vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200002 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP J. BERNADET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 janvier 2022, M. D E, représenté par Me Bernadet, demande au juge des référés:
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative une expertise médicale portant sur les conditions de sa prise en charge par le centre hospitalier de Mont-de-Marsan à compter du 19 mai 2021 et les préjudices qui en ont résulté ;
2°) de le dispenser de l'avance des frais de la présente expertise ou de toute consignation ;
Il soutient que :
- il a été admis en consultation préopératoire le 19 mai 2021 puis opéré d'un phimosis le 16 juin 2021 au centre hospitalier de Mont-de-Marsan ;
- au mois de juillet suivant, il consultait son urologue pour des difficultés de rapports sexuels et soutient que d'autres options chirurgicales auraient pu lui être proposées ; que son consentement préopératoire aurait été différent.
- l'expertise est utile pour déterminer les causes exactes de ses préjudices, leur ampleur, leur consolidation et si des erreurs médicales ont été commises par le centre hospitalier de Mont-de-Marsan ;
Par deux mémoires, enregistrés les 7 janvier 2021 et 24 janvier 2022, la caisse primaire d'assurances maladie du Tarn, pour la caisse primaire d'assurance maladie du Gers, déclare avoir pris en charge M. E au titre du risque maladie et ne pas être en mesure, avant le dépôt du rapport d'expertise, de soumettre le décompte précis de ses débours, de rejeter les demandes des parties tenant à ce que l'expert délivre un pré-rapport, et que la mission de l'expert soit fixée selon ses dires.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 10 janvier 2021, le centre hospitalier de Mont-de-Marsan, représenté par Me Lhomy, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant les protestations et réserves d'usage, et demande au juge des référés de fixer la mission de l'expert selon ses écritures, de dire que ledit expert devra produire un pré-rapport et obtenir le décompte des débours de l'organisme de sécurité sociale avant la première réunion d'expertise.
Il soutient que M. E a signé un formulaire de consentement éclairé en vue de l'intervention chirurgicale le 19 mai 2021 et le compte-rendu d'hospitalisation précise que l'indication de circoncision a été discutée avec le patient et qu'il a reçu une fiche d'information patient référencée " Posthectomie de l'adulte (circoncision) "
Vu les autres pièces du dossier.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision rendue 18 novembre 2021.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () " .
2. La mesure d'expertise sollicitée, qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, présente un caractère utile dans la perspective d'un recours de plein contentieux ultérieur et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, de désigner un expert et de fixer sa mission comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance
Sur les frais d'expertise et les dépens :
3 Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires (). Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
4. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge des frais et honoraires d'expertise, après l'accomplissement de celle-ci. Il suit de là que la demande de M. E, tendant à ce qu'il soit dispensé de consignation, est sans objet et doit être rejetée.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
5. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions du centre hospitalier de Mont-de-Marsan tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties ne peuvent qu'être rejetées
O R D O N N E :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre M. D E, le centre hospitalier intercommunal de Mont-de-Marsan et la caisse primaire d'assurances maladie du Tarn pour la caisse primaire d'assurances maladies du Gers.
Article 2 : Monsieur C A est désigné comme expert avec pour chefs de mission :
- d'examiner M. E et de prendre connaissance de son entier dossier médical ;
- décrire l'état de santé de M. E antérieurement à sa prise en charge le 19 mai 2021 dans les services du centre hospitalier de Mont-de-Marsan ;
- de décrire les conditions dans lesquelles M. E a été pris en charge au de Mont-de-Marsan le 19 mai 2021 et dire si le dossier médical et les informations recueillies permettent de savoir s'il a été informé des conséquences normalement prévisibles des actes médicaux pratiqués et si il a été ainsi mis à même de formuler un consentement éclairé ; préciser si il a reçu toutes informations sur l'existence de risques, même faibles, de complications susceptibles de se produire;
- de réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des fautes médicales (prévention, diagnostic, choix de la thérapie ..) ou de soins ou des fautes dans l'organisation ou le fonctionnement des services ont été commises lors de sa prise en charge hospitalière, de rechercher si les dommages subis l'état de santé du requérant résultent d'un manquement des services ou d'un aléa thérapeutique compte tenu de ses antécédents et de son état antérieur ; dans ce cas, préciser en quoi ce dernier ne serait pas la cause directe des préjudices subis mais auraient fait perdre au requérant des chances de les éviter et évaluer l'importance de cette perte de chance, en pourcentage ; de déterminer le lien de causalité entre les préjudices subis par M. E et la prise en charge hospitalière litigieuse ;
- de retracer l'évolution de l'état de santé de M. E et, notamment, de fixer, le cas échéant, la date de consolidation ;
- d'indiquer, dans l'hypothèse où son état ne serait pas consolidé, s'il est susceptible d'évoluer en aggravation ou en amélioration ; dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
- d'indiquer, en tous ses éléments, la nature et l'étendue du préjudice corporel subi par M. E en distinguant la part imputable aux lésions initiales, de celle imputable aux éventuelles fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives ;
- déterminer la durée et le degré du déficit fonctionnel temporaire DFT (soit la durée de l'incapacité temporaire totale ITT, et celle pendant laquelle sa capacité à mener une activité professionnelle a été réduite ainsi que la proportion dans laquelle elle a été réduite ITP) ;
- décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales endurées du fait des blessures subies, dans la mesure où elles n'entrainent pas de déficit fonctionnel proprement dit, les évaluer selon l'échelle habituelle de sept degrés ;
- décrire l'aptitude à la réalisation des actes quotidiens et essentiels de la vie ;
- de se prononcer, le cas échéant, sur la nécessité d'avoir recours à une tierce personne, de fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention ;
- de donner tous les éléments utiles d'appréciation sur la nature et l'étendue des préjudices subis par M. E, en distinguant la part imputable à son état de santé antérieur de celle imputable aux éventuelles fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives : durée et taux du déficit fonctionnel temporaire, taux du déficit fonctionnel permanent, souffrances physiques, troubles psychologiques, préjudice esthétique, et tous autres préjudices ;
- de dire si des frais de santé sont restés à la charge du requérant ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond éventuellement saisi du litige.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif. S'il l'estime utile, il établira un pré-rapport.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans les six mois suivant la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le Président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D E, au centre hospitalier de Mont-de-Marsan et la caisse primaire d'assurances maladie du Tarn et du Gers, et à Monsieur C A, expert.
Fait à Pau, le 21 octobre 202Le juge des référés,
Signé,
V. QUEMENER
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Le greffier,
Signé, M. BN° 2002616004
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026