jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2103181 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GRAVELLIER - LIEF - DE LAGAUSIE - RODRIGUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 et 16 décembre 2021, M. D A, représenté par Me Dulout, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale à l'effet de se prononcer sur les conditions de sa prise en charge lors de son séjour au centre hospitalier de Mont-de-Marsan et d'évaluer les préjudices qui en ont résulté ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Mont-de-Marsan à lui verser une somme de 30 000 euros en réparation des préjudices résultant de sa prise en charge par cet établissement entre les 14 et 24 juillet 2019 ;
3°) en tout état de cause, de mettre à la charge du centre hospitalier Mont-de-Marsan une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- suite à une tentative de suicide, il a été pris en charge au sein du pôle psychiatrique du centre hospitalier de Mont-de-Marsan entre les 14 et 24 juillet 2019 ; dans la nuit du 24 juillet, en tentant de se mobiliser seul pour se rendre à la salle de bains, il a été victime d'une chute ayant occasionné une fracture du col du fémur de la jambe droite ;
- cet accident résulte de plusieurs manquements commis par le centre hospitalier, dont une mauvaise prise en charge, un défaut d'information et de mise en garde, un défaut de surveillance, ainsi qu'un manque de réactivité de la part du personnel soignant ;
- ces manquements constituent des fautes de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Mont-de-Marsan ; dès lors qu'il souffrait de tétraparésie avec spasticité des quatre membres, il appartenait au service d'adopter un protocole adéquat ; aucun dispositif d'alerte n'était mis en place dans sa chambre, l'empêchant de solliciter le personnel de l'hôpital s'il souhaitait se déplacer ; le personnel soignant ne s'est aperçu de sa chute qu'après plusieurs heures ;
- le lien de causalité entre ces manquements et les préjudices subis est établi ;
- il est fondé à demander la réparation de ses préjudices ;
- une expertise est utile à la détermination des préjudices subis ;
- à titre subsidiaire, ses préjudices doivent être indemnisés à hauteur de 30 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2022, le centre hospitalier de Mont-de-Marsan, représenté par Me De Lagausie, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- aucune faute ne saurait être reprochée au centre hospitalier ;
- la mesure d'expertise sollicitée ne présente aucun caractère d'utilité.
Par un mémoire, enregistré le 3 juin 2022, la caisse primaire d'assurance maladie des Landes demande au tribunal de l'admettre dans son intervention, fait savoir qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée et informe le tribunal qu'elle n'est pas en mesure de chiffrer sa créance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier,
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique,
- les observations de Me De Lagausie, représentant le centre hospitalier de Mont-de-Marsan.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, né le 15 juillet 1954, a été pris en charge au sein du service de psychiatrie du centre hospitalier de Mont-de-Marsan du 14 au 24 juillet 2019. Il a été victime d'une fracture du col du fémur de la jambe droite à la suite d'une chute survenue dans sa chambre d'hôpital dans la nuit du 24 juillet 2019. M. A a formé une demande préalable d'indemnisation auprès du centre hospitalier de Mont-de-Marsan par courrier du 10 mars 2021, qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 5 octobre suivant. Par sa requête, M. A demande au tribunal, à titre principal, d'ordonner avant-dire droit une expertise en vue de se prononcer sur les conditions de sa prise en charge lors de son séjour au centre hospitalier de Mont-de-Marsan et d'évaluer les préjudices qui en ont résulté, et à titre subsidiaire de condamner cet établissement à l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir subis du fait des manquements commis lors de ladite prise en charge.
Sur la demande d'expertise présentée à titre principal :
2. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ". Le prononcé d'une mesure d'expertise est subordonné au caractère utile de cette mesure. Il appartient au juge, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, notamment des expertises déjà réalisées, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. La seule circonstance qu'une expertise ait déjà été réalisée ne dispense pas le juge d'apprécier l'utilité d'une nouvelle expertise demandée.
3. Il résulte de l'instruction que le docteur C, expert en dommages corporels désigné par l'assureur de M. A a procédé à une étude suffisamment complète des conditions et des conséquences de la prise en charge de l'intéressé au sein du service de psychiatrie du centre hospitalier de Mont-de-Marsan. Son rapport indique que M. A, qui était en capacité de marcher à l'aide de cannes anglaises avant son admission au centre hospitalier, présentait un niveau d'autonomie suffisant pour effectuer ses transferts seuls. L'expert indique en outre que M. A tenait, la veille de sa chute, un discours cohérent et adapté, et que l'établissement n'avait pas à mettre en œuvre de mesures spécifiques pour l'accomplissement d'actes de la vie quotidienne. Il n'est ainsi pas établi que la surveillance de l'intéressé, dont l'attitude ne laissait nullement présager l'éventualité d'une chute, n'aurait pas été adaptée à sa situation. Dans ces conditions, et alors que l'expert ne retient, aux termes de son rapport, aucune responsabilité de l'établissement, la chute de M. A ne peut être regardée comme étant imputable à un défaut d'organisation du service ou de surveillance et constituant une faute susceptible d'engager la responsabilité du centre hospitalier de Mont-de-Marsan. Par suite, il n'y a pas lieu pour le tribunal d'ordonner une expertise avant-dire droit.
Sur la responsabilité :
4. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, il résulte de l'instruction que M. A, qui pouvait se déplacer à l'aide de cannes anglaises au moment de son admission au centre hospitalier de Mont-de-Marsan, présentait un niveau d'autonomie suffisant pour effectuer ses transferts seul. Le centre hospitalier de Mont-de-Marsan fait par ailleurs valoir, sans être contesté, que des membres de l'équipe médicale passaient toutes les heures dans la chambre de l'intéressé à compter de son admission, et effectuaient des contrôles visuels toutes les trois heures dans le cadre de tours de nuit. Dans ces conditions, M. A ne démontre pas l'existence d'un lien de causalité entre un éventuel défaut de surveillance ou d'organisation du service et la chute dont il a été victime dans sa chambre le 24 juillet 2019. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à rechercher la responsabilité du centre hospitalier de Mont-de-Marsan.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par M. A doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D A, au centre hospitalier de Mont-de-Marsan, et à la caisse primaire d'assurance maladie des Landes.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Crassus, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
L. NEUMAIER
La présidente,
Signé
M. SELLES
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026