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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200806

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200806

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200806
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantTEJAS AVOCATS PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14, 22 avril 2022 et le 19 février 2024, M. et Mme A, représentés par Me Brethoux, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'enjoindre solidairement au syndicat mixte départemental d'équipement des communes des Landes (ci-après Sydec 40) et à la commune de Vielle-Saint-Girons la démolition de la ligne électrique et de l'adduction d'eau implantés sur leur propriété assortie d'une astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification de la présente décision ;

2°) de condamner solidairement le Sydec 40 et la commune de Vielle-Saint-Girons à leur verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice de jouissance de leurs parcelles ;

3°) de mettre à la charge solidaire du Sydec 40 et de la commune de Vielle-Saint-Girons la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- contrairement à ce que fait valoir le Sydec 40, l'absence de conclusions d'annulation n'est pas opposable dans le cadre d'un contentieux de démolition d'ouvrage de sorte que la fin de non-recevoir ne peut qu'être écartée ;

- la fin de non-recevoir tirée du défaut de liaison du contentieux indemnitaire ne peut qu'être écarté dès lors qu'ils ont déposé, postérieurement à l'introduction de la requête, une demande préalable indemnitaire auprès du Sydec 40 ;

- alors que la commune sollicité sa mise hors de cause, le contentieux de la démolition d'un ouvrage public relève de la personne publique délégante ;

- l'objet de la convention ne concerne ni les ouvrages litigieux ni la parcelle litigieuse ;

- la régularisation des ouvrages litigieux est impossible de sorte qu'aucune médiation n'est envisageable ;

- le seul utilisateur de la ligne électrique est Mme E, propriétaire de la parcelle ; l'enlèvement de la ligne permettrait de rendre cette parcelle conforme au document d'urbanisme dès lors que l'utilisation est contraire au plan local d'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 juin 2022 et les 19 février et 21 mars 2024, le Sydec 40, représenté par Me Krust conclut dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, au rejet de la requête pour irrecevabilité et au rejet de la requête au fond ;

2°) mettre à la charge de M. et Mme A la somme de 3 000 euros à lui verser au titre des frais liés au litige.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable pour défaut de liaison indemnitaire ;

- les ouvrages publics étant intangibles, la démolition des ouvrages litigieux est impossible, ainsi il y a lieu de rechercher si une régularisation appropriée est possible ;

- la créance est frappée par la prescription quadriennale ;

- il bénéficie d'une servitude d'utilité publique lui permettant d'établir les canalisations souterraines sous les terrains privés non bâtis comme ceux des requérants pour permettre l'implantation de réseaux publics de distribution d'électricité et de canalisations de distribution de l'eau potable et d'assainissement ; ces servitudes ne portent pas atteinte au droit de propriété ;

- dans l'hypothèse selon laquelle le juge accueille la demande de démolition, il relève de son office de réaliser un contrôle des avantages et des inconvénients qu'engendrerait la démolition ;

- les requérants ne subissent aucun trouble de jouissance puisque les ouvrages sont enterrés et la démolition de la ligne électrique va à l'encontre de l'intérêt général dès lors que plusieurs particuliers bénéficient de l'électricité et seraient privés de réseau électrique ;

- seule la canalisation d'assainissement pourrait être démoli dès lors que le réseau d'énergie a été rétrocédé à Enedis alors qu'elle n'est pas mise en la cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2023, la commune de Vielle-Saint-Girons représentée par AARPI TEJAS Avocats, conclut à titre principal au rejet de la requête pour irrecevabilité, à titre subsidiaire au rejet au fond de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. et Mme A la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- une fin de non-recevoir tirée du défaut de conclusions aux fins d'annulation de la décision rejetant la demande de démolition des ouvrages litigieux rend la requête irrecevable ;

- le contentieux n'est pas lié dès lors qu'aucune demande préalable indemnitaire n'a été demandée ;

- elle ne peut qu'être mise hors de cause dès lors que le Sydec 40 créée le 10 août 1937 est compétent en matière de services publics notamment de l'énergie et de l'éclairage de la commune ;

- les requérants n'établissent pas que les ouvrages sont irrégulièrement implantés ; en outre ils ont conclu une convention de passage sous les parcelles cadastrées AN 19 et 18 ;

- à supposer que les ouvrages soient irrégulièrement implantés, ils sont régularisables en procédant à une servitude après déclaration d'utilité publique en application de l'article L. 323-4 du code de l'énergie et L. 152-1 du code rural et de la pêche ;

- l'enlèvement des ouvrages litigieux porteraient atteinte à l'intérêt général ;

- les requérants ne se prévalent d'aucun préjudice et à supposer que l'activité d'élevage de chevaux soit contraire à l'affectation des parcelles sur le plan local d'urbanisme, la démolition des ouvrages n'alimentant plus la parcelle sur laquelle une activité de haras est installée, n'a pas pour conséquence de cesser cette activité et a fortiori de rendre la destination de la parcelle conforme au document d'urbanisme.

Par une ordonnance du 28 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 29 mars 2024.

Un mémoire présenté pour la commune de Veille-Saint-Girons a été enregistré le 27 mars 2024 et un mémoire pour M. et Mme A a été enregistré le 28 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le décret n° 67-886 du 6 octobre 1967 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crassus ;

- les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique,

- les observations de Me Lopes, représentant les requérants et de Me Penaud représentant le Sydec 40, qui s'en remettent à leurs écritures.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A sont propriétaires de deux parcelles cadastrées section AN n° 19 et n° 20 situées au lieu-dit Moolon sur la commune de Vielle-Saint-Girons. Leur fonds est traversé par une piste forestière, appelée " chemin du Monlon ". En 2009, le Sydec 40 a fait réaliser des travaux d'enfouissement d'une ligne électrique sur la parcelle des époux A. Par un arrêté du 8 juillet 2013, la commune de Vielle-Saint-Girons a autorisé la société Magelec a occupé la voirie. Par un arrêt du 12 octobre 2017, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé cet arrêté au motif que le chemin de Monlon n'ayant jamais été incorporé dans la domaine public communal, le maire ne pouvait accorder une telle occupation. Toutefois les travaux d'implantation d'une ligne électrique et d'une canalisation d'assainissement ont été réalisés. Par la requête, M. et Mme A demandent à ce que le Sydec 40 et la commune de Vielle-Saint-Girons soient condamnés à la démolition de la ligne électrique et du conduit d'adduction d'eau souterrain implantés sur leur propriété et à ce qu'ils soient condamnés solidairement à leur verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice de jouissance de leurs parcelles.

Sur la mise hors de cause de la commune de Vielle-Saint-Girons :

2. Il résulte de l'instruction notamment des statuts du Sydec 40 que ce dernier exerce en lieu et place de ses membres les compétences relatives à la distribution d'eau et d'électricité et organise une concession, à son profit, des services publics de distribution de l'électricité et de l'eau potable. Par ailleurs, les articles L. 5721-1 et suivant du code général des collectivités territoriales prévoient notamment une mise à disposition immédiate des biens et immeubles nécessaires à l'exercice des compétences dévolues et pour lesquelles le délégataire assume l'ensemble des pouvoirs de gestion et obligations du propriétaire. Ainsi, en tant que concessionnaire des ouvrages en cause, le Sydec 40 est seul responsable des conséquences dommageables attachées à l'existence et au fonctionnement des réseaux publics de distribution d'électricité et d'eau potable. Par suite, la commune de Vielle-Saint-Girons, qui n'est pas compétente sur les ouvrages litigieux sera mise hors de cause.

Sur les conclusions tendant à la démolition des ouvrages litigieux :

En ce qui concerne l'implantation irrégulière des ouvrages :

3. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.

4. D'une part, aux termes de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 sur les distributions d'énergie, codifié à l'article L. 323-4 du code de l'énergie : " La déclaration d'utilité publique confère, en outre, au concessionnaire le droit : 1° D'établir à demeure des supports et ancrages pour conducteurs aériens d'électricité, soit à l'extérieur des murs ou façades donnant sur la voie publique, soit sur les toits et terrasses des bâtiments, à la condition qu'on y puisse accéder par l'extérieur, étant spécifié que ce droit ne pourra être exercé que sous les conditions prescrites, tant au point de vue de la sécurité qu'au point de vue de la commodité des habitants, par les décrets en Conseil d'Etat prévus à l'article L. 323-11() Ces décrets doivent limiter l'exercice de ce droit au cas de courants électriques tels que la présence de ces conducteurs d'électricité à proximité des bâtiments ne soient pas de nature à présenter, nonobstant les précautions prises conformément aux décrets des dangers graves pour les personnes ou les bâtiments ; / 2° De faire passer les conducteurs d'électricité au-dessus des propriétés privées, sous les mêmes conditions et réserves que celles spécifiques au 1° ci-dessus ; / 3° D'établir à demeure des canalisations souterraines, ou des supports pour conducteurs aériens, sur des terrains privés non bâtis, qui ne sont pas fermés de murs ou autres clôtures équivalentes ; / 4° De couper les arbres et branches d'arbres qui, se trouvant à proximité des conducteurs aériens d'électricité, gênent leur pose ou pourraient, par leur mouvement ou leur chute, occasionner des courts-circuits ou des avaries aux ouvrages. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 6 octobre 1967: " Une convention passée entre le concessionnaire et le propriétaire ayant pour objet la reconnaissance des servitudes d'appui, de passage, d'ébranchage ou d'abattage prévues au troisième alinéa de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 susvisée peut remplacer les formalités prévues au quatrième alinéa dudit article ". Il ressort de la combinaison de ces dispositions que les servitudes mentionnées par l'article 12 de la loi du 15 juin 1906, codifié à l'article L. 323-4 du code de l'énergie, ne peuvent être instituées qu'après l'enquête publique prévue par l'article 52 du décret du 29 juillet 1927 ou par la convention passée entre le concessionnaire et le propriétaire prévue par l'article 1er du décret du 6 octobre 1967 précité.

5. D'autre part, aux termes, d'une part, de l'article L. 152-1 du code rural et de la pêche maritime : " Il est institué au profit des collectivités publiques, des établissements publics ou des concessionnaires de services publics qui entreprennent des travaux d'établissement de canalisations d'eau potable ou d'évacuation d'eaux usées ou pluviales une servitude leur conférant le droit d'établir à demeure des canalisations souterraines dans les terrains privés non bâtis, excepté les cours et jardins attenant aux habitations () ". L'article R. 152-1 du même code précise que : " Les personnes publiques définies au premier alinéa de l'article L. 152-1 et leurs concessionnaires, à qui les propriétaires intéressés n'ont pas donné les facilités nécessaires à l'établissement, au fonctionnement ou à l'entretien des canalisations souterraines d'eau potable ou d'évacuation d'eaux usées ou pluviales, peuvent obtenir l'établissement de la servitude prévue audit article, dans les conditions déterminées aux articles R. 152-2 à R. 152-15".

6. La réalisation, par une personne publique, de travaux dans le sol et le sous-sol d'une propriété privée, qui dépossède les propriétaires de la parcelle concernée d'un élément de leur droit de propriété, ne peut être régulièrement réalisée qu'après, soit l'accomplissement d'une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique, soit l'institution de servitudes légales, soit l'intervention d'un accord amiable avec les propriétaires de cette parcelle.

7. D'une part il résulte de l'instruction que la propriété du chemin du Monlon n'est pas, comme l'a jugé la cour administrative d'appel de Bordeaux dans son arrêt n° 15BX02967, incorporée dans le domaine public communal. D'autre part, il est constant qu'un câble électrique enterré et une canalisation souterraine ont été implantés en juin 2013 sur les parcelles cadastrées AN n° 19 et 20 appartenant aux époux A, afin de raccorder la parcelle voisine de ces fonds au réseau public de distribution d'eau et d'électricité, et que ces travaux ont été réalisés sans autorisation, ni indemnisation des propriétaires. A cet égard, s'il est soutenu en défense que les ouvrages en cause ne sauraient être regardés comme ayant été irrégulièrement implantés dès lors qu'une convention de passage avait été conclue le 8 février 2009, il résulte des termes de cette convention, ainsi que des allégations non contestées des requérants, que ladite convention ne concernait que l'implantation d'une canalisation souterraine d'une longueur de 90 mètres, et sur les parcelles cadastrées n° 18 et 19. Ainsi il ne s'agit ni des mêmes parcelles, ni des mêmes ouvrages litigieux. Par suite, les lignes électriques et canalisations souterraines en litige doivent être regardées comme ayant été irrégulièrement implantées.

En ce qui concerne la régularisation des ouvrages litigieux :

8. Ainsi qu'il est dit au point 3, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, lorsque l'ouvrage est irrégulièrement implanté, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible. Le juge ne peut déduire le caractère régularisable d'un ouvrage public irrégulièrement implanté, qui fait obstacle à ce que soit ordonnée sa démolition, de la seule possibilité pour son propriétaire, compte tenu de l'intérêt général qui s'attache à l'ouvrage en cause, de le faire déclarer d'utilité publique et d'obtenir ainsi la propriété de son terrain d'assiette par voie d'expropriation, mais est tenu de rechercher si une procédure d'expropriation avait été envisagée et était susceptible d'aboutir.

9. Si le Sydec 40 soutient avoir proposé aux requérants une servitude, il ne l'établit pas. Il résulte de l'instruction que les requérants s'opposent à conclure une convention de servitude pour le maintien des lignes enfouies. En outre, il ne résulte pas de l'instruction qu'une procédure d'expropriation aurait été mise en place par le Sydec 40. Par suite, une régularisation appropriée de l'implantation des ouvrages litigieux n'est pas possible.

En ce qui concerne le contrôle du bilan :

10. Alors qu'il appartient au propriétaire de la parcelle de démontrer l'existence de désagréments liés à la présence d'ouvrages enterrés, les époux A ne font état d'aucune nuisance particulière liée au fonctionnement de l'ouvrage. Pour refuser de déplacer les ouvrages en litige, le Sydec 40 fait valoir que ces ouvrages ont vocation à desservir une pluralité d'usagers et que les travaux de démantèlement et de reconstruction des réseaux priveraient les usagers d'électricité et de réserve d'eau potable. Bien que le syndicat n'établisse pas la durée, ni l'importance de ces désagréments ni le nombre des usagers, les requérants n'allèguent pas dans quelle mesure l'implantation irrégulière des lignes alors enfouies leur causent des préjudices. L'enlèvement de la ligne électrique menant notamment à la parcelle cadastrée section AN n° 44 sur laquelle un haras est exploité n'a aucune incidence sur la destination de ladite parcelle eu égard au plan local d'urbanisme. Par suite, la démolition de ces ouvrages entraînerait une atteinte excessive à l'intérêt général et il n'y a pas lieu d'enjoindre à la collectivité de démolir et déplacer les lignes litigieuses.

Sur les conclusions indemnitaires :

11. En l'absence d'extinction du droit de propriété, la réparation des conséquences dommageables résultant de l'implantation d'un ouvrage public sur une parcelle appartenant à une personne privée ne saurait donner lieu à une indemnité correspondant à la valeur vénale de la parcelle, mais uniquement à une indemnité d'immobilisation réparant le préjudice résultant de l'occupation irrégulière de cette parcelle et tenant compte de l'intérêt général qui justifie le maintien de l'ouvrage.

12. M. et Mme A sollicitent la somme globale de 10 000 euros au titre du préjudice de jouissance résultant de l'occupation irrégulière de sa parcelle. Si les requérants soutiennent que l'implantation des canalisations litigieuses dans le tréfonds de leur parcelle leur cause des désagréments, ils n'établissent toutefois pas la réalité du préjudice qu'ils auraient subi du fait de la présence illégale des canalisations et réseaux enterrés sur leur terrain et ne produisent aucun document permettant de justifier la somme sollicitée.

13. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception de prescription quadriennale des dettes publiques opposée en défense, les conclusions indemnitaires présentées par M. et Mme A seront rejetées.

14. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, la requête présentée par M. et Mme A est rejetée en toutes ses conclusions.

Sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme A, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, les sommes que le Sydec 40 et la commune de Vielle-Saint-Girons demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Vielle-Saint-Girons est mise hors de cause.

Article 2 : L'emprise de la ligne électrique et de l'adduction d'eau installées sur les parcelles de M. et Mme A est irrégulière.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. C A, à Mme D A, à la commune de Vielle-Saint-Girons et au syndicat mixte départemental d'équipement des communes des Landes.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

M. Rivière, premier conseiller,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.

La rapporteure,

L. CRASSUS La présidente,

M. SELLES

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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