jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2200455 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP CASADEBAIG & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er mars 2022, l'association Syndicat local Air Attitude, représentée par Me Casadebaig, demande au tribunal d'annuler les sept titres de perception émis à son encontre le 20 décembre 2021 par la direction régionale des finances publiques Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes en vue du recouvrement d'une somme totale de 33 909 euros correspondant à un indu d'aides exceptionnelles perçues pour les mois de mars à mai 2020, octobre à décembre 2020 et février 2021 au titre du fonds de solidarité des entreprises fragilisées par l'épidémie de Covid-19 et de la décharger de l'obligation de payer les sommes ainsi réclamées.
Elle soutient que :
- en estimant qu'elle n'était pas éligible au dispositif, le service a méconnu le principe d'égalité de traitement ;
- son activité a fortement subi les conséquences des restrictions liées à l'épidémie de covid-19.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par l'association Syndicat local Air Attitude ne sont pas fondés.
Par un courrier du 8 septembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que la décision du tribunal était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les titres de perception émis le 20 décembre 2021 en raison de l'absence de recours administratif préalable obligatoire, en méconnaissance des dispositions de l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.
Par un mémoire, enregistré le 14 septembre 2023, l'association Syndicat local Air Attitude a présenté des observations en réponse à ce moyen relevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier,
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le Syndicat local Air Attitude exerce sous la forme d'association déclarée une activité de club de sport proposant des activités de vol et de parapente. Elle a bénéficié, au titre des mois de mars à mai 2020, d'octobre à décembre 2020, et de février 2021 de l'aide exceptionnelle prévue par le décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, pour un montant total de 33 909 euros. Par un courrier du 12 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques a constaté l'absence d'éligibilité du Syndicat local Air Attitude au bénéfice de cette aide et a annoncé l'émission de titres de perception en vue de la reprise des sommes indûment perçues. Par sa requête, l'association Syndicat local Air Attitude demande au tribunal d'annuler les sept titres de perception émis à son encontre le 20 décembre 2021 par la direction régionale des finances publiques Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes en vue du recouvrement d'une somme totale de 33 909 euros et de la décharger de l'obligation de payer les sommes ainsi réclamées.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de aux termes de l'article 117 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les titres de perception émis en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables. / 1° Soit d'une contestation portant sur l'existence de la créance, son montant ou son exigibilité ; / (). ". Aux termes de l'article 118 du même décret : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent. ".
3. En vertu des dispositions précitées, le redevable doit, avant de saisir la juridiction compétente, former un recours administratif préalable devant le comptable ayant pris en charge le titre de perception en litige. Une telle obligation s'impose à peine d'irrecevabilité du recours contentieux contre ce titre de perception.
4. Il ne résulte pas de l'instruction que l'association Syndicat local Air Attitude, qui conteste le bien-fondé des titres de perception émis à son encontre le 20 décembre 2021 par la direction régionale des finances publiques Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, ait adressé au comptable la réclamation préalable prévue par l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 avant de saisir le juge. Si en réponse à l'information faite aux parties de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité de la requête faute d'un recours préalable obligatoire, la société requérante a indiqué que le député des Pyrénées-Atlantiques était intervenu le 10 septembre 2021 auprès de l'administration fiscale, et que le service a formulé une réponse le 19 octobre suivante, cette intervention, antérieure à l'émission des titres de perception en litige, ne peut être regardée comme ayant fait naître une décision prise sur la réclamation préalable obligatoire prévue à l'article 118 du décret du 7 novembre 2012. Par suite, les conclusions de l'association requérante tendant à l'annulation des titres de perception susmentionnés doivent être rejetées comme irrecevables.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de l'association Syndicat local Air Attitude doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Syndicat local Air Attitude est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Syndicat local Air Attitude et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Selles, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
L. NEUMAIER
La présidente,
Signé
M. SELLESLa greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026