mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200305 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 3 |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL (SELAFA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 février 2022, M. C D, représenté par le cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le ministre des armées a rejeté le recours administratif préalable formé contre le titre de perception émis à son encontre le 22 septembre 2021 par la direction départementale des finances publiques (DDFIP) du Finistère afin de recouvrer la somme de 828,05 euros correspondant au remboursement d'une formation qu'il a suivie, ensemble ce titre de perception, et en conséquence, de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;
2°) et de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à défaut de justification par l'autorité administrative d'une délégation régulière, le titre de perception du 22 septembre 2021 et la décision du 13 décembre 2021, ont été pris par une autorité incompétente ;
- le titre de perception du 22 septembre 2021 et la décision du 13 décembre 2021 ne comportent pas la signature manuscrite de leur auteur et méconnaissent les exigences du code des relations entre le public et l'administration ;
- la créance en litige est en outre prescrite, en application des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ;
- le titre ne comporte pas les bases de liquidation de la créance, en méconnaissance des dispositions de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 ;
- l'administration n'établit nullement le montant de la créance litigieuse.
Par un mémoire, enregistré le 5 avril 2022, le directeur départemental des finances publiques du Finistère fait valoir qu'il ne lui appartient pas de formuler des observations sur les conclusions présentées par M. D relatives à l'assiette de la créance, et que seul l'ordonnateur est compétent pour y répondre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la défense ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- l'arrêté du 23 avril 2015 portant délégation des pouvoirs d'ordonnateur du ministre de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rousseau ;
- les conclusions de Mme Duchesne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, sergent sous contrat au sein de l'armée de l'air, a été affecté à la base aérienne de Mont-de-Marsan. Il a suivi, du 16 mars au 10 novembre 2015, une formation spécialisée permettant de se voir délivrer le certificat élémentaire de spécialité concepteur et manageur des systèmes d'information, et s'est alors engagé à rester en position d'activité pour une durée de 4 ans à compter de l'obtention de son diplôme. Il a obtenu son diplôme le 1er décembre 2015 mais, le 30 octobre 2018, il a refusé la proposition qui lui avait été faite par l'armée de l'air de conclure un engagement d'une durée de deux ans et un mois à compter du 22 juillet 2019. Il a, en conséquence, été rayé des contrôles de cette armée le 22 juillet 2019 par une décision du 14 novembre 2018.
2. La direction départementale des finances publiques (DDFIP) du Finistère a alors émis à son encontre, le 22 septembre 2021, un titre de perception d'un montant de 828,05 euros correspondant au remboursement d'une formation spécialisée à la suite d'une rupture du lien au service. M. D a exercé un recours préalable contre ce titre, lequel a été rejeté par une décision du ministre des armées en date du 13 décembre 2021. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cette décision et du titre de perception du 22 septembre 2021.
Sur les conclusions principales :
En ce qui concerne les moyens dirigés contre les deux décisions attaquées :
3. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'État et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : / 1° Les secrétaires généraux des ministères, les directeurs d'administration centrale, les chefs des services à compétence nationale mentionnés au premier alinéa de l'article 2 du décret du 9 mai 1997 susvisé et les chefs des services que le décret d'organisation du ministère rattache directement au ministre ou au secrétaire d'Etat ; () ". Aux termes de l'article 3 de ce même décret, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Les personnes mentionnées aux 1° et 3° de l'article 1er peuvent donner délégation pour signer tous actes relatifs aux affaires pour lesquelles elles ont elles-mêmes reçu délégation : / 1° Aux magistrats, aux fonctionnaires de catégorie A et aux agents contractuels chargés de fonctions d'un niveau équivalent, qui n'en disposent pas au titre de l'article 1er ; () ".
4. Mme A E, fonctionnaire de catégorie A et signataire de la décision attaquée, a reçu une délégation de signature du directeur des ressources humaines de l'armée de l'air, à l'effet de signer, au nom du ministre, tous actes, arrêtés et décisions, à l'exclusion des décrets, dans la limite des attributions du bureau " pilotage, précontentieux et finances " qu'elle dirige, par une décision du 1er septembre 2021 publiée au Journal officiel du 4 septembre 2021.
5. D'autre part, aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 23 avril 2015 portant délégation des pouvoirs d'ordonnateur du ministre de la défense : " Sont instituées ordonnateurs secondaires et, à ce titre, reçoivent délégation de pouvoirs du ministre de la défense pour l'engagement, la liquidation et l'ordonnancement des recettes et des dépenses de programmes du ministère de la défense les autorités mentionnées à l'annexe II, dans la limite de leurs attributions ". Le directeur de la plateforme commissariat ouest stationnée à Rennes est mentionné dans l'annexe II de cet arrêté.
6. En sa qualité de directeur de la plateforme du commissariat ouest, M. F B bénéficiait ainsi de la délégation des pouvoirs d'ordonnateur du ministre des armées, par l'arrêté du 23 avril 2015 précité librement accessible sur le site Légifrance, au juge comme aux parties, pour signer l'état récapitulatif des créances du 28 octobre 2021 qui comporte le titre de perception litigieux.
7. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence des auteurs de la décision du 13 décembre 2021 et du titre de perception du 22 septembre 2021 doit être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". Aux termes de l'article L. 252 A du Livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir ". Aux termes de l'article 55 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 : " V. ' Amélioration des conditions de recouvrement des produits étrangers à l'impôt et au domaine / B. ' Pour l'application de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation. ".
9. Il résulte de l'instruction que le titre de perception émis le 22 septembre 2021 a fait l'objet d'un état récapitulatif des créances du 28 octobre 2021. Cet état, qui est revêtu de la formule exécutoire, comporte la signature, les prénom, nom et qualité de son auteur, M. F B, directeur de la plateforme du commissariat ouest.
10. Par ailleurs, la décision du 13 décembre 2021 comporte la signature, les prénom, nom et qualité de son auteur, Mme A E, chef du bureau " pilotage, précontentieux et finances " de la direction des ressources humaines de l'armée de l'air et de l'espace.
11. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions litigieuses ne comporteraient pas la signature de leur auteur doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens dirigés contre le titre de perception du 22 septembre 2021 :
12. En premier lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Dans les conditions prévues pour chaque catégorie d'entre elles, les recettes sont liquidées avant d'être recouvrées. La liquidation a pour objet de déterminer le montant de la dette des redevables. (). Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Il résulte de ces dispositions que tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
13. Il résulte de l'instruction que le titre de perception émis le 22 septembre 2021 précise que l'objet de la créance correspond au remboursement d'une formation spécialisée à la suite de la rupture du lien au service intervenue le 22 juillet 2019, que ce lien d'une durée de quatre années s'achevait le 30 novembre 2019 et que la durée de service effectuée par le requérant est arrêtée au 31 juillet 2019. Ce titre mentionne également les articles du code de la défense dont il fait application, en particulier l'article L. 4139-13, l'arrêté du 16 décembre 2014 fixant la liste des formations spécialisées ainsi que la durée du lien au service qui leur est attachée, et enfin les actes du 1er septembre 2012 et du 22 juillet 2014 par lesquels le requérant s'était engagé à servir dans l'armée de l'air.
14. En outre, par une lettre du 15 février 2021, la direction des ressources humaines de l'armée de l'air a informé le requérant de l'émission à venir d'un titre de perception en vue de recouvrer la somme de 828,05 euros dont il est considéré redevable en raison de sa radiation des contrôles avant d'avoir accompli les quatre années de service attachées à sa formation ayant conduit à la délivrance du certificat élémentaire de spécialité. L'état de calcul joint à cette lettre contient les données et les calculs qui justifient le montant de la somme dont le remboursement est demandé au requérant. Il précise que la formation au certificat élémentaire suivie du 16 mars au 10 novembre 2015 est celle qui donne lieu à la demande de remboursement, que le diplôme a été obtenu le 1er décembre 2015, que la durée du lien au service de quatre années s'achevait le 30 novembre 2019, que la radiation des contrôles est intervenue le 22 juillet 2019 et que la date à prendre en compte pour calculer la durée de service effectuée est le 31 juillet 2019. Cet état de calcul précise encore qu'au cours de la formation au certificat élémentaire de spécialité, M. D a perçu 11 512,44 euros de rémunération, régularisations non comprises, soit une rémunération de 42,64 euros par jour, que le coefficient multiplicateur applicable à cette rémunération est de 1, et que la durée de service effectuée depuis la délivrance du diplôme le 1er décembre 2015 s'élève à 1321 jours tandis que le lien au service représentait une durée de 1440 jours, soit une différence de 119 jours. La prise en compte de ces éléments permet d'établir que la valeur de la formation suivie par M. D s'élève à 10 020,09 euros (42,64 euros x 1 x 235 jours) et que le montant à rembourser s'élève à 828,05 euros (10 020,09 - (1321 x 10 020,09 / 1440)). Enfin, si la lettre du 15 février 2021 et son état de calcul ont été adressés à M. D par un pli renvoyé à l'administration revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé ", il résulte toutefois de l'instruction que ce pli a été envoyé à l'adresse déclarée par M. D à l'administration le 17 juillet 2019, à savoir l'appartement B302, 17 rue Jean Duvert, 33290 Blanquefort, de sorte que la lettre et l'état de calcul sont réputés avoir été régulièrement notifiés au requérant. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas été régulièrement informé des bases et éléments de calcul de la créance dont il lui est demandé le règlement.
15. En second lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 4139-13 du code de la défense : " () la résiliation du contrat du militaire servant en vertu d'un contrat, régulièrement acceptée par l'autorité compétente, entraîne la cessation de l'état militaire. () la résiliation du contrat, (), ne peut être acceptée que pour des motifs exceptionnels, lorsque, ayant reçu une formation spécialisée ou perçu une prime liée au recrutement ou à la fidélisation, le militaire n'a pas atteint le terme du délai pendant lequel il s'est engagé à rester en activité. () ".
16. Aux termes de l'article R. 4139-50 du code de la défense : " Pour l'application du deuxième alinéa de l'article L. 4139-13, un arrêté conjoint du ministre de la défense et du ministre de l'intérieur fixe la liste des formations et la durée du lien au service qui leur est attachée. / Le militaire admis à une formation spécialisée s'engage à servir en position d'activité ou en détachement d'office, pour la durée fixée par l'arrêté mentionné au premier alinéa, à compter de la date d'obtention du titre validant la formation ou, à défaut, de la date de la fin de la formation. () ". Aux termes de l'article R. 4139-51 du même code : " Le militaire admis à suivre une formation spécialisée est tenu à un remboursement : / 1° Lorsqu'il ne satisfait pas à l'engagement prévu au deuxième alinéa de l'article R. 4139-50 ; / () / A moins qu'il en soit disposé autrement dans les statuts particuliers, le montant du remboursement est égal au total des rémunérations perçues pendant la période de formation spécialisée, affecté d'un coefficient multiplicateur dont le taux est fixé par l'arrêté mentionné au premier alinéa de l'article R. 4139-50. Ce montant décroît proportionnellement au temps obligatoire de service accompli à l'issue de cette formation spécialisée. ". L'annexe V de l'arrêté du 16 décembre 2014 fixant la liste des formations spécialisées propres à l'armée de l'air et la durée du lien au service qui leur est attachée, en vigueur du 1er janvier 2015 au 31 août 2015, fixent, s'agissant de la formation aboutissant à la délivrance du certificat élémentaire de spécialité, à quatre années la durée du lien au service et le coefficient multiplicateur à 1.
17. D'autre part, aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ".
18. Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. () ". Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. () ".
19. Il résulte des dispositions citées au point 3 que la créance dont le remboursement est réclamé à M. D, alors même que son montant est calculé à partir des rémunérations perçues pendant la période de formation spécialisée, ne résulte pas de paiements indus de rémunérations mais de l'achèvement de son contrat d'engagement, avant la fin de la période de quatre ans au titre de laquelle il s'était engagé à servir, après avoir été admis à la formation spécialisée au certificat élémentaire de spécialité. Ce montant correspond à la fraction de la valeur de la formation spécialisée en cause, qu'il est tenu de rembourser en application des dispositions précitées de l'article R. 4139-51 du code de la défense. Dès lors, M. D ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le ministre des armées est fondé à soutenir que le délai de prescription de droit commun, de cinq ans, prévu à l'article 2224 du code civil est applicable. Ainsi, la créance de l'État, née le 22 juillet 2019 de la radiation du requérant des contrôles, n'était pas prescrite le 22 septembre 2021, date d'émission du titre de perception en litige et ce moyen doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. D doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. D une somme au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. D est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C D et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Perdu, présidente,
M. Rousseau, premier conseiller,
Mme Portès, conseillère,
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
Le rapporteur, La présidente,
signésigné
S. ROUSSEAU S. PERDU
La greffière,
signé
A. STRZALKOWSKA
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026