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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2200988

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2200988

mercredi 20 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2200988
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationPrt, magistrat désigné R.778-3

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mai 2022, M. C A demande au tribunal qu'il soit fait droit à sa demande de relogement dans un T2.

Il soutient que :

- sa demande a été regardée comme urgente et prioritaire par la commission départementale de médiation des Hautes-Pyrénées le 23 novembre 2021 ;

- depuis cette décision Promologis refuse de le reloger ;

- il doit bénéficier d'un logement pour recevoir sa fille âgée de 15 ans, un week-end sur deux.

La requête a été régulièrement communiquée au préfet des Hautes-Pyrénées qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative et notamment l'article R. 778-1.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D été entendu au cours de l'audience publique tenue le 14 juin 2022 à 11 h 30, en présence de Mme Dangeng, greffière.

Les parties n'étant ni présentées ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application des articles R. 772-5 et R. 772-9 code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation: " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être accueilli dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et qui n'a pas été accueilli, dans un délai fixé par décret, dans l'une de ces structures peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son accueil dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. / () / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue prioritaire par la commission de médiation et que n'a pas été proposée au demandeur une place dans une structure d'hébergement, un établissement ou logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ordonne l'accueil dans l'une de ces structures et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive. ".

2. Ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires qui ont précédé leur adoption, fixent une obligation de résultat pour l'Etat, désigné comme garant du droit au logement reconnu par le législateur. Elles font obligation au juge d'adresser au préfet l'injonction qu'elles prévoient, dès lors qu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation, qu'elle doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités.

Sur l'injonction :

3. Lors de sa séance du 23 novembre 2021, la commission départementale de médiation des Hautes-Pyrénées a reconnu que M. A était prioritaire et qu'il devait être logé en urgence au titre du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, dans un logement de type 2 sur Tarbes et ses environs, mais préconisé, eu égard au comportement de l'intéressé un diagnostic social préalable.

4. Le préfet des Hautes-Pyrénées qui n'a pas produit d'observations en défense ne conteste pas que l'intéressé se trouve toujours, à la date du présent jugement dans une situation justifiant qu'un logement lui soit attribué, ni ne justifie qu'il aurait mis en œuvre les préconisations de la commission afin de trouver le logement le plus adapté. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées d'attribuer à M. A avant le 1er septembre 2022 un logement adapté à sa composition familiale actuelle, conformément à ce qui a été décidé par la commission de médiation.

Sur l'astreinte :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sur le fondement des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation d'assortir l'injonction mentionnée au point 4 ci-dessus d'une astreinte dont le montant de 50 euros par mois entier de retard, calculé en application des dispositions du même article, sera versé par l'Etat au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, en deux versements par an, le premier versement devant intervenir le 1er avril 2023, et ce tant que le tribunal n'aura pas constaté que l'injonction a été exécutée ou qu'il n'y a plus lieu de la verser sous la forme d'une ordonnance de liquidation définitive établie à la demande expresse du préfet des Hautes-Pyrénées.

D E C I D E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hautes-Pyrénées d'attribuer à M. A un logement répondant à ses besoins et à ses capacités de type T2, avant le 1er septembre 2022.

Article 2 : L'astreinte, d'un montant mensuel de 50 euros par mois entier de retard, sera versée deux fois par an, jusqu'à sa liquidation définitive, à compter du 31 mars 2023.

Article 3 : Le préfet des Hautes-Pyrénées fera connaître au Tribunal les suites données au présent jugement d'ici le 1er novembre 2022.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement et au préfet des Hautes-Pyrénées.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2022.

La présidente,

Signé : V. QUEMENER

La greffière,

Signé : M. B

La République mande et ordonne au ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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