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AccueilJurisprudence administrativeN° TA64-2202185

Tribunal Administratif de Pau — Décision N° TA64-2202185

lundi 4 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Pau
SectionTribunal Administratif de Pau
N° DossierTA64-2202185
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationCHAMBRE 1

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure devant le tribunal administratif de Versailles :

Par une ordonnance du 27 septembre 2022, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Pau, la requête de la société à responsabilité limitée Farrère, enregistrée le 18 septembre 2022, sous le n° 2207061.

Procédure devant le tribunal administratif de Pau :

Par cette requête et des mémoires, enregistrés le 8 octobre 2022, le 4 juin 2023 et le 2 septembre 2024, la société à responsabilité limitée Farrère, doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de taxe sur le chiffre d'affaires au titre des années 2017 et 2018 assortis des intérêts de retard et des majorations ainsi que le remboursement des sommes injustement versées assorties des intérêts de retards.

Elle soutient que :

- l'acticité de la société ne relève pas d'une activité commerciale et ne doit pas être assujettie à l'impôt sur les sociétés ;

- la position de l'administration fiscale relative à l'assujettissement à la TVA lui est opposable de sorte que la TVA rectifiée n'est pas justifiée ;

- les activités accessoires ne faisant pas l'objet de texte précis, ne doivent pas être soumises à une TVA à 20 % ;

- contrairement à ce que soutient le service vérificateur, elle a droit à bénéficier d'une exonération de TVA conformément aux dispositions du 2 du IV de l'article 206 du code général des impôts.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2023, le directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques oppose deux fins de non-recevoir tirées de l'absence de conclusions et moyens et du défaut de liaison du contentieux dès lors que la requête a été déposée de manière prématurée et, conclut au fond, au rejet de la requête.

Il soutient que la requête de la SARL Farrère est dépourvue de moyens suffisants et qu'en tout état de cause ces moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Crassus ;

- et les conclusions de Mme Neumaier, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La société civile immobilière Farrère exerce une activité de location de terrains et de biens immobiliers depuis le 13 août 2008. Le 5 novembre 2019, cette personne morale est devenue une société à responsabilité limitée en poursuivant la même activité. En 2021, le siège social basé à Maurepas (Yvelines) a été transféré à Tartas (Landes). La société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des années 2016, 2017 et 2018. L'administration fiscale a, par propositions de rectifications, remis en cause l'assujettissement de la société au régime des bénéfices industriels et commerciaux au profit de celui de l'impôt sur les sociétés sur le fondement de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales. L'administration a maintenu les rectifications suite aux observations du contribuable. A l'issue du recours hiérarchique du 24 novembre 2020 et de l'interlocution départementale qui s'est déroulée le 2 novembre 2021, le service vérificateur a maintenu les rectifications. Par courrier du 12 juillet 2022 (seconde réclamation mais toujours dans le délai), l'administration a rejeté la réclamation préalable déposée par la société. Par la présente requête, la société demande la décharge des impositions litigieuses.

Sur le bien-fondé de l'imposition :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. () ". Selon l'article 266 du même code : " 1. La base d'imposition est constituée : a. Pour les livraisons de biens, les prestations de services et les acquisitions intracommunautaires, par toutes les sommes, valeurs, biens ou services reçus ou à recevoir par le fournisseur ou le prestataire en contrepartie de ces opérations, de la part de l'acheteur, du preneur ou d'un tiers, y compris les subventions directement liées au prix de ces opérations () ". Selon le I de l'article 267 de ce code : " I. - Sont à comprendre dans la base d'imposition : () 2° Les frais accessoires aux livraisons de biens ou prestations de services tels que commissions, intérêts, frais d'emballage, de transport et d'assurance demandés aux clients ".

3. Il résulte des dispositions précitées que les locations d'immeubles aménagés sont soumises à la taxe sur le chiffre d'affaires sur le prix de location et que les frais accessoires aux prestations de services sont à comprendre dans la base d'imposition à la taxe sur la valeur ajoutée. Il résulte de la proposition de rectification du 8 septembre 2020, que les charges locatives facturées en plus des loyers ne pouvaient être exclues des bases d'imposition à la taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elles constituaient des frais accessoires à une opération de location soumise à cette taxe. La société requérante, qui n'a produit aucune facture afférente à ces charges lors des opérations de contrôle, en se bornant à maintenir, sans en justifier, que les sommes perçues constituent les remboursements par les locataires de frais de mise à disposition de matériel, ne conteste pas sérieusement ce chef de rectification. Par suite, l'administration fiscale a correctement rectifié le rappel de TVA relative aux frais accessoires.

4. En deuxième lieu, à supposer que la société requérante ait entendu soutenir que le service aurait dû considérer qu'elle bénéficiait, en application des dispositions du 2 du IV de l'article 206 du code général des impôts, d'un droit à exonération de taxe sur le chiffre d'affaires, il ne resulte pas de ces dispositions la possibilité d'une d'une exonération mais au contraire, qu'un assujetti ne peut déduire la taxe ayant grevé les dépenses de bien ou de service supportées pour permettre d'assurer le logement à titre gratuit des dirigeants ou du personnel de l'entreprise. Par suite, ce moyen sera écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 206 du code général des impôts : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 8 ter, 239 bis AA, 239 bis AB et 1655 ter, sont passibles de l'impôt sur les sociétés, quel que soit leur objet, les sociétés anonymes, les sociétés en commandite par actions, les sociétés à responsabilité limitée n'ayant pas opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes dans les conditions prévues au IV de l'article 3 du décret n° 55-594 du 20 mai 1955 modifié, les sociétés coopératives et leurs unions ainsi que, sous réserve des dispositions des 6° et 6° bis du 1 de l'article 207, les établissements publics, les organismes de l'Etat jouissant de l'autonomie financière, les organismes des départements et des communes et toutes autres personnes morales se livrant à une exploitation ou à des opérations de caractère lucratif ". Aux termes de l'article 34 du même code : " Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale. ".

6. Une société à responsabilité limitée donnant habituellement en location des locaux garnis de meubles doit être regardée comme exerçant une activité commerciale au sens de l'article 34 du code général des impôts et n'entre pas dans les conditions de celles pouvant opter à l'imposition relevant du régime des particuliers, par suite, elle est passible de l'impôt sur les sociétés par application du 2 de l'article 206 du même code.

7. Pour estimer que l'activité de la société Farrère devait être regardée comme une activité commerciale au sens de l'article 34 du code général des impôts, l'administration fiscale a relevé qu'elle réalisait des prestations de service consistant en la location d'un local commercial équipé d'une superficie de 9 m² pour le compte de trois sociétés. Le service a également constaté que les loyers tirés de cette activité constituaient la totalité des revenus de la société requérante. Il en résulte que c'est par une exacte application des dispositions précitées que l'administration a considéré que la société Farrère, en louant habituellement les locaux meublés dont elle était propriétaire, dont il n'est au demeurant pas contesté, s'est livrée à une exploitation commerciale au sens de l'article 34 du code général des impôts, la rendant passible de l'impôt sur les sociétés en application du 2 de l'article 206 du code général des impôts.

8. En quatrième et dernier lieu, à supposer que la requérante ait entendu invoquer le bénéfice des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales en soutenant que le service des finances publiques de Guyancourt, dans le cadre des opérations de contrôle, " aurait accepté ses déclarations de TVA ", elle ne produit aucun élément de nature à corroborer ces allégations.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins de décharge ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL Farrère est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Farrère et au directeur départemental des finances publiques des Pyrénées-Atlantiques.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Sellès, présidente,

M. Rivière, premier conseiller,

Mme Crassus, conseillère.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2024.

La rapporteure,

L. CRASSUS

La présidente,

M. SELLES

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

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