jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2103365 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE 3 |
| Avocat requérant | SELARL LANDAVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 16 janvier 2018, le 12 mars 2020 et le 19 juin 2020, M. B A et la société civile immobilière (SCI) Josyne ont demandé au tribunal administratif de condamner la commune de Seignosse à verser à M. A la somme de 6 775,86 euros avec intérêts au taux légal à compter de la demande indemnitaire préalable et capitalisation des intérêts, en réparation des préjudices subis du fait des inondations du garage appartenant à la société Josyne.
Par un jugement n° 1800118 du 23 juillet 2020, le tribunal administratif a rejeté cette demande.
Par une décision n° 448348 du 29 décembre 2021, le Conseil d'Etat a annulé le jugement et renvoyé l'affaire au tribunal administratif de Pau.
L'instance se poursuit sous le n° 2103365.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juin 2022, la commune de Seignosse, représentée par Me Defos du Rau, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la SCI Josyne n'a pas qualité pour agir, n'ayant subi aucun préjudice et M. A ne donne aucune précision sur le cadre juridique pouvant justifier la présence de son véhicule et de ses effets personnels dans le garage de la SCI ; il n'a pas qualité à agir à l'encontre de la commune ;
- en application du principe de prescription quadriennale, le requérant devait engager un recours avant le 19 septembre 2013 ou éventuellement avant le 30 novembre 2014 ; cette prescription n'a pas pu être interrompue par l'instance civile engagée par assignation du 18 février 2012 à l'encontre du seul syndicat des copropriétaires de la résidence, et nullement à l'encontre de la commune ; ce n'est que par assignation du 12 juin 2015 que la SCI Josyne et M. A ont assigné pour la première fois la commune de Seignosse ; la demande est prescrite ;
- la requête n'est pas fondée ;
- l'expert a conclu à un phénomène exceptionnel ; il conclut que les eaux s'écoulant sur la parcelle ne proviennent pas de la voie publique mais de la résidence elle-même, ce qui n'engage donc que la copropriété et aucun élément technique ne permet de relever un défaut d'entretien normal du réseau public qui pourrait avoir un lien de causalité avec le dommage ;
- en toute hypothèse, lorsque le dommage de travaux publics (s'il est établi) présente un caractère permanent, le droit à indemnisation de la victime est limité aux dommages présentant un caractère anormal et spécial ; les requérants font état d'un préjudice évalué à 380 euros, correspondant à la franchise laissée à la charge de M. A, préjudice qui n'excède pas sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques, la part d'aléa inhérente à ce type de sinistre.
Par un mémoire en réplique enregistré le 13 juin 2022, M. B A et la société civile immobilière (SCI) Josyne, représentés par Me Marcel, confirment leurs demandes tendant à l'annulation de la décision implicite du 18 novembre 2017 par laquelle la commune de Seignosse a rejeté leur demande indemnitaire, à la condamnation de la commune à leur payer la somme de 6 775, 86 euros en réparation du préjudice subi, assortie des intérêts au taux légal à compter de la demande indemnitaire préalable et capitalisation des intérêts, et à ce que la somme de 1 800 euros soit mise à la charge de la commune de Seignosse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- en tant que gérant de la SCI Josyne, M. A a intérêt à agir ; il lui est loisible d'entreposer des effets personnels dans le garage situé dans le parking d'un immeuble situé à Seignosse, propriété de la SCI ; le véhicule de collection endommagé dans le garage appartient à la SCI ;
- le cours de la prescription a été interrompu à plusieurs reprises par l'engagement de diverses procédures ayant trait au fait générateur ; la prescription courait jusqu'au 31 décembre 2019 ;
- en leur qualité de tiers par rapport aux ouvrages publics d'évacuation des eaux pluviales, la responsabilité sans faute de la commune de Seignosse est engagée à raison des dommages résultant des inondations survenues dans la nuit du 18 au 19 septembre 2009 et le 31 mai 2013 ; le maire de la commune a indiqué lors d'une réunion en 2015 en présence du syndicat des co-propriétaires que les travaux d'amélioration étaient prévus pour faire cesser les écoulements d'eau de pluies ; depuis la réalisation de ces travaux et malgré la survenance depuis 2013 de nouveaux épisodes importants de pluies, aucune inondation des parkings n'a été constatées ; l'origine des inondations prenait bien sa source dans le ruissellement des eaux de pluies depuis les parkings municipaux ;
- l'épisode pluvieux de 2009 ne présente pas un caractère imprévisible ; le littoral du département des Landes a connu de nombreux phénomènes de ce type comme la crue centennale de l'Adour en 1952, la crue proche de la centennale en 1981 ou la tempête Klaus en janvier 2009 ;
- les inondations localisées dans la résidence ont pour origine l'absence d'entretien des puisards et le développement de l'eau de pluies ruisselant depuis les parkings municipaux ;
- les préjudices matériels s'élèvent à la somme de 6 775,86 euros correspondant à la remise en état d'un véhicule évaluée par un expert à 6 395,86 euros et des dommages sur des appareils électroménagers stockés dans le garage pour lesquels M. A a supporté une franchise de 380 euros.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné Mme C, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique du 16 novembre 2023 :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Réaut, rapporteure publique ;
- les observations de Me Marcel pour M. A et la SCI Josyne.
La commune de Seignosse n'était ni présente ni représentée. La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière Josyne, dont M. A est le gérant, est propriétaire d'un garage dans la résidence Lou Cutyot à Seignosse. A la suite de deux inondations survenues dans la nuit du 18 au 19 septembre 2009, puis le 31 mai 2013, M. A, en sa qualité de gérant de la SCI, a saisi le maire de la commune de Seignosse le 14 septembre 2017, d'une réclamation tendant au versement d'une somme totale de 6 775, 86 euros en réparation des préjudices subis du fait de ces inondations. M. A et la SCI Josyne demandent au tribunal d'annuler la décision implicite du 18 novembre 2017 par laquelle la commune de Seignosse a rejeté leur demande indemnitaire et de la condamner à leur verser la somme de 6 775, 86 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la demande préalable du 18 septembre 2017 avec capitalisation des intérêts.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Le maître d'un ouvrage public est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics, dont il a la garde, peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel. Les tiers à l'ouvrage qui entendent engager la responsabilité de la puissance publique sur ce fondement doivent apporter la preuve de la réalité des préjudices qu'ils allèguent avoir subis et de l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public et les préjudices invoqués.
3. En l'espèce, M. A et la société civile immobilière Josyne imputent les inondations qui sont la cause des désordres dont ils demandent réparation, survenues dans la nuit du 18 au 19 septembre 2009 et le 31 mai 2013, à l'augmentation du volume des eaux de ruissellement en provenance des ouvrages publics, en particulier d'un parc de stationnement municipal. Pour établir l'existence d'un lien de causalité entre le ruissellement des eaux pluviales provenant de la voie publique et les dégradations subies à l'intérieur du parking dont la SCI est propriétaire, les requérants qui mettent en cause la conception du parc de stationnement municipal, se prévalent de la circonstance que depuis les travaux effectués en 2015 sur les parkings municipaux qui auraient été destinés à éviter l'écoulement des eaux de pluies vers la résidence et malgré la survenance d'autres précipitations exceptionnelles de même intensité après 2013, aucune nouvelle inondation n'était à déplorer. Ils produisent en outre un mail du syndic de co-propriétaires faisant état d'une réunion avec le maire de Seignosse " concernant les inondations subies dans le secteur de l'eyre merlin et de la sablière " et pour lequel " une étude hydrogéologique aurait été commandée, outre une réfection des parkings municipaux de la plage situés devant la résidence à l'occasion de laquelle il serait envisagé d'améliorer les ouvrages de recueil des eaux pluviales sur ces parkings ", et un jugement avant-dire droit du TGI de Dax du 21 décembre 2016 par lequel ils ont assigné la commune et le syndicat des co-propriétaires en responsabilité quasi-délictuelle et demandé une contre-expertise dans laquelle ils mettent en cause les réseaux d'évacuation public et privé des eaux pluviales. Toutefois, ces éléments se bornent à évoquer une hypothèse sans indiquer aucunement que les dégradations du parking résultant des phénomènes pluvieux de 2009 et de 2013 seraient en lien avec le ruissellement des eaux pluviales provenant de la voie publique et sont insuffisants à caractériser un lien direct et certain entre les dommages invoqués et le défaut de conception de l'ouvrage. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à invoquer la responsabilité sans faute de la commune de Seignosse.
4. Il résulte de ce qu'il précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non revoir opposées en défense, que M. A et la société Josyne ne sont pas fondés à demander la condamnation de la commune de Seignosse à les indemniser des préjudices dont M. A se prévaut. Leurs conclusions indemnitaires doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Seignosse, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Seignosse au même titre.
DECIDE :
Article 1er : La requête présentée par M. A et la SCI Josyne est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Seignosse tendant à mettre à la charge de M. A et de la SCI Josyne une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société civile immobilière Josyne et à la commune de Seignosse.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 30 novembre 2023.
La magistrate désignée,
Signé
F. C
La greffière,
Signé
S. YNIESTA
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026