lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201456 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SCP J. LASSUS- E. NDOME MANGA - E. DINGUIRARD |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 6 juin 2022, la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a renvoyé, en application des articles R. 351-3, R. 312-1 et R. 312-7 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C A, au tribunal administratif de Pau.
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2022, M. A, représenté par Me Lassus, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les titres de perception du 17 mars 2020 et du 17 décembre 2020 ;
2°) de prononcer la décharge de la taxe d'aménagement dont le paiement lui a été réclamé par les deux titres de perception émis le 17 mars 2020 et 17 décembre 2020 pour un montant respectif de 8 806 euros à raison d'un permis de construire délivré le 6 décembre 2018 par le maire de la commune de Pujaudran ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la base légale fondant les titres de perception est manquante ;
- les délibérations du 22 septembre et du 20 octobre 2015 sur lesquelles sont fondés les titres perception de la taxe litigieuse ne sont pas motivées en ce qu'elle adopte un taux de 15 % de part communale concernant la taxe d'aménagement ; le taux majoré doit être prévu par une délibération or les délibérations fondant les titres de perception ont été adoptées en 2015 et valables pour trois années, une nouvelle délibération aurait dû être prise en 2018 ;
- il existe une distorsion entre les sommes appelées et les travaux réalisés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, le directeur départemental des territoires du Gers conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la délibération du 22 septembre 2015 instituant un taux de 15 % de la taxe n'est pas frappée de péremption dès lors que l'article 10 de la circulaire du 18 juin 2013 relative à la réforme de la fiscalité de l'aménagement précise qu'à l'issue des trois ans, si aucune décision contraire n'est intervenue, les délibérations sont reconduites automatiquement d'année en année, par suite, la délibération fondant les titres de perception ne sont pas caduques ;
- la délibération fixant le taux de 15 % de la taxe d'aménagement sur le secteur Jalabert n'est pas viciée ;
- contrairement à ce que soutient le requérant, la première délibération prévoyait un taux de taxe d'aménagement de 6 % sur l'ensemble du territoire de la commune de Pujaudran sauf sur le secteur Jalabert ; or la seconde délibération en date du 20 octobre 2015 réduit le taux de la taxe d'aménagement applicable sur l'ensemble du territoire à 5 % et maintient le taux de 15 % sur le secteur Jalabert ;
- la délibération fixant le taux de 15 % de la taxe d'aménagement sur le secteur Jalabert est suffisamment motivée et n'est pas en distorsion eu égard les travaux envisagés.
Les parties ont été informées le 27 mai 2024, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions à fin de décharge des taxes d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive en l'absence de présentation, préalablement à la saisine du juge administratif, de la réclamation au service territorial de la direction générale des finances publiques prévue par l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation des titres de perception, par référence au décret relatif à la gestion budgétaire et comptable publique du 7 novembre 2012.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code du patrimoine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus,
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 décembre 2018, M. A s'est vu délivrer un permis de construire en vue de la construction d'un bien à usage d'habitation avec des emplacements extérieurs. Deux titres de perception ont été émis à l'encontre de M. A les 17 mars et 17 décembre 2020, l'un concernant la première échéance de la taxe d'aménagement mise à sa charge au taux de 15 %, d'un montant de 4 403 euros, l'autre concernant la seconde échéance du même montant. Par la présente requête, M. A demande de prononcer la décharge des sommes mises à sa charge.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 331-31 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors en vigueur : " En matière d'assiette, les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont recevables jusqu'au 31 décembre de la deuxième année qui suit celle de l'émission du premier titre de perception ou du titre unique. () / Les réclamations concernant la taxe d'aménagement sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables en matière d'impôts directs locaux. ". Le premier alinéa de l'article R*. 190-1 du LPF dispose que : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition ". Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable souhaitant contester l'assiette de la taxe d'aménagement doit, à peine d'irrecevabilité, former une réclamation préalable auprès du service territorial de la direction générale des finances publiques avant le 31 décembre de la deuxième année suivant l'émission du premier titre de perception ou du titre unique.
3. Il est constant que le titre de perception de la taxe d'aménagement mise à la charge de M. A a été émis au cours de l'année 2020. En application des dispositions rappelées au point précédent, le requérant pouvait présenter une réclamation à la direction départementale des finances publiques jusqu'au 31 décembre 2022. Par ailleurs, les lettres adressées au maire de la commune avant l'émission des titres ne constituent pas des réclamations au sens de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales. Par suite, en l'absence de réclamation adressée au service territorial de la direction générale des finances publiques dont dépend le lieu d'imposition de M. A avant le 31 décembre 2022, les conclusions aux fins de décharge de la taxe d'aménagement sont irrecevables et doivent par suite, être rejetées.
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation des titres de perception :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 331-32 du code de l'urbanisme : " En matière de recouvrement, les réclamations sont présentées, instruites et jugées selon les règles applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 118 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser une réclamation appuyée de toutes justifications utiles au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / La réclamation doit être déposée, sous peine de nullité : / 1° En cas d'opposition à l'exécution d'un titre de perception, dans les deux mois qui suivent la notification de ce titre ou du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause ; / 2° En cas d'opposition à poursuites, dans les deux mois qui suivent la notification de l'acte de poursuite. / L'autorité compétente délivre un reçu de la réclamation, précisant la date de réception de cette réclamation. Elle statue dans un délai de six mois dans le cas prévu au 1° et dans un délai de deux mois dans le cas prévu au 2°. A défaut d'une décision notifiée dans ces délais, la réclamation est considérée comme rejetée. " et aux termes de son article 119, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " Le débiteur peut saisir la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de la décision prise sur sa réclamation ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration des délais prévus à l'article 118 ".
6. Il résulte de ces dispositions que la requête tendant à l'annulation des titres de perception de la taxe d'aménagement présentée par le redevable de cette taxe devant le tribunal administratif doit avoir été précédée d'une réclamation contentieuse adressée à l'administration dans les deux mois qui suivent la notification du titre de perception et que le point de départ du délai de recours contentieux court à compter de la notification du rejet de la réclamation dès lors que la notification mentionne les voies et délais de recours.
7. Alors que les titres de perception sont revêtus des voies et délai de recours, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait adressé une réclamation préalable à la direction départementale des finances publiques, ou à une quelconque autre autorité. Par ailleurs, comme il a été dit au point 3, les lettres adressées au maire de la commune avant l'émission des titres ne constituent pas des réclamations au sens de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales. Par suite, eu égard aux dispositions de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012, en l'absence de réclamation préalable, les conclusions tendant à l'annulation des titres de perception par lesquels ont été mis à la charge de M. A la taxe d'aménagement sont irrecevables et doivent ainsi, être rejetées.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée au préfet du Gers et à la commune de Pujaudran.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Neumaier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
L. CRASSUS
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026