lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Pau |
| Section | Tribunal Administratif de Pau |
| N° Dossier | TA64-2202706 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE 1 |
| Avocat requérant | SELARLU KARINE LHOMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistré le 4 décembre 2022, Mme B A, représenté par Me Leplat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Pau à lui verser une somme de 37 921,51 euros, assortie des intérêts à taux légal à compter du 12 août 2022 et de leur capitalisation, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis dans les suites de sa prise en charge, par cet établissement, du 27 octobre 2020 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Pau les entiers dépens, ainsi qu'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier de Pau doit être engagée en raison d'une erreur commise dans la réalisation du geste chirurgical lors de l'intervention effectuée le 27 octobre 2020 ;
- elle est fondée à demander la réparation de ses préjudices, lesquels doivent être indemnisés comme suit :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux temporaires :
- 3 864 euros au titre des frais divers dont ;
* 1 500 euros d'honoraires de médecin-conseil ;
* 2 000 euros d'honoraires d'avocat ;
* 364 euros de frais de déplacement ;
- 689 euros au titre des frais d'assistance par tierce-personne temporaire, à raison d'une heure par jour pendant 53 jours, au tarif de 13 euros de l'heure.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux permanents :
- 10 000 euros au titre des dépenses de santé futures.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
- 1 032,70 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, dont :
* 483 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire total ;
* 1 203,70 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel ;
- 4 162 euros au titre des souffrances endurées, qui doivent être évaluées à 3 sur une échelle de 7 ;
- 2 126 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, qui doit être évalué à 3 sur une échelle de 7.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux permanents :
- 3 438 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, qu'il convient de fixer au taux de 3 % ;
- 2 126 euros au titre du préjudice esthétique permanent, qui doit être évalué à 2 sur une échelle de 7 ;
- 10 000 euros au titre du préjudice moral.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 17 janvier 2023 et 13 novembre 2023, le centre hospitalier de Pau, représenté par Me Lhomy, demande au tribunal de réduire les prétentions de la requérante et de la caisse primaire d'assurance maladie Pau-Pyrénées à de plus justes proportions.
Il soutient que :
- il n'émet aucune contestation quant au principe sa responsabilité ;
- les prétentions indemnitaires de Mme A doivent être réduites à de plus justes proportions ;
* en l'absence de justificatifs, les demandes de Mme A liées au remboursement des frais de déplacement, ainsi que des frais exposés pour l'assistance d'un médecin-conseil et d'un avocat doivent être rejetées ;
* les dépenses de santé futures alléguées ne sont pas justifiées ;
* Mme A n'établit pas l'existence d'un préjudice moral distinct des souffrances endurées ou du préjudice esthétique ;
* les demandes liées à l'indemnisation des déficits fonctionnels temporaire et permanent, des souffrances endurées, et du préjudice esthétique temporaire doivent être ramenées à de plus justes proportions ;
- la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées ne justifie pas, par la production d'un relevé détaillé de ses débours, la réalité des dépenses qu'elle aurait exposées ; elle ne produit pas, par ailleurs, d'attestation d'imputabilité permettant d'établir que les débours exposés sont en lien direct avec le manquement constaté.
Par deux mémoires, enregistrés le 16 février 2023 et le 6 décembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Pau-Pyrénées, représentée par Me Barnaba, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner le centre hospitalier de Pau, sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, à lui rembourser la somme de 21 911,11 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal au jour de sa demande, ainsi qu'à lui verser une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, et de mettre à la charge de cet établissement une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Une note en délibéré, présentée pour Mme A, a été enregistrée le 17 mai 2024.
Vu :
- l'ordonnance de la présidente du tribunal du 7 mars 2022 taxant et liquidant les frais d'expertise à la somme de 1 500 euros ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Neumaier,
- les conclusions de Mme Beneteau, rapporteure publique,
- les observations de Me Mandile, substituant Me Leplat, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a été admise le 27 octobre 2020 au service de chirurgie ambulatoire du centre hospitalier de Pau afin d'y subir une stérilisation tubaire à but contraceptif. A la suite de cette intervention, elle a regagné son domicile avant d'être réadmise le soir même dans cet établissement en raison d'un syndrome algique abdominal. Une perforation de l'intestin grêle a été mise en évidence, et a justifié la réalisation d'une nouvelle intervention chirurgicale le 29 octobre 2020. Mme A a été prise en charge au centre hospitalier de Bordeaux à compter du 22 avril 2021 afin d'y subir une cure d'éventration par voie coelioscopique. Par sa requête, Mme A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Pau à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis dans les suites de l'intervention chirurgicale subie le 27 octobre 2020.
Sur la responsabilité :
2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme A, alors âgée de 41 ans, a été admise le 27 octobre 2020 au service de chirurgie ambulatoire du centre hospitalier de Pau afin d'y subir une stérilisation tubaire à but contraceptif. A la suite de cette intervention, elle a regagné son domicile avant d'être réadmise le soir même dans cet établissement en raison d'un syndrome algique abdominal. Un scanner réalisé le 29 octobre 2020 a révélé l'existence d'une péritonite consécutive à une perforation de l'intestin grêle ayant justifié la réalisation, le même jour, d'une intervention chirurgicale. Mme A a regagné son domicile le 9 novembre suivant. Des douleurs abdominales et un syndrome fébrile ont justifié l'hospitalisation de la requérante du 12 novembre au 18 novembre 2020. Un scanner, réalisé le 26 février 2021, a mis en évidence une éventration sous-ombilicale dont la cure a été réalisée par voie coelioscopique le 22 avril suivant au centre hospitalier de Bordeaux.
4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'indication opératoire de stérilisation tubaire était pertinente, et la technique opératoire employée, par incision péritonéale, conforme aux données acquises de la science. Il résulte cependant des termes du rapport d'expertise que les plaies de l'intestin grêle constituent des complications connues de l'acte coelioscopique, dont la majorité survient lors de coelioscopies compliquées par les antécédents médico-chirurgicaux des patients ou de l'introduction des trocarts lorsque celle-ci est réalisée sans contrôle de la vue. L'expert relève cependant que la perforation de l'iléon subie par Mme A n'a pu intervenir lors de la mise en place du trocart sus-pubien, qui a été introduit sous contrôle de la vue, ni lors de la mise en place des clips ou de la pince à clips. L'expert a ainsi conclu que cette plaie n'a pu être réalisée qu'au moment de l'incision péritonéale, révélant une maladresse dans l'exécution du geste chirurgical, laquelle doit être regardée comme étant constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Pau.
Sur la réparation des préjudices de Mme A :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des frais divers :
Quant aux frais de déplacement :
5. Si Mme A soutient avoir exposé une somme de 364 euros en raison des déplacements effectués pour se rendre à des rendez-vous médicaux ou des opérations d'expertise, elle ne produit aucun élément de nature à justifier des dépenses alléguées. Ce poste de préjudice doit, dès lors, être écarté.
Quant aux honoraires d'avocat :
6. Si Mme A demande qu'une somme de 2 000 euros lui soit allouée au titre des honoraires d'avocat exposés au cours du litige l'opposant au centre hospitalier de Pau, notamment dans le cadre de la réalisation des opérations d'expertise, elle ne justifie cependant de l'engagement de ces dépenses par aucune pièce. Ce poste de préjudice doit, dès lors, être écarté.
S'agissant de l'assistance par tierce-personne temporaire :
7. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel de la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer, augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
8. En vertu des principes qui régissent l'indemnisation par une personne publique des victimes d'un dommage dont elle doit répondre, il appartient ensuite au juge de déduire du montant de l'indemnité allouée à la victime au titre de l'assistance par tierce personne les prestations ayant pour objet la prise en charge de tels frais. Cette déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement si le bénéficiaire revient à meilleure fortune.
9. La prestation de compensation du handicap a notamment pour objet de couvrir les frais d'assistance par tierce personne et elle ne donne pas lieu à remboursement en cas de retour à meilleure fortune du bénéficiaire. Le montant de cette prestation doit être déduit des frais d'assistance à tierce personne à la condition que la victime ait perçu cette prestation ou la perçoit à la date du jugement, la circonstance que la personne puisse la solliciter à l'avenir étant sans incidence sur le montant de l'indemnité ainsi déterminée. En revanche, devront être déduites de la rente annuelle des frais futurs d'assistance par tierce personne, les sommes qui seraient versées après la date du jugement par le département au titre de la prestation de compensation du handicap.
10. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le besoin d'assistance par tierce-personne de Mme A doit être évalué, avant la consolidation de son état de santé, à une heure par jour au titre de la période du 27 octobre au 18 décembre 2020, soit durant 53 jours au total. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours. Ainsi, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, en le fixant à la somme de 850 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Pau.
S'agissant des dépenses de santé futures :
11. Mme A soutient qu'elle subit un préjudice correspondant aux dépenses de santé futures en lien avec l'accident décrit au point 4, dès lors que son état de santé nécessite la réalisation d'une abdominoplastie aux fins de remédier aux conséquences de l'éventration subie. Toutefois, et alors notamment que l'expert ne retient pas ce poste de préjudice, elle ne produit aucun document, notamment médical, de nature à justifier de la réalité de ce préjudice. Par suite, il y a lieu de rejeter cette demande.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
12. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise susmentionné, que Mme A a subi, en lien direct avec l'accident décrit au point 4, un déficit fonctionnel temporaire total sur les périodes du 27 octobre 2020 au 4 novembre 2020 (soit durant 9 jours), du 12 au 18 novembre 2020 et du 20 au 24 avril 2021 (soit durant 21 jours), un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 % du 5 au 11 novembre 2020 et du 19 novembre au 18 décembre 2020 (soit durant 37 jours), un déficit fonctionnel temporaire partiel de 20 % du 19 décembre 2020 au 18 janvier 2021 (soit durant un mois) et un déficit temporaire partiel de 5 % du 19 janvier au 26 février 2021 (soit un mois et 7 jours). Il sera fait une juste appréciation du préjudice ayant résulté pour elle de son déficit fonctionnel temporaire durant ces périodes en l'évaluant, sur la base de 400 euros par mois à taux plein, à la somme de 640 euros, qu'il y a lieu de mettre à la charge solidaire du centre hospitalier de Pau.
S'agissant des souffrances endurées :
13. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme A ont été évaluées à 3 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 600 euros.
S'agissant du préjudice esthétique temporaire :
14. L'expert désigné par le tribunal a évalué le préjudice esthétique temporaire subi par Mme A à 2 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
15. Il résulte de l'instruction que Mme A demeure atteinte, depuis la consolidation de son état de santé acquise 16 février 2022, soit à l'âge de 42 ans, d'un déficit fonctionnel permanent de 3 %, en raison, notamment, de l'existence d'une éventration à l'origine de douleurs persistantes. Compte tenu de l'âge de la victime à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 420 euros, qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Pau.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
16. L'expert désigné par le tribunal a évalué le préjudice esthétique permanent subi par Mme A à 2 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros.
S'agissant du préjudice moral :
17. Mme A sollicite l'octroi d'une somme de 10 000 euros en réparation d'un préjudice moral qu'elle estime lié au " mal-être qu'elle ressent du fait de la cicatrice importante dont elle est affectée ", à sa " prise de poids ", et à l'augmentation de la " proéminence de son ventre " consécutive à l'éventration subie. Toutefois, et alors que l'expert ne le retient pas aux termes de son rapport, elle ne produit aucun justificatif de nature à établir l'existence d'un préjudice moral distinct des souffrances endurées et du préjudice esthétique. Par suite, cette demande doit être écartée.
18. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier de Pau doit être condamné à verser à Mme A une somme de 11 510 euros.
Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie :
En ce qui concerne les débours :
19. A l'appui de sa demande de remboursement, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Pau-Pyrénées produit le décompte de ses débours définitifs arrêté au 3 janvier 2023 ainsi qu'une attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 21 juillet 2022, par lesquels elle justifie avoir exposé, des suites de l'intervention chirurgicale subie par Mme A le 27 octobre 2020, des dépenses d'un montant total de 21 911,11 euros, dont 16 842,74 euros de frais hospitaliers au titre des périodes du 27 octobre au 4 novembre 2020, du 12 au 18 novembre 2020, et du 22 au 24 avril 2021, 1 604,13 euros de frais médicaux au titre de la période du 6 novembre 2020 au 16 février 2022, 219,94 euros de frais pharmaceutiques au titre de la période du 23 mars au 1er avril 2021, et 2 462,64 euros d'indemnités journalières, dont il convient de déduire une somme de 79 euros de franchise. Par suite, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Pau la somme globale de 21 911,11 euros à verser à la CPAM de Pau-Pyrénées au titre de ses débours.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
20. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget, en fonction du taux de progression de l'indice des prix à la consommation hors tabac prévu dans le rapport économique, social et financier annexé au projet de loi de finances pour l'année considérée. () ".
21. Aux termes de l'article 1 de l'arrêté du 18 décembre 2023 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2024. ". Lorsque, par application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale précité, le montant de l'indemnité forfaitaire est relevé par arrêté interministériel, la caisse n'est pas obligée d'actualiser devant le juge le montant de ses conclusions.
22. Eu égard au montant de 21 911,11 euros dont le remboursement est obtenu par la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Pau le paiement d'une indemnité forfaitaire de gestion de 1 191 euros au profit de cette caisse.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
23. Aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ". Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur. A défaut d'une telle demande préalable, les intérêts moratoires, lorsqu'ils sont demandés dans la requête, courent à compter de cette saisine.
24. En application des principes rappelés au point précédent, Mme A a droit aux intérêts à taux légal à compter du 12 août 2022, date à laquelle sa demande indemnitaire préalable est parvenue au centre hospitalier de Pau.
25. Mme A a également sollicité la capitalisation des intérêts, qui peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Par suite, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 12 août 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
26. La CPAM Pau-Pyrénées a demandé les intérêts au taux légal dans son mémoire enregistré au greffe du tribunal le 16 février 2023. Dès lors, cette caisse a droit, à compter de cette date, aux intérêts au taux légal sur la somme de 21 911,11 euros dont elle a obtenu le remboursement.
Sur les dépens :
27. Les dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative posent le principe que les dépens, tels que les frais d'expertise, sont mis à la charge de la partie perdante. Il y a dès lors lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier Pau les frais de l'expertise ordonnée par le tribunal, taxés et liquidés à la somme de 1 500 euros.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
28. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
29. Il y a lieu, sur le fondement de ces dispositions, de mettre à la charge du centre hospitalier de Pau une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A dans le cadre de la présente instance et non compris dans les dépens, ainsi qu'une somme de 500 euros au titre des frais exposés par la CPAM de Pau-Pyrénées.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Pau est condamné à verser à Mme A la somme de 11 510 euros (onze-mille cent-cent dix euros), assortie des intérêts à taux légal à compter du 12 août 2022. Les intérêts échus à la date du 12 août 2023, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le centre hospitalier de Pau est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées la somme de 21 911,11 euros (vingt-et-un mille neuf-cent onze euros et onze centimes) en remboursement de ses débours, cette somme portant intérêts au taux légal à compter du 16 février 2023.
Article 3 : Le centre hospitalier de Pau est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées une somme de 1 191 euros (mille cent quatre-vingt-onze euros) au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Les frais d'expertise, d'un montant de 1 500 euros (mille cinq-cents euros), sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Pau.
Article 5 : Le centre hospitalier de Pau versera à Mme A la somme de 1 500 euros (mille cinq-cents euros) et à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, une somme de 500 euros (cinq-cents euros) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : La présente décision sera notifiée à Mme B A, à la caisse primaire d'assurance maladie de Pau-Pyrénées, et au centre hospitalier de Pau.
Copie pour information en sera adressée au docteur D E, expert.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sellès, présidente,
Mme Corthier, conseillère,
Mme Neumaier, conseillère.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 juin 2024.
La rapporteure,
L. NEUMAIER La présidente,
M. SELLÈS
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé ou des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
N° 2200706
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026