rapport d'expertise que l'inaptitude présentée par M. E n'est imputable que pour un tiers aux conséquences de l'infection nosocomiale dont il a été victime. Dans ces conditions, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de l'ONIAM une somme de 10 498,75 euros chacun au titre de ce chef de préjudice.
S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :
Quant aux dépenses de santé futures :
30. Il résulte des termes du rapport d'expertise que l'état de santé de M. E nécessite la poursuite de soins infirmiers à raison de trente minutes par jour, des séances de kinésithérapie à raison de deux heures par semaine, deux à trois consultations d'urologie par an et l'achat de matériel nécessaire à la réalisation d'auto-sondages. Toutefois, M. E ne produit aucun justificatif de nature à ces consultations ou à l'achat de ce matériel. Dans ces conditions, la demande de prise en charge de ces frais doit être rejetée.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
31. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise susmentionné, que M. E a subi, en lien direct avec sa prise en charge au centre hospitalier de Dax, un déficit fonctionnel temporaire total sur les périodes du 2 janvier au 7 mai 2008, du 5 au 9 avril 2011, et du 21 au 24 juin 2012 (soit durant 136 jours). M. E a également subi un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 % du 7 mai au 2008 au 6 mai 2009 (soit pendant 12 mois), et un déficit fonctionnel temporaire partiel de 25 % du 7 mai 2009 au 31 décembre 2012, date de consolidation de son état de santé (soit durant 3 ans, 7 mois et 24 jours). Il sera fait une juste appréciation du préjudice ayant résulté pour lui de son déficit fonctionnel temporaire durant ces périodes en l'évaluant, sur la base de 400 euros par mois à taux plein, à la somme de 8 600 euros. Compte tenu de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de l'ONIAM une somme de 4 300 euros chacun au titre de ce poste de préjudice.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
32. L'expert a évalué à 3 sur 7, le préjudice esthétique subi par M. E avant consolidation de son état de santé, en raison de troubles de la marche avec utilisation de cannes et d'un releveur. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 500 euros. Compte tenu de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax et de l'ONIAM une somme de 1 750 euros chacun au titre de ce poste de préjudice.
S'agissant des souffrances endurées :
33. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par M. E ont été évaluées à 5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 13 500 euros. Compte tenu de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de l'ONIAM une somme de 7 750 euros chacun au titre de ce poste de préjudice.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
34. Il résulte de l'instruction que M. E demeure atteint, depuis la consolidation de son état de santé acquise au 31 décembre 2012, soit à l'âge de 48 ans, d'un déficit fonctionnel permanent de 25 %, en raison du syndrome de la queue de cheval qu'il présente. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice, compte tenu de l'âge de la victime à la date de consolidation de son état de santé, à la somme de 40 000 euros. Compte tenu de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de l'ONIAM une somme de 20 000 euros chacun.
S'agissant du préjudice d'agrément :
35. Si M. E soutient qu'il a dû renoncer à la pratique de la chasse, il ne produit toutefois aucun élément de nature à établir qu'il s'adonnait régulièrement à cette activité. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de condamner le centre hospitalier de Dax- Côte d'Argent et l'ONIAM à verser à M. E une indemnité à ce titre.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
36. Il résulte de l'instruction que M. E présente un discret steppage, et que l'expert a évalué le préjudice esthétique permanent en résultant à 0,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 500 euros. Compte tenu de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de l'ONIAM une somme de 250 euros chacun.
S'agissant du préjudice sexuel :
37. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. E subit un préjudice sexuel majeur du fait du syndrome de la queue de cheval dont il a été victime, en raison d'une impuissance et d'une impossibilité à avoir des rapports sexuels. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 6 000 euros. Compte tenu de ce qui a été dit au point 21 du présent jugement, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent et de l'ONIAM une somme de 3 000 euros chacun.
38. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de diligenter une expertise complémentaire, que le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent doit être condamné à verser à M. E une somme de 53 125,06 euros, et l'ONIAM une somme de 48 125,06 euros.
Sur les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie :
39. D'une part, si, en application des dispositions des articles L. 1142-1 II et L. 1142-22 du code de la santé publique, l'ONIAM doit indemniser au titre de la solidarité nationale les victimes des accidents médicaux non fautifs et des infections nosocomiales les plus graves, cet établissement public ne peut être regardé comme le responsable des dommages que ces accidents et ces infections occasionnent. Il suit de là, et alors qu'au demeurant, la CPAM de Pau-Pyrénées n'a pas dirigé de conclusions contre l'ONIAM, que la caisse qui a versé des prestations à la victime d'un tel accident ou d'une telle infection ne peut exercer de recours subrogatoire contre l'ONIAM.
40. D'autre part, lorsque le degré de gravité des dommages résultant de l'infection nosocomiale excède le seuil prévu à l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique précité, c'est seulement au titre d'une telle faute qu'une caisse de sécurité sociale ayant versé des prestations à la victime peut exercer une action subrogatoire contre l'établissement où l'infection a été contractée.
41. Il résulte des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17 et du deuxième alinéa de l'article L. 1142-21 du code de la santé publique que le législateur, dérogeant dans cette hypothèse aux dispositions du second alinéa du I de l'article L. 1142-1, qui prévoit un régime de responsabilité de plein droit des établissements de santé en cas d'infection nosocomiale, a entendu que la responsabilité de l'établissement où a été contractée une infection nosocomiale dont les conséquences présentent le caractère de gravité défini à l'article L. 1142-1-1 ne puisse être recherchée qu'en cas de faute établie à l'origine du dommage, notamment un manquement caractérisé aux obligations posées par la réglementation en matière de lutte contre les infections nosocomiales. Il suit de là que, lorsque le degré de gravité des dommages résultant de l'infection nosocomiale excède le seuil prévu à l'article L. 1142-1-1, c'est seulement au titre d'une telle faute qu'une caisse de sécurité sociale ayant versé des prestations à la victime peut exercer une action subrogatoire contre l'établissement où l'infection a été contractée.
42. Ainsi qu'il a été dit, la responsabilité du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent n'est engagée qu'au titre, et pour partie seulement, d'une infection nosocomiale dont le degré de gravité des dommages en résultant n'excède pas le seuil prévu à l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, et qu'en outre, aucune faute du centre hospitalier à l'origine de cette infection nosocomiale n'a été commise, ainsi que l'a relevé l'expert, la CPAM de Pau-Pyrénées n'est pas fondée à exercer une action subrogatoire contre cet établissement à ce titre.
43. Par ailleurs, en ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier engagée à raison de la perte de chance résultant, pour M. E, du manquement au devoir d'information, les frais exposés par la CPAM de Pau-Pyrénées ne peuvent être regardés comme découlant directement de ce dernier manquement, qui n'est intervenu qu'en amont de l'intervention de prise en charge de l'hématome intrarachidien dont a été victime le requérant, et n'est pas à l'origine de l'infection nosocomiale.
44. Par suite, les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées tendant à ce que le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent soit condamné à lui rembourser les sommes exposées au titre de ses débours, ainsi que par voie de conséquence, celles tendant à la condamnation de ce même établissement au versement d'une somme au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
45. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
46. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent une somme de 1 500 euros à verser à M. E au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales versera à M. E une somme globale de 48 125,06 euros (quarante-huit mille cent vingt-cinq euros et six centimes).
Article 2 : Le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent est condamné à verser à M. E la somme de 53 125,06 euros (cinquante-trois mille cent vingt-cinq euros et six centimes).
Article 3 : Les conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées sont rejetées.
Article 4 : Le centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent versera à M. E et à l'UDAF des Landes la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. B E, à l'Union départementale des associations familiales des Landes, à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, à l'ONIAM et au centre hospitalier de Dax - Côte d'Argent.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
La rapporteure,
L. NEUMAIER
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. DANGENG
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026