lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200431 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SELARL MALTERRE - CHAUVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er mars 2022 et le 13 juin 2022, M. B A, représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Louey à l'indemniser de l'ensemble des préjudices liés à sa chute sur la voie publique le 30 mars 2021 à hauteur de 27 699,40 euros, assortis des intérêts au taux légal à compter du 10 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Louey la somme de 2 000 euros au titre des frais liés au litige en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le défaut de signalisation de la chaussée constitue un défaut d'aménagement et d'entretien normal de l'ouvrage public de nature à engager la responsabilité de la commune de Louey ;
- il appartient à la commune de justifier d'un entretien normal de la voie publique ;
- le lien de causalité entre la chute à vélo et le défaut d'entretien de l'ouvrage public est établi ;
- la commune ne peut s'exonérer de sa responsabilité en alléguant qu'il a commis une faute en empruntant une voie fermée à la circulation, en mauvais état et avec du matériel inadéquat notamment avec des cale-pieds ; les photographies versées à l'appui de la commune ne correspondent pas au lieu du sinistre ;
- le moyen selon lequel la voie empruntée aurait été rénovée en 2013 est inopérant dès lors que la cause du sinistre n'est pas due au revêtement de la chaussée mais à un défaut de signalisation d'une bosse ;
- la bosse sur la chaussée n'était pas facilement visible ;
- l'expertise contradictoire du 7 mai 2021 précise que la bosse, responsable de sa chute, n'était signalée ni par de la peinture, ni par un panneau de signalisation ;
- M. A est fondé à obtenir des réparations des préjudices notamment :
- préjudice matériel : 1 699,40 euros ;
- atteinte à son intégrité physique : 5 000 euros ;
- douleur : 3 000 euros ;
- préjudice d'agrément du fait de ne plus sortir à vélo durant la guérison des blessures : 5 000 euros ;
- troubles dans les conditions d'existence : 5 000 euros ;
- préjudice moral : 3 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, la commune de Louey, représentée par Me Chauvelier, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à enjoindre une expertise avant dire droit sur la réparation des préjudices et en tout état de cause à la condamnation de M. A à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- le chemin rural emprunté est utilisé essentiellement par des engins agricoles dès lors qu'il dessert des parcelles agricoles et le revêtement n'est pas destiné à un vélo de route de sorte que M. A a manqué de prudence ;
- la déformation de la route n'est pas contestée toutefois la bosse est parfaitement visible ; cette bosse a été réalisée pour canaliser les eaux pluviales de sorte que l'existence d'une telle bosse n'est pas constitutive d'un défaut d'entretien de l'ouvrage public ;
- les certificats médicaux ne font mention d'aucune interruption temporaire de travail et indiquent des dermabrasions ;
- en l'état des certificats il n'est pas possible d'évaluer les préjudices ; par conséquent une expertise médicale permettrait d'évaluer correctement ses préjudices subis ;
- en tout état de cause ses préjudices ne sont pas justifiés et sont excessifs.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus ;
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 30 mars 2021, alors qu'il circulait à vélo sur un chemin rural situé à Louey, M. A a chuté suite au déséquilibre causé par une bosse réalisée pour canaliser les eaux pluviales. Il a été admis aux urgences du centre hospitalier de Bigorre et a pu rejoindre son domicile le jour même. L'assureur de la commune de Louey a diligenté une expertise, dont le rapport a été déposé le 20 mai 2021. M. A demande la condamnation de la commune de Louey à lui verser la somme de 27 699,40 euros en réparation des préjudices subis résultant de sa chute, assortie des intérêts au taux légal.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité pour défaut d'entretien normal de l'ouvrage :
2. Alors qu'il circulait à vélo, M. A soutient qu'il a été déstabilisé par une bosse non signalée d'une largeur de 60 centimètres et d'une hauteur de 8 centimètres, de sorte que la responsabilité de la commune doit être engagée à raison d'un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public.
3. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve, soit que cet ouvrage était en état d'entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.
4. Si la chute à vélo a nécessité des soins locaux, ni les témoignages, qui n'émanent pas de témoins directs de l'accident, ni les photographies ne permettent d'établir les circonstances précises de la chute de M. A.
5. De plus, il ne résulte pas de l'instruction que la surélévation en cause, même estimée à 8 centimètres de hauteur par l'expert, était suffisamment importante pour relever d'un défaut d'entretien normal de la chaussée, alors même que cette bosse n'était pas signalée par de la peinture au sol. Par ailleurs, le requérant n'établit pas que le panneau signalant la bosse litigieuse n'était pas posé antérieurement à sa chute. En outre, M. A connaissait les lieux et circulait en plein jour, sur une route en ligne droite, sèche et dégagée, dans des conditions atmosphériques normales. Dans ces conditions, il n'apparaît pas que la surélévation résultant d'un enfouissement d'une canalisation des eaux pluviales en cause excédait, par ses caractéristiques, les inconvénients auxquels doivent s'attendre les usagers d'une voie publique et contre lesquels il leur appartient de se prémunir eux-mêmes en faisant preuve de la prudence nécessaire. Au surplus, il appartenait à la victime de faire preuve de prudence et de circuler avec un matériel adapté à un chemin rural. Il s'ensuit que M. A n'établit pas le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public dont la commune de Louey est propriétaire. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander la condamnation de la commune de Louey à l'indemniser de ses préjudices.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A aux fins d'indemnisation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que la commune de Louey, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, verse à M. A, une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
8. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Louey sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la commune de Louey est rejeté.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la commune de Louey.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.
La rapporteure,
L. CRASSUS
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026