mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2103292 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | NORMAND & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2021, M. C E, représenté par Me Bordes, demande au juge des référés :
1°) de désigner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, un expert médical avec pour mission de se prononcer sur les conditions de sa prise en charge au sein du centre hospitalier de la Côte Basque à Bayonne, entre le 13 janvier 2011et le 12 avril 2011 et d'évaluer ses préjudices ;
2°) de dire que l'expert devra déposer un pré-rapport ;
Il soutient que :
- à la fin de l'année 2010, il a fait une chute qui lui a occasionné des céphalées et une vingtaine de jour plus tard un hématome à la tête ;
- suite à un scanner crânien, un hématome sous-dural est détecté et M. E a dû être opéré en urgence le 13 janvier 2022 au centre hospitalier de la Côte Basque par le docteur G ;
- il est porteur d'une valve aortique depuis 1984 et à un traitement par anticoagulant ;
- il ne se sent pas bien après l'opération et un nouveau scanner crânien fait apparaître un saignement ;
- le 12 avril 2011, il est opéré une seconde fois par le docteur A du centre hospitalier de la Côte Basque ;
- depuis cette opération, le requérant présente des troubles cognitifs de type mnésique associés à un manque de force et à des troubles sensitifs d'hypoesthésie à la main droite ;
- il ressent des maux de tête régulièrement et des douleurs au pied gauche ;
- il n'a pas retrouvé sa sensibilité et sa mobilité à la main droite malgré les nombreuses séances de rééducation et il n'a plus eu la possibilité d'exercer son métier d'électricien ;
- les séquelles de sa main droite résulteraient de la seconde opération, le docteur lui aurait indiqué qu'un nerf avait été touché ;
- il est opportun qu'un médecin expert se prononce sur les causes de son infirmité de la main droite et sur sa perte de mémoire.
- cette expertise sera réalisée au contradictoire du centre hospitalier de la Côte Basque, du docteur A ayant réalisé l'acte médical et de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM)
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Ravaut, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant les protestations et réserves tant sur le bien-fondé de sa mise en cause que sur la mesure sollicitée, demande au juge des référés de fixer la mission de l'expert tel que précisé dans ses écritures avec le dépôt d'un pré-rapport et de réserver les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2022, le centre hospitalier de la Côte Basque, représenté par Me Cariou, demande au juge des référés :
1°) de mettre hors de cause le docteur A, praticien hospitalier ;
2°) de constater que le centre hospitalier de la côte Basque ne s'oppose pas à la mesure d'expertise et formule toutes protestations et réserves à ce titre ;
3°) de réserver les dépens.
M. E a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 avril 2021.
La procédure a été régulièrement communiquée aux parties.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande mise hors de cause du docteur A :
1. Il résulte de l'instruction que les soins en cause ont été reçus par M. C E dans le cadre du seul service public hospitalier. Aucune action en responsabilité ne saurait être engagée devant le juge administratif à l'encontre du docteur A pour les actes accomplis dans le cadre du service public hospitalier. Ainsi, et alors que l'expert dispose des pouvoirs d'investigations les plus étendus et notamment du pouvoir d'entendre toute personne du service hospitalier ayant pratiqué les actes en litige, il n'y a pas lieu, en l'état de l'instruction, de rendre les opérations d'expertise communes et opposables au docteur A.
Sur la mesure d'expertise :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction.()". L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce titre, le juge des référés ne peut faire droit à une demande d'expertise formée à l'appui de prétentions dont il est établi qu'elles sont prescrites.
3. Il n'est pas contesté que la mesure d'expertise sollicitée par M. E, présente le caractère d'utilité requis et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
4. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions des parties tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les dépens :
5. Il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur les dépens et les frais d'expertise de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite les demandes présentées par les parties en ce sens doivent être rejetées
O R D O N N E :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre M. C E, le centre hospitalier de la Côte Basque, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et la caisse primaire d'assurance maladie des Landes.
Article 2 : Monsieur F B est désigné comme expert avec pour chefs de mission :
- d'examiner M. E et de prendre connaissance de son entier dossier médical ;
- décrire l'état de santé de M. E antérieurement à sa prise en charge le 13 janvier 2011 dans les services du centre hospitalier de la Côte Basque et décrire l'évolution de son état entre cette date et le 12 avril 2011 date de la reprise chirurgicale dont il a fait l'objet au sein de cet établissement ;
- de décrire les circonstances de son admission en urgence, des soins reçus et des deux interventions chirurgicales qu'il a subies en indiquant si les actes médicaux et de soins administrés au patient étaient appropriés à son état et ont été exécutés conformément aux règles de l'art et aux données de la science à l'époque où ils ont été réalisés et s'il a reçu toute l'information nécessaire pour recueillir son consentement éclairé ;
- de réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales et de soins ont été commises lors des interventions pratiquées les 13 janvier et 12 avril 2011 de M. E ou lors des interventions médicales postérieures ;
- d'en préciser, le cas échéant, la nature et le degré de gravité et de dire si, à son avis, et dans quelle mesure, ces fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives sont à l'origine des préjudices allégués par le requérant ;
-de fournir tous éléments permettant de déterminer si M. E a été victime d'une infection nosocomiale ; et dans cette hypothèse de préciser la date d'apparition de l'infection et sa nature ;
- d'évaluer, s'il y a lieu, la perte de chance pour M. E d'éviter une aggravation de son état de santé ou d'obtenir une amélioration de ce dernier résultant d'un éventuel manquement aux règles de l'art ou d'un éventuel aléa thérapeutique ;
- de retracer l'évolution de l'état de santé de M. E et, notamment, de fixer, le cas échéant, la date de consolidation ;
- d'indiquer, dans l'hypothèse où son état ne serait pas consolidé, s'il est susceptible d'évoluer en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
- d'indiquer, en tous ses éléments, la nature et l'étendue du préjudice corporel subi par M. E en distinguant la part imputable à son état de santé antérieur de celle imputable aux éventuelles fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives ;
- déterminer la durée et le degré du déficit fonctionnel temporaire DFT (soit la durée de l'incapacité temporaire totale ITT, et celle pendant laquelle sa capacité à mener une activité professionnelle a été réduite ainsi que la proportion dans laquelle elle a été réduite ITP) ;
- décrire l'aptitude à la réalisation des actes quotidiens et essentiels de la vie ;
- de donner tous les éléments utiles d'appréciation sur la nature et l'étendue des préjudices subis par M. E, en distinguant la part imputable à son état de santé antérieur de celle imputable aux éventuelles fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives : durée et taux du déficit fonctionnel temporaire, taux du déficit fonctionnel permanent, souffrances physiques, troubles psychologiques, préjudice esthétique, et tous autres préjudices ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond éventuellement saisi du litige.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif. S'il l'estime utile, il établira un pré-rapport.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans les neuf mois suivant la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus de conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C E, le centre hospitalier de la Côte Basque, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et la caisse primaire d'assurance maladie des Landes et à Monsieur F B, expert.
Fait à Pau, le 8 novembre 202La présidente du tribunal,
Signé,
V. QUEMENER
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Signé, M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026