lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201683 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | BACH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Bach, demande au tribunal :
1°) de le décharger de l'amende fiscale à laquelle il a été assujetti, d'un montant de 35 873 euros au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition ne respecte pas le principe du contradictoire ;
- elle est irrégulière dès lors qu'il n'a pas reçu l'avis de vérification en temps utile, qu'il ne mentionne pas ses droits et n'était pas accompagné de la charte du contribuable vérifié ;
- M. C n'ayant pas pu se faire assister dès le début des opérations de contrôle du fait de ces carences ;
- en l'absence de signature de l'avis de recouvrement, il est irrégulier ;
- la sanction imposée n'est pas applicable dès lors qu'il a déposé une première demande de régularisation en date du 21 décembre 2021 ;
- l'administration fiscale met à sa charge une somme disproportionnée au regard de ses facultés contributives ;
- l'administration fiscale applique un texte désuet et il est habituel de ne pas déposer de déclaration de DAS2 ;
- le texte prévoyant la sanction n'est pas conforme à la constitution et il est à l'étude devant le Conseil constitutionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus ;
- et les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C exerce l'activité d'infirmier ostéopathe depuis 1986. Il a fait l'objet d'une vérification de comptabilité sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. Par une proposition de rectification en date du 29 juillet 2019, l'administration fiscale a mis à sa charge l'amende prévue à l'article 1736 du code général des impôts pour défaut de déclaration d'honoraires rétrocédés. Par courrier du 13 septembre 2019, la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques a maintenu les rectifications suite aux observations du contribuable. Par courrier du 14 juin 2022, l'administration fiscale a rejeté la réclamation préalable. Par la présente, M. C demande la décharge de l'amende mise en recouvrement au titre de 2017 pour un montant de 35 873 euros.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, il résulte de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales qu'une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification qui doit, notamment, lui indiquer expressément qu'il a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix. Cette garantie est de nature à permettre au contribuable d'être présent ou représenté lors des interventions sur place du vérificateur sans qu'il soit besoin, pour ce dernier, de l'informer préalablement de chacune de ces interventions. Il n'est pour autant pas contesté que l'avis a été reçu en temps utile et que ce dernier précisait la possibilité de consulter la charte du contribuable vérifié. En outre et sans que ce soit contredit, M. C a reporté la date de la première intervention au 28 mai 2019. A supposer que le délai laissé, entre la réception de l'avis de comptabilité et la date de la première intervention, n'était pas suffisant, M. C en demandant le report de la première intervention a pu s'organiser et user de toutes les diligences pour être assister d'un conseil. Par suite, la procédure d'imposition n'est pas irrégulière.
3. En second lieu, la loi du 29 décembre 2016 de finances rectificative pour 2016 a modifié les dispositions citées au point précédent de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales, pour prévoir que l'avis de mise en recouvrement " est émis et rendu exécutoire par l'autorité administrative désignée par décret, selon les modalités prévues aux articles L. 212-1 et L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration ". Elle a également modifié les dispositions de l'article L. 212-2 de ce dernier code, pour ajouter les avis de mise en recouvrement à la liste, figurant à cet article, des actes dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, quelles que soient les modalités selon lesquelles ils sont portés à la connaissance des intéressés. L'ensemble de ces nouvelles dispositions s'applique, en vertu du A du V de l'article 90 de la loi du 29 décembre 2016 de finances rectificative pour 2016, aux avis de mise en recouvrement émis à compter du 1er janvier 2017. Il résulte de ces dispositions que les avis de mise en recouvrement émis à compter du 1er janvier 2017 n'ont pas nécessairement à comporter la signature de leur auteur, dès lors que, par les autres mentions qu'ils comportent, ils sont conformes aux prescriptions de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration.
4. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure d'imposition doivent être écartés.
Sur le bien-fondé :
5. D'une part, aux termes de l'article 1736 code général des impôts : " I. - 1. Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % des sommes non déclarées le fait de ne pas se conformer aux obligations prévues à l'article 240 et au 1 de l'article 242 ter et à l'article 242 ter B. L'amende n'est pas applicable, en cas de première infraction commise au cours de l'année civile en cours et des trois années précédentes, lorsque les intéressés ont réparé leur omission, soit spontanément, soit à la première demande de l'administration, avant la fin de l'année au cours de laquelle la déclaration devait être souscrite. La personne tenue d'effectuer une déclaration en application de l'article 240 peut régulariser les déclarations des trois années précédentes sans encourir l'application de l'amende prévue au premier alinéa du présent 1 lorsque les conditions suivantes sont réunies : elle présente une demande de régularisation pour la première fois et est en mesure de justifier, notamment par une attestation des bénéficiaires, que les rémunérations non déclarées ont été comprises dans les propres déclarations de ces derniers déposées dans les délais légaux, à condition que le service puisse être en mesure de vérifier l'exactitude des justifications produites. Cette demande de régularisation peut avoir lieu au cours du contrôle fiscal de la personne soumise à l'obligation déclarative. (). ".
6. D'autre part, aux termes de l'article 240 du même code : " 1. Les personnes physiques qui, à l'occasion de l'exercice de leur profession versent à des tiers des commissions, courtages, ristournes commerciales ou autres, vacations, honoraires occasionnels ou non, gratifications et autres rémunérations, doivent déclarer ces sommes. (). ".
7. Il résulte de l'instruction qu'au titre de l'année 2017, M. C a versé des honoraires et autres rémunérations diverses à des personnes physiques qui ont émis à son intention des factures d'honoraires pour des prestations diverses à hauteur de 71 745 euros sans qu'il n'ait déposé aucune déclaration DAS2. Auparavant, le requérant avait reçu une mise en demeure de déclarer les honoraires rétrocédés en l'absence de dépôt de déclaration au titre des années 2014, 2015 et 2016. Compte tenu de la méconnaissance des obligations déclaratives prévues par l'article 240 du code général des impôts, en l'absence de déclaration au titre de l'année 2017, l'administration fiscale a assujetti M. C à l'amende de 50 % en vertu du I de l'article 1736 du code général des impôts. Si ce dernier soutient qu'il a réparé cette omission en souscrivant une déclaration modèle DAS2-T, cette dernière en date du 6 juin 2019 est intervenue postérieurement aux délais fixés par le premier alinéa de l'article 1736 du code précité qui expirait le 31 décembre 2018 pour les rémunérations versées en 2017.
8. En outre, dès lors que cette régularisation n'était pas la première mais la seconde intervenue en cours de l'année civile et des trois années précédentes, le requérant ne peut se prévaloir des dispositions du 2ème du 1 du I de l'article 1736 du code général des impôts. Ainsi, la déclaration souscrite par M. C le 6 juin 2019 ne remplissait pas les conditions de régularisation fixées par le deuxième alinéa de l'article 1736 du code général des impôts. Par suite, l'administration n'a pas commis d'erreur de droit en appliquant l'amende prévue par le I de l'article 1736 du code général des impôts.
9. M. C soutient que l'application de la législation par l'administration est désuète et qu'il est habituel de ne pas souscrire de déclaration DAS2. Ce moyen, dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne pourra qu'être écarté.
10. M. C soutient que l'article 1736 du code général des impôts méconnaît la constitution et doit être regardé comme de entendant se prévaloir de la question prioritaire de constitutionalité, n° 2022-1001 QPC du 1er juillet 2022. Toutefois, le conseil constitutionnel a confirmé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur cette disposition dès lors qu'il n'y avait pas eu de changement de circonstances depuis ses précédentes décisions, notamment la QPC 2012-267 du 20 juillet 2012, sur cette disposition dans laquelle il affirme que le 1 du paragraphe I de l'article 1736 du code général des impôts ne méconnaît pas la Constitution, et qu'en outre, le taux de 50 % de l'amende n'est pas manifestement disproportionné.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées par M. C sont rejetées y compris les conclusions sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A C et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.
La rapporteure,
L. CRASSUS
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026