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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2201575

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2201575

lundi 5 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2201575
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSCPA MOUTET LECLAIR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 juillet 2022 et 7 février 2023, M. B A, M. B I G, M. E H et Mme J F C, représentés par Me Leclair, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine à verser à M. A la somme de 30 250 euros, à M. H la somme de 27 650 euros, à M. G la somme de 36 150 euros et à Mme F C la somme de 48 500 euros, assorties des intérêts au taux légal, en paiement des astreintes dues depuis le mois de juillet 2017 ;

2°) de mettre à la charge de l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine la somme de 3 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils assuraient, en qualité de collaborateurs occasionnels du service public, une astreinte chirurgicale par spécialité dans le cadre d'un contrat signé le 20 mars 2006 entre le centre hospitalier d'Orthez et la clinique Labat ; dès lors qu'ils n'ont pas accepté la modification de ce contrat, intervenue par avenant en 2016, l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine n'était pas fondée à faire application du contrat modifié et à ne payer que partiellement les astreintes dues à compter de juillet 2017 ; ils sollicitent, en leur qualité de collaborateurs occasionnels du service public, l'application du contrat signé le 20 mars 2006 et sur la base duquel leurs astreintes ont été payées jusqu'en juin 2017, date à laquelle l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine a modifié unilatéralement le montant des rémunérations mandatées ;

- l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine aurait dû mettre fin à la mission des praticiens qui n'ont pas accepté la modification de ce contrat en 2016 ; dès lors qu'elle n'a pas mis fin à leur mission, le contrat s'est poursuivi aux conditions antérieures ;

- la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'absence de demande indemnitaire préalable n'est pas fondée dès lors qu'ils ont adressé, les 5 et 15 décembre 2017, une réclamation indemnitaire préalable respectivement au directeur de la clinique Labat et au directeur du centre hospitalier d'Orthez, laquelle est restée sans réponse ;

- la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête n'est pas fondée non plus dès lors que les recours contentieux engagés devant le tribunal administratif de Pau le 16 novembre 2018 et devant le tribunal judiciaire, lequel s'est déclaré incompétent le 13 décembre 2021, ont interrompu la prescription.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine conclut au rejet de la requête.

A titre principal, elle oppose cinq fins de non-recevoir tirées de l'absence de moyens de fait ou de droit sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, de l'absence de décision attaquée sur le fondement de l'article R. 412-1 du même code, de l'absence de réception d'une demande indemnitaire préalable sur le fondement de l'article R. 412-1 du même code, de la tardiveté de la requête sur le fondement de l'article R. 421-1 du même code et de l'absence d'intérêt à agir du docteur H.

A titre subsidiaire, elle soutient que :

- le docteur G ne saurait se prévaloir de l'absence de rémunération des astreintes en nuit profonde dès lors qu'il a signé la convention tripartite d'accomplissement de la mission de permanence des soins en établissement de santé (PDSES) ;

- les autres requérants, non signataires de la convention, ne sauraient s'en prévaloir pour demander le paiement de leurs astreintes, les médecins non-signataires devant être regardés comme n'ayant pas accepté les conditions de participation à la mission de permanence des soins en établissement de santé et comme ayant ainsi renoncé à toute indemnisation de leurs astreintes sur ce fondement ; les règles qui régissent les modalités de financement de la permanence des soins en établissement de santé sont distinctes des obligations relevant de la continuité des soins au titre des activités autorisées et ne font, par ailleurs, pas obstacle au maintien de rémunération complémentaire des gardes et des astreintes à la charge des établissements ; ils ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité du schéma régional d'organisation des soins (SROS), ni de l'avenant n° 6 au contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens (CPOM) pour réclamer le paiement d'astreintes qu'ils n'étaient pas tenus par ce contrat d'effectuer ;

- la clinique ne pouvait pas mobiliser des praticiens qui n'avaient pas signé la convention tripartite, sauf à ce que le paiement soit à sa charge.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Corthier ;

- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, M. B I G, M. E H et Mme J F C exerçaient en tant que chirurgiens au sein de la clinique Labat située à Orthez. Ils réalisaient ponctuellement des astreintes au sein du centre hospitalier d'Orthez dans le cadre de la mission de service public de la permanence des soins en établissement de santé. Un contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens, conclu le 27 novembre 2012 entre l'agence régionale de santé Aquitaine et la clinique d'Orthez pour une durée de cinq ans à compter du 1er septembre 2012, organisait les modalités de cette permanence des soins. Un avenant modifiant l'annexe 9 A de ce contrat a été signé le 31 mai 2017 par la clinique d'Orthez, devenue la clinique Labat, et le 12 juin 2017 par l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine afin de prendre en compte les nouvelles modalités de mise en œuvre et de financement de la permanence des soins en établissement de santé décidées au niveau national. En application de cette annexe 9 A modifiée, un contrat tripartite d'accomplissement de la mission de permanence de soins en établissement de santé a été conclu entre l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, la clinique Labat et les médecins participant à l'accomplissement de la mission de permanence des soins. Par deux courriers des 5 et 15 décembre 2017, M. A, M. G, M. H et Mme F C ont adressé une demande indemnitaire préalable, respectivement au directeur de la clinique Labat et au directeur du centre hospitalier d'Orthez. Par ordonnances du 6 février 2019 nos 1802749, 1802750, 1802751, et 1802752, le juge des référés du présent tribunal a rejeté les requêtes présentées par Mme F C, M. G, M. H, et M. A tendant à ce que le centre hospitalier d'Orthez soit condamné à leur verser, à titre de provision, les sommes correspondant aux astreintes dues depuis le mois de juillet 2017. Par décisions du 13 décembre 2021 nos 21/00546, 21/00547, 21/00548, 21/00549, le pôle social du tribunal judiciaire de Pau s'est déclaré incompétent pour statuer sur les demandes en paiement de l'intégralité des astreintes que Mme F C, M. G, M. H, et M. A estiment leur devoir être dues à compter de septembre 2017. Mme F C, M. G, M. H, et M. A demandent au tribunal de condamner l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine à verser à Mme F C la somme de 48 500 euros, à M. G la somme de 36 150 euros, à M. H la somme de 27 650 euros et à M. A la somme de 30 250 euros.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 6111-1-3 du code de la santé publique, dans sa version applicable au litige : " Les établissements de santé peuvent être appelés par le directeur général de l'agence régionale de santé à assurer, en tout ou partie, la permanence des soins, dans des conditions définies par voie réglementaire. ". Aux termes de l'article L. 6112-2 du même code dans sa version applicable au litige : " Outre les établissements de santé, peuvent être chargés d'assurer ou de contribuer à assurer, en fonction des besoins de la population appréciés par le schéma régional d'organisation des soins, les missions de service public définies à l'article L. 6112-1 : Outre les établissements de santé, peuvent être chargés d'assurer ou de contribuer à assurer, en fonction des besoins de la population appréciés par le schéma régional d'organisation des soins, les missions de service public définies à l'article L. 6112-1 : () - les praticiens exerçant dans les établissements ou structures mentionnés au présent article. / Lorsqu'une mission de service public n'est pas assurée sur un territoire de santé, le directeur général de l'agence régionale de santé, sans préjudice des compétences réservées par la loi à d'autres autorités administratives, désigne la ou les personnes qui en sont chargées. / Le contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens prévu à l'article L. 6114-1 ou un contrat spécifique précise les obligations auxquelles est assujettie toute personne assurant ou contribuant à assurer une ou plusieurs des missions de service public définies au présent article et, le cas échéant, les modalités de calcul de la compensation financière de ces obligations. / La signature ou la révision du contrat afin d'y intégrer les missions de service public peut être à l'initiative de l'un ou l'autre des signataires. Elle fait l'objet au préalable d'une concertation avec les praticiens de l'établissement. () ". Aux termes de l'article R. 6111-41 du même code, dans sa version applicable au litige : " Le directeur général de l'agence régionale de santé arrête, dans le cadre du schéma régional de santé prévu à l'article L. 1434-2, un volet dédié à l'organisation de la permanence des soins mentionnée à l'article L. 6111-1-3. Ce volet évalue, sur la base du diagnostic défini à l'article R. 1434-2, les besoins de la population et fixe des objectifs, pour les zones définies au a du 2° de l'article L. 1434-9, en nombre d'implantations par spécialité médicale et par modalité d'organisation. Il est opposable aux établissements de santé et aux autres titulaires d'autorisations d'activités de soins et d'équipements matériels lourds, ainsi qu'aux établissements et services qui sollicitent de telles autorisations. / Ce volet est arrêté pour une durée de cinq ans, au terme de la procédure prévue à l'article R. 1434-1. () ". Aux termes de l'article R. 6111-49 du même code : " La participation des établissements à la permanence des soins peut être prise en charge financièrement par le fonds d'intervention régional mentionné à l'article L. 1435-8. / En outre, pour sa participation à la permanence des soins assurée par un établissement mentionné au d de l'article L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale, le médecin libéral qui exerce une spécialité médicale répertoriée dans le contrat mentionné au neuvième alinéa de l'article L. 6112-2 et selon les conditions fixées par ce contrat peut être indemnisé par le fonds d'intervention régional. / Les ministres de la santé et de la sécurité sociale arrêtent : 1° La nature des charges couvertes par le fonds d'intervention régional au titre du premier alinéa, qui peut être différente en fonction des catégories d'établissements mentionnées à l'article L. 162-22-6 du code de la sécurité sociale et des types de services ; 2° Les conditions d'indemnisation des médecins mentionnés au deuxième alinéa. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 18 juin 2013 : " En application de l'article R. 6112-28 du code de la santé publique, l'indemnité forfaitaire versée à un médecin libéral participant à la mission de permanence des soins en établissement de santé mentionné au 1° de l'article L. 6112-1 du même code est fixée ainsi qu'il suit : () 2. Indemnité forfaitaire pour chaque période d'astreinte : Montant pour : - une période d'astreinte assurée une nuit, un dimanche ou un jour férié :150,00 € ; - une période d'astreinte assurée en début de nuit : 50,00 € ; - une période d'astreinte assurée en nuit profonde ou le samedi après-midi : 100,00 €. ". Aux termes de l'article 2 du même arrêté : " Les médecins transmettent les tableaux mensuels de gardes et d'astreintes réalisées au directeur d'établissement, au responsable du réseau de permanence des soins de l'établissement et, le cas échéant, au président de la commission médicale d'établissement ou de la conférence médicale. Cette transmission s'effectue conformément aux stipulations prévues dans le contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens conclu entre l'agence régionale de santé et l'établissement pour l'accomplissement de la mission de service public de permanence des soins en établissement de santé. / Les engagements, obligations et modalités de mise en œuvre de la mission de service public définis au contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens sont exécutés au sein de l'établissement dans le cadre d'un ou plusieurs contrats tripartites d'accomplissement de la mission de service public de permanence des soins en établissement de santé conclu(s) entre l'agence régionale de santé, l'établissement et les médecins qui s'engagent à y participer. / Ce ou ces contrat(s) est (sont) conclu(s) pour une, plusieurs ou toutes les lignes de permanence retenues dans le cadre du contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens avec l'ensemble des médecins participant à chacune de ces lignes. L'ensemble des lignes de permanence retenues dans le contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens par ces contrats tripartites. () ".

4. A supposer que les requérants entendent soutenir qu'aucune indemnité forfaitaire ne leur a été versée depuis le mois de juillet 2017 alors qu'ils ont continué à assurer des astreintes dans le cadre de la permanence des soins en établissement de santé, il résulte des dispositions précitées du code de la santé publique et de l'arrêté du 18 juin 2013 que la participation des praticiens exerçant à titre libéral à la permanence des soins au sein d'établissement de santé fait l'objet du versement d'indemnités forfaitaires aux praticiens qui se sont engagés à effectuer des astreintes dans le cadre d'un contrat tripartite d'accomplissement de la mission de service public de permanence des soins en établissement de santé conclu entre l'agence régionale de santé, l'établissement et les médecins qui s'engagent à y participer. Les requérants soutenant qu'ils ont refusé de signer le nouveau contrat tripartite qui leur a été proposé, ils ne sont pas fondés à demander le maintien du bénéfice des dispositions contractuelles antérieures. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à demander à l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine le paiement de l'indemnité forfaitaire correspondant aux astreintes réalisées à compter de juillet 2017 selon le taux antérieur à cette date.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er " Objet du contrat " du contrat relais entre le centre hospitalier d'Orthez et la clinique Labat conclu le 20 mars 2006 : " Le présent contrat a pour objet de définir les modalités d'organisation de la prise en charge des patients accueillis à l'UPATOU du centre hospitalier d'Orthez ainsi que les possibles urgences chirurgicales au sein des services hospitaliers dans le cadre de l'offre de soins chirurgicale de la clinique soit les spécialités chirurgicales suivantes : chirurgie orthopédique, chirurgie viscérale, chirurgie vasculaire et chirurgie urologique. () ". Aux termes de l'article 4 " Statut et rémunération des praticiens référents privés " du même contrat : " Les modalités de rémunération des astreintes assurées par les praticiens de la clinique seront définies conformément à l'avenant conventionnel n°4 du 12 août 2004 de l'arrêté du 30 novembre 2004, après instruction de l'URCAM. / Les praticiens de la clinique Labat (chirurgiens et anesthésistes réanimateurs) interviennent en qualité de collaborateur occasionnel du service public et sont rémunérés selon la réglementation en vigueur mais en disposant d'une responsabilité civile prise en charge par l'hôpital. / Application des honoraires du secteur 1 pour les actes, opérations et les consultations effectuées dans la suite de la prise en charge des urgences du centre hospitalier. ". Aux termes de l'article 10 " Durée du contrat " du même contrat : " Sous réserve de son approbation préalable par la commission exécutive de l'agence régionale d'hospitalisation, le présent contrat est prévu pour une durée de cinq ans. ". Aux termes de l'article 11 " Modification et renouvellement du contrat " du même contrat : " Toute modification du contrat relais est subordonnée au consentement des deux parties contractantes et doit faire l'objet d'un avenant. / L'avenant est soumis à l'approbation de l'ARH. / Le présent contrat est tacitement reconduit en cas de renouvellement de l'autorisation de l'UPATOU. () ".

6. Ainsi que le fait valoir l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir du bénéfice du contrat relais conclu le 20 mars 2006 entre le centre hospitalier d'Orthez et la clinique Labat dès lors que ce contrat n'engage pas l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, laquelle, si elle est responsable de son approbation afin de s'assurer du respect du schéma régional de l'offre de soins, n'en est pas co-signataire.

7. En troisième lieu, à supposer que les requérants entendent soutenir qu'ils n'ont obtenu qu'un versement partiel du montant de l'indemnité forfaitaire qui leur était due à compter de juillet 2017, il résulte de l'instruction que M. A a perçu la somme de 2 950 euros au titre des astreintes effectuées en juillet 2017, la somme de 2 700 euros pour le mois d'août 2017, la somme de 1 700 euros pour le mois de septembre 2017, que Mme F C a perçu la somme de 900 euros pour le mois de septembre 2017, que M. G a perçu la somme de 2 050 euros pour le mois de juillet 2017, 750 euros pour le mois d'août 2017, 750 euros pour le mois de septembre 2017, et enfin que M. H a perçu la somme de 350 euros pour le mois de septembre 2017. Ces versements prennent en compte un montant de 150 euros pour une période complète (nuit, dimanche et férié), un montant de 50 euros pour une période de début de nuit et un montant unitaire de 100 euros pour une période de nuit profonde ou samedi après-midi, correspondants aux montants prévus par l'arrêté du 18 juin 2013 précité. L'avenant n° 6 au contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens ayant modifié l'annexe 9 A de ce contrat, signé les 31 mai et 12 juin 2017, fixe les montants de référence de l'indemnité forfaitaire pour chaque période d'astreinte, lesquels sont identiques à ceux prévus par l'arrêté du 18 juin 2013. Par ailleurs, le tableau excel versé au dossier mentionnant que les tarifs applicables en application du contrat signé le 20 mars 2006 était pour un samedi de 250 euros, pour un dimanche ou un jour férié de 300 euros et pour un jour normal de 150 euros ne peut fonder les demandes indemnitaires présentées par les requérants à défaut de valeur probante de ce document, de mention du fondement juridique de ces tarifs et de la justification de leur application jusqu'en juillet 2017. En tout état de cause, l'article 4 du contrat relais du 20 mars 2006 stipule que les praticiens de la clinique Labat sont rémunérés selon la réglementation en vigueur. Une telle clause doit être regardée comme renvoyant à l'application de l'arrêté du 18 juin 2013 qui ne prévoit pas les tarifs énoncés dans ce tableau excel mais ceux appliqués au cas d'espèce à compter de juillet 2017. Enfin, les tableaux versés au dossier des praticiens référents de l'Unité de Proximité d'Accueil, de Traitement et d'Orientation des Urgences (UPATOU) pour les mois de novembre et décembre 2017 et ceux de janvier à septembre 2018, au demeurant non signés, ne peuvent être regardés comme des pièces justifiants de la réalisation d'astreintes par les requérants et du versement correspondant de l'indemnité forfaitaire dès lors qu'ils se bornent à lister des médecins par spécialité pour chaque jour du mois, sans mentionner la réalisation effective d'astreinte, ni les tarifs éventuels mis en œuvre de l'indemnité forfaitaire. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à demander à l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine le paiement complémentaire de l'indemnité forfaitaire correspondant aux astreintes réalisées à compter de juillet 2017 selon le taux antérieur à cette date.

8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions de la requête aux fins d'indemnisation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que les requérants sollicitent au titre des frais liés au litige et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A, de M. G, de M. H et de Mme F C est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée à l'agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine.

Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

Mme Corthier, conseillère,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.

La rapporteure,

Signé

Z. CORTHIER La présidente,

Signé

M. SELLES

La greffière,

Signé

M. D

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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