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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200834

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200834

vendredi 29 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200834
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCHAMBRE 1
Avocat requérantQUENTEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 avril 2022 et le 2 février 2023, Mme A C, représentée par Me Quentel, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier de Mont-de-Marsan à lui verser l'indemnité de précarité correspondant à son contrat de travail sur la période du 2 octobre 2017 au 2 novembre 2018 à hauteur de 6 206,77 euros, assortie des intérêts légaux et de leur capitalisation ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Mont-de-Marsan la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en l'absence d'accusé réception qui n'a pas été fourni par les services postaux, elle a préféré envoyer une nouvelle demande préalable ;

- le contrat initial a débuté le 2 octobre 2017 jusqu'au 10 septembre 2018, mais a été prolongé jusqu'au 2 novembre 2018. Le nouveau contrat signé le 26 novembre à temps partiel doit être considéré comme un nouveau contrat. Dans ces conditions, elle doit être destinataire de l'indemnité de précarité ;

- bien qu'elle ne soit pas en mesure de calculer le montant exact dû, ce montant ne peut être inférieur à 6 206,77 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, le directeur du centre hospitalier de Mont-de-Marsan conclut au rejet de la requête.

Il oppose une fin de non-recevoir de la requête sur le fondement de l'article R. 421-1 du code de justice administrative tirée de la tardiveté de la requête enregistrée 19 février 2022 alors que la décision implicite contestée date du 20 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crassus,

- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C a été recrutée en tant que praticienne contractuelle par le centre hospitalier de Mont-de-Marsan par un contrat à durée déterminée à compter du 2 octobre 2017 jusqu'au 2 octobre 2018, prolongé par avenant jusqu'au 2 novembre 2018. Puis par un nouveau contrat à durée déterminée d'un an, Mme C a exercé les mêmes fonctions à compter du 26 novembre 2018. Par courrier du 16 avril 2019, le centre hospitalier de Mont-de-Marsan a accusé réception de la lettre de Mme C l'informant vouloir démissionner de ses fonctions à compter du 30 juin 2019. Par lettre du 1er septembre 2021 reçue le 20 septembre 2021, Mme C a demandé au centre hospitalier de lui verser la prime de précarité relative à la fin de son contrat. Une décision implicite de rejet est née le 20 novembre 2021. Par une seconde réclamation en date du 13 janvier 2022, l'intéressée a sollicité à nouveau le versement de la prime de précarité. Par la présente, elle demande la condamnation du centre hospitalier de Mont-de-Marsan à lui verser la prime de précarité qui aurait dû lui être versée.

Sur la fin de non-recevoir :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents ". Cette sous-section comprend l'article L. 112-3, aux termes duquel : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ", ainsi que l'article L. 112-6, aux termes duquel : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation. / Le défaut de délivrance d'un accusé de réception n'emporte pas l'inopposabilité des délais de recours à l'encontre de l'auteur de la demande lorsqu'une décision expresse lui a été régulièrement notifiée avant l'expiration du délai au terme duquel est susceptible de naître une décision implicite ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ". Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. () ".

4. Il résulte des dispositions rappelées aux points 2 et 3 ci-dessus qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions des articles L. 112-3 et L. 112-6 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.

5. Par suite le silence gardé par le centre hospitalier de Mont-de-Marsan sur le recours gracieux reçu le 20 septembre 2021 a fait naître une décision implicite de rejet le 20 novembre 2021, laquelle pouvait être contestée jusqu'au 21 janvier 2022. Par conséquent le recours formé par Mme C introduit le 19 avril 2022 est tardif. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Mont-de-Marsan, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par le centre hospitalier de Mont-de-Marsan au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente décision sera notifiée à Mme A C et au centre hospitalier de Mont-de-Marsan.

Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Neumaier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 29 mars 2024.

La rapporteure,

Signé

L. CRASSUS

La présidente,

Signé

M. SELLES

La greffière,

Signé

M. B

La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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