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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200821

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200821

lundi 8 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200821
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantSELARL CABINET CAMBOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 avril 2022, M. B, représenté par Me Do Amaral, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet du 30 novembre 2021 ;

2°) de condamner la commune de Tarbes à l'indemniser des préjudices subis à hauteur de 538 euros assortie des intérêts au taux légal à compter de la demande préalable ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Tarbes la somme de 1 500 euros au titre des frais liés au litige en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le défaut d'aménagement et d'entretien normal de l'ouvrage public est de nature à engager la responsabilité de la commune de Tarbes ;

- le trou signalé par de la peinture au sol suffit à établir le mauvais état de la chaussée ;

- la commune est responsable des dommages subis sur son véhicule.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2023, la commune de Tarbes, représentée par Me Cambot conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle fait valoir que :

- il incombe à la victime d'établir la défectuosité de l'ouvrage public ;

- les photographies versées au débat sont peu lisibles et ne permettent pas d'établir le lien de causalité ;

- la responsabilité de la commune ne peut être engagée que si l'excavation excède ou l'obstacle à l'origine du dommage excède les défectuosités auxquelles un usager de l'ouvrage public ne peut s'attendre ;

- le trou à l'origine des dégâts était parfaitement visible et l'accident est intervenu par temps clair ;

- les montants des travaux réparatoires ne sont pas contradictoires dès lors que le requérant a déjà réalisé les travaux.

Par décision du 23 février 2022, M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crassus,

- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 5 février 2018, alors qu'il circulait au volant de son véhicule rue Larrey à Tarbes, M. B a roulé sur un trou et a endommagé son véhicule. Par lettre du 28 septembre 2021, il a demandé à la commune de Tarbes de l'indemniser à hauteur de 538 euros correspondant aux travaux de réparation de son véhicule. Par la présente M. B demande la condamnation de la commune à lui verser la somme de 538 euros, sur le fondement du défaut d'entretien de l'ouvrage public.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve, soit que cet ouvrage était en état d'entretien normal, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure.

3. M. B soutient qu'il a roulé sur un trou signalé par deux flèches blanches sur la chaussée. S'il est constant qu'un trou existait sur la chaussée, les pièces versées au dossier notamment relatives aux travaux réalisés sur son véhicule plus de trente jours après les faits, ne permettent d'établir ni la matérialité des faits en l'absence notamment de témoins de l'incident, ni le lien de causalité entre le dommage et l'ouvrage public en cause.

4. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que le trou constaté sur la chaussée rue Larrey à Tarbes, était suffisamment profond pour relever d'un défaut d'entretien normal de la chaussée, alors même qu'il était signalé par de la peinture au sol. Dans ces conditions, il n'apparaît pas que l'excavation à l'origine des dommages matériels subis par le requérant excédait, par ses caractéristiques, les inconvénients auxquels doivent s'attendre les usagers d'une voie publique et contre lesquels il leur appartient de se prémunir eux-mêmes en faisant preuve de la prudence nécessaire. Il s'ensuit que les dommages subis sur le véhicule de M. B ne peuvent être regardés comme révélant un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public dont la commune de Tarbes est propriétaire. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander la condamnation de la commune de Tarbes à l'indemniser de ses préjudices.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B aux fins d'indemnisation doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que la commune de Tarbes, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, verse à M. B, une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

7. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune de Tarbes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la commune de Tarbes est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A B et la commune de Tarbes.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Neumaier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.

La rapporteure,

L. CRASSUS

La présidente,

M. SELLES

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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