mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2201788 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | DELMA AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 août 2022 et des mémoires, enregistrés les 17 novembre 2022 et 16 décembre 2022, M. D B C et M. E B C, représentés par Me Cazeau, au contradictoire de la commune de Dumes, demande au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures, d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les désordres affectant le pont accédant à leur parcelle cadastrée n° 315, ledit pont s'étant effondré durant l'hiver 2020 aux fins d'en déterminer les causes, de les décrire, d'évaluer et chiffrer les travaux nécessaires pour y remédier et les préjudices des parties, de dire si l'ouvrage est un ouvrage public ou non et d'établir un pré-rapport.
Ils soutiennent que :
- l'indivision C est propriétaire d'une exploitation agricole située 580 chemin de Cendu sur le territoire de la commune d'Audignon (40500) ainsi que des parcelles situées sur la commune d'Audignon et de Dumes;
- la commune de Dumes est propriétaire d'une parcelle contiguë aux parcelles appartenant à l'indivision C et sur laquelle est située une voie communale, le chemin de Cendu, qui constitue une voie d'accès à une station d'épuration communale et à la parcelle des requérants ;
- l'accès à cette parcelle se fait via un pont, qui aurait été édifié par la commune de Dumes, qui s'est effondré durant l'hiver 2020 par le ravinement des terres dû à des fortes pluies et au débordement du ruisseau ;
- une expertise amiable et contradictoire a eu lieu le 8 avril 2021 et des travaux de remise en état sont estimés à 2 640 euros ;
- la protection juridique des requérants a écrit à la commune de Dumes aux fins de prise en charge des frais de remise en état ;
- en parallèle, les consorts B C ont sollicité un devis de remise en état, les travaux ont été estimés à 4 080 euros ;
- des travaux provisoires ont dû être réalisés ;
- par courrier du 17 janvier 2022, l'assureur de la commune de Dumes a refusé de prendre en charge ces travaux considérant que le pont ne serait pas un ouvrage public, ce qui est contesté par les requérants ;
- l'expertise est utile pour déterminer les causes de l'effondrement de l'ouvrage, et le caractère public ou non de l'ouvrage, permettant ainsi d'engager utilement une action en responsabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2022, la commune de Dumes, représentée par Me Bernal, demande au juge des référés, à titre principal, de rejeter la demande d'expertise des requérants et de mettre à leur charge la somme de 1 200 € en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et subsidiairement, déclare ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée tout en formulant les protestations et réserves d'usage et demande au juge des référés, dans cette hypothèse, de mettre l'avance des frais judiciaires à la charge des consorts B C.
Elle soutient que :
- l'ouvrage est privé et dessert uniquement les parcelles privées appartenant à l'indivision B C ;
- la mission de l'expert ne peut porter sur une question de droit aux fins de déterminer si l'ouvrage détruit est public ou non ;
- la résolution de cette question de droit est un préalable nécessaire aux fins de déterminer l'utilité de l'expertise à ordonner ;
- les requérants ne démontrent pas que la responsabilité de la commune est susceptible d'être engagée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ". L'utilité d'une mesure d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens, et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. A ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription. De même, il ne peut faire droit à une demande d'expertise permettant d'évaluer un préjudice, en vue d'engager la responsabilité d'une personne publique, en l'absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne.
2. Il résulte de l'instruction que la demande d'expertise relative aux désordres affectant le pont permettant aux consorts B C d'accéder à leur parcelle tend, à titre principal, à ce que l'expert détermine le caractère public ou privé de cet ouvrage. Toutefois, et d'une part, il n'appartient pas à un expert de se prononcer sur le caractère privé ou public d'une propriété. D'autre part, et en l'absence du moindre indice de nature à établir que le pont, qui désert uniquement les parcelles privées appartenant à l'indivision B C, appartiendrait au domaine public de la commune, la demande des requérants en tant qu'elle porte également sur l'évaluation des préjudices subis, doit pour les mêmes motifs, être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les dépens :
3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Dumes sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1erer : La requête de M. D B C et M. E B C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Dumes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B C et M. E B C et à la commune de Dumes
Fait à Pau, le 14 février 2023
La présidente du tribunal,
Signé,
V. QUEMENER
La République mande et ordonne à la préfète des Landes en ce qui la concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
Le greffier
Signé, M. A00
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026