LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2103043

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2103043

mardi 29 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2103043
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCHAMBRE 2
Avocat requérantKAROUBI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a été saisi par l'association Action jeunesse innovation et réinsertion (AJIR) d'une demande d'indemnisation pour le préjudice financier résultant de l'illégalité d'une décision du 14 novembre 2018 de l'inspecteur du travail, qui autorisait le licenciement d'un salarié protégé et qui a été annulée par un jugement définitif. Le tribunal a reconnu que cette illégalité constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'État. Il a écarté la fin de non-recevoir soulevée par le ministre, jugeant que la demande préalable de l'association était justifiée. La solution retenue engage la responsabilité de l'État sur le fondement des principes généraux de la responsabilité de la puissance publique, sans qu'il soit fait mention de textes spécifiques dans l'extrait fourni.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et des mémoires en production de pièces, enregistrés le

15 novembre 2021, le 6 décembre 2021, le 24 janvier 2024, le 10 mars 2025 et le 14 mars 2025, l'association Action jeunesse innovation et réinsertion, représentée par Me Karoubi, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 128 433,02 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision du 14 novembre 2018 par laquelle l'inspecteur du travail de la dixième section des Pyrénées-Atlantiques a autorisé le licenciement de M. A B, cette somme étant assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée du fait de l'illégalité de la décision du 14 novembre 2018 ;

- elle a subi un préjudice financier évalué à 128 433,02 euros ;

- elle n'a pas commis de faute exonératoire totale ou partielle de la responsabilité de l'Etat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 novembre 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, dans l'hypothèse où la responsabilité de l'Etat serait retenue, à une exonération partielle de sa responsabilité, eu égard à la faute commise par l'association Action jeunesse innovation et réinsertion.

Il soutient que :

- l'association Action jeunesse innovation et réinsertion ne démontre pas la réalité de la liaison du contentieux, en méconnaissance de l'article R. 421-2 du code de justice administrative ;

- les moyens soulevés par l'association Action jeunesse innovation et réinsertion ne sont pas fondés ;

- à titre subsidiaire, l'association Action jeunesse innovation et réinsertion a commis une faute en sollicitant l'autorisation de licencier M. B de nature à exonérer partiellement l'Etat de sa responsabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Aubry,

- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Karoubi, représentant l'association Action jeunesse innovation et réinsertion.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 14 novembre 2018, l'inspecteur du travail de la dixième section des Pyrénées-Atlantiques a autorisé, à la demande de l'association Action jeunesse innovation et réinsertion (AJIR), en charge de la gestion du lycée professionnel privé Planterose de Moumour, le licenciement de M. B, qui exerçait les fonctions de maître auxiliaire au sein de cet établissement et d'une maison d'enfants à caractère social, et était investi des mandats de délégué syndical et représentant syndical au sein du comité d'entreprise. Cette décision a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Pau du 15 décembre 2020, devenu définitif. L'association AJIR demande la condamnation de l'Etat à lui réparer les préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'indemnité :

En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. ". Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête ".

3. Il résulte de l'instruction, notamment du certificat de dépôt d'une lettre recommandée auprès des services postaux, que le courrier contenant la demande préalable présentée par l'association AJIR, pris en charge par ces derniers le 28 juillet 2021, a été distribué le 31 juillet 2021. Dans ces conditions, alors que le ministre n'établit, ni même n'allègue ne pas avoir été destinataire d'un tel courrier, l'association AJIR justifie du dépôt de sa demande préalable. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion doit être écartée.

En ce qui concerne le fond du litige :

S'agissant de la responsabilité de l'Etat :

4. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 1, la décision de l'inspecteur du travail de la dixième section des Pyrénées-Atlantiques du 14 novembre 2018 a été annulée par un jugement du tribunal du 15 décembre 2020, devenu définitif. Dans ces conditions, l'illégalité ainsi constatée constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'État.

5. D'autre part, en application des principes généraux de la responsabilité de la puissance publique, il peut le cas échéant être tenu compte, pour déterminer l'étendue de la responsabilité de l'Etat à l'égard de l'employeur à raison de la délivrance d'une autorisation de licenciement entachée d'illégalité, au titre notamment du versement au salarié des indemnités mises à la charge de l'employeur par le juge judiciaire, de la faute également commise par l'employeur en sollicitant la délivrance d'une telle autorisation.

6. Il résulte de l'instruction que l'association AJIR a sollicité auprès de l'inspecteur du travail l'autorisation de licencier M. B pour faute aux motifs que ce dernier ne respectait pas les consignes pédagogiques, mettant ainsi en péril l'unité de l'équipe enseignante du lycée Planterose, qu'il avait une attitude agressive envers ses collègues, et qu'il tenait des propos humiliants et blessants, notamment envers des élèves d'origine étrangère. Par son jugement du

15 décembre 2020, le tribunal a relevé qu'il existait un doute sur l'exactitude matérielle des faits précédemment rappelés, lequel devait profiter au salarié. Dans ces conditions, en sollicitant cette autorisation, sur le fondement de circonstances de fait insuffisamment établies, l'association AJIR a elle-même commis une faute de nature à exonérer l'Etat, dans les circonstances de l'espèce, de la moitié de la responsabilité encourue.

S'agissant des préjudices :

7. D'une part, aux termes de l'article L. 2422-4 du code du travail : " Lorsque l'annulation d'une décision d'autorisation est devenue définitive, le salarié investi d'un des mandats mentionnés à l'article L. 2422-1 a droit au paiement d'une indemnité correspondant à la totalité du préjudice subi au cours de la période écoulée entre son licenciement et sa réintégration, s'il en a formulé la demande dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision. / L'indemnité correspond à la totalité du préjudice subi au cours de la période écoulée entre son licenciement et l'expiration du délai de deux mois s'il n'a pas demandé sa réintégration. / Ce paiement s'accompagne du versement des cotisations afférentes à cette indemnité qui constitue un complément de salaire. ". Il résulte de ces dispositions que l'employeur est tenu de verser cette indemnité à son salarié ainsi que les cotisations y afférentes, lorsqu'une autorisation de licenciement a été annulée et que cette annulation est devenue définitive.

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 1235-3 du code du travail : " Si le licenciement d'un salarié survient pour une cause qui n'est pas réelle et sérieuse, le juge peut proposer la réintégration du salarié dans l'entreprise, avec maintien de ses avantages acquis. / Si l'une ou l'autre des parties refuse cette réintégration, le juge octroie au salarié une indemnité à la charge de l'employeur (). Pour déterminer le montant de l'indemnité, le juge peut tenir compte, le cas échéant, des indemnités de licenciement versées à l'occasion de la rupture, à l'exception de l'indemnité de licenciement mentionnée à l'article L. 1234-9. / () ".

9. Si le versement au salarié d'une somme à titre de transaction ne constitue pas, par lui-même, un préjudice dont la réparation incombe à l'Etat, la transaction que l'employeur aurait conclue dans le cadre d'un règlement amiable avec son ancien salarié ne fait pas, par elle-même, obstacle à la possibilité pour cet employeur de rechercher l'indemnisation par l'Etat des préjudices qui trouvent de manière directe et certaine leur origine dans la décision fautive de l'administration.

10. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B, licencié le 21 novembre 2018, a signifié à l'association AJIR, à la suite de l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail de la dixième section des Pyrénées-Atlantiques du 14 novembre 2018, son intention de solliciter sa réintégration, ainsi que le versement d'une indemnité en application des dispositions précitées de l'article L. 2422-4 du code du travail. M. B avait donc droit à une indemnité correspondant au versement des salaires qu'il n'avait pas perçus au cours de la période de licenciement, évaluée à 37 000 euros dans une transaction conclue le 30 mars 2021 entre ce dernier et l'association AJIR, et homologuée par un jugement du conseil de prud'hommes de Pau du 6 mai 2021. Par suite, l'association AJIR, qui a réglé cette somme à M. B, justifie de l'existence de ce préjudice financier à hauteur de ce montant.

11. En second lieu, s'il résulte également de l'instruction que par transaction conclue le

30 mars 2021, rappelée au point précédent, l'association requérante a également versé à

M. B une indemnité de 50 000 euros en application des dispositions précitées de l'article L. 1235-3 du code du travail, cette indemnité n'est consécutive qu'à son opposition à la réintégration de l'intéressé dans les fonctions qu'il occupait jusqu'alors.

12. Il résulte de tout ce qui précède que, compte tenu du partage de responsabilité fixé au point 6, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à l'association AJIR la somme de 18 500 euros.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

13. L'association AJIR a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 18 500 euros à compter du 31 juillet 2021, date de réception de sa demande préalable.

14. Par ailleurs, leur capitalisation doit prendre effet à compter du 31 juillet 2022, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière, et s'accomplir à nouveau à chaque échéance annuelle ultérieure.

Sur les frais liés à l'instance :

15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'association AJIR et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à l'association Action jeunesse innovation et réinsertion la somme de 18 500 (dix-huit mille cinq cents) euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 31 juillet 2021. Les intérêts échus seront capitalisés à compter du 31 juillet 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Article 2 : L'Etat versera à l'association Action jeunesse innovation et réinsertion une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions de la requête de l'association Action jeunesse innovation et réinsertion sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Action jeunesse innovation et réinsertion et au ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.

Délibéré après l'audience du 8 avril 2025, à laquelle siégeaient :

M. de Saint-Exupéry de Castillon, président,

Mme Genty, première conseillère,

M. Aubry, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2025.

Le rapporteur,

L. AUBRY

Le président,

F. DE SAINT-EXUPERY

DE CASTILLONLa greffière,

P. SANTERRE

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions