jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2102916 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PECASSOU LOGEAIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2021 sous le n° 2102916, la société immobilière (SCI) Socilacq, représentée par la SELARL Pecassou-Camebrac et associés, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 6 920,43 euros résultant d'un avis à tiers détenteur du 4 mai 2021 et d'une mise en demeure de payer du 6 mai 2021, correspondant à la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 6 920,43 euros, en remboursement de la somme indument saisie, ainsi qu'une somme à déterminer ultérieurement en remboursement des frais bancaires qu'elle a été contrainte d'exposer pour l'exécution de la saisie à tiers-détenteur ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'exigibilité des impositions en litige est suspendue ;
- l'exigibilité de la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 est suspendue dès lors qu'une requête tendant à la décharge de cette imposition a été introduite devant le présent tribunal, dont la décision n'est pas encore intervenue ;
- l'exigibilité de la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 est suspendue ;
- elle est fondée à demander le remboursement des sommes prélevées dans le cadre de la saisie administrative à tiers détenteur ainsi que des frais bancaires dont elle a été contrainte de s'acquitter dans ce cadre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- en exécution du jugement n° 2000605 du 17 novembre 2022 du présent tribunal, le comptable du service des impôts des particuliers du centre des finances publiques de Pau a déchargé la SCI Socilacq de la somme correspondant à la taxe sur les friches commerciales mise à sa charge au titre de l'année 2019 ;
- si l'exigibilité de la taxe sur les friches commerciales au titre de l'année 2019 était suspendue, ainsi que le fait valoir la requérante, tel n'est pas le cas s'agissant de la taxe sur les friches commerciales due au titre de l'année 2020, dès lors que l'exigibilité de cette taxe n'a été suspendue qu'à compter de la réclamation du 2 juillet 2021, et non avant cette date ; cette caducité ne vicie pas rétroactivement la validité des actes de poursuite contestés ;
- la saisie sur le compte bancaire détenu par la SCI requérante auprès de la BNP Paribas n'a pas été opérée ; aucune somme n'a été versée par la société requérante, de sorte qu'elle n'est pas fondée à solliciter le remboursement des sommes qui auraient été indument versées.
Par une ordonnance du 12 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 septembre 2023.
II. - Par une requête, enregistrée le 29 avril 2022 sous le n° 2200920 et un mémoire, enregistré le 22 septembre 2023, la société civile immobilière (SCI) Socilacq, représentée par la SELARL Pecassou-Camebrac et Associés, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe sur les friches commerciales à laquelle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles de la commune de Pau, pour un montant de 2 617 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'avis d'imposition reçu ne vise aucune délibération exécutoire de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées établissant le principe de cette taxe ;
- l'illégalité de la délibération du 21 septembre 2017 de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées instituant la taxe sur les friches commerciales, dès lors que son caractère exécutoire n'est pas démontré, doit entraîner la décharge totale de la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie ;
- il n'est pas établi que la liste des biens susceptibles d'être concernés par cette taxe a été régulièrement jointe à la délibération du 21 septembre 2017 de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées instituant la taxe sur les friches commerciales ;
- elle est fondée à solliciter le dégrèvement total de cette taxe, dès lors que l'absence d'exploitation de son bien est indépendante de sa volonté ; elle a effectué, sans succès, des démarches auprès d'agences spécialisées de location, et la situation économique du centre-ville de Pau est dégradée, de même que l'environnement proche de son local ; elle est en contact avec deux preneurs potentiels.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 janvier 2023 et le 26 octobre 2023, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SCI Socilacq ne sont pas fondés.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier,
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arotçarena, représentant la SCI Socilacq.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Socilacq a été assujettie à la taxe sur les friches commerciales au titre de l'année 2019 et 2020 dans les rôles de la commune de Pau, à hauteur respectivement de 3 934 et 2 617 euros, à raison d'un local à usage commercial dont elle est propriétaire, situé au 6 avenue du maréchal Foch, à Pau. Elle a fait l'objet d'une saisie administrative à tiers-détenteur le 4 mai 2021 auprès de son établissement bancaire pour le paiement d'une somme de 6 920,43 euros correspondant à la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020, puis d'une mise en demeure de payer émise par le comptable public le 6 mai 2021 correspondant à la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020. Par une réclamation préalable du 1er juillet 2021, reçue le 5 juillet suivant par le service, la SCI Socilacq a sollicité la décharge de la cotisation de taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019, laquelle a été implicitement rejetée par le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
2. Par une requête n° 2102916, la société Socilacq demande au tribunal d'être déchargée de l'obligation de payer la somme de la somme de 6 920,43 euros résultant de l'avis de saisie à tiers-détenteur et de la mise en demeure de payer susmentionnés.
3. Par une requête n° 2200920, la société Socilacq demande au tribunal prononcer la décharge des cotisations de taxe sur les friches commerciales à laquelle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles de la commune de Pau, pour un montant de 2 617 euros.
Sur la jonction :
4. Les requêtes n° 2102916 et n° 2200920 concernent la situation d'un même contribuable et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la requête n° 2200920 :
Sur les conclusions aux fins de décharge :
5. En premier lieu, dans le cadre d'un contentieux d'assiette, les irrégularités dont sont, le cas échéant, entachés les avis relatifs aux impositions recouvrées par voie de rôle sont sans incidence sur la régularité et le bien-fondé de l'impôt. Par suite, le moyen tiré de ce que l'avis d'imposition reçu par la société requérante ne vise pas la délibération de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées établissant le principe de la taxe en litige doit être écarté comme inopérant.
6. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 1530 du code général des impôts : " I. - Les communes peuvent, par une délibération prise dans les conditions prévues au I de l'article 1639 A bis, instituer une taxe annuelle sur les friches commerciales situées sur leur territoire. / Toutefois, les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre ayant une compétence d'aménagement des zones d'activités commerciales peuvent, par une délibération prise dans les conditions prévues au I de l'article 1639 A bis, instituer cette taxe en lieu et place de la commune. / II. - La taxe est due pour les biens évalués en application de l'article 1498, à l'exception de ceux visés à l'article 1500, qui ne sont plus affectés à une activité entrant dans le champ de la cotisation foncière des entreprises défini à l'article 1447 depuis au moins deux ans au 1er janvier de l'année d'imposition et qui sont restés inoccupés au cours de la même période. / Pour l'établissement des impositions, le conseil municipal ou l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale communique chaque année à l'administration des impôts, avant le 1er octobre de l'année qui précède l'année d'imposition, la liste des adresses des biens susceptibles d'être concernés par la taxe. / III. - La taxe est acquittée par le redevable de la taxe foncière au sens de l'article 1400. / IV. - L'assiette de la taxe est constituée par le revenu net servant de base à la taxe foncière sur les propriétés bâties défini par l'article 1388. / V. - Le taux de la taxe est fixé à 10 % la première année d'imposition, 15 % la deuxième et 20 % à compter de la troisième année. Par une délibération prise dans les conditions prévues au I de l'article 1639 A bis, ces taux peuvent être majorés dans la limite du double par le conseil municipal ou le conseil de l'établissement public de coopération intercommunale. / VI. - La taxe n'est pas due lorsque l'absence d'exploitation des biens est indépendante de la volonté du contribuable. / VII. - Le contrôle, le recouvrement, le contentieux, les garanties et les sanctions de la taxe sont régis comme en matière de taxe foncière sur les propriétés bâties. / VIII. - Les dégrèvements accordés en application du VI ou par suite d'une imposition établie à tort en application du II sont à la charge de la commune ou de l'établissement public de coopération intercommunale. Ils s'imputent sur les attributions mensuelles de taxes et les impositions perçues par voie de rôle ".
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. Cette transmission peut s'effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par décret en Conseil d'Etat ". Et aux termes de l'article L. 5211-3 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Les dispositions du chapitre premier du titre III du livre premier de la deuxième partie relatives au contrôle de légalité et au caractère exécutoire des actes des communes sont applicables aux établissements publics de coopération intercommunale () ".
8. Il résulte de l'instruction que la taxe sur les friches commerciales à laquelle a été assujettie la société Socilacq a été instituée par une délibération du conseil communautaire de la communauté d'agglomération Pau -Pyrénées du 21 septembre 2017, laquelle a fait l'objet d'une publication au recueil des actes administratifs du bureau et du conseil communautaire, mis à disposition des administrés au siège de la communauté d'agglomération ainsi qu'à l'hôtel de ville de Pau, et a été transmise au représentant de l'Etat le 5 octobre 2017. Par suite, la société Socilacq n'est pas fondée à soutenir que cette délibération n'aurait pas acquis un caractère exécutoire.
9. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment d'une liste intitulée " TFC CA PAU 2020 " et produite par le directeur départemental des finances publiques en défense, que le bien de la société Socilacq figurait sur la liste des biens susceptibles d'être concernés par la taxe sur les friches commerciales communiquée par l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale à l'administration des impôts.
10. En quatrième lieu, il est constant que le local commercial dont la société Socilacq est propriétaire est resté inoccupé depuis au moins l'année 2010. Pour expliquer cette situation, la société requérante fait état du phénomène de " dévitalisation " commercial du centre-ville de Pau et de la situation géographique défavorable du local, situé à proximité immédiate du passage Malère, lequel ferait l'objet de dégradations importantes. Toutefois, il résulte de l'instruction, et notamment du constat d'huissier versé au dossier, que le local dont est propriétaire la société Socilacq se trouve dans un état de vétusté qui nécessite d'importants travaux de remise en état. Si la société Socilacq soutient avoir entamé de nombreuses démarches pour donner son bien en location, les pièces versées au dossier, consistant en des mandats de locations signés les 6 juin 2011 et 28 novembre 2014 pour des durées respectives de six mois et deux ans avec des agences immobilières, des photographies d'affiches indiquant que le bien est à louer, au demeurant non datées, qui auraient été apposées sur la vitrine du local, et de copies de courriers électroniques adressés à la société par des preneurs potentiels se disant intéressés par ce local, ne suffisent pas à établir que la société requérante aurait réalisé toutes les diligences qui auraient permis la reprise d'une activité commerciale. De plus, il résulte de l'instruction que le montant du loyer annuel proposé, fixé selon la cote dite " Callon " à 43 400 euros par an, est supérieur au montant du loyer demandé pour des biens équivalents, et ne fait l'objet d'aucune pondération pour tenir compte des faiblesses propres à ce local. Enfin, la circonstance tirée des difficultés rencontrées pour louer un bien commercial sur le territoire de la commune de Pau, à la supposer établie, ne suffit pas à considérer que la vacance du bien était inévitable, alors que l'administration fait valoir que la devanture du bien se situe dans la rue commerçante du Maréchal Foch, bénéficiant d'un environnement attractif où se situent des commerces dont une enseigne leader du prêt-à-porter ainsi que des débits de boissons et restaurants, lesquels connaissent une forte fréquentation. Par suite, le local commercial détenu par la société Socilacq étant vacant depuis plus de deux ans au 1er janvier de l'année d'imposition, et cette vacance ne pouvant être regardée comme indépendante de la volonté de la société requérante, c'est à bon droit que l'administration a mis à sa charge, en application des dispositions précitées, une taxe sur les friches commerciales au titre de l'année 2020.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête de la SCI Socilacq doivent être rejetées.
Sur la requête n° 2102916 :
Sur l'étendue du litige :
12. Par une décision du 24 novembre 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le comptable du service des impôts des particuliers du centre des finances publiques de Pau, a prononcé le dégrèvement, en droits et majorations, de la cotisation de taxe sur les friches commerciales à laquelle avait été assujettie la société Socilacq au titre de l'année 2019. En conséquence, les conclusions de la requête relatives à ces impositions sont, dans cette mesure, devenues sans objet de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer :
13. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent () ".
14. Il résulte de ces dispositions que les impositions contestées par un contribuable qui a assorti sa réclamation d'une demande régulière de sursis de paiement et qui a régulièrement offert des garanties cessent d'être exigibles à compter de la date à laquelle le comptable a eu connaissance des garanties offertes par le contribuable et tant que le comptable n'a pas régulièrement notifié son refus de ces garanties. Dans l'hypothèse où une contrainte a été, antérieurement, à cette date, décernée pour le recouvrement des impositions contestées, ladite contrainte devient caduque à compter de la date à laquelle les impositions ont cessé d'être exigibles. Enfin, si les impositions redeviennent exigibles par suite de la notification du refus des garanties, il appartient au comptable de décerner une nouvelle contrainte afin de poursuivre le recouvrement desdites impositions.
15. Il résulte de l'instruction que les actes de poursuite visant au recouvrement de la taxe sur les friches commerciales due par la SCI Socilacq au titre de l'année 2020 ont été émis les 4 et 6 mai 2021. Dès lors que cette société n'a formé de réclamation d'assiette, assortie d'une demande de sursis de paiement, que le 2 juillet suivant, ces actes de poursuite lui ont été régulièrement notifiés à une date où les créances étaient exigibles. Toutefois, et dès lors que ces deux actes de poursuite sont devenus caduques à compter de la demande de sursis de paiement, les conclusions de la SCI Socilacq tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 2 617 euros correspondant à la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 sont dépourvues d'objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
16. Le service fait valoir, sans être contesté, que les sommes dont la société Socilacq sollicite le remboursement n'ont jamais été prélevées dès lors que la saisie administrative à tiers-détenteur notifiée à l'établissement bancaire BNP Paribas s'est révélée infructueuse. Par ailleurs, la société requérante, qui sollicite également le remboursement d'une somme de 5 000 euros correspondant aux frais bancaires qu'elle a dû acquitter dans le cadre du recouvrement des sommes mises à sa charge, ne produit aucun élément permettant d'établir qu'elle a effectivement exposé de tels frais.
17. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'indemnisation présentées par la société Socilacq doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Socilacq demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2102916 de la société Socilacq à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 4 327 (quatre mille trois-cent vingt-sept) euros correspondant à la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2102916 de la société Socilacq à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 2 617 (deux mille six-cent dix-sept) euros correspondant à la taxe sur les friches commerciales à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020.
Article 3 : Les conclusions de la requête n° 2102916 sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : La requête n° 2200920 est rejetée.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à la société civile immobilière Socilacq et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Crassus, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
L. NEUMAIERLa présidente,
Signé
M. SELLESLa greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
N°s 2102916, 2200920
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026