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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2103270

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2103270

lundi 30 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2103270
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantSCP CABINET PERSONNAZ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Pau a examiné un recours de la société SMABTP, subrogée dans les droits du département des Pyrénées-Atlantiques, visant à engager la responsabilité décennale ou contractuelle de plusieurs constructeurs (Spie Building Solutions, Setes Ingénierie, Clède) pour des désordres affectant une pompe à chaleur (casse de compresseurs et performance insuffisante). La juridiction a rejeté l'ensemble des demandes de la SMABTP, considérant que le premier désordre était apparent à la réception et que le second, n'affectant pas la destination de l'ouvrage, ne relevait pas de la garantie décennale. Les demandes de condamnation in solidum aux frais d'expertise et honoraires ont également été rejetées. La décision s'appuie sur les principes de la responsabilité décennale des constructeurs (articles 1792 et suivants du code civil) et les règles de la réception des travaux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et quatre mémoires, enregistrés les 15 décembre 2021, 28 septembre 2022, 15 février 2024, 16 février 2024 et 11 avril 2024, la société SMABTP représentée par Me Huerta, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de dire et juger que le désordre de casse des compresseurs est un désordre de nature décennale et, en conséquence, de condamner in solidum la société Spie Building Solutions, la société Setes Ingénierie, et la société Clède, à lui régler la somme de 38 266,03 euros TTC ;

2°) à titre subsidiaire, s'il était considéré que le désordre 1 était apparent à la réception, de dire et juger que la société Setes Ingénierie, a engagé sa responsabilité contractuelle et en conséquence, de la condamner à lui régler la somme de 38 266,03 euros TTC ;

3°) de dire et juger que le désordre 2 est de nature décennale et de condamner la société Spie Building Solutions à lui régler la somme de 381 988,71 euros ;

4°) de condamner in solidum la société Spie Building Solutions, la société Setes Ingénierie et la société Clède à lui régler la somme de 9 024 euros au titre des honoraires d'assistant maître d'ouvrage pendant l'expertise judiciaire et de 84 964,60 euros, au titre des frais d'expertise judiciaire ;

5°) de mettre à la charge de la société Spie Building Solutions, de la société Setes Ingénierie et de la société Clède, in solidum, la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de les condamner in solidum aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable et qu'elle est fondée à demander aux sociétés à lui rembourser les sommes précitées car elle est subrogée dans les droits du maître d'ouvrage le département des Pyrénées-Atlantiques ;

- à titre principal, est recherchée la responsabilité in solidum des sociétés Spie, Setes et Clède au titre du désordre 1 et celle de la société Spie pour le désordre 2 ainsi que la condamnation in solidum des sociétés Spie, Clède et Setes au titre des honoraires d'assistant à maîtrise d'ouvrage pendant l'expertise judiciaire ainsi que les frais d'expertise judiciaire ;

- à titre subsidiaire, est recherchée la responsabilité contractuelle du bureau d'étude Setes si le désordre 1 devait être considéré comme apparent, au titre de sa qualité de maître d'œuvre co-traitant ;

- elle est fondée à demander la condamnation in solidum de la société Spie Building Solutions, la société Clède et la société Setes au titre des honoraires d'assistant à maîtrise d'ouvrage pendant l'expertise judiciaire et les frais d'expertise judiciaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, la société Spie Building Solutions, venant aux droits de la société Spie Industrie et Tertiaires, venant elle-même aux droits de la société Spie Sud-Ouest, représentée par Me Clamens, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société SMABTP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le désordre à l'origine du dommage numéro 1 était apparent à la réception des travaux ;

- sur la base du rapport de l'expert judiciaire, le désordre numéro 2 qui est la performance insuffisante de la pompe à chaleur n'est pas de nature décennale car il ne rend pas l'ouvrage, dans son ensemble, impropre à sa destination, la pompe à chaleur ne constituant pas le seul mode de chauffage du bâtiment.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 11 janvier 2024, 29 février 2024 et 12 avril 2024, la société Clède Sarl, représentée par Me Le Lain, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la société SMABTP une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et aux entiers dépens ;

2°) à titre subsidiaire, si sa responsabilité devait être retenue, à la condamnation des sociétés Setes, Thereco et Spie Building Solutions à la relever intégralement indemne ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, si sa responsabilité devait être retenue, à une répartition finale de la dette n'entraînant pas une condamnation supérieure à la somme de 1 217,16 euros.

Elle fait valoir que :

- sa responsabilité n'est pas engagée au titre du désordre 1 car l'absence de contrôleur de phase dans la pompe à chaleur litigieuse n'est pas de sa responsabilité en sa qualité de titulaire du lot 15 électricité ;

- la demande de condamnation in solidum de SMABTP à l'encontre des constructeurs concernant le désordre numéro 1 à la somme de 38 266,03 euros TTC n'est pas justifiée ;

- le recours subrogatoire de la SMABTP n'est justifié par aucune quittance subrogative ;

- en l'absence de toute imputabilité, elle ne peut être condamnée in solidum au versement des honoraires d'assistant maître d'ouvrage pendant l'expertise judiciaire et au titre des frais d'expertise judiciaire ;

- à titre subsidiaire, si une condamnation devait intervenir, elle doit être cantonnée à 5% maximum et l'indemnisation ne peut s'envisager qu'au titre d'une perte de chance, et elle doit être garantie par les sociétés Setes, Thereco et Spie à la relever intégralement indemne ;

- à titre infiniment subsidiaire, elle doit être garantie par la société Avatar Architecture et Urbanisme, maître d'oeuvre mandataire du groupement, tout appel en garantie formé contre elle devant par ailleurs être rejeté.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, la société d'études thermiques électriques et structures (SETES), représentée par Me Cachelou, conclut :

1°) à titre principal, au rejet de l'ensemble des demandes dirigées contre elle et à la condamnation in solidum des parties défaillantes à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

2°) à titre subsidiaire, à limiter le montant des préjudices annexes subis par la SMABTP qui lui seraient imputables, à hauteur de 7 753,21 euros, au titre du coût de la reprise du désordre, de 1 164,24 euros au titre des honoraires d'assistance à maîtrise d'ouvrage, et de 1 546,36 euros au titre des frais et honoraires de l'expert ainsi que de condamner in solidum la SMABTP, les sociétés Spie Building Solutions et Clède, à la relever et la garantir indemne de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre dans une proportion qui ne saurait être inférieure à 80% ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, à la condamnation de la société Avatar Architecture et Urbanisme à la relever et la garantir indemne de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, le désordre numéro 1 ne peut lui être imputé au titre d'un défaut de préconisation ;

- le maître d'ouvrage a commis une faute permettant de limiter de sa propre responsabilité ;

- à titre subsidiaire, les montants sollicités au titre des honoraires de l'assistant maîtrise d'ouvrage et les frais et honoraires d'expertise ne peuvent excéder 20% du coût de reprise du seul désordre 1 ;

- à titre infiniment subsidiaire, elle doit être garantie indemne de toute condamnation à son encontre, par la société Spie au vu de sa faute dans la fourniture et pose d'une pompe à chaleur fonctionnelle, de la société Clède, au vu de son défaut de conseil, et de la société Avatar Architecture et Urbanisme si le caractère apparent du désordre 1 était retenu.

Les sociétés Thereco et Avatar Architecture et Urbanisme, auxquelles la procédure a été régulièrement communiquée le 10 mars 2025, n'ont présenté aucun mémoire en défense.

Par une décision du 22 avril 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 mai 2025.

Par un courrier du 2 juin 2025, le tribunal administratif a informé les parties qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le jugement est susceptible d'être fondé sur les moyens suivants relevés d'office :

- le moyen tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions d'appel en garantie formées contre la société Thereco, le seul lien contractuel existant avec la société Spie Building Solutions étant un contrat de droit privé soumis à la compétence du juge judiciaire ;

- le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions subsidiaires de la société SMABTP dans son mémoire du 16 février 2024, recherchant la responsabilité de la société Setes Ingénierie sur le fondement de la responsabilité contractuelle, procédant d'une cause juridique distincte de la garantie décennale, non introduites dans le délai de recours.

Par un courrier du 3 juin 2025, la SMABTP a produit des observations en défense sur le second moyen d'ordre public.

Vu :

- l'ordonnance du 2 décembre 2020 par laquelle la présidente du tribunal a taxé à la somme de 84 967,60 euros TTC les frais et honoraires d'expertise et mis à la charge du département des Pyrénées-Atlantiques ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des assurances ;

- le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Aché,

- les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique,

- les observations de Me Huerta, représentant la SMABTP, et celles de Me Marchesseau, représentant la société Clède.

Considérant ce qui suit :

1. Le département des Pyrénées-Atlantiques a fait procéder à des travaux de construction d'un collège à Bidache. Le 20 février 2008, la maîtrise d'œuvre du projet a été confiée à un groupement composé de Setes Ingénierie, bureau d'études techniques sur les fluides et l'électricité, de la SAS Betec, bureau d'études techniques sur les structures et maçonnerie et de RG Concept. Par des marchés notifiés le 17 février 2010, le lot n°14 " chauffage/ventilation/ rafraichissement/installations sanitaires " a été attribué à Spie Sud-Ouest, devenue Spie Industrie et Tertiaires puis Spie Building Solutions, et le lot n°15 " électricité/courants forts/courants faibles " à la société Clède. Le contrôle technique des travaux a été confié au bureau de contrôle Qualiconsult. La réception des travaux a été prononcée le 31 décembre 2011 avec réserves, levées pour le lot 14 le 19 septembre 2012 et pour le lot 15 le 2 mars 2012.

2. Des désordres ont été constatés dès la première année d'utilisation. Le département a saisi le juge des référés aux fins d'ordonner une expertise judiciaire. Par une ordonnance du 3 novembre 2016 du juge des référés du tribunal de céans, M. B a été désigné en tant qu'expert, et a remis son rapport le 23 juillet 2020. Il conclut en retenant deux désordres relevant de la garantie décennale de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Le 9 décembre 2021, l'assureur dommages ouvrage du département, la SMABTP, lui verse une indemnité de 514 243,34 euros TTC correspondant aux réfections des désordres de nature décennale. Par sa requête, la SMABTP, subrogée dans les droits du département, demande la condamnation solidaire des sociétés Spie, Setes et Clède, à lui verser une somme de 38 266,03 euros en réparation du désordre 1, et de la société Spie à lui verser une somme de 381 988,71 euros au titre du désordre 2 ainsi que la condamnation solidaire des trois défendeurs à lui verser une somme de 9 024 euros au titre des honoraires d'assistant à maîtrise d'ouvrage pendant l'expertise. Elle demande enfin à titre subsidiaire de condamner la société Setes sur le fondement de sa responsabilité contractuelle, au titre du manquement à son devoir de conseil.

Sur la responsabilité contractuelle de Setes :

3. Il résulte de l'instruction que, pour demander la réparation des préjudices qu'elle soutient avoir subis, la SMABTP se prévaut d'une mauvaise exécution par la société Setes Ingénierie des prestations prévues par son marché de maîtrise d'œuvre pour manquement à ses obligations de conseil lors des opérations de réception des travaux du collège. Or ces conclusions sollicitant la condamnation de cette société sur le fondement de sa responsabilité contractuelle, relevant d'une cause juridique nouvelle, ont été présentées pour la première fois, dans le mémoire de la requérante du 16 février 2024, soit après l'expiration du délai de recours contentieux, qui doit être fixée au 16 février 2022, deux mois après l'introduction de la requête où n'était invoquée que la responsabilité fondée sur la garantie décennale des constructeurs. Par suite, dès lors que les préjudices allégués depuis l'introduction du contentieux relèvent du champ de la responsabilité décennale, les requérants ne sont pas fondés à rechercher aussi tardivement la responsabilité contractuelle de Setes. Il y a lieu de conclure par conséquent à l'irrecevabilité des conclusions de la SMABTP tendant à l'engagement de la responsabilité contractuelle de la société Setes.

Sur le recours subrogatoire de la société SMABTP à l'égard des constructeurs :

En ce qui concerne l'étendue du recours subrogatoire :

4. Saisi d'un recours subrogatoire exercé par l'assureur subrogé dans les droits de son assuré contre le tiers débiteur, il revient au juge, si les conditions d'engagement de la responsabilité du tiers débiteur sont remplies, de déterminer le droit à réparation de l'assuré, avant de déterminer les droits de l'assureur subrogé, qui ne peuvent excéder le montant de l'indemnité d'assurance qu'il a versée à son assuré.

5. Aux termes du premier alinéa de l'article 1346-4 du code civil : " La subrogation transmet à son bénéficiaire, dans la limite de ce qu'il a payé, la créance et ses accessoires, à l'exception des droits exclusivement attachés à la personne du créancier ". Aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur ; qu'il incombe à l'assureur qui entend bénéficier de la subrogation prévue par l'article L. 121-12 précité du code des assurances d'apporter la preuve du versement de l'indemnité d'assurance à son assuré, et ce par tout moyen ".

6. Il résulte de ces dispositions que la subrogation légale ainsi instituée a lieu dans la mesure de ce qui a été payé et dans la limite de la créance détenue par l'assuré contre le responsable. En revanche, dès lors qu'elle est subordonnée au seul paiement à l'assuré de l'indemnité d'assurance en exécution du contrat d'assurance, il appartient seulement à l'assureur, pour en bénéficier, d'apporter par tout moyen la preuve du paiement de l'indemnité.

7. En application des dispositions de l'article L. 121-12 du code des assurances, la subrogation de l'assureur dans les droits et obligations de son assuré, quelle que soit la nature de la garantie souscrite, ne joue qu'à concurrence du montant de l'indemnité dont il apporte la preuve, par tout moyen, du paiement effectif à son assuré.

8. Il résulte de l'instruction que le directeur juridique et de la commande publique du département des Pyrénées-Atlantiques a, par une attestation signée et datée du 9 décembre 2021 certifié que le département avait reçu de la SMABTP la somme de 514 243,34 euros toutes taxes comprises dont 275 160,23 euros à titre de garantie dommages ouvrage et 239 086,11 euros à titre de garantie des immatériels consécutifs. La SMABTP doit donc être regardée comme démontrant être subrogée dans les droits du département des Pyrénées-Atlantiques, maître d'ouvrage, et pouvant ainsi agir en lieu et place de cet établissement public pour demander la condamnation des constructeurs à l'opération de travaux ayant donné lieu à la reprise des désordres 1 et 2, au titre desquels la SMABTP a apporté sa garantie au département. Par suite, il y a lieu d'examiner la demande de condamnation des sociétés Spie, Clède et Setes, pour le montant de 38 266,03 euros TTC correspondant aux travaux de reprise en vue de remédier au désordre n°1, et de la société Spie, pour le montant de 381 988,71 euros TTC au titre du désordre n°2, lesquels font partie des dommages ayant donné lieu à un paiement de la SMABTP au département au titre de sa garantie dommages-ouvrage, nonobstant la demande de condamnation in solidum de la société Spie Building Solutions, de la société Setes Ingénierie et de la société Clède pour le montant de 9 024 euros au titre des honoraires d'assistant de maître d'ouvrage pendant l'expertise judiciaire et pour le montant de 84 964,60 euros au titre des frais d'expertise judiciaire correspondant également aux paiements de la requérante au département au titre de la garantie dommages-ouvrage.

En ce qui concerne le caractère décennal des désordres :

9. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Est notamment réputé constructeur de l'ouvrage tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables. Il incombe au juge administratif, lorsqu'est recherchée devant lui la garantie décennale des constructeurs, d'apprécier, au vu de l'argumentation que lui soumettent les parties sur ce point, si les conditions d'engagement de cette responsabilité sont ou non réunies et d'en tirer les conséquences, le cas échéant d'office, pour l'ensemble des constructeurs.

10. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le collège de Bidache est affecté de deux désordres : une casse des compresseurs de la pompe à chaleur n°1, ainsi que l'impossibilité d'obtenir une température de confort de 19 °C dans les locaux de l'établissement.

S'agissant du désordre numéro 1 (casse des compresseurs) :

11. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les compresseurs de la pompe à chaleur ont cassé de manière répétée durant les saisons de chauffe ayant suivi l'ouverture du collège du fait de l'absence d'un élément interne nommé contrôleur de phase, un boitier intégré directement dans la pompe à chaleur. La société Spie soutient que ce désordre ne peut revêtir de caractère décennal puisque l'absence de contrôleur de phase sur ces compresseurs était nécessairement visible à la réception. Toutefois, en se bornant à soutenir que le contrôleur de phase est constitué d'un boitier électronique dont l'absence aurait dû alerter le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre, sans assortir ces allégations d'aucune pièce, cette société n'établit pas que le désordre en cause était apparent à la réception. Par ailleurs, cette allégation ne peut être fondée dès lors que la casse des compresseurs ne pouvait se produire qu'après la mise en service de l'installation et la réception des travaux, c'est-à-dire après une certaine période de fonctionnement. Ce désordre doit donc être considéré comme non apparent à la réception de l'ouvrage.

12. En outre, ce désordre est de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination eu égard au fait que les pompes à chaleur défectueuses constituaient bien l'unique moyen de chauffage du collège en hiver, en dépit du fait que le département a eu recours à un système de chauffage au fioul en substitution des défaillances. Cependant, les dysfonctionnements répétés de la pompe à chaleur l'empêchent de remplir correctement son office qui est de chauffer le bâtiment principal destiné à accueillir des adolescents et le personnel. Ce désordre revêt dès lors un caractère décennal.

S'agissant du désordre numéro 2 (défaut d'obtention d'une température de confort de 19°C) :

13. Il résulte de l'instruction que l'impossibilité d'obtenir une température de confort à 19 °C est liée à un défaut de performance de la production par la pompe à chaleur Air/Eau, conduisant à l'impossibilité de chauffer normalement le collège tout en consommant inutilement de l'électricité. Il résulte en effet de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'analyse du fonctionnement de cette pompe à chaleur a révélé son incapacité à distribuer une eau chaude de départ de 45 °C à partir d'une température extérieure de 10 °C, ce qui induit notamment une baisse brutale de performance lorsque la température extérieure devient négative, ce désordre étant lié à des défauts de conception de la pompe à chaleur. Dans ce cadre, et dès lors que l'unique moyen de chauffage du collège en hiver est la pompe à chaleur, ce désordre est de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination et revêt, par suite, un caractère décennal.

En ce qui concerne l'imputabilité des désordres :

14. La responsabilité décennale d'un constructeur est engagée du seul fait de sa participation à la réalisation des ouvrages affectés de désordres, et en l'absence même de faute établie, sauf dans l'hypothèse où les vices à l'origine des désordres, étant étrangers à la mission qui lui a été confiée, ne lui sont pas imputables.

S'agissant du désordre n°1 relatif à la casse des compresseurs :

15. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société Clède, titulaire du lot 15 " électricité " a assuré à ce titre la fourniture et la mise en œuvre de la protection et de l'alimentation électrique de la pompe à chaleur défectueuse. Si elle soutient que le désordre n°1 ne lui est pas imputable dès lors qu'aucun défaut de conception de la pompe à chaleur ne peut lui être reproché, il résulte cependant de l'instruction que les désordres en cause se rattachent à son périmètre d'intervention. Par suite, elle doit être regardée comme ayant pris part à la réalisation des ouvrages litigieux.

16. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que la société Spie, qui était chargée de l'exécution du lot n°14 " chauffage/ventilation/ rafraîchissement/installations sanitaires ", a fourni et installé la pompe à chaleur dont les dysfonctionnements ont été à l'origine des désordres en litige. Dès lors, ces derniers ne sont pas sans lien avec son intervention à l'opération de construction, de sorte qu'ils doivent être regardés comme lui étant imputables.

17. En troisième lieu, la société Setes, membre du groupement conjoint de maîtrise d'œuvre, avait à sa charge une mission de base portant notamment sur le lot n°14 dont était titulaire la société Spie. Par suite, les désordres en litige se rattachent au périmètre de son intervention, de sorte qu'ils lui sont également imputables.

Quant à la demande de condamnation solidaire au titre du désordre n° 1 :

18. Compte tenu de ce que le désordre numéro 1 est imputable tant aux sociétés Spie et Clède en tant que titulaires des lots numéros 14 et 15, qu'à la société Setes, titulaire de la mission de maîtrise d'œuvre, qui, par leurs fautes respectives, ont concouru à la réalisation des mêmes désordres à l'origine des préjudices subis par la SMABTP, subrogée dans les droits du département, il y a lieu de faire droit à la demande de condamnation in solidum formée par cette compagnie d'assurance au titre de ce désordre.

Quant à la faute du maître d'ouvrage au titre du désordre n°1 :

19. Si la société Setes soutient que le département en tant que maître d'ouvrage a commis une faute en omettant de repérer et de signaler l'absence de contrôleur de phase sur la pompe à chaleur n°1 malgré qu'il soit doté de services techniques compétents, ses allégations ne sont assorties d'aucune pièce établissant l'existence d'une faute du maître d'ouvrage. Par suite, en l'absence d'une telle faute, les sociétés ne peuvent être exonérées de leur responsabilité sur le désordre n°1.

S'agissant du désordre n° 2 (défaut d'obtention d'une température de confort à 19°C) :

20. Il résulte de l'instruction que ce désordre relève uniquement d'un défaut de conception de la pompe à chaleur défectueuse. La société Spie, titulaire du lot 14 précité, et chargée de traiter le système de chauffage/ventilation/climatisation en fournissant et assurant la pose de la pompe à chaleur litigieuse, doit être regardée comme la seule entreprise dont le désordre numéro 2 est imputable.

Sur la réparation et l'évaluation des préjudices :

21. Le maître de l'ouvrage ou son subrogé a droit à la réparation intégrale des préjudices qu'il a subis lorsque la responsabilité décennale des constructeurs est engagée, sans que l'indemnisation qui est allouée à ce titre puisse dépasser le montant des travaux strictement nécessaires à la remise en ordre de l'ouvrage tel qu'il avait été commandé.

En ce qui concerne les préjudices liés au désordre numéro 1 :

S'agissant des frais de remplacement des compresseurs :

22. Le montant du préjudice dont le maître d'ouvrage est fondé à demander la réparation aux constructeurs correspond aux frais qu'il doit engager pour les travaux de réfection. Ces frais comprennent, en règle générale, la taxe sur la valeur ajoutée, à moins que le maître de l'ouvrage ne relève d'un régime fiscal qui lui permet normalement de déduire tout ou partie de cette taxe de celle dont il est redevable en raison de ses propres opérations. Or, les personnes morales de droit public ne sont en général pas assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée et il appartient aux personnes mises en cause d'apporter au juge tout élément de nature à remettre en cause la présomption de non assujettissement des collectivités territoriales à la taxe sur la valeur ajoutée et à établir que le montant de celle-ci ne devait pas être inclus dans le montant du préjudice indemnisable.

23. Il résulte de l'instruction, notamment des termes du rapport d'expertise, que ce poste de préjudice a été évalué à la somme de 24 343,24 euros TTC, incluant une TVA à 10%. La SMABTP sollicite l'octroi de la somme de 38 266,03 euros TTC soit 26 556,26 euros TTC augmentée du préjudice financier subi en raison des dysfonctionnements de ces installations, et de 11 709,77 euros, faisant valoir un taux de TVA à 20%, contesté par la société Clède.

24. Il résulte des dispositions de l'article 279-0 bis du code général des impôts que les travaux en cause ne constituent pas des travaux de rénovation et ne sont donc pas soumis à la taxe sur la valeur ajoutée au taux de 10%. Le taux de droit commun de taxe sur la valeur ajoutée de 20% doit, dès lors, être appliqué.

25. En l'absence par ailleurs de tout débat entre les parties sur le régime fiscal du département des Pyrénées-Atlantiques, maître d'ouvrage, au regard de la taxe sur la valeur ajoutée, il y a lieu d'évaluer le préjudice subi par la SMABTP, subrogée dans les droits du département, à la somme de 26 556,26 euros toutes taxes comprises, incluant un taux de TVA de 20%.

S'agissant du préjudice financier lié aux difficultés de fonctionnement de l'installation :

26. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le département des Pyrénées-Atlantiques a engagé des dépenses pour tenter de mettre au point les installations techniques du collège et chauffer correctement les salles, dont 1 000,36 euros pour l'équilibrage des phases, 2 914,53 euros pour louer des installations de chauffage provisoire, 696 euros pour faire procéder au remplacement de l'huile sur l'ensemble des circuits, ainsi qu'à la remise en service et à la pose de déshydrateurs.

27. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, il sera fait, dans les circonstances de l'espèce, une juste appréciation du préjudice subi en le fixant à la somme de 11 709,77 euros.

28. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de mettre à la charge in solidum des sociétés Clède, Spie et Setes, au titre des préjudices causés par le désordre numéro 1, une somme totale de 38 266,03 euros TTC.

En ce qui concerne les préjudices liés au désordre numéro 2 :

29. La SMABTP sollicite l'octroi de la somme de 381 988,71 euros en réparation des préjudices consécutifs au désordre 2 correspondant au remplacement de la pompe à chaleur par équipement conforme à hauteur de 163 636,37 euros, au préjudice lié à la mise en place d'une chaufferie fuel provisoire à hauteur de 118 352,34 euros, et au préjudice financier dû à la surconsommation d'électricité, évalué à hauteur de 100 000 euros.

S'agissant des frais de remplacement de la pompe à chaleur :

30. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les frais de remplacement de la pompe à chaleur par un équipement conforme ont été évalués à la somme de 150 000 euros toutes taxes comprises, incluant la TVA au taux de 10%. La SMABTP justifie avoir versé au département une somme de 163 636,37 euros, réévaluée pour tenir compte d'un taux de TVA à 20%, montant non contesté par les parties. Toutefois, il y a lieu, par suite, de mettre à la charge de la société Spie la somme de 163 636,37 euros au titre des préjudices causés par les frais de remplacement de la pompe à chaleur.

S'agissant de la mise en place d'une chaufferie au fioul provisoire :

31. Il résulte de l'instruction que le département des Pyrénées-Atlantiques a exposé une somme de 118 352,34 euros concernant la mise en place d'une chaufferie fioul à titre provisoire, en raison des dysfonctionnements de la pompe à chaleur Air/ Eau. Il y a lieu de mettre à la charge de la société Spie la somme précitée au titre des préjudices subis sur ce poste.

S'agissant des dépenses engendrées par les surconsommations d'énergie :

32. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que les consommations énergétiques des bâtiments du collège de Bidache sont anormalement élevées, pouvant atteindre une élévation de + 255% au cours de la première saison de chauffe sur l'hiver 2011/2012. Cette surconsommation trouve partiellement sa cause dans le défaut de performance de la pompe à chaleur air/eau, à hauteur de 35%, et pour le reste dans des erreurs de calcul commises par la maîtrise d'œuvre, et des défauts de mise en œuvre de l'enveloppe technique des bâtiments. Il résulte également de l'instruction que le montant de la surconsommation d'électricité peut être évaluée à la somme totale de 400 000 euros sur 25 ans, correspondant à la durée d'amortissement du bâtiment. La SMABTP justifie avoir versé une somme de 100 000 euros au département des Pyrénées-Atlantiques, en tenant compte du taux d'imputabilité des dysfonctionnements de la pompe à chaleur de 35% dans l'apparition de ce préjudice, montant non contesté par les parties. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 100 000 euros.

33. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de mettre à la charge de la société Spie Building Solutions une somme globale de 381 988,71 euros toutes taxes comprises, en réparation des préjudices causés par le désordre numéro 2.

Sur les appels en garantie :

34. Le recours entre constructeurs ne peut avoir qu'un fondement quasi-délictuel et, coauteurs obligés solidairement à la réparation d'un même dommage, ces constructeurs ne sont tenus entre eux que chacun, pour sa part, déterminée à proportion du degré de gravité des fautes respectives qu'ils ont personnellement commises.

En ce qui concerne le désordre 1 :

S'agissant des conclusions d'appel en garantie formé par la société Clède à l'encontre de la société Thereco :

35. Les litiges mettant en jeu la responsabilité d'un fournisseur, lequel se borne à fournir des produits nécessaires à la réalisation des travaux et n'a donc pas la qualité d'intervenant à l'opération de travaux publics, relèvent de la compétence du juge judiciaire.

36. Il résulte de l'instruction que la société Thereco est liée à la société Spie, titulaire du lot 14, uniquement par un contrat de droit de privé, c'est-à-dire un bon de commande pour fournir la pompe à chaleur litigieuse. Par suite, l'appel en garantie présenté à l'encontre de la société Thereco ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative mais du seul juge judiciaire et doit, par suite, être rejeté comme porté devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

S'agissant des conclusions d'appel en garantie formé par la société Setes à l'encontre de la société Clède :

37. Pour demander que la société Clède la garantisse des condamnations prononcées à son encontre, la société Setes soutient que l'absence de contrôleur de phase de la pompe à chaleur défectueuse est dû à la faute commise par celle-ci dans l'exécution de sa mission d'électricien.

38. Il résulte de l'instruction, notamment des termes du rapport d'expertise, que la société Clède, titulaire du lot 15 " électricité " a assuré à ce titre la fourniture et la mise en œuvre de la protection et de l'alimentation électrique de la pompe à chaleur défectueuse. Cependant cette seule circonstance ne suffit pas à rendre le dommage imputable à cette société sans démontrer la réalité des fautes commises, alors au demeurant qu'il est relevé que l'absence de contrôleur de phase est due à un défaut de conception de la pompe à chaleur et que cette société n'a procédé qu'au raccordement électrique de cette installation.

39. La société Setes ne démontre pas davantage la réalité de la faute commise par la société Clède dans l'exécution des travaux d'électricité en se bornant à renvoyer au rapport de l'expert, alors que celui-ci se contente d'imputer 5% des désordres au titulaire du lot 15 sans en exposer les motifs.

40. Dans ces conditions, l'appel en garantie formé par la société Setes ne peut qu'être rejeté.

S'agissant des conclusions d'appel en garantie formé par les sociétés Clède et Setes à l'encontre de la société Spie :

41. Il résulte de l'instruction que la société Spie, titulaire du lot 14, a commandé et installé une pompe à chaleur ne présentant pas les caractéristiques techniques nécessaires garantissant le fonctionnement du système de chauffage. Elle a, ce faisant, manqué à ses obligations contractuelles, puisque le cahier des clauses techniques particulières dudit lot prévoyait en son article I-8-2 que les installations devaient être conformes à la norme NF 15 100 et a commis une faute en installant une pompe à chaleur dont elle ne pouvait ignorer la non-conformité en sa qualité de professionnelle avertie.

42. Dans ces conditions, la part de responsabilité de la société Spie dans la survenance du désordre numéro 1 peut être fixée à hauteur de 80%.

S'agissant des conclusions d'appel en garantie formé par les sociétés Clède et Spie à l'encontre de la société Setes :

43. Il résulte de l'instruction que la société Setes faisait partie du groupement de maître d'œuvre et assurait à cet égard, envers le lot 14 " chauffage/ventilation " la charge des études d'exécution, la direction de l'exécution des travaux ainsi que l'assistance à maîtrise d'ouvrage lors des opérations de réception de ce lot. Par suite, en ne décelant pas l'absence de contrôleur de phase au sein de la pompe à chaleur litigieuse, elle a commis une faute ayant contribué à la survenue des dommages du désordre numéro 1.

44. Dans ces conditions, la part de responsabilité de la société Setes dans la survenance du désordre numéro 1 peut être fixée à hauteur de 20%.

S'agissant des conclusions d'appel en garantie formé par la société Setes à l'encontre de la société Avatar Architecture et Urbanisme :

45. Il résulte de l'instruction que la société Avatar Architecture et Urbanisme était le mandataire du groupement de maîtrise d'oeuvre et a assuré à ce titre 80% de la mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage lors des opérations de réception des lots du marché de travaux. Toutefois, il est constant que cette société n'exerçait pas la mission d'assistance aux opérations de réception afférentes au lot 14 " chauffage/ventilation " dont l'exécution a été à l'origine du désordre numéro 1 en litige sur la pompe à chaleur défectueuse.

46. Dans ces conditions, et alors que la société Setes ne démontre par ailleurs aucune faute de cette société, il y a lieu de rejeter l'appel en garantie formé à son encontre.

47. Il résulte de ce qui précède que, compte tenu des fautes respectives commises par les différents intervenants à cette opération de travaux de construction, il y a lieu de condamner respectivement la société Spie à garantir les sociétés Clède et Setes à hauteur de 80% des condamnations prononcées à son encontre au titre du désordre numéro 1, la société Setes à garantir les sociétés Clède et Spie à hauteur de l'ensemble des condamnations prononcées à son encontre.

Sur les dépens :

48. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".

49. La SMABTP demande le paiement des frais d'expertise judiciaire d'un montant de 84 964,60 euros, qui ont été taxés et liquidés par une ordonnance de la présidente du tribunal du 2 décembre 2020 et le paiement des honoraires d'assistant maître d'ouvrage pendant l'expertise judiciaire à hauteur de 9 024 euros. Il ressort de la quittance subrogative de la requérante que lesdits frais ont bien été versés au maître d'ouvrage.

50. Il y a lieu, en application des dispositions précitées, de mettre les frais d'expertise à la charge de la société Setes, à hauteur de 1 879,77 euros, c'est-à-dire 2% de leur montant, correspondant à sa part totale de responsabilité dans l'ensemble des désordres en litige. Il y a lieu également de mettre à la charge de la société Spie le restant représentant 98% de leur montant total, représentant 92 108,83 euros, compte tenu de la part de responsabilité de cette société dans la survenance des désordres en litige.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

51. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

52. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Spie Building Solutions, de la société Setes et de la société Clède une somme de 1 500 euros chacune au titre des frais exposés par la SMABTP et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions d'appel en garantie présentées par la société Clède à l'encontre de la société Thereco sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : Les sociétés Spie Building Solutions, Setes et Clède sont condamnées in solidum à verser à la SMABTP, subrogée dans les droits du département des Pyrénées-Atlantiques, la somme totale de 38 266,08 euros (trente-huit mille deux cent soixante-six euros et huit centimes) au titre du désordre numéro 1 " casse des compresseurs " affectant le collège de Bidache.

Article 3 : La société Spie Building Solutions est condamnée à verser à la SMABTP, subrogée dans les droits du département des Pyrénées-Atlantiques, la somme totale de 381 988,71 euros (trois cent quatre vingt un mille neuf cent quatre-vingt-huit euros et soixante et onze centimes) au titre du désordre numéro 2 " défaut de performance de la pompe à chaleur " affectant le collège de Bidache.

Article 4 : La société Setes est condamnée à relever et garantir les sociétés Clède et Spie Building Solutions à hauteur de 20% des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre numéro 1.

Article 5 : La société Spie Building Solutions est condamnée à relever et garantir les sociétés Clède et Setes à hauteur de 80% des condamnations prononcées à leur encontre au titre du désordre numéro 1.

Article 6 : La société Setes versera à la SMABTP une somme de 1 879,77 euros (mille huit cent soixante-dix-neuf euros et soixante-dix-sept centimes) au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : La société Spie Building Solutions versera à la SMABTP une somme de 92 108,83 euros (quatre-vingt-douze mille cent huit euros et quatre-vingt-trois centimes) au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Les sociétés Spie Building Solutions, Setes et Clède verseront chacune une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la SMABTP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 10 : La présente décision sera notifiée à la SMABTP, et aux sociétés Spie Building Solutions, Setes, Clède, Thereco, et Avatar Architecture et Urbanisme.

Copie en sera adressée à M. C B, expert.

Délibéré après l'audience du 5 juin 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Aché, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 30 juin 2025.

La rapporteure,

M. ACHE

La présidente,

M. SELLES

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière,

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