lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202094 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 septembre 2022 et le 2 février 2023, M. B, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle le directeur de la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques lui a rejeté sa demande de dégrèvement ;
2°) de le décharger des impositions supplémentaires de cotisations à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux au titre de l'année 2014 et 2015 et des pénalité et majoration correspondantes.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition n'existe pas dès lors que les impositions n'ont pas de fondement ;
- les deux courriers datés du 18 janvier 2022 et du 31 janvier 2022 ne constituent pas des réclamations contentieuses de sorte que le délai de réclamation n'est pas opposable ;
- le signataire de la décision contestée a pris des mesures destinées à faire échec à l'exécution de la loi ;
- la décision contestée est tardive dès lors qu'elle intervient plus de deux mois suivant les deux courriers du 18 janvier et du 31 janvier 2022 ;
- aucun contrôle sur pièce au sens de l'article L. 10 du livre des procédures fiscales n'a été réalisé ;
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales en en répondant pas aux observations du contribuable ;
- M. B n'a perçu aucun revenu de valeur mobilière.
Par deux mémoire en défense, enregistrés le 27 janvier 2023 et le 15 février 2023, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques conclut au rejet de la requête.
Il oppose une fin de non-recevoir pour tardiveté de la réclamation et conclut au rejet de la requête.
Des pièces complémentaires, présentées par M. B, ont été enregistrées le 28 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Crassus ;
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique ;
- et les observations de M. B.
Une note en délibéré, enregistrée le 16 mai 2024, présentée par M. B a été communiquée.
En réponse à la note en délibérée, la direction départementale des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques a produit un mémoire, enregistré le 21 mai 2024.
Une note en délibéré, présentée par M. B, a été enregistrée le 27 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est président de l'association Nature hydro électricité Aquitaine qui a fait d'une vérification de comptabilité. A l'issue de cette procédure, l'administration fiscale a remis en cause le caractère non-lucratif de l'association. M. B a fait l'objet d'un contrôle sur pièce. Par proposition de rectification en date du 14 septembre 2017, l'administration fiscale a rectifié l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux au titre des années 2014 et 2015. Par courrier du 6 novembre 2017, les rectifications ont été maintenues en totalité. Par courriers du 6 février 2018, des 15, 23 et 30 mars 2018, M. B a contesté les impositions. Par courrier du 24 novembre 2020, il a été procédé à un dégrèvement partiel au motif qu'une demi-part supplémentaire a été prise en compte dans le calcul. Par deux nouveaux courriers en date du 18 et 31 janvier 2022, M. B conteste les impositions. Par courrier du 29 juin 2022, l'administration fiscale a rejeté la réclamation au motif de la tardiveté de la réclamation. Par la présente, M. B conteste les impositions et demande la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur le revenu et aux prélèvement sociaux au titre des années 2014 et 2015.
2. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : a. De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement () ". Aux termes de l'article R. 196-3 du même livre : " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 169 dudit livre : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. ". Aux termes de l'article L. 189 du livre mentionné ci-dessus : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification () ".
3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'avis d'imposition ou l'avis de mise en recouvrement par lequel l'administration porte les impositions à la connaissance du contribuable doit mentionner l'existence et le caractère obligatoire, à peine d'irrecevabilité d'un éventuel recours juridictionnel, de la réclamation prévue à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, ainsi que les délais de forclusion dans lesquels le contribuable doit présenter cette réclamation et, d'autre part, que le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie est de nature à faire obstacle à ce que les délais prévus par les articles R. 196-1 et R. 196-3 du livre des procédures fiscales lui soient opposables.
4. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci en a eu connaissance. Dans le cas où le recours juridictionnel doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, celui-ci doit être exercé, comme doit l'être le recours juridictionnel, dans un délai raisonnable. Le recours administratif préalable doit être présenté dans le délai prévu par les articles R. 196-1 ou R. 196-3 du livre des procédures fiscales, prolongé, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le contribuable, d'un an. Dans cette hypothèse, le délai de réclamation court à compter de l'année au cours de laquelle il est établi que le contribuable a eu connaissance de l'existence de l'imposition.
5. Il est constant que les cotisations supplémentaires d'impôt litigieuses ont été mises en recouvrement le 31 janvier 2018. Par conséquent, en application des dispositions précitées, le délai de réclamation court à compter de cette date à moins qu'il ne soit établi que le contribuable n'ait pas reçu l'avis d'imposition du fait d'une erreur de l'administration auquel cas le point de départ du délai de réclamation ne court qu'à compter de la date où l'intéressé a eu connaissance de l'impôt.
6. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 14 septembre 2017 a été portée à la connaissance de M. B au plus tard le 12 octobre 2017. Si M. B soutient qu'il n'a pas reçu la réponse aux observations du contribuable, il ne conteste pas avoir reçu les avis d'impositions supplémentaires édités le 25 janvier 2018.
7. Par suite le délai de réclamation dont disposait M. B expirait le 31 décembre 2021 au plus tard, alors que M. B a contesté les impositions litigieuses le 18 janvier et le 31 janvier 2022.
8. Dans ces conditions, la réclamation présentée par M. B en date du 18 janvier 2022 était donc, comme le fait valoir l'administration fiscale en défense, tardive et, par suite irrecevable au regard des dispositions précitées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Crassus, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2024.
La rapporteure,
L. CRASSUS
La présidente,
M. SELLES
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition :
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026