mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201493 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juillet 2022, Mme F A, représentée par Me Giral, demande au juge des référés, au contradictoire du centre hospitalier intercommunal de Mont-de-Marsan et du pays des sources et la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Pyrénées et Sud-Ouest mutualité :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise médicale portant sur les conditions de sa prise en charge par le centre hospitalier intercommunal de Mont-de-Marsan et du pays des sources à compter du 30 mai 2021 et les conséquences de l'intervention chirurgicale qu'elle y a subie le 31 mai 2021;
2°) de statuer sur les dépens.
Elle soutient que :
- elle a été victime d'un accident de vélo à Mont-de-Marsan le 30 mai 2021 alors qu'elle roulait sur une piste cyclable et s'est blessée au poignet gauche ;
- elle a été conduite par le SAMU au centre hospitalier le plus proche à Mont-de-Marsan ;
- les examens réalisés au centre hospitalier intercommunal de Mont-de-Marsan et du pays des sources ont révélé une fracture au poignet gauche et elle a subi une intervention chirurgicale le lendemain matin, 31 mai 2021, par le docteur E ;
- suite à cette opération, son poignée a été immobilisé dans un plâtre et elle a souffert de douleurs importantes ;
- des examens complémentaires ont révélé une algoneurodystrophie ;
- la persistance des douleurs ont conduit Mme A à subir une seconde intervention chirurgicale avec ablation du matériel à la clinique de l'Union ;
- depuis elle a des douleurs permanentes et une impotence majeure de l'épaule, du coude, du poignet et des doigts du bras gauche ;
- elle a subi de nombreux traitements médicaux et n'a pu reprendre son travail depuis le 30 mai 2022 ;
- la qualité de travailleur handicapé lui a été reconnu par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) des Hautes-Pyrénées ;
- compte tenu de la durée et de la complexité des souffrances de Mme A, une expertise médicale s'avère indispensable afin de déterminer la cause exacte des préjudices subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le centre hospitalier intercommunal de Mont-de-Marsan et du pays des sources représenté par Me De Lagausie déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant les protestations et réserves d'usage, demande au juge des référés de compléter la mission de l'expert tel que précisé dans ses écritures, que les opérations d'expertise soient déclarées communes et opposables à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et à la société MACIF, assureur de Mme A, et que la requérante fasse l'avance des frais d'expertise.
Il soutient que la mission de l'expert doit être complétée par la recherche d'un quelconque manquement aux règles de l'art, notamment si les mesures d'asepsie ont été correctement respectées et si l'infection peut être qualifiée de nosocomiale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2022, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Saidji, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant les protestations et réserves d'usage, demande au juge des référés de compléter la mission de l'expert tel que précisé dans ses écritures et de statuer sur les dépens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2022, la société MACIF représentée par Me Barthelemy-Maxwell, déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée tout en formulant les protestations et réserves d'usage, demande au juge de rejeter tout autre demande dirigée contre la société MACIF et de réserver les dépens.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de justice administrative.
Les parties en la cause ont régulièrement été destinataires de la procédure.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () " .
2. La mesure d'expertise sollicitée, qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence de la juridiction administrative, présente un caractère utile dans la perspective d'un recours de plein contentieux ultérieur et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, de désigner un expert et de fixer sa mission comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.
Sur l'appel à la cause de l'ONIAM et de la société MACIF.
3. Le centre hospitalier de Mont-de-Marsan demande que les opérations d'expertise soient déclarées communes et opposable à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et à la société MACIF, en tant qu'assureur de Mme A. En l'état de l'instruction, rien ne s'oppose à ce que les opérations d'expertise se déroulent au contradictoire de l'ONIAM et de la société MACIF.
Sur les frais d'expertise et les dépens :
4. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. " et aux termes des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R.621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires ".
5. Il n'appartient au juge des référés ni de déterminer la charge des dépens de la mesure d'expertise qu'il ordonne ni de la réserver pour le futur. Par suite, les conclusions présentées par les parties relatives aux dépens doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre Mme F A, le centre hospitalier intercommunal de Mont-de-Marsan et du pays des sources, la caisse primaire d'assurances maladie des Hautes-Pyrénées, Sud-Ouest mutualité, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) et la société MACIF.
Article 2 : Monsieur B D (D.herve@wanadoo.fr) est désigné comme expert avec pour chefs de mission :
- d'examiner Mme F A et prendre connaissance de son entier dossier médical ;
- de décrire l'état de santé de Mme A antérieurement à l'intervention chirurgicale qu'elle a subie le 31 mai 2021 dans les services du centre hospitalier de Mont-de-Marsan ;
- de décrire les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge lors de l'intervention chirurgicale qu'elle a subie le 31 mai 2021 dans les services du centre hospitalier de Mont-de-Marsan ;
- de fournir tous éléments permettant d'apprécier si, en l'état des données acquises de la science, des techniques et des règles de l'art, des fautes, omissions, négligences ou erreurs ont été commises à l'occasion des actes médicaux dont elle a fait l'objet en ces occasions et si elle a reçu toute l'information nécessaire pour recueillir son consentement éclairé ;
- de faire connaître, en particulier, si le diagnostic de son état a été correctement et complètement posé préalablement à l'intervention réalisée le 31 mai 2021 dans les services du centre hospitalier de Mont-de-Marsan ;
- de faire connaître les lésions, affections et séquelles imputables à d'éventuels manquements dans l'établissement du diagnostic de son état ;
- d'en préciser, le cas échéant, la nature et le degré de gravité et de dire si, à son avis, et dans quelle mesure, ces fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives sont à l'origine du préjudice dont il se plaint ;
- d'indiquer si, à son avis, l'infection dont Mme A a été victime a présenté ou non le caractère d'une infection nosocomiale et, dans cette hypothèse, en préciser l'origine, la nature, les conditions de sa survenue et dans lesquelles elle a été contractée puis prise en charge, en indiquant la part qui lui est imputable dans ses préjudices ;
- d'évaluer, s'il y a lieu, la perte de chance pour Mme A d'éviter une aggravation de son état de santé ou d'obtenir une amélioration de ce dernier résultant d'un éventuel manquement aux règles de l'art ou d'un éventuel aléa thérapeutique ;
- de retracer l'évolution de l'état de santé de Mme A et, notamment, de fixer, le cas échéant, la date de consolidation ;
- d'indiquer, dans l'hypothèse où son état ne serait pas consolidé, s'il est susceptible d'évoluer en aggravation ou en amélioration. Dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
- d'indiquer, en tous ses éléments, la nature et l'étendue du préjudice corporel subi par Mme A en distinguant la part imputable à son état de santé antérieur de celle imputable aux éventuelles fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives ;
- déterminer la durée et le degré du déficit fonctionnel temporaire DFT (soit la durée de l'incapacité temporaire totale ITT, et celle pendant laquelle sa capacité à mener une activité professionnelle a été réduite ainsi que la proportion dans laquelle elle a été réduite ITP) ;
- décrire l'aptitude à la réalisation des actes quotidiens et essentiels de la vie ;
- de se prononcer, le cas échéant, sur la nécessité d'avoir recours à une tierce personne, de fixer les modalités, la qualification et la durée de cette intervention ;
- de donner tous les éléments utiles d'appréciation sur la nature et l'étendue des préjudices subis par Mme A, en distinguant la part imputable à son état de santé antérieur de celle imputable aux éventuelles fautes, omissions, négligences ou erreurs fautives : durée et taux du déficit fonctionnel temporaire, taux du déficit fonctionnel permanent, souffrances physiques, troubles psychologiques, préjudice esthétique, et tous autres préjudices ;
- de dire si des frais de santé sont restés à la charge du requérant ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond éventuellement saisi du litige.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif. S'il l'estime utile, il établira un pré-rapport.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans les six mois suivant la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le Président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F A, au centre hospitalier intercommunal de Mont-de-Marsan et du pays des sources, à la caisse primaire d'assurances maladie des Hautes-Pyrénées, à Sud-Ouest mutualité, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), à la société MACIF et à Monsieur B D, expert.
Fait à Pau, le 21 décembre 202Le juge des référés,
Signé,
V. QUEMENER
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
Le greffier,
Signé, M. CN° 2002616004
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026